Importance et mise en place de l'intelligence émotionnelle dans les PME

Comprendre et savoir gérer ses émotions et celles des autres représentent un atout de taille dans le milieu professionnel. Depuis près de 30 ans, ces « soft skills » sont particulièrement recherchés par les recruteurs car bénéfiques pour l’entreprise, tant d’un point de vue productivité que cohésion d’équipe. Cette capacité porte un nom : l’intelligence émotionnelle. À quoi correspond-elle ? Comment peut-on l’évaluer ? Et quelles sont ses utilités pour l’entreprise ? L’intelligence émotionnelle définit les capacités à comprendre et exprimer ses émotions, et celles d’autrui. Mais aussi les aptitudes à les maîtriser - les réguler, notamment - et à les utiliser dans différents contextes.

D’un point de vue professionnel, l’intelligence émotionnelle se montre utile pour l’entreprise. Ce concept - que l’on assimile généralement aux soft skills, littéralement les « compétences douces » - est né à l’aube des années 1990 suite à des travaux scientifiques. L’empathie : elle fonctionne sur le même principe que la conscience personnelle mais en identifiant les émotions des autres. Afin d’avoir une réelle utilité pour l’entreprise, l’intelligence émotionnelle doit pouvoir être évaluée, calculée. Tout le monde a déjà entendu parler du Quotient Intellectuel, le célèbre QI, visant à mesurer l’intelligence d’une personne. Il en est de même pour l’intelligence émotionnelle. Pour ce faire, depuis une vingtaine d’années, de nombreux tests ont été mis au point. Certains sont d’ailleurs disponibles gratuitement et facilement trouvables sur Internet.

  1. Le calcul du QE prend la forme d’une sorte de test de personnalité, réalisé via une série de questions. Dans l’univers professionnel, ces tests sont utilisés lors de la phase de recrutement.
  2. Considérée comme une simple mode dans les années 1990, l’intelligence émotionnelle s’est réellement et sérieusement développée au sein des ressources humaines dans le courant des années 2000. Les recruteurs n’hésitent plus à intégrer la gestion des émotions au cœur du processus de recrutement, et à faire passer ces tests de QE aux candidats.
  3. Toutefois, les recruteurs ne peuvent pas se baser exclusivement sur le QE pour trouver la perle rare. D’une part, l’expérience et les compétences des candidats demeurent des critères de sélection importants, pour ne pas dire primordiaux. De plus, tous les tests disponibles - surtout les gratuits - ne reposent pas et ne sont pas validés scientifiquement.

Les utilités de l’intelligence émotionnelle pour une entreprise sont nombreuses. Les éléments avec un fort QE se montrent positifs aussi bien pour les activités que pour le bon fonctionnement en interne. Placer l’intelligence émotionnelle au cœur du recrutement permet, dès la phase de tests, de sélectionner des profils dont les valeurs sont communes à celles prônées par l’entreprise. Ou, tout du moins, d’inciter le futur collaborateur à s’ouvrir et à assimiler ces valeurs. Autre utilité de l’intelligence émotionnelle pour une entreprise : compter dans ses rangs des salariés plus performants. Comprenez par là qu’un collaborateur avec un QE élevé, donc plus conscient de ses émotions, aura plus de facilité à s’auto-évaluer et à s’adapter si besoin. Cela se traduit notamment par une capacité à se maîtriser même en situation de forte pression, de stress, voire de frustration suite à un échec.

Pour le bon fonctionnement d’une entreprise, du matériel de qualité est nécessaire, tout comme des salariés compétents et expérimentés. Mais ce n’est pas tout : l’environnement de travail est tout aussi important. Un salarié doté d’une grande intelligence émotionnelle sera davantage ouvert aux travaux en groupe, saura plus aisément gérer cette dynamique et gérer les potentiels conflits.

Utiliser l'intelligence émotionnelle pour optimiser ses compétences relationnelles au travail est un véritable sujet. Les émotions sont encore loin d'avoir bonne presse dans nos sociétés. Pourtant, identifiées, analysées et canalisées, elles se montrent de précieux indicateurs pour interagir efficacement avec les autres. L'intelligence émotionnelle pour optimiser ses compétences relationnelles au travail: L'intelligence émotionnelle a de nombreux atouts notamment au niveau du savoir-être. Manier habilement ses émotions peut permettre de mieux gérer son stress, gérer des conflits ou encore de motiver ses troupes.

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Au niveau relationnel, elle renforce le leadership, et favorise les capacités à travailler en équipe et à négocier. Mais avant de tirer parti de l'intelligence émotionnelle, il faut d'abord comprendre ce qu'elle est exactement. Vincent Dicecca, consultant-formateur, définit l'intelligence émotionnelle en trois aptitudes: appréhender, analyser et exprimer ses émotions; comprendre les informations qu'elles nous donnent et les réutiliser pour adapter nos actions; réguler ses états émotionnels et celles des autres et s'affirmer avec de bonnes capacités relationnelles.

Comprendre et réguler ses émotions, identifier les émotions (et celles des autres), et mettre en œuvre des stratégies pour les maîtriser est la première brique du développement de l’intelligence émotionnelle. L’essor de l’intelligence émotionnelle commence par la prise de conscience de ses émotions. Il est également important d'écouter ses signaux corporels, car les émotions sont liées étroitement au corps et à l'esprit, pour ensuite les gérer, une étape délicate qui suppose de bien différencier chaque émotion et de trouver leur signification. L’intelligence émotionnelle se développe avec l’entraînement, le coaching, la formation, et les groupes de partage, mais il est également capital de se rapprocher des personnes déjà initiées pour progresser rapidement.

Pour un manager de PME ou d’ETI, il ne suffit pas de gérer ses propres émotions: il faut aussi aider les collaborateurs à gérer les leurs, créer un environnement propice à l’expression et à la coopération. Encourager la reconnaissance et comprendre comment on réagit, ce qui nous affecte, ce qui nous motive ou nous contrarie, est la première brique du développement de l’intelligence émotionnelle. Identifier ses valeurs clés et dessiner une « carte de valeurs » permet de mieux comprendre les déclencheurs de colère et d’autres émotions en entreprise.

Selon les modèles de Daniel Goleman et de Salovey & Mayer, les quatre piliers de l’intelligence émotionnelle en entreprise sont: conscience de soi, maîtrise de soi, conscience sociale (empathie) et gestion des relations. Ces compétences s’incarnent dans les rituels d’équipe, le feedback constructif et une culture de coopération, essentielles pour stabiliser les collectifs dans des environnements hybrides et en télétravail.

Des études récentes montrent clairement le lien entre intelligence émotionnelle et performance. Par exemple, un business developer confronté à un dirigeant distant peut être conduit à quitter la réunion sans résultat s’il ne gère pas ses émotions. La maîtrise des émotions devient ainsi un atout stratégique, pas une faiblesse. Le management des émotions est particulièrement nécessaire pour les managers: gérer des personnes, c’est aussi gérer des émotions.

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  1. Former et coacher les managers pour développer l’intelligence émotionnelle est une approche clé pour les PME et ETI.
  2. Intégrer des tests de QE à des étapes de recrutement ne suffit pas: l’expérience et les compétences restent primordiales et les outils doivent être scientifiquement validés.
  3. Mettre l’empathie et la gestion des relations au cœur des pratiques managériales renforce la confiance, l’engagement et la clarté de la communication.

Pour catalyser l’adoption à l’échelle de l’organisation, il convient d’instaurer une culture organisationnelle compatible QE: recrutement, évaluation et formation intégrant des critères émotionnels; coaching et mentoring pour transmettre les soft skills; rituels managériaux qui valorisent le bien-être et la performance; et des pratiques de gestion des conflits qui apprennent à transformer les tensions en opportunités.

8 - Piliers (1/2) - Quels sont les 4 piliers pour bien apprendre ? De Stanislas DEHAENE

Dans un contexte de digitalisation accrue, l’intelligence émotionnelle est devenue une ressource stratégique, capable d’améliorer le climat social, la créativité et la résilience face aux crises. Des indicateurs tels que la réduction du turnover et l’amélioration de l’engagement client témoignent de son impact concret sur la performance des organisations. Des exemples de pratiques opérationnelles, comme des ateliers RH sur la gestion des émotions et des routines de réunion orientées émotionnellement, illustrent comment l’émotionnel peut devenir une ressource managériale tangible.

La formation à l’intelligence émotionnelle, notamment via des méthodes structurées comme Bloomr Impulse, permet de diffuser ces compétences à grande échelle tout en garantissant un accompagnement personnalisé. Le retour sur investissement est mesuré par la performance, la fidélisation des talents et la qualité du leadership, avec des chiffres évoqués dans diverses études et rapports (rotation du personnel, engagement, performance). Le leadership émotionnel n’est pas seulement une tendance: c’est une approche intégrée qui peut transformer durablement les PME et les startups.

En somme, l’intelligence émotionnelle est une compétence stratégique et multidimensionnelle qui permet de reconnaître, comprendre et réguler ses propres émotions tout en percevant et influençant celles des autres, afin de favoriser l’épanouissement personnel et la performance collective.

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