Les Girandières à Reims : redressement judiciaire et situation actuelle

Les établissements pour retraités du groupe Réside Études (Palazzo, Les Girandières…) accumulent de lourdes pertes. Placés en redressement judiciaire, leur avenir est entre les mains du tribunal de commerce de Paris.

Contexte du groupe Réside Études et de ses résidences seniors

Réside Études gère avant tout des résidences étudiantes depuis 30 ans, il est même leader en France en hébergeant 22.000 étudiants. Il y a 15 ans, il a investi également le secteur des résidences seniors. Il les construit et les commercialise auprès de particuliers et d'investisseurs institutionnels. Le groupe Réside Études, qui gère 73 résidences seniors en France, dont celle de Bruz (Ille-et-Vilaine), a été placé en redressement judiciaire. Hors de ces résidences spécialisées, il détient notamment les marques Séjour & Affaires Apparthotel, Residhome Apparthotel (résidences de tourisme et d’affaires 2 et 3*), ainsi que Les Estudines et Stud’City (résidences étudiantes).

En 2022, il déclarait un chiffre d’affaires total de 498 millions d’euros, en hausse par rapport aux années précédentes. Cette excellente santé financière avait même permis l’ouverture en exploitation de 19 nouvelles résidences, dont 12 résidences seniors, la même année, selon le dernier rapport annuel publié sur le site du groupe. La société ne communique plus ses comptes mais, selon L'Informé, il y en aurait pour 400 millions d'euros de dettes.

Procédures judiciaires, offres et repreneurs

Un dossier aux potentielles lourdes conséquences devant la justice. 72 résidences pour seniors sont menacées de fermeture, notamment les établissements Les Girandières et Palazzo. Le tribunal de commerce de Paris examine ce lundi le redressement judiciaire de leur exploitant, le groupe Réside Études. Avec une grosse interrogation pour l'avenir des 5.000 résidents et 1.300 salariés.

En juin dernier, c'est le redressement judiciaire et la voie vers une liquidation. Trois offres de reprise sont sur la table mais il ne s'agit que de reprises partielles. Les candidats demandent tous au préalable une réduction des loyers. Neuf repreneurs se sont manifestés pour récupérer des établissements du Groupe Réside Etudes Seniors. Un plan de redressement est également à l’étude. Le tribunal de commerce de Paris examinera ces propositions lundi 4 novembre.

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Mardi 30 octobre, date limite fixée par les administrateurs judiciaires, neuf propositions émanant de concurrents ou d’investisseurs immobiliers avaient été mises sur la table, ciblant entre 2 et 75 résidences selon l’appétit des uns et des autres, sur un total de 78 adresses exploitées par RES. Trois administrateurs judiciaires ont été désignés pour superviser le processus de restructuration financière de l’entreprise.

Plans de sauvegarde et reprises partielles

Acteur national reconnu des services à la personne, Générale des Services annonce une alliance exclusive avec le groupe Zénitude. Après la publication du plan de sauvegarde de Réside Etudes Seniors et la reprise d’une grande partie des résidences par les sociétés Zenitude et Stella, c’est au tour de REA (RESIDE ETUDES APPARTHOTEL) et RSG (RESIDENCES SERVICES GESTION) de voir leurs plans de sauvegarde publiés le Jeudi 5 décembre dernier.

La reprise conjointe par les groupes Zenitude et Stella de 75 établissements Réside Etudes Seniors assure la continuité des services pour les résidents tout en préservant les emplois et en consolidant la stabilité financière des investisseurs copropriétaires. Le délibéré était attendu impatiemment. Ce jeudi 28 novembre, le tribunal de commerce de Paris a acté la reprise des établissements gérés par Réside études seniors, filiale du groupe Réside études, placée en redressement judiciaire depuis le mois de juin. La justice a tranché en faveur de Zenitude et Stella Management, qui avait déposé une offre conjointe.

Les deux groupes se sont répartis les différentes résidences, un peu plus de 70 au total dans l’Hexagone. Tout le personnel est conservé, a-t-on appris de source interne. Les sociétés RESIDE ETUDES APPARTHOTELS (REA) et RESIDENCES SERVICE GESTION (RSG) font face à une procédure de sauvegarde complexe qui mobilise actuellement ses créanciers.

