Lettre ouverte aux bandits de la finance : Exemples et réflexions
Au début des années 1950, l'auteur de cet ouvrage a été frappé par un fait curieux : certains bandits qui rendent la justice et redistribuent la richesse sociale font l’objet des mêmes récits et sont à l’origine des mêmes mythes partout en Europe, voire dans le monde entier.
Suivant l’injonction du Dr Samuel Johnson, pour qui il faut « laisser l’observation brasser de son large regard toute l’humanité de la Chine au Pérou », les lecteurs de ce livre seront amenés à se rendre dans ces deux pays, et même sur tous les continents habités.
Dix ans plus tard, nourrie d’études ultérieures menées notamment en Amérique latine, une version augmentée a donné lieu à la première édition du présent ouvrage. De fait, cette publication est à l’origine de l’essor contemporain des études sur l’histoire du banditisme, dont la plupart (notamment depuis les critiques émises par Anton Blok en 1971) n’ont pas accepté la thèse du « bandit social », du moins dans sa formulation initiale.
Les éditions suivantes offraient des versions révisées et augmentées du texte original qui prenaient en compte la masse de données nouvellement disponibles, ainsi que les critiques qui semblaient justifiées.
Mis à part le fait que beaucoup d’éditeurs continuent de trouver quelque intérêt à l’ouvrage, il y a trois raisons pour lesquelles j’ai accepté de livrer cette édition. En premier lieu, il est évident que nombre de travaux importants sur l’histoire du banditisme ont été publiés depuis 1981, notamment sur les bandits chinois, ottomans (turcs ou des Balkans), sur ceux d’Amérique latine, du bassin méditerranéen et de régions bien plus reculées, sans oublier la biographie longtemps attendue de Pancho Villa par Friedrich Katz.
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Ces travaux n’ont pas seulement mis au jour des données nouvelles : ils ont aussi élargi notre façon de penser la place du bandit dans la société. J’ai cherché autant que possible à prendre en compte ces nouvelles découvertes dans la présente édition.
Enfin, troisièmement, l’auteur lui-même, s’il est fier d’être le père fondateur de toute une lignée historiographique, ne peut s’empêcher de tenter de répondre à une question implicitement formulée il y a dix ans par un bon historien dans sa recension de deux livres sur le banditisme : « Il ne reste pas grand-chose d’intact dans la thèse de Hobsbawm. » Si cela était vrai, il n’y aurait aucune raison de publier une nouvelle édition de Bandits.
Il n’en reste pas moins que, trente ans après sa première publication, tant l’argument que la structure de cet ouvrage ont besoin d’être profondément repensés et mis à jour. C’est ce que je me suis efforcé de faire ici, essentiellement en replaçant de façon plus systématique le banditisme, y compris le banditisme social, dans le contexte politique au sein duquel il opère - celui des seigneurs et des États, de leurs structures, et des stratégies qui leur sont propres.
J’ai aussi tenu compte de la critique la plus fondée parmi celles qui ont été formulées à l’encontre de cet ouvrage, en l’occurrence celle qui me reprochait de recourir aux ballades et aux récits sur les bandits pour à la fois saisir la nature du bandit social comme mythe et, de façon plus expérimentale, pour voir « jusqu’à quel point les bandits s’acquittent du rôle social qui leur est assigné sur le théâtre de la vie paysanne ».
Il est désormais évident que ce matériau ne saurait être utilisé pour répondre à cette seconde question. Dans tous les cas de figure, les individus identifiables qui ont donné lieu à de tels mythes ne correspondaient guère, en réalité, à leur image publique ; et cela reste notamment vrai pour nombre de ceux qui font figure de « bandits au bon cœur » dans les versions antérieures de cet ouvrage.
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Mais il est aujourd’hui tout aussi évident que les ballades et les récits ne sauraient non plus être utilisés pour répondre à la première interrogation, sans toute une analyse préalable de ce genre de composition littéraire, des transformations de son public, de ses traditions, de ses tropes, ainsi que de ses modes de production, de reproduction et de distribution.
Bref, à l’instar des témoignages enregistrés de l’histoire orale, les ballades sont une source très peu fiable et, comme la tradition orale, elles sont dénaturées par la façon dont elles sont transmises de génération en génération. Il n’en reste pas moins qu’il est possible et nécessaire de les utiliser.
