Les 5M de l’entrepreneuriat féminin: définition et enjeux

La France fait partie des pays avec un faible taux d’entrepreneuriat féminin (part des femmes en âge de travailler - de 18 à 64 ans - qui sont en phase de démarrage d’une activité ou qui ont créé leur entreprise depuis moins de 3,5 ans).

En France, 37 % des créateurs de micro-entreprise de la génération 2014 était des femmes et 28 % des créateurs d’entreprises classiques.

Leur présence a sensiblement augmenté au fil des années.

En 2018, les femmes ont créé 39 % des entreprises individuelles.

Le profil-type des jeunes créateurs diplômés (8 % des créateurs) concentre quasiment tous les créateurs qui étaient étudiants ou scolaires avant de créer leur entreprise.

Lire aussi: Concours pour les entrepreneures en France

Ils représentent 66 % de ce profil.

Neuf sur dix ont moins de 30 ans.

Ils sont le plus souvent auto-entrepreneurs (66 %) et créer leur propre emploi est leur motivation première.

Ils sont surreprésentés dans les Activités spécialisées, scientifiques et techniques ou en Information et communication.

Leur niveau de formation est élevé (54 % ont un diplôme de niveau bac+3 ou plus), 42 % sont des femmes et 39 % s’immatriculent en Île-de-France.

Lire aussi: Stratégies pour les femmes entrepreneures

Le profil-type des créatrices de l'Enseignement et de la Santé (8 %) est dominé par les entrepreneures individuelles (37 %) et les auto-entrepreneures en activité de complément (34 %).

La forte féminisation de ce profil (69 %) est liée à l'orientation très marquée vers la Santé humaine et l'action sociale (42 %), mais aussi l'Enseignement (25 %).

Les agents de la fonction publique sont fortement surreprésentés dans ce profil (40 %).

En moyenne entre 2000 et 2016, seuls 10 % des porteurs de projet à l’origine des entreprises innovantes issues du Concours i-Lab ou des incubateurs de la recherche publique sont des femmes.

En 2016, elles sont à peine 11 % à l’origine de la création d’entreprises innovantes C&I.

Lire aussi: Conditions Entrepreneuriat Féminin

Au-delà des rapports au genre véhiculés par la Société (culture, éducation et institutions) qui influent sur les caractéristiques entrepreneuriales implicitement considérées plutôt comme des valeurs masculines (JANSSEN, 2016), et des préjugés de genre, conscients et inconscients, qui agissent sur toutes les parties prenantes d’un projet entrepreneurial féminin, que ce soit l’entrepreneure elle-même, sa famille, son entourage professionnel, etc.

La personnalité des dirigeantes. Elles sont souvent qualifiées de sociales, d’altruistes, d’humaines, d’éthiques et d’audacieuses.

Elles sont davantage portées par le sens de la tradition et de ce fait, la gestion de leur projet et de leur entreprise est fortement influencée par des facteurs socio-culturels (dont la religion et les valeurs issues de l’enfance et de l’éducation).

Les motivations qui les poussent à entreprendre. Elles entreprennent plus fréquemment par nécessité, les motivations économiques n’étant pas prioritaires (ANDRIA, GABARRET, 2017).

Une plus grande aversion au risque.

La création est souvent vécue par les femmes comme limitant les risques au regard du contexte dans lequel elles se trouvent au moment de la création.

Les entreprises féminines sont surtout présentes dans les activités de services et le social.

Les performances des entreprises des femmes sont relativement moins élevées que celles des hommes en termes de chiffre d’affaires et de recrutement, mais aussi de rapidité d’expansion et de taux de croissance (JANSSEN, 2016).

Les femmes sont considérées comme ayant une bonne gestion de leur entreprise, prudente et économe.

Les Femmes font preuve de leadership. Leur management est horizontal, participatif, plutôt démocratique, interactif, ouvert.

L’équilibre vie de famille / vie professionnelle est souvent essentielle dans les projets féminins.

Les femmes ont un réseau professionnel moins étendu que celui des hommes. Elles privilégient le réseau informel et considèrent leur réseau familial et proche (conjoint, famille, amis) comme leur principal atout à l’inverse des hommes qui considèrent plutôt les relations professionnelles comme des atouts (avocats, banquiers, experts-comptables, etc.).

L’analyse des motivations des entrepreneures prend forcément en compte le cycle de vie de la femme et de sa famille.

Entrepreneuriat et famille sont intimement liés, s’influençant réciproquement.

A. ANDRIA et I. L’entrepreneuriat par nécessité. Il est essentiellement motivé par l’impératif d’assurer les besoins primaires du foyer (survie et sécurité).

Dans les pays considérés comme économiquement plus avancés, l’entrepreneuriat par nécessité se retrouve dans les populations difficilement employables, mais aussi des personnes avec un haut niveau de qualification et donc avec des salaires trop élevés.

L’entrepreneuriat par opportunité ou transition de carrière. Il concerne des femmes déjà en emploi qui décident de se lancer dans l’entrepreneuriat, dans une démarche volontaire, suite à une insatisfaction, une frustration professionnelle (plafond de verre, recherche d’épanouissement professionnel…).

Les femmes concernées sont motivées par le désir de relever un défi, d’exprimer leur créativité, de trouver une opportunité… Elles cherchent à se réaliser elles-mêmes, à être satisfaites de leur travail.

L’entrepreneuriat par conciliation travail-famille. Il trouve son enjeu autour de la maternité et l’épanouissement à la fois professionnel et familial.

L’entrepreneuriat devient alors un moyen de poursuivre une carrière tout en assumant ses impératifs familiaux par la flexibilité qu’il permet quant aux horaires et au lieu de travail.

Les deux environnements, familial et professionnel, vont s’imbriquer et se façonner réciproquement.

Un courant en est issu : les mampreneurs.

Selon A. ANDRIA et I. L’opportunité, ici, est éloignée des opportunités économiques classiquement attribuées aux entrepreneurs, il s’agit davantage d’une réponse à un manque perçu, comme par exemple : l’absence de flexibilité dans le milieu professionnel, notamment au moment de la maternité, la recherche d’une conciliation vie familiale et vie professionnelle, le sentiment de plafond de verre en tant que femme, puis en tant que mère.

Toutefois, le facteur économique est bien présent dans la création d’entreprise par cette catégorie de femmes, dans la mesure où cette création leur permet de gagner de l’argent, de dégager un revenu... Mais ce n’est pas leur principale motivation.

Dans la littérature, se dessine un consensus quant aux spécificités de l’entrepreneuriat féminin et à l’hétérogénéité des profils qui composent cette catégorie d’entrepreneurs.

D'ailleurs, pour L. Les entrepreneures québécoises dans leur ensemble rencontrent plus de problèmes que les hommes pour financer leur projet, ont des projets moins ambitieux, ont une moindre tolérance au risque et un moindre sentiment d’efficacité.

Cependant ces caractéristiques féminines sont fortement impactées par l’importance des profil individualistes.

En effet, pour les seuls profils de cheffes de file, les caractéristiques sont finalement identiques à celles des hommes ; elles affichent tout autant ces traits essentiels aux entrepreneurs que les hommes.

Selon les bilans des réseaux d’accompagnement en France, les femmes sont fortement présentes parmi les personnes accompagnées.

Les travaux de T. LEBEGUE (2015) ont permis de mettre en avant les souhaits des entrepreneures en matière d’accompagnement.

Dans la première phase du projet, dans son émergence, elles ont besoin de mener une réflexion personnelle contribuant à leur valorisation et au développement de leur légitimité.

J. SANTONI (2018) explique également que l’accompagnement ne doit pas être centré sur les connaissances techniques indispensables à la gestion du projet et de l’entreprise.

Il doit prendre en compte les caractéristiques propres aux individus accompagnés en tant que porteur de connaissances et producteur de comportements.

Les entrepreneures souhaitent que leurs projets et aspirations soient respectés.

Elles veulent aussi être encouragées et être mises au cœur de la démarche d’accompagnement.

Elles ne recherchent pas dans leur conseiller un sachant mais plutôt un co-constructeur de leur projet.

balises: #Entrepreneur

Articles populaires: