Les Entrepreneurs Animaliers: Succès et Défis

Le marché des animaux de compagnie en France est en pleine expansion, offrant des opportunités uniques aux entrepreneurs. Avec un foyer français sur deux possédant au moins un animal domestique, le secteur attire de plus en plus d'attention et d'investissements.

Marché des animaux de compagnie

Un Marché en Croissance

En France, les 14,9 millions de chats et 7,6 millions de chiens constituaient un marché avoisinant les 6 milliards d’euros en 2022 d’après Promojardin-Prom’animal, avec une croissance de 7%, supérieure à la moyenne nationale en ces temps de conjoncture économique ralentie.

Car l’animal de compagnie poursuit son ancrage comme membre de la famille, l’historique ‘maître’ devient aujourd’hui un pet parent (pet = animal de compagnie). Comme l’explique Yoann Latouche, expert et chroniqueur des animaux, “l’animal vit avec nous et non plus à côté de nous. On l’emmène au bureau, on fait des activités avec lui et on accorde une importance toute particulière à sa santé.”

Ces changements poussant parfois à avoir un animal plutôt qu’un enfant, surtout chez les millenials, se reflètent dans le budget annuel consacré à sa boule de poils, en constante augmentation avec la baby-boomers. Il faut préciser que cette croissance du budget est davantage liée à une augmentation du nombre de produits et services consommés qu’à l’inflation.

Conscientes de ces tendances et de la résilience du secteur, de nombreuses start-ups se sont lancées récemment sur le créneau, également dans une démarche à impact, parfois en quête de sens, dans un domaine très lié à l’affectif.

Lire aussi: Inspirations et Réussites Féminines

Comment créer son entreprise dans la domaine animalier ? 🐶😺

Ces jeunes pousses proposent avant tout des produits haut de gamme, les offres premium et personnalisées en sortant gagnantes : fabrication française, produits éthiques, éco-responsables, accessoires de luxe ou bien connectés, dans la lignée de ce que l’on voit pour nous, humains.

Alors que nos jeunes entrepreneurs de la pet peinaient encore à lever des fonds il y a 3 ans, ils sont aujourd’hui scrutés et recherchés, certains investisseurs suivant de très près le business des ‘pets’ comme Digitalis, Anterra Capital ou Five Season Ventures.

Tendances du Marché

Ce secteur en pleine ébullition reste encore peu documenté. AnimAll, collectif de consultants dédiés au domaine animalier, s’est associé à La Meute, le collectif des start-ups de l’animal de compagnie, pour décrypter les dernières tendances de ce marché.

L’alimentation ou petfood, dont les compléments alimentaires, première dépense des propriétaires représentant environ 50% du marché, est sans surprise la spécialité du secteur où l’on retrouve le plus de start-ups, une sur cinq. Ces nouveaux acteurs du petfood se différencient principalement avec des offres à base de produits frais, souvent locaux, ou des protéines alternatives comme les insectes.

Alimentation pour animaux

On observe également un développement de l’offre de compléments alimentaires et de friandises, adressant les particularités spécifiques de nos boules de poils : confort articulaire, anxiété, digestion pour ne citer que les principaux bénéfices recherchés par les pet parents.

Lire aussi: Entrepreneurs à Lyon

En 2022, un tiers des start-ups s’était spécialisé dans le petfood, une proportion donc en baisse, laissant place à de nouveaux produits et services, principalement en ligne.

Les propriétaires d’animaux, et notamment les plus jeunes, sont de plus en plus demandeurs de solutions pour offrir le meilleur à leurs animaux : une garde dans le confort chez des particuliers avec Emprunte Mon Toutou et non plus les pensions dans des cages ou box, un accompagnement autour du comportement pour minimiser les épisodes d’anxiété et bien sûr une hygiène irréprochable quand on passe beaucoup de temps proche de son compagnon à quatre pattes.

Le toilettage est d’ailleurs une activité étonnamment encore peu disruptée par les start-ups, malgré les attentes des clients, et Doomli l’a bien compris avec son toilettage ambulant.

Dans le même état d’esprit, de plus en plus d’accessoires voient le jour pour donner du style aux animaux, y compris en collaboration avec des grandes maisons comme French Bandit l’a fait avec Lancel ou par des designers établis, comme Sacha Lakic (Roche Bobois) qui a lancé Bogarel, du mobilier haut de gamme pour chien et chat.

Des plateformes et concept stores dédiés à l’animal de compagnie ont vu le jour, proposant également des services pour les pet parents, comme Goodbro par exemple.

Lire aussi: Réussir sa création d'entreprise avec l'Acre

Des dépenses qui augmentent, y compris chez le vétérinaire, cela pourrait encourager les mutuelles. Or, en France, à peine 10% des animaux sont assurés, un chiffre bien inférieur au Royaume-Uni ou les pays nordiques par exemple.