Essentiellement, l'ouvrage replace de façon plus systématique le banditisme, y compris le banditisme social, dans le contexte politique au sein duquel il opère - celui des seigneurs et des États, de leurs structures, et des stratégies qui leur sont propres.
La carrière d’un bandit social constitue la meilleure façon d’entrer dans le sujet compliqué du « banditisme social », qui forme la matière de ce livre. En voici un exemple, compilé par un étudiant anonyme de l’université d’Addis-Abeba, en Éthiopie, dont le mémoire m’a été confié par son professeur.
Si l’on a cru bon de ne pas me communiquer le nom de son auteur lorsque je me suis vu remettre ce travail basé sur des informateurs locaux et des périodiques en anglais ou en tigrigna, c’est pour des raisons liées à la situation politique incertaine qui régnait à l’époque en Éthiopie et en Érythrée.
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Voici donc, livrée de façon plutôt sommaire, l’histoire de Weldegabriel, le plus âgé des frères Mesazgi (1902/1903-1964). « À l’époque où l’Érythrée était une colonie italienne, le père de Weldegabriel, un paysan du village de Beraquit dans la province de Mereta Sebene, fut jeté en prison pour s’être élevé, en tant que représentant du village, contre la nomination d’un nouveau gouverneur provincial qui n’était pas natif de la région. Il mourut en captivité.
La veuve accusa l’impopulaire gouverneur, et appela à une vengeance de sang, mais ses fils étaient trop jeunes, l’opinion locale était divisée au sujet de la culpabilité du gouverneur, et de toute façon les Italiens avaient interdit les vendettas. Ses quatre fils grandirent et devinrent de pacifiques fermiers.
Weldegabriel s’enrôla dans les troupes coloniales en tant qu’askari, servit sous les couleurs italiennes en Libye durant la guerre italo-éthiopienne de 1935-1936 avec deux de ses frères, et participa à l’occupation de l’Éthiopie (1936-1941). Après la victoire des Britanniques, ils retournèrent à leurs activités d’éleveurs forts de quelques économies, de rudiments d’italien, et d’une bonne connaissance des armes et des compétences militaires.
L’ordre colonial italien s’était effondré et les Britanniques administraient provisoirement le territoire. Les conditions tumultueuses de l’après-guerre favorisaient le développement du banditisme, les vastes cohortes d’askaris démobilisés constituant un réservoir naturel de recrues potentielles.
Le travail était rare, et les Érythréens continuaient à souffrir de discriminations vis-à-vis des Italiens. Quant aux immigrants éthiopiens, ils avaient moins de chance encore. En compétition pour la terre et le bétail, les groupes ethniques se livraient à des razzias sur les hauts plateaux et, dans la mesure où l’administration italienne ne faisait plus obstacle à l’accomplissement de ce devoir sacré, les dettes de sang firent à nouveau leur apparition.
Dans de telles conditions, le banditisme semblait aussi ouvrir des perspectives de carrière raisonnables, du moins pour un temps. Par ailleurs, le gouverneur provincial en place était le fils de celui qui pouvait être tenu pour responsable de la mort de leur père, et il s’était rendu aussi impopulaire que son père pour une raison tout à fait semblable : il avait nommé au conseil du village le membre d’un clan minoritaire installé à Beraquit, mais étranger par ses origines.
Weldegabriel fut emprisonné pour s’être opposé à cette nomination au nom du village et, sa libération intervenue un an plus tard, il passa aux menaces. Les frères décidèrent de tuer le nouveau gouverneur - ce qui était légitime au vu des lois coutumières. Ils commencèrent par divorcer de leurs épouses, afin que la police ne puisse les punir, regagnant par la même occasion la mobilité sans laquelle les hors-la-loi ne sauraient opérer.
Ils tuèrent le gouverneur et prirent le maquis dans une forêt voisine grâce à la complicité d’amis et de proches qui leur apportaient des vivres. Le clan minoritaire ainsi que la famille du gouverneur étaient naturellement devenus leurs ennemis et prêtaient main-forte aux autorités britanniques.
Les frères Mesazgi s’abstinrent de les massacrer, mais ils s’efforcèrent, avec un succès certain, de leur rendre la vie impossible. La plupart d’entre eux quittèrent la région, et les Mesazgi gagnèrent en popularité dans la mesure où les terres que ces émigrants laissaient derrière eux étaient désormais à la disposition d’autres villageois.