Conséquences locales à Reims : Les Girandières

Le personnel de la résidence de la résidence des Girandières à Reims (Marne) dénonce des conditions qui se sont dégradées depuis le placement en redressement judiciaire du groupe Réside Etudes Séniors en juin dernier. Une partie des salaires ne sont plus versés. Résidents, familles et salariés font front commun.

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Le personnel de la résidence pour personnes âgées des Girandières, à Reims, est en grève pour dénoncer les retards de paiement des salaires. Les travailleuses ne reçoivent que des payes partielles, voire plus de paye du tout, depuis deux mois. Une cinquantaine de salariés sont concernés par des problèmes de traitement des salaires, sur les 1 400 du groupe, selon l'entreprise.

Dans la résidence Les Girandières de Reims, les conséquences directes du naufrage sont visibles au quotidien et pèsent sur les salariés et habitants de la résidence ouverte depuis 2019. Salaires non versés, manque de matériel, chauffage défectueux, souffrance morale et psychologique… la liste ne cesse de s’allonger.

Depuis deux mois, elle n'est plus payée. Tout comme sa collègue Sandrine, auxiliaire de vie également : "c'est dur à vivre sachant que je suis seule à la maison avec deux enfants". Sur les 20 salariés que compte la résidence Les Girandières, 2 assurent tout de même un service minimum. Un préavis de grève avait été déposé quelques jours plus tôt par les salariés de l’établissement, las et à bout.

Les services pour les résidents aussi se sont dégradés. "Le chauffage qui chauffe le bas et la salle à manger est en panne depuis le mois de février. Au-delà du chauffage qui manque dans les parties communes, des fournitures ne sont plus livrées. Le papier toilette manque, les serviettes de table restent sales." Comme le dénonçait un résident, « les politiques, ils se sont débarrassés de nous en nous mettant dans les mains de faiseurs de fric. »

Ils partagent les parties communes qui respirent le neuf : salle de restauration, salon dédié aux activités, salle de coiffure. Des parties communes qui se vident faute de budget et faute de chauffage. Des petits radiateurs d'appoint ont été achetés par la direction de la résidence pour pallier les besoins. "Il peut manquer du papier toilette, du savon... on ne peut pas offrir une qualité de services suffisante dans ces conditions, ce n'est pas possible", souligne Priscilla.

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Réactions des salariés et familles

"Dans aucune entreprise, on peut tolérer ça. Aujourd'hui, on tolère des problématiques de paie importantes. J'ai des collègues qui ne sont pas payés depuis deux mois. Il y a des collègues, dont moi-même, qui n'ont pas leur salaire en totalité. La situation est intolérable et invivable pour des agents dévoués qui ont choisi de rester au service des personnes âgées malgré les difficultés qu'ils rencontrent." "On vient travailler tous les matins avec le sourire, mais c'est dur, le frigo est vide, on ne peut pas payer les factures, mais on a nos résidents, nos anciens, c'est pour eux qu'on est là", raconte le coeur gros, Fabienne, qui travaille depuis son ouverture il y a cinq ans à la résidence pour séniors Les Girandières les Capucins de Reims.

Priscilla Guider, directrice de l’établissement et représentante des salariés auprès du CSE du groupe, explique : « Sur le terrain, c’est l’enfer », « Certains ne sont pas payés depuis plus de deux mois, nous manquons de tout, nous nous inquiétons aussi pour nos résidents qui payent un loyer onéreux, nous ne sommes pas en mesure de leur fournir les services adéquats… et la direction ne nous répond pas. » Dans une longue lettre adressée à la direction et publiée quelques jours plus tôt sur les réseaux sociaux, Priscilla Guider rappelait avec une certaine émotion les dégâts de ce silence : « L’impact sur notre vie privée est monstrueux, au-delà des tensions que cela crée dans nos couples, certains d’entre nous n’ont plus de quoi se nourrir ou vêtir leurs enfants. »

Justifications du groupe et mesures prises

Contacté, le service communication du groupe Reside Etudes Seniors n'explique pas le non-paiement ou les retards de paiement des salaires de certains employés et évoque "un problème de logiciel de paie". Dans un communiqué, elle explique que "des difficultés informatiques ont été rencontrées, auxquelles se sont ajoutées des difficultés dans le traitement administratif". Dans un communiqué de quelques lignes daté du 11 octobre dernier envoyé à la presse, la direction se justifie du retard de paiement « par des procédures de traitement des salaires modifiées suite à un changement de logiciel », « des difficultés informatiques auxquelles se sont ajoutées des difficultés dans le traitement administratif ». Elle assure avoir pris les décisions permettant de résoudre la cinquantaine de cas identifiés sur les 1 400 salariés du groupe, ajoutant que les virements devraient intervenir courant de cette semaine.