Ce potentiel attire les jeunes entrepreneurs même si les barrières à l’entrée notamment financières et de renommée face aux acteurs établis rendent le lancement plus complexe.

Alors que l’intelligence artificielle explose actuellement, elle a encore été peu appliquée aux animaux de compagnie pour le moment. Certains algorithmes ont été développés et sont encore en phase de validation, ce qui explique le peu de start-ups dans le domaine.

Les objets connectés sont en revanche très présents et très utiles aux pet parents qui veulent suivre l’activité et la santé de leur boule de poils : collier connecté, tracker GPS, gamelle connectée, litière connectée, chatière connectée, de nombreux outils existent pour les chiens et les chats.

Véritable aide au diagnostic pour les vétérinaires et accessoires qui rassurent des parents très attachés, ces objets ont un bel avenir devant eux, devenant de plus en plus petits et de plus en plus fiables. Leur usage doit encore se démocratiser pour s’intégrer complètement au suivi vétérinaire, couplé notamment à l’intelligence artificielle et éventuellement la télémédecine, qui peine encore à se développer chez les animaux.

Si les années COVID ont accéléré le lancement de solutions de télémédecine, dans le sillage de la licorne Doctolib, plus de la moitié de ces sociétés ont cessé leurs activités.

La dernière grande catégorie au sein de l’écosystème pet est constituée par les solutions envers les professionnels, analogues aux technologies SaaS.

Conscients du développement du secteur et donc de leurs professionnels, de nombreux entrepreneurs cherchent à les accompagner pour faciliter leur activité. Relation client, prise de rendez-vous ou gestion des flux d’informations, chaque start-up se spécialise sur un domaine particulier dans un milieu professionnel encore peu digitalisé et très fragmenté.

Alors que les pet parents restent logiquement la cible principale pour les jeunes start-ups du secteur, deux tiers d’entre elles s’intéressent d’ailleurs à ces professionnels pour leurs ventes, hausse significative par rapport à l’année dernière. Les vétérinaires constituent le premier professionnel visé pour 63% des start-ups. Il est le tiers de confiance des familles quand il s’agit du bien-être de nos boules de poils et bénéficier de sa recommandation est un vrai plus pour son développement.

60% des entreprises interrogées comptent d’ailleurs au moins un vétérinaire dans leur équipe ou leurs investisseurs, garant du bien-être animal. Les grandes enseignes de jardineries et animaleries et les animaleries (ou petshops) indépendantes représentent les deuxièmes cibles principales pour les start-ups tournés vers l’animal de compagnie, peu étonnant car ils représentent plus d’un tiers des ventes pour animaux et plus de 50% pour les produits dits premium.

Les toiletteurs complètent le podium, beaucoup de pet parents se rendant parfois chez lui plus souvent que chez le vétérinaire, tous les deux à trois mois, créant une vraie relation et confiance pour tout ce qui est hygiène et soin. Premier lieu de dépenses pour les animaux et notamment leur alimentation, les grandes surfaces sont en revanche peu démarchées par les jeunes entreprises, avant tout du fait de la complexité à s’y établir.

Les Défis du Marché

Malgré la crise du COVID, le début des années 2020 a été très prolifique pour l’écosystème start-up avec des records du nombre de créations et de levées de fonds. Les start-ups de l’animal de compagnie n’ont pas été étrangères avec plus de la moitié des lancements après 2020, dont un pic en 2021.

Une start-up est par définition une entreprise en forte croissance. C’est donc sans grande surprise que plus de 75% des entreprises consultées ont connu des croissances de plus de 20% de leur chiffre d’affaires depuis le début de l’année par rapport à 2022. Et lorsque l’on s’intéresse à leur communauté, reflet notamment de leur notoriété, deux tiers des start-ups pet connaissent une croissance supérieure à 50%.

Si l’on compare à la moyenne des start-ups françaises, à savoir une croissance de 32% entre 2021 et 2022 d’après le baromètre EY x France Digitale, le secteur de l’animal de compagnie semble, en moyenne, plus dynamique.

Bien que quelque peu ‘protégé’ et dynamique, le marché en 2023 ne restera cependant pas dans la mémoire de la majorité des start-ups comme une année record. Sans s’en plaindre, 47% des co-fondateurs interrogés par AnimAll ressentent ce sentiment de ralentissement général de l’activité, notamment dû à l’inflation et à la prudence des pet parents quant aux dépenses pour leur enfant à quatre pattes.

Les professionnels sont également concernés par ces considérations puisque le constat est le même chez les acteurs du B2B, indirectement impactés par le ralentissement. Cela ne semble cependant pas affecter les dirigeants du secteur puisque presque deux tiers se disent confiants ou sereins par rapport aux mois à venir et l’activité.

En revanche, un tiers reste quand même prudent, notamment pour des entreprises en contact direct avec les pet parents, par crainte d’un durcissement de l’inflation et d’une réduction de certaines dépenses qualifiées d’accessoires.

Cet environnement économique et social incertain oblige certaines entreprises à revoir voire à trouver leur business model, élément clé du développement pérenne d’une start-up. C’est d’ailleurs la cause principale de faillite des entreprises interrogées l’année dernière ayant arrêté leur activité en 2023.

Se faire connaître est une nécessité quand on débute et les start-ups n’échappent pas à la règle. C’est une priorité pour 77% des co- fondateurs interrogés car de cette notoriété dépendent souvent succès commercial, levée de fonds et attraction des talents, respectivement des priorités pour 41%, 29% et 29% des start-ups pet et principaux défis rencontrés par les start-ups françaises en général selon le baromètre EY x FD. L’écosystème de l’animal domestique est donc similaire aux autres dans ses priorités.

Une seule start-up songe à évoluer ou arrêter, signe que l’environnement est encourageant et porteur pour les entrepreneurs et entrepreneuses du pet business. Fidèle à l’adage ‘ensemble on va plus loin’, de nombreuses start-ups se focalisent sur les partenariats, ce qui leur permet de gagner en notoriété et de gagner des clients en bénéficiant d’une visibilité plus large.

Thibaut Pfeiffer, fondateur d’Emprunte Mon Toutou l’a bien compris et a très tôt créé un collectif des start- ups de l’animal de compagnie, La Meute : “nous avons souvent des problématiques similaires car nous évoluons dans le même environnement. Se rencontrer et échanger nous permet d’avancer plus sereinement, la dynamique est très positive.”

Les start-ups se réunissent plusieurs fois par an, toujours avec des guest stars, soit des dirigeants du secteur ou des investisseurs. Les partenariats se terminent parfois en fusion et les échanges sont toujours bienveillants et très souvent constructifs. “Deux start-ups ont décidé de fusionner à la suite d’une rencontre de la Meute, se rendant compte qu’elles faisaient la même chose et avaient des compétences complémentaires. C’est une belle histoire!” relate Thibaut.

Focus sur les Professionnels du Secteur

Professionnel du bien-être animal par excellence, l’activité vétérinaire est réglementée en France, au même titre que les médecins par exemple. De nombreuses start-ups proposent des solutions et services pour accompagner les cliniques vétérinaires, qui vivent actuellement une phase de consolidation, se regroupant en chaînes et réseaux.

Le secteur des soins en eux-mêmes a encore été très peu investi par les start-ups. A l’étranger, certaines comme Rex en Allemagne ou Snoots au Royaume-Uni cherchent à créer une expérience client plus moderne et numérique. Fondé par des vétérinaires, Dr Milou se distingue dans la profession en apportant de nouvelles solutions aux propriétaires pour soigner leur animal, à domicile ou/et à distance.

Pour la plupart des personnes interrogées, c’est sans surprise la passion des animaux et le fait d’avoir soi-même un chien et/ou un chat qui les ont poussées à se lancer dans ce secteur. De nombreux entrepreneurs cherchent des solutions pour améliorer le bien-être et la santé des animaux, comme un juste retour des choses à des boules de poils qui leur apportent tant : soutien, confident, partenaire de jeu et de sport.

Souvent confrontés à un manque ou à un besoin non satisfait, en quête également d’une activité avec du sens, ou/et volonté de plus en plus fréquente d’apporter des solutions éthiques et écoresponsables, les répondants lient souvent leur activité avec la prise en compte de facteurs environnementaux, comme les matériaux recyclés ou biodégradables, et mettent le bien-être animal en premier plan de leur activité.

A cette passion et cette détermination s’ajoutent souvent un attrait pour l’innovation, le numérique et les nouvelles technologies, et tout ce que cela peut apporter au quotidien des pet parents et leur animal.

Recrutement et Emploi

Dans cet univers de passionnés, recruter des talents est bien sûr une priorité, l’équipe étant déterminante pour la croissance d’une entreprise, surtout lorsqu’elle est encore petite. En effet, les start-ups pet interrogées emploient en moyenne 7,6 employés, soit trois fois moins que la moyenne des start-ups françaises de 23 personnes d’après Numéum.

Ceci s’explique principalement par leurs jeunes âges et les plus petits montants levés auprès des investisseurs mais une certaine disparité entre les spécialités est observée. Les start-ups de la petfood emploient en moyenne 9 employés alors que les sociétés de services aux professionnels n’en emploient que 2 par exemple. Ces chiffres sont corrélés à l’âge des sociétés, aux levées de fonds passées et aux chiffres d’affaires.

La moitié des start-ups interrogées disposent de moins de 4 employés, alors que seulement 7 % en emploient au moins 20. La croissance du marché laisse cependant à penser que ces chiffres vont rapidement augmenter.

L'Auto-Entrepreneuriat dans le Secteur Animalier

Le travail en tant qu’auto-entrepreneur dans le milieu animalier séduit de plus en plus de professionnels. Travailler en tant qu’indépendant dans ce domaine offre une multitude d’avantages, mais comporte également des défis qu’il ne faut pas négliger.

Avantages de l'Auto-Entrepreneuriat

  1. Flexibilité et Autonomie : L’un des principaux avantages du travail en indépendant dans le milieu animalier est la liberté de gérer son emploi du temps. Fini les horaires fixes et les contraintes des horaires de bureau ! En tant qu’auto-entrepreneur, vous pouvez organiser vos journées selon vos préférences et obligations personnelles.
  2. Être son Propre Patron : Travailler en indépendant signifie aussi être votre propre patron. Vous définissez vos propres règles de travail, choisissez vos projets et collaborez avec les clients qui vous correspondent le mieux. Vous aurez aussi le choix de travailler avec des chiens, des chats ou même des hamsters si c’est votre projet !
  3. Potentiel de Revenus Illimités : En tant qu’auto-entrepreneur, vos revenus ne sont pas plafonnés par un salaire fixe. Plus vous travaillez, plus vous diversifiez vos missions, plus vos revenus peuvent augmenter.
  4. Simplicité Administrative : Le statut de micro-entrepreneur est souvent adopté par les apprenants chez Zoopro. Ce régime offre une simplicité administrative et fiscale appréciable, avec des formalités de création réduites et une comptabilité allégée.
  5. Passion et Motivation : Pour de nombreux auto-entrepreneurs dans le secteur animalier, la principale motivation est la passion pour les animaux.

Défis de l'Auto-Entrepreneuriat

  1. Irrégularité des Revenus : L’un des principaux défis du travail en indépendant est l’irrégularité des revenus. Contrairement à un salarié, la demande peut varier d’un mois à l’autre, entraînant des fluctuations de revenus.
  2. Gestion Multitâche : Une reconversion dans le milieu animalier en tant qu’auto-entrepreneur entraîne la gestion de nombreuses tâches administratives, commerciales, marketing et opérationnelles. Cette polyvalence peut engendrer une charge mentale plus importante, nécessitant une bonne organisation et une capacité à jongler avec différentes responsabilités.
  3. Protection Sociale Limitée : Les indépendants ne bénéficient pas des mêmes protections sociales que les salariés, notamment en matière de chômage, de congés payés ou de retraite.

Stratégies pour Réussir

  1. Construire une Marque Solide : Créer une entreprise solide est essentiel dans le milieu animalier. Une image de marque bien définie permet de se démarquer et d’attirer une clientèle fidèle. Cela passe par un nom évocateur, un logo professionnel, et une charte graphique cohérente.
  2. Marketing Efficace : Un site web optimisé et l’utilisation des réseaux sociaux permettent d’améliorer la visibilité.
  3. Développement du Réseau : Entretenir son réseau est crucial. Participer à des salons, conférences, et ateliers permet de rencontrer d’autres professionnels et de découvrir de nouvelles opportunités. Vous pouvez aussi vous tourner vers des associations professionnelles, elles offrent des ressources spécialisées, des formations, et des forums de discussion.
  4. Formation Continue : Le secteur animalier évolue constamment. S’engager dans une formation continue est crucial pour rester compétitif. Vous pouvez par exemple élargir vos activités avec les formations massages canin et félin ou comportementaliste félin.

Le travail en tant qu’auto-entrepreneur dans le secteur animalier peut être incroyablement gratifiant, mais il nécessite de la préparation et une gestion proactive. Si vous aussi vous souhaitez vous reconvertir dans le milieu animalier, n’hésitez pas à vous inscrire dès maintenant à l’ACACED, le premier pas vers une grande aventure.

Le Point de Vue d'une Experte: Céline Jacquet

Tristan Ferré interview Céline Jacquet, une naturopathe animalière, pour discuter de son parcours et de son activité.

Céline Jacquet explique qu'elle propose différents types de consultations, notamment le bilan naturopathique, des massages énergétiques et des séances de zoopharmacognosie. Elle fabrique également des produits naturels et bios pour les animaux.

Elle insiste sur la complémentarité entre la naturopathie et la médecine vétérinaire traditionnelle. La naturopathie prend l’individu dans sa globalité et cherche les causes racines des problèmes de santé, tandis que la médecine allopathique s’intéresse surtout aux symptômes et à mettre un nom sur une maladie.

Céline Jacquet travaille avec différents types d'animaux, des chats et des chiens aux chevaux et aux poules. Elle souligne l'importance de se connecter à la nature et de développer son intuition pour travailler avec les animaux.

balises: #Entrepreneur

Articles populaires: