Le Creusot : Histoire d'une Ville Industrielle
L'histoire de la ville du Creusot est intimement liée à l'essor fulgurant de son industrie et à la famille Schneider. Un destin marqué par deux siècles d’exploitation de la houille.
Cette histoire industrielle remonte au XVIIIe siècle avec le début de l’exploitation minière en 1769, la création de la Fonderie royale suivie de la Cristallerie royale (aujourd’hui, le Château de la Verrerie) créée par Louis XVI pour Marie-Antoinette. C’est surtout la présence de la famille Schneider qui a façonné la ville telle qu’on la connait aujourd’hui, tant dans son caractère industriel que dans son organisation urbaine.
Patrimoine du Creusot-Montceau
Les Débuts de l'Industrie au Creusot
Depuis le XVIe Siècle, on extrait de son sous-sol du charbon et du minerai de fer. L’industrie métallurgique se développe au XVIIIe Siècle. C’est en 1787 que la Manufacture des Cristaux de la Reine est transférée de Sèvres au Creusot. A dominance encore rurale, le territoire est choisi pour ses ressources naturelles, matières premières indispensables à la fabrication du verre et du cristal, dont des mines de charbon à proximité immédiate.
La présence de cette houille en sous-sol a permis, en 1782 et juste en contrebas de la colline, l’implantation de la première fonderie au coke d’Europe continentale. Le percement du Canal du Centre, en cours à cette période, facilite l’exportation des productions.
En 1836, la famille Schneider rachète les mines et usines. Elle utilise intelligemment les conditions favorables à l’essor de l’industrie métallurgique du milieu du XIXe siècle. En 1837, les frères Eugène et Adolphe Schneider, nouveaux propriétaires de la fonderie, rachètent les bâtiments de l'ancienne cristallerie en 1836, afin d’en faire leur demeure creusotine.
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Vue générale des usines Schneider & Cie au Creusot.
L'Ère Schneider : Développement et Paternalisme
Arrivés en 1836 au Creusot pour reprendre les forges alors en faillite, quatre générations se succèderont et façonneront la ville. Durant tout le XIXe siècle sont construites autour des usines, des cités ouvrières et des écoles. Seul aux commandes de l’entreprise à partir de 1845, Eugène Schneider utilise adroitement des soutiens politiques.
Il jette un peu de lest au début de la IIe République, mais reprend du service politique sous le Second Empire. Napoléon III montre bien le poids de la famille sur la ville. En 1860, Eugène Schneider fait construire la première cité ouvrière, la cité des Pompiers composée de douze maisons.
La ville du Creusot s’est profondément transformée à l’ère industrielle. Sa population est passée de 2 700 habitants en 1836 à 24 000 en 1866. Les ouvriers, au nombre de 1 700 en 1836, sont 10 000 en 1869.
Cependant, avec la mort accidentelle de Charles Schneider (alors dirigeant des usines Schneider et Cie) en 1960, s’ouvre une crise de succession qui entraine l’éclatement du groupe.
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Le Marteau-Pilon : Symbole de la Puissance Industrielle du Creusot
Elle développe la production d’artillerie et se distingue par l’utilisation d’outils modernes comme son célèbre marteau-pilon, aujourd’hui exposé sur une place publique du Creusot. Le marteau-pilon à la forge de grosses œuvres (Le Creusot), 1867, gravure sur bois d'après un dessin de I.-F. Il sert à forger des grandes pièces métalliques. Celui-ci pèse plus de 2 tonnes et est actionné par la vapeur.
Le Marteau-Pilon du Creusot, symbole de la puissance industrielle.
En 1869, MM. problème de la production de l'acier est soigneusement étudié. première aciérie Bessemer. Pendant la guerre franco-allemande, MM. nombreux affûts et caissons. française autorisant l'exportation du matériel de guerre, MM. appartenait jusque-là aux usines étrangères. ateliers d'artillerie, MM. et Harfleur, pour exécuter en mer les tirs des gros matériels de bord et de côte. terrains bordant l'estuaire de la Seine. d'une des concessions de minerai de fer, obtenues par MM. Briey, à Droitaumont. guerre. En 1909, MM. En 1912, MM. considérable de l'activité de MM. augmentation notable du personnel ouvrier. des terrains possédés par MM. de terrains industriels, comprenant 55 hectares de bâtiments couverts. 5 400 wagons. 40 700 mètres carrés. Le nombre des machines outils atteint 3 900. téléphoniques desservent 650 postes. filiales. voie d'exécution, au Creusot, au Havre, à Champagne-sur-Seine, à Paris, etc.
Crises et Reconversion
Les chocs pétroliers qui commencent dès les années 1970 mettent le territoire en grande difficulté, notamment avec la faillite du groupe Creusot-Loire (issu de la fusion du groupe Schneider avec un autre groupe de sidérurgie).
Riche d’une florissante activité industrielle, puis victime d’une profonde crise démarrée dans les années 60, Le Creusot a su réinvestir son passé pour développer son attractivité et se positionner comme un exemple réussi de reconversion.
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Aujourd’hui, ce territoire présente une industrie diversifiée. S’il a gardé ses secteurs historiques, comme la sidérurgie ou la métallurgie, il accueille de nouvelles filières, notamment autour des transports et de l’énergie.
Le Creusot Aujourd'hui : Un Territoire Dynamique
La CUCM est une zone d’emploi majeure de la Bourgogne Franche-Comté, représentant plus de 3 % des emplois de la région en 2019. Sur l’ensemble de la collectivité, on compte la présence de 2 300 établissements actifs employeurs (hors particuliers), dont près de 40 groupes internationaux.
À l’image du reste de la France, c’est le secteur tertiaire qui est le plus gros employeur du territoire. Cependant, l’empreinte de l’industrie est particulièrement forte puisqu’elle représente 23,4 % des emplois, une part de 10 points supérieure à la moyenne nationale. D’un côté, le Creusot est le pôle industriel avec 30 % des emplois tournés vers ce secteur, ce qui est presque le triple de la moyenne nationale.
Beaucoup de grands groupes internationaux sont implantés sur le territoire. Ces trois secteurs génèrent à eux seuls une importante activité, mais de nombreux autres secteurs sont actifs, comme celui de la construction par exemple, avec le groupe Matière. Outre les grandes entreprises, de multiples très petites entreprises (TPE) et petites et moyennes entreprises (PME) font partie intégrante de l’écosystème économique du territoire, en tant que sous-traitants ou prestataires.
La CUCM cherche à encourager l’innovation au sein des entreprises existantes et accueillir de nouvelles structures innovantes sur le territoire. La création d’un nouveau site technopolitain, qui devrait prochainement ouvrir ses portes au Creusot, répond à ce double objectif.
Plusieurs clusters contribuent au dynamisme économique du Creusot :
- MecateamCluster: ce réseau, spécialisé dans la conception, la réalisation et la maintenance d’engins de travaux ferroviaires, regroupe une cinquantaine d’entreprises et partenaires publics et privés.
- Nuclear Valley (anciennement Pôle nucléaire Bourgogne) : il s’agit du seul pôle de compétitivité dédié au nucléaire civil en France labellisé par l’État.
Sur le territoire, il existe une culture industrielle pluriséculaire qui a permis le développement d’un véritable vivier de compétences dans un environnement technologique exigeant. Les chefs d’entreprises mettent également en avant des infrastructures de transport performantes et adaptées aux besoins industriels, permettant une desserte nationale et régionale par voie routière, ferroviaire et fluviale.
Les politiques publiques, en particulier locales, ont été déterminantes dans la transition industrielle et le maintien du dynamisme économique au Creusot. Les actions de la communauté urbaine ont été très diversifiées, elles se sont notamment traduites par des aides matérielles et financières.
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