Ancienneté dirigeant SASU : calcul et règles de rémunération

Le dirigeant d’une SASU porte officiellement le titre de président. C’est lui qui représente légalement la société et en assure la gestion quotidienne. Beaucoup d’entrepreneurs confondent le rôle d’associé unique (le propriétaire des actions de la SASU) et celui de président (le représentant légal). Cette distinction est importante : un investisseur ou un proche peut être associé unique sans jamais assumer les fonctions de dirigeant. En résumé, le dirigeant de SASU est à la fois le visage, la voix et la main juridique de la société.

Nomination, durée du mandat et révocation

Il revient à l’associé unique de nommer le président, et de choisir entre une nomination au sein des statuts ou dans un acte séparé. La durée du mandat du président est librement fixée par les statuts. Les statuts, ou l’acte de nomination, fixent la durée du mandat du président de la SASU. La loi ne prévoit aucune restriction, mais il est bien entendu possible d’en prévoir. Le président d’une SASU peut être révoqué à tout moment par l’associé unique, sans avoir à justifier de motif particulier (sauf clause spécifique dans les statuts). Le seul avantage d’opter pour un acte séparé de nomination du président de SASU est qu’il permet d’éviter une procédure de modification des statuts en cas de changement de dirigeant. En effet, tout changement de la situation de la société ayant une mention dans les statuts implique une modification systématique de ces derniers. De ce fait, si le président est nommé dans les statuts, en cas de changement de dirigeant, il sera obligatoire de modifier les statuts.

Statut social du président et protection sociale

Le président de SASU est assimilé salarié. Il relève donc du régime général de la Sécurité sociale, ce qui lui assure une bonne couverture santé, retraite et prévoyance. Le dirigeant assimilé salarié est rattaché au régime général de la sécurité sociale. Il bénéficie dans ce cadre d’une protection sociale presque identique à celle d’un salarié classique. Le dirigeant bénéficie de la même protection sociale qu’un salarié classique (possibilité de bénéficier d’indemnités journalières en cas d’accident du travail comme un salarié), sauf en ce qui concerne l’assurance chômage. En sa qualité de mandataire social, le président de SAS ou de SASU n’est pas éligible à l’assurance chômage prévue par le régime général.

Depuis le 1er janvier 2016, avec la protection universelle maladie (PUMa), toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière a droit à la prise en charge de ses frais de santé. Par conséquent, les assimilés-salariés comme le président de SASU n’ont plus à justifier d’une activité minimale. Lorsque le président de SAS, ou le président de SASU en présence d’un associé unique, perçoit une rémunération en contrepartie de ses fonctions, il est affilié au régime général de la Sécurité sociale. En l’absence de rémunération, le président de SAS ou de SASU n’est pas affilié au régime général de la Sécurité sociale. Dans cette situation et sous conditions, il est possible de bénéficier de la protection universelle maladie.

Rémunération : liberté, formes et conséquences

Aucune disposition légale n’encadre la rémunération du président d’une SASU. Le président d’une SASU peut exercer ses fonctions gratuitement ou moyennant rémunération. Assimilé à un mandataire social, il n’est pas visé par les dispositions applicables en matière de salaire minimum du Code du Travail. Il est possible de prévoir que ses fonctions ne soient pas rémunérées. Non, aucune réglementation n’impose que le président d’une SASU soit rémunéré. Vous pouvez donc tout à fait décider de ne pas accorder de rémunération en SASU pour le dirigeant. C’est souvent le cas lorsque vous venez de créer votre SASU et que vous ne voulez pas mettre celle-ci en difficulté financière avant que l’activité ne soit réellement lancée.

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La fixation de la rémunération versée au dirigeant assimilé salarié est librement définie par les associés en assemblée générale. Suivant ce qu’il a été convenu par les associés fondateurs, les modalités de calcul de la rémunération du président sont fixées directement dans les statuts ou dans un acte séparé. Les dispositions relatives à la rémunération du président doivent être détaillées dans les statuts de la SASU ou dans un acte séparé, c’est-à-dire un procès-verbal de décision de l’associé unique. La première possibilité est généralement à écarter puisqu’elle engendre des conséquences plutôt contraignantes en cas de modification du montant ou du calcul de la rémunération : les statuts doivent être modifiés, avec toutes les formalités qui incombent. Dans la seconde (la plus utilisée en pratique), l’associé unique prend une décision unilatérale qu’il insère dans un registre spécial.

Formes de rémunération

  • Rémunération fixe (traitement fixe) : le montant de la rémunération est déterminé et il n'est pas censé bouger.
  • Rémunération proportionnelle (traitement proportionnel) : le montant de la rémunération est proportionnel aux bénéfices ou au chiffre d'affaires de la société.
  • Rémunération mixte : une partie fixe et une partie variable liée à un indicateur financier (bénéfice net, résultat d’exploitation, EBE, valeur ajoutée, chiffre d’affaires).

La rémunération du mandat social constitue une charge d'exploitation pour la société. Ainsi, elle est admise en déduction des résultats de la société, dès lors qu'elle correspond à un travail effectif et n'est pas excessive. La rémunération est imposable à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires. Elle est soumise aux cotisations sociales.

Dividendes et autres revenus

Lorsque le président est aussi associé unique, il peut percevoir des dividendes en complément ou à la place d’un salaire. Les dividendes ne sont pas soumis à charge sociales. Ils sont imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au prélèvement forfaitaire unique à un taux global de 31,4 %, c'est-à-dire 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Il est cependant possible d'opter pour une imposition des dividendes au barème de l'impôt sur le revenu après un abattement de 40 %. Il est important de comparer les 2 modes d'imposition en fonction du montant des dividendes perçus pour choisir le mode d'imposition le plus favorable. Une solution intéressante vise à cumuler les salaires et les dividendes, afin de bénéficier de leurs avantages tout en limitant leurs inconvénients.

Obligations sociales et fiscales en cas de rémunération

Contrairement à un travailleur non-salarié, le dirigeant d’une société affilié au régime général est obligé d’établir des bulletins de paie lorsqu’il décide de prendre une rémunération. Lorsque le président de la SASU est rémunéré, une fiche de paie doit être établie. Choisir le dirigeant d’une SASU est une décision stratégique qui ne se limite pas à une simple formalité juridique. Le dirigeant va payer des cotisations sociales salariales et patronales, calculées sur la base de sa rémunération brute. Les charges sociales pour un dirigeant assimilé salarié représentent environ 62 % de sa rémunération brute.

En l’absence de rémunération, aucune cotisation sociale ne sera payée contrairement aux travailleurs non-salariés. L’absence de rémunération, et donc de cotisations, a des conséquences sur la protection sociale du dirigeant. Pour cotiser pour la retraite, le salaire du dirigeant de la SASU doit toutefois être au moins égal à 600 fois le taux horaire du SMIC sur l'année. Cela correspond donc à un salaire d'au moins 601 € bruts par mois ou 7 212 € bruts par an.

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Spécificités du régime assimilé-salarié

Plusieurs éléments sont absents de ce régime social : réduction générale de cotisations, cotisations chômage, prime ou heures supplémentaires. Le président de SASU ne cotise pas auprès de France Travail. En conséquence, il est dans l’incapacité de bénéficier d’une couverture en matière de chômage. Pour y remédier, il est possible de souscrire à une assurance privée afin de couvrir ce risque. Pour le président de SASU, le versement d’un salaire est une solution plus sécurisante, transparente et pratique que le versement de la rémunération d’un dirigeant TNS. Cette option offre un équilibre entre sécurité et optimisation fiscale.

Cumul mandat social et contrat de travail

Le dirigeant peut cumuler son mandat social avec un contrat de travail si les conditions suivantes sont remplies : le contrat de travail doit correspondre à un travail technique et effectif distinct de celui exercé au titre du mandat social ; il doit exister un lien de subordination entre le dirigeant et la société ; il ne doit pas avoir les pouvoirs les plus étendus ni être totalement indépendant dans ses activités. Pour bénéficier de l’assurance chômage, le dirigeant doit cumuler son mandat avec un vrai contrat de travail, à savoir avoir un véritable lien de subordination. Il convient d’interroger France Travail pour savoir si le dirigeant peut être ou non affilié à l’assurance chômage, que ce soit pour un contrat de travail (en cas de cumul) ou pour son mandat social.

Exemple : Le dirigeant d'une société exerce en plus de son mandat social les fonctions de vendeur dans une de ses boutiques. Il perçoit une rémunération pour son activité de vendeur par le biais d'un contrat de travail. Son travail est contrôlé par les associés de la société, autrement-dit, il n'est pas autonome. Toutes les conditions sont remplies pour que le cumul soit valable.

Rémunération selon la qualité d’actionnaire

Les règles en matière de rémunération varient selon que le dirigeant est un actionnaire ou non de la société. Un dirigeant est actionnaire dès lors qu'il détient au moins une action de la société. La rémunération du dirigeant varie selon qu'il est actionnaire majoritaire, minoritaire ou égalitaire. Le dirigeant est majoritaire lorsqu'il détient plus de 50 % des actions de la société. Le dirigeant est égalitaire lorsqu'il détient 50 % des actions de la société. Le dirigeant est minoritaire lorsqu'il détient moins de 50 % des actions de la société.

Dirigeant actionnaire majoritaire

En tant que dirigeant actionnaire majoritaire membre du conseil d'administration, il a la possibilité de cumuler plusieurs rémunérations : des dividendes, une rémunération pour son rôle d'administrateur, une rémunération au titre de son mandat social et des avantages. La rémunération que perçoit le dirigeant pour son rôle d'administrateur est imposée dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au prélèvement forfaitaire unique à un taux global de 31,4 %. Il est cependant possible d'opter pour une imposition au barème de l'impôt sur le revenu (IR) après un abattement de 40 %. Cette rémunération n'est pas soumise aux cotisations sociales.

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Dirigeant égalitaire ou minoritaire

Le dirigeant actionnaire minoritaire ou égalitaire peut cumuler plusieurs rémunérations : des dividendes, une rémunération pour son rôle d'administrateur, une rémunération au titre d'un mandat social, une rémunération au titre d'un contrat de travail et des avantages. La rémunération perçue pour le rôle d'administrateur est imposée au PFU mais n’est pas soumise aux cotisations sociales. La rémunération du mandat social constitue une charge d'exploitation pour la société et est soumise aux cotisations sociales.

Avantages et risques liés au statut

Avantages : Ouverture de droits à la retraite, à la Sécurité sociale et à la prévoyance. Simplicité du calcul et du paiement des cotisations sociales : pas de cotisations minimales si aucun salaire n'est versé (contrairement aux TNS), calcul au mois le mois, sur la base du salaire réellement versé, pas de rattrapage ultérieur sur la base des revenus des années précédentes. Justification facilitée des revenus : la fiche de paie est un document officiel qui permet de prouver facilement son revenu auprès des banques (crédit immobilier ou professionnel), des bailleurs ou dans certains dossiers administratifs. Accès simplifié à la complémentaire santé : les cotisations sont mutualisées comme pour les salariés classiques, sans questionnaire médical préalable.

Risques : Le dirigeant de SASU engage sa responsabilité civile et pénale en cas de faute de gestion, de non-respect des obligations légales (fiscales, sociales, environnementales) ou d’infractions (abus de biens sociaux, fraude fiscale, etc.). D’où l’intérêt de souscrire à certaines assurances (ex. responsabilité civile des mandataires sociaux). Ces risques justifient de souscrire à certaines assurances.

Pratiques opérationnelles : PV, bulletin de paie, relations Urssaf

Dans la SASU, l’associé unique doit dresser chaque année soit : un PV de non-rémunération pour le président de la SASU ; ou un PV de rémunération du président de la SASU. Le procès-verbal d’assemblée générale doit notamment mentionner le montant de la rémunération du dirigeant de la SASU et le type de rémunération (argent, avantages en nature, etc.). Par la suite, il convient d’établir une fiche de paie pour le salaire versé au président de SASU au titre du mandat social. L’édition d’une fiche de paie pour le président de SASU est obligatoire : bien qu’il ne soit pas salarié, en choisissant l’option du versement de salaire, il doit payer des cotisations. Ces dernières doivent donc figurer sur le bulletin de paie. Enfin, il convient de déclarer et de régler les cotisations sociales auprès des organismes compétents. Les relations avec l'Urssaf en SASU sont encadrées par des règles spécifiques qu'il est important de maîtriser.

Il est possible de faire une simulation en ligne de salaire pour votre SASU. En entrant le résultat net souhaité, vous découvrirez le coût réel pour votre entreprise. Un logiciel de paie pour votre SASU peut vous aider à automatiser les calculs et à respecter les obligations légales liées au versement de votre salaire. Un logiciel performant doit permettre de gérer les particularités des dirigeants de SASU : édition automatique des fiches de paie conformes, calcul précis des cotisations sociales spécifiques au régime assimilé salarié, et suivi des PV de rémunération. Cette automatisation garantit la conformité de vos déclarations tout en vous faisant gagner un temps précieux sur la gestion administrative.

Points pratiques et recommandations

  1. Choisir entre inscrire la rémunération dans les statuts ou la fixer par acte séparé : l’acte séparé est recommandé pour la flexibilité.
  2. Comparer salaire et dividendes selon vos besoins de protection sociale et d’optimisation fiscale.
  3. Si vous ne versez aucun salaire, vérifiez votre couverture via la PUMa et envisagez des assurances privées (chômage, prévoyance).
  4. Tenir à jour un PV annuel précisant la décision de rémunération ou de non-rémunération.
  5. Utiliser un logiciel de paie adapté pour émettre des bulletins conformes et calculer les cotisations.

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Situation Régime social Cotisations Accès chômage
Président rémunéré Assimilé salarié (régime général) Oui (≈62% charges totales) Non (sauf contrat de travail distinct)
Président non rémunéré Pas d'affiliation au régime général liée au mandat Non Non
Dividendes Non soumises aux charges sociales Non -

La question de la rémunération du dirigeant de SASU est centrale : elle influence non seulement le niveau de vie du président, mais aussi les charges de la société et l’optimisation fiscale globale. Le choix entre salaire, dividendes ou une combinaison des deux dépend de la situation du dirigeant (besoin de protection sociale, niveau de revenu souhaité, optimisation fiscale). Le choix du mode de rémunération constitue la base de toute stratégie d’optimisation fiscale pour un chef d’entreprise, dès la création de sa société.

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