Comment obtenir un financement pour un projet professionnel
Que ce soit pour créer, reprendre ou développer une entreprise, bien financer son projet est essentiel pour garantir sa réussite. Pour financer votre projet professionnel, vous pouvez donc utiliser de nombreuses solutions, et combiner plusieurs dispositifs pour optimiser votre montage financier.
Première étape : connaître ses besoins de financement
Première étape indispensable : savoir de combien vous avez besoin !
Avant de rechercher des financements en vue de lancer un projet professionnel, il faut commencer par en estimer le besoin financier total. Un plan de financement, mettant en évidence l’ensemble des besoins à financer au niveau du projet, ainsi que l’ensemble des ressources mobilisées.
Le premier projet de plan de financement comportera surtout les besoins à financer. Ensuite, l’entrepreneur y incorporera les ressources qu’il parvient à mobiliser.
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Un budget de trésorerie, qui permet à l’entrepreneur de réaliser des projections de trésorerie avec un calcul théorique du solde à chaque fin de mois. Un projet équilibré implique un solde systématiquement positif. Un solde négatif traduit un financement déséquilibré ou une rentabilité insuffisante.
Structurer son dossier : business plan et prévisionnel
Pour identifier vos besoins de financement à court terme et à moyen terme, la réalisation d’un business plan est indispensable. Pour vous mais aussi et surtout pour les banques !
Votre business plan doit être attractif et conforme aux attentes d’un établissement bancaire. Pour cela, le prévisionnel financier du business plan comprend deux parties : un plan de financement avec les besoins et les ressources à long terme, un budget de trésorerie pour anticiper le besoin en fonds de roulement et les écarts dans le temps entre dépenses et recettes.
Les aides et subventions : identifier et cumuler
Identifier les aides. Il existe de nombreuses aides pour financer un projet professionnel, que ce soit : des aides géographiques : en fonction du territoire d’implantation de votre projet (zone de revitalisation urbaine, zone des aides sectorielles : en fonction de votre profil personnel (femme, jeune, demandeur d’emploi ou du type de projet pro (économie sociale et solidaire, écologie, agriculture, culture, etc.).
Entre les aides européennes, françaises, régionales et communales, il peut être difficile de s’y retrouver. D’autant plus que ces aides peuvent prendre des formats très différents : subvention, garantie bancaire, prêt à taux zéro ou avance remboursable.
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Certaines aides relèvent de l’apport personnel lors d’une demande de crédit professionnel. Il est donc utile d’avoir identifié les bonnes aides à la création d'entreprise en amont. Et pourquoi pas cumuler les aides auxquelles vous avez droit.
Les Conseils régionaux encouragent l’entrepreneuriat local. Chaque Conseil régional de France dispose de ses propres subventions, aides et financements. Leurs objectifs sont les suivants : promouvoir la création et la reprise d’entreprise ; attirer de nouveaux talents grâce à des primes (la prime à la création, la prime à l’installation...) ; dynamiser l’économie locale grâce à l’arrivée de jeunes actifs et leur famille.
Les subventions sont alors délivrées : sur dossier ; après présentation du dossier devant un jury. La présentation du projet englobe : le business plan ; le plan de financement ; les motivations de l’entrepreneur ; l’innovation du projet.
Les subventions sont de deux sortes : d’exploitation : pour pallier l’insuffisance de produits d’exploitation ou aider au paiement de certaines charges nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise ; d’investissement : pour percevoir un montant, à titre définitif.
Financement bancaire : levier principal et conditions
Le financement bancaire reste la solution privilégiée de nombreux entrepreneurs, aux côtés de leurs fonds propres. L'emprunt bancaire constitue le principal levier pour financer un projet de création d'entreprise.
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Une banque accepte de financer votre projet professionnel par un prêt bancaire à plusieurs conditions : un apport personnel suffisant, une garantie du prêt professionnel, que ce soit à titre privé ou par une garantie publique (comme la garantie bancaire de BPIfrance), un projet viable et convaincant.
La banque est libre d'accepter ou de refuser votre demande d'emprunt sur la base du business plan que vous lui aurez fourni. En revanche, en cas de refus, la banque doit motiver et argumenter sa décision.
Un prêt accordé par le système bancaire peut couvrir jusqu'à 70 % du prix d'acquisition. Généralement, il est exigé que l'emprunteur apporte au moins 30 % du financement. Cette exigence peut varier selon l'activité de l'entreprise et son niveau de risque.
Le remboursement de l'emprunt est étalé sur une durée qui varie entre 5 et 7 ans. La durée du prêt est alignée sur celle de l’amortissement du bien.
Les modalités d'emprunt sont différentes selon les banques. Il est ainsi recommandé de faire vos recherches et de comparer les différents taux d'intérêts, les frais de dossier, les durées de remboursements ou encore les modes de garantie d'emprunt demandés.
Pour s'assurer que l'emprunt sera bien remboursé, la banque peut exiger des garanties : Garantie réelle (le nantissement du fonds de commerce ou le nantissement de titres sociaux) ; Garantie personnelle (dans ce cas, la banque exige que l'emprunteur se porte personnellement garant du paiement des échéances).
À noter : les banques cherchent de plus en plus à partager le risque des financements de projets de création/reprise d'entreprise. Ainsi, il est recommandé de diversifier vos sources de financement (ex : création d'un pool bancaire, plusieurs banques financent le même projet).
Apport personnel et love money
Votre apport personnel constitue une base solide, surtout lors de la création ou reprise d’entreprise. Allons à l’essentiel : l’apport est l’élément incontournable pour un prêt lors d’une création d’entreprise.
L’apport permet de convaincre les banques de votre implication dans votre projet. Elle sert de garantie supplémentaire pour les banques et permet de compléter le crédit.
Les apports personnels peuvent prendre plusieurs formes : Apport en numéraire : somme d’argent mis dans le capital social en échange des parts sociales ou actions de l’entreprise. Apport en nature : transfert de propriété d’un bien identifié au profit de l'entreprise. L’associé reçoit des titres à hauteur de la valorisation de l’apport. Apport en industrie : l’associé apporte ici un savoir-faire ou une expertise en échange des titres de la société.
Love money : convaincre ses proches. Pour augmenter votre apport personnel, faites appel à votre famille ! Cette épargne relationnelle peut prendre la forme d’un apport en numéraire au sein du capital de l’entreprise, d’une donation personnelle ou d’un prêt familial.
Vos proches peuvent vous aider de différentes manières : Don d'argent : il peut être effectué par tout moyen (chèque, virement, mandat ou remise d'espèces). Prêt d'argent : lorsqu'il dépasse 1 500 €, le prêt doit faire l'objet d'un écrit. Il est possible de rédiger un contrat de prêt signé par les 2 parties, ou une reconnaissance de dette signée de la seule main de l’emprunteur.
Dans le cadre d'une société, vos proches peuvent aussi entrer au capital de la société et devenir associés en réalisant un apport (une somme d'argent ou un bien). Dans ce cas, ils pourront bénéficier d'un droit aux bénéfices de l'entreprise et d'un droit à la prise de décision.
Lorsque le prêt dépasse 5 000 €, vous devez le déclarer à votre service des impôts des entreprises (SIE) au moyen du formulaire n° 2062, en même temps que votre déclaration annuelle de résultat. La non-déclaration ou une déclaration comportant des omissions ou inexactitudes est sanctionnée d’une amende de 150 €.
Alternatives et compléments au prêt bancaire
Le crowdfunding s’impose comme une solution complémentaire au crédit bancaire. Le financement participatif ou crowdfunding consiste à récolter des fonds auprès d'une communauté d'internautes qui souhaitent soutenir votre projet.
Le financement participatif constitue une bonne alternative pour les entrepreneurs qui rencontrent des difficultés à mobiliser des fonds de manière traditionnelle (ex : prêt bancaire). Il permet de donner vie à tout type de projet innovant : créatif, culturel, numérique, environnemental, social, etc.
Le crowdfunding peut prendre 3 formes différentes : Don (reward crowdfunding) ; Prêt (crowdlending) ; Investissement (les contributeurs peuvent financer le projet en achetant des titres sociaux).
Le prêt d’honneur est un prêt sans garantie ni intérêts. Le montant est défini en fonction de votre projet et de vos besoins de financement. Le prêt d'honneur peut être accordé à tout type d'entreprise à l'exclusion des associations, fondations, SCI et entreprises en difficulté.
Le montant du prêt d'honneur varie entre 1 000 € et 90 000 €. Son remboursement s'étale sur une durée de 1 à 7 ans. L'obtention de ce prêt permet de crédibiliser votre projet de création d'entreprise aux yeux des banques.
Le crédit-bail ou leasing est un contrat où une société financière fournit du matériel à une autre entreprise en échange d'un paiement régulier. En optant pour une location ou un crédit-bail, l’entreprise bénéficie de plus de flexibilité financière puisqu’elle va étaler le coût du matériel sur plusieurs années.
Le micro-crédit est proposé par des associations tels que l’Adie. Le microcrédit professionnel s'adresse aux créateurs ou repreneurs d'entreprises, quel que soit le secteur d'activité ou leur statut, qui ne peuvent pas accéder au financement bancaire classique.
Le microcrédit peut être remboursé par anticipation. Il s'agit d'un prêt de 17 000 € maximum, le plus souvent assorti d'un taux d'intérêt au moins égal à 5 %. Sa durée de remboursement est de 5 ans maximum.
Investisseurs privés : business angels et capital-risque
Vous avez la possibilité de financer votre projet en faisant rentrer des investisseurs au capital de votre société.
Le business angel ou « investisseur providentiel » est un cadre d'entreprise en activité ou un ancien entrepreneur qui investit une partie de son patrimoine financier dans des sociétés innovantes à fort potentiel. Le business angel peut vous apporter plusieurs choses : un apport financier direct ; un carnet d'adresses ; une expérience professionnelle.
Le capital risque est une prise de participation par un ou plusieurs investisseurs professionnels, généralement minoritaire, au capital de votre société. L'objectif de l'investisseur est de participer financièrement au développement d'entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et de réaliser une forte plus-value lors de la cession de ses titres sociaux après 3 à 7 ans au sein de la société.
Aides et dispositifs spécifiques pour la reprise
Dans le cadre d’une reprise, le crédit vendeur permet au cédant d’échelonner le paiement d’une partie du prix (jusqu’à 50 %). Le crédit vendeur vous permet d'obtenir un paiement échelonné (paiement en plusieurs fois) d'une partie du prix (50 % maximum).
La durée du remboursement du crédit vendeur est de 1 à 3 ans. Elle est plus courte que celle du crédit bancaire et vient donc alourdir les charges de l’entreprise. Le taux d’intérêt se négocie entre le repreneur et le cédant. Le crédit vendeur peut également être inséré dans l'acte de cession définitif voire, plus en amont, dans la lettre d'intention.
Le contrat de développement transmission proposé par Bpifrance permet de financer les dépenses suivantes : Achat d'un fonds de commerce ; Achat majoritaire de titres sociaux (parts sociales ou actions) ; Frais d'acquisition ; Renforcement du besoin en fonds de roulement ; Remboursement de comptes courants.
Le montant du prêt varie entre 40 000 € et 1 500 000 €. Le remboursement peut s'étaler sur une durée de 7 ans, avec un allègement du remboursement les 2 premières années. À noter : le contrat de développement transmission est accordé sans demande de garantie, ni caution personnelle.
Assurance emprunteur et risques
La réalisation d'un emprunt s'accompagne généralement d’une souscription au contrat d'assurance de l’emprunteur (ADE). Véritable outil de prévoyance, il permet notamment de garantir le remboursement à la banque en cas de décès.
En fonction des caractéristiques de votre emprunt, de votre âge et de votre situation professionnelle, vous pouvez être couvert en cas de décès, mais aussi en cas d’accident ou de perte d’autonomie. Attention, toute fausse déclaration vaudra nullité du contrat et donc perte des garanties.
Si votre contrat couvre l’ITT, il faudra déclarer votre éventuel arrêt de travail à votre banquier/ assureur dans le délai prévu au contrat. Généralement, la prise en charge des mensualités n’intervient qu’après un délai de franchise (très souvent 90 jours).
Votre enjeu est d’assurer la pérennité de l’entreprise dans le cas où un associé viendrait à décéder. Les associés pourront s’assurer au maximum à 100 % chacun : en cas de décès d’un associé, 100 % du prêt sera remboursé.
Le remboursement du prêt par l'assureur à la banque entraîne l'annulation de la dette de l'exploitation, ce qui génère un profit exceptionnel taxable. Il conviendra d’évaluer ce surcoût pour définir la somme à assurer et d’identifier les personnes concernées (héritiers et/ou associés) pour être certain de bien désigner les bénéficiaires impactés par le remboursement de la dette par l’ADE.
Assouplissement de l'assurance emprunteur : ce que change la Loi Lemoine depuis le 1ᵉʳ juin 2022. Cette loi vise à faciliter le changement d'assurance emprunteur afin de réduire les coûts pour les emprunteurs. Les emprunteurs ayant eu un risque aggravé de santé (cancer...) et dont le protocole thérapeutique est achevé depuis 5 ans, peuvent ne pas déclarer leur maladie à leur assureur.
Dès la simulation de l'offre de prêt, la banque a l'obligation de remettre une fiche standardisée d'information (FSI), qui mentionne le coût global de l'assurance emprunteur, cumulé sur 8 ans.
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