L’un des premiers résultats de la grève est que la réparation du chauffage, en panne depuis des mois, est maintenant lancée. Mais le compte n’y est pas !

Aspects financiers et craintes des parties prenantes

Les loyers continuent d'être versés et les tarifs sont élevés dans cette résidence haut de gamme, avec des loyers mensuels compris entre 2.100 et 2.300 euros pour un T2. Les prestations de services à la personne sont au tarif de 33 euros l'heure, selon les tarifs affichés à l'entrée de la résidence. Mais les résidents ne vont pas tarder à se poser des questions. Des familles, aussi. Sans oublier les propriétaires des appartements mis en location par le groupe. Tous se demandent ce que vont devenir les Girandières, en cas de reprise ou non.

La résidence appartient à un grand groupe, Réside Études, qui en possède 73 en France, essentiellement pour personnes âgées, et a 1 300 salariés. Le groupe a été placé en redressement judiciaire en juin dernier et fait planer la menace de 600 à 800 licenciements. L’actionnaire principal ne donne aucune information et vient de s’offrir un séjour dans un château à Mâcon.

Perspectives et suite

Les quelque 4 600 locataires des établissements pour personnes âgées gérées par le Groupe Réside Etudes Seniors (RES), sous les bannières Les Girandières et Palazzo, peuvent respirer : la perspective d’une liquidation de cet exploitant, en redressement judiciaire depuis le 11 juin, s’éloigne. « Une solution de reprise sur un très large périmètre semble possible, se réjouit Jean-Paul Vaysset, directeur d’une résidence Les Girandières près d’Orléans et membre du comité social et économique. Mais les discussions vont se poursuivre durant le week-end pour tenter de combiner certaines offres. »

Plusieurs plans de cession qui s’entrecroisent et se concurrencent seront examinés, lors d’une audience convoquée lundi 4 novembre, par le tribunal de commerce de Paris. Une décision est attendue d’ici à la fin du mois afin de choisir la solution la plus solide, qui préserve au mieux les intérêts des salariés, des propriétaires immobiliers et des résidents.

À Reims, ce n’est que le début. S’il le faut, nous irons jusqu’à Paris. Le délibéré était attendu impatiemment. Ce jeudi 28 novembre, le tribunal de commerce de Paris a acté la reprise des établissements gérés par Réside études seniors, filiale du groupe Réside études, placée en redressement judiciaire depuis le mois de juin. Les deux groupes se sont répartis les différentes résidences, un peu plus de 70 au total dans l’Hexagone. Celles de Reims (situées rue des Capucins et rue Jules-Guichard) passent sous le giron de Zénitude, connu surtout pour son positionnement dans le secteur du tourisme et des affaires.

Élément Données / situation
Nombre de résidences seniors gérées 73 (ou 72 selon sources)
Nombre de résidents concernés ≈ 4 600 - 5 000
Effectifs salariés du groupe ≈ 1 300 - 1 400
Dettes estimées ≈ 400 millions d'euros (selon L'Informé)
Offres de reprise Plusieurs propositions (9 à 75 résidences ciblées), reprise par Zenitude & Stella sur ~75 établissements
Problèmes signalés à Reims Retards de salaires, chauffage en panne, manque de fournitures

Le personnel rémois envisage d'organiser une manifestation avec les 72 autres résidences du groupe devant le siège en région parisienne. Les salariés rémois envisagent d'organiser une manifestation avec les 72 autres résidences du groupe devant le siège en région parisienne. Dans les entreprises le personnel de la résidence pour personnes âgées des Girandières, à Reims, est en grève pour dénoncer les retards de paiement des salaires.

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