Ils n’en restaient pas moins considérés comme des bandits ordinaires dans le reste de la province, où l’on entretenait des doutes quant à la légitimité de la dette de sang. Dans la mesure où ils avaient besoin de soutiens plus larges, notamment s’ils voulaient continuer à harasser la famille du gouverneur, les Mesazgi commencèrent à faire le tour des villages en incitant les paysans à ne pas cultiver les lopins assignés au gouverneur et à les partager.
Par un mélange habilement dosé de persuasion et de coercition, ils parvinrent à convaincre plusieurs communautés de dénoncer ces droits semi-féodaux et mirent ainsi un terme aux prérogatives seigneuriales sur la terre et le servage dans la province de Mereta Sebene. C’est à ce moment qu’on cessa de les considérer comme de simples bandits et qu’on vit en eux des bandits « particuliers », ou sociaux.
Comme la police les avait coupés de leurs sources de ravitaillement, les Mesazgi furent contraints de commettre des vols le long de la grand-route régionale. Ils furent rejoints par d’autres bandits. Dans la mesure où s’attaquer à des concitoyens érythréens pouvait conduire à de nouvelles dettes de sang, ils préféraient s’en prendre aux Italiens.
Lorsque l’un des frères fut tué, les deux autres vengèrent sa mort en tuant des Italiens sans discernement, et acquirent ainsi une réputation de défenseurs des Érythréens. Bien qu’ils n’aient probablement pas tué plus de onze Italiens, l’opinion locale exagéra leurs hauts faits et leur attribua toutes les caractéristiques qui distinguent habituellement les héros, et notamment l’invulnérabilité du bandit social.
Un mythe vit ainsi le jour. Qui plus est, dans la mesure où les routes étaient devenues peu sûres pour les Italiens, les Érythréens, à qui l’administration italienne ou les Britanniques avaient jusque-là interdit de conduire, furent désormais autorisés à le faire. Cette mesure fut accueillie comme une amélioration de leur statut et des perspectives d’emploi.
De nombreuses voix s’élevèrent pour souhaiter « longue vie aux fils de Mesazgi. Grâce à eux nous pouvons conduire des voitures ». À cette époque (1948), les incertitudes quant à l’avenir de l’ex-colonie rendaient la situation politique confuse en Érythrée.
Les champions de l’unité avec l’Éthiopie étaient opposés aux défenseurs de diverses formules menant à une éventuelle indépendance érythréenne. Des unionistes de premier rang approchèrent les bandits pour gagner leur soutien ; cette proposition reçut l’aval de presque tous les chrétiens, dans la mesure où elle leur conférait un sentiment d’identité et de sécurité vis-à-vis des tenants de l’indépendance, qui étaient musulmans dans leur très grande majorité.
Toutefois, s’ils étaient en faveur de l’union, les frères Mesazgi se montrèrent assez avisés pour ne pas tuer d’Érythréens pour des raisons politiques, ce qui évitait les querelles de sang, et Weldegabriel s’abstint de brûler leurs maisons ou leurs récoltes. Le soutien de l’Éthiopie permit aux bandits non seulement de se procurer des armes et de l’argent, mais aussi de trouver refuge de l’autre côté de la frontière.
Lorsque les Nations unies votèrent finalement en faveur de la fédération, les bandits perdirent le soutien des unionistes et du gouvernement éthiopien. La plupart d’entre eux furent amnistiés en 1951, mais Weldegabriel résista jusqu’en 1952. Il figurait sur une liste de quatorze bandits que les Britanniques considéraient trop nuisibles pour les autoriser à rester en Érythrée.
C'est parce que Nicolas Sarkozy entend l'irritation de l'opinion devant les comportements des financiers flambeurs, justement étrillés par Jean Montaldo (Lettre ouverte aux bandits de la finance, Albin Michel), que le président a encore rabroué les banquiers, mardi.
Il a même obtenu d'eux des engagements pour revoir à la baisse les bonus indécents, sans être assuré néanmoins d'être suivi par les autres places européennes et nord-américaines après le G20 de Pittsburgh, en septembre.
Mais puisque le chef de l'État sait être sévère avec ceux qu'il accuse, sans risque, d'avoir contribué solidairement à la crise financière, pourquoi ne s'en prendrait-il pas semblablement aux responsables des désastres touchant à l'éducation, à la culture, à la solidarité nationale ?
