Loi de Finances Initiale (LFI) : Définition et Enjeux
La loi de finances initiale (LFI) est un acte législatif fondamental en France. Elle prévoit et autorise, pour chaque année civile, l'ensemble des ressources (recettes) et des charges (dépenses) de l'État. Elle doit être adoptée avant le 31 décembre de l’année précédente.
Le projet de loi de finances (PLF), obligatoirement transmis au Parlement « au plus tard le premier mardi d’octobre de l’année qui précède celle de l’exécution du budget » (article 39 de la LOLF), fait l’objet d’un examen pendant les trois derniers mois de l’année précédente et entre en vigueur le 1er janvier de l’année concernée pour l’ensemble de l’année à venir. Il est accompagné des projets annuels de performance et d’annexes générales.
Contenu et Structure de la LFI
La loi de finances initiale comprend deux parties distinctes :
- Première partie : Elle autorise la perception des ressources publiques (impôts et taxes) et comporte les « voies et moyens », c’est-à-dire l’évaluation des recettes. Elle présente un tableau d’équilibre des recettes et charges et donc le niveau du solde budgétaire annuel, ainsi que la variation de la dette négociable de l’État et un plafond des emplois calculé en « équivalents temps plein travaillés » (ETPT).
- Seconde partie : Elle autorise les dépenses et contient des dispositions diverses, relatives par exemple aux garanties accordés par l’État ou à l’information du Parlement.
Depuis l’entrée en vigueur de la LOLF en 2006, les votes ne portent plus d’une part sur les services votés et d’autre part sur les mesures nouvelles, mais s’effectuent pour chaque mission « au premier euro » (c'est-à-dire en reconsidérant l’ensemble des crédits correspondants, et non plus seulement leur augmentation par rapport à ceux décidés l’année précédente).
Les Lois de Finances Rectificatives (LFR)
Une loi de finances rectificative, appelée aussi « collectif budgétaire », modifie en cours d’exercice les dispositions de la loi de finances de l’année. Au moins une loi de finances rectificative est votée en fin d’année pour autoriser des mouvements de crédits ou réestimer le niveau des recettes. Toutefois, à compter de l’exercice 2023, la loi de finances rectificative de fin d’année pourrait être remplacée, si le Gouvernement