Il faut écouter les Affreux : Bernard Debré, quand il parle de la grippe A comme d'une "grippette", ou Marc Gentilini, qui estime que le poids attribué à la pandémie est une "indécence" ; Claude Allègre, qui juge "catastrophique" la taxe carbone "inutile climatiquement, injuste socialement, nuisible économiquement "; André Gerin, qui trouve "ridicule" le chiffre de 367 burqas comptabilisées en France par l'Intérieur.
Car la vraie crise est celle des idées confinées. L'uniformité des discours devient une curiosité archéologique. Les constructions idéologiques, qui s'effondrent comme des cartes, servent encore de référence au gouvernement : au nom de l'écologisme, il augmentera le prix de l'essence et du gaz pour le consommateur ; au nom de l'interventionnisme, il lancera un emprunt national à la charge des contribuables.
Ce despotisme des certitudes arrêtées, ajouté au court-termisme d'un État-mama qui s'affole des bobos mais ne voit rien des dangers, empêchent de saisir tous les bouleversements que connaît la France. Même la hausse de la natalité continue d'être expliquée, ces jours-ci, comme la conséquence d'une politique familiale, tandis que le bien pensisme assure que l'immigration n'y est pour rien ou presque.
La pensée bétonnée obscurcit le jugement. Le PS n'arrive d'ailleurs pas à s'en extraire, lui qui s'imagine que son décrochage de la société se résume à une question de leadership qui se réglera par des primaires, voire une alliance avec le MoDem. En réalité, la bulle progressiste a éclaté, partout en Europe, de ses erreurs. Au nom de l'hyperégalitarisme, elle a contribué, en France, à paupériser les classes moyennes, naufrager l'école publique, fragmenter la nation. Ces bilans appartiennent aux socialistes, même si la droite honteuse y a participé. Aussi n'est-ce pas l'homme providentiel qui sauvera une gauche sans idées.
L'unanimisme des belles âmes ne fait pas une vérité : confirmation avec la chute de popularité de Barack H. Obama, qui passe sous les 50 % d'opinions favorables, six mois après son élection. Cette semaine encore, Nicolas Sarkozy a redit sur le régime iranien d'heureuses vérités que se garde d'émettre le prudent président de la première démocratie du monde. Obama ne marche donc pas sur l'eau.
Ici, nous avons choisi de mettre l’accent sur les gangsters, les bandits de petits et grands chemins, les chapardeurs, les dérobeurs de richesses quelles qu’elles puissent être : que l’on vous dérobe votre vie ou votre sac à main ou bien encore une voiture, qu’est-ce qui change finalement, sinon l’échelle de valeurs ?
Après tout, du point de vue d’un enfant, voler un bonbon ou un chouchou c’est presque aussi grisant que de cambrioler une banque, n’est-ce pas ? Levons donc le voile sur ces anti-héros, ceux qui se retrouvent consciemment ou non du mauvais côté de la barrière.
Depuis bientôt 10 ans, cet ouvrage (déjà traduit en plusieurs langues) est devenu une référence incontestée dans le milieu survivaliste même au-delà... Les problèmes auxquels le monde doit faire face dans les 10 prochaines années sont considérables : surpopulation, pénurie de pétrole et de matières premières, dérèglements climatiques, baisse de la production de nourriture, tarissement de l'eau potable, mondialisation débridée, dettes colossales...
Comment se préparer ? Comment survivre à ces prochaines années de grands changements qui seront à la fois soudains, rapides et violents ? Etes-vous prêts ? Avez-vous accès à de l'eau potable si rien ne sort de votre robinet et si les supermarchés sont vides ? Et dans ce cas, comment allez vous défendre votre famille de votre voisin affamé, du gang de racailles local ou d'un état devenu mafieux et totalitaire ? Vous croyez que ces questions sont absurdes ? Tentez votre chance alors !
Au moins, les lecteurs de ce livre auront à leur disposition les plans, les outils et les solutions, basées sur des exemples pratiques et sur l'expérience de ceux qui l'ont déjà fait, pour survivre et commencer à se préparer progressivement.
Piero San Giorgio, de son vrai nom Piero Falotti, est né en 1971 à Milan. Il est depuis 20 ans dans l'industrie high-tech, responsable des marchés émergents d'Europe de l'Est, Moyen Orient et Afrique. Depuis 2005, il se prépare à l'effondrement de l'économie et étudie les moyens d'y survivre. Son premier livre : «survivre à l'effondrement économique», paru en 2011, a été un best-seller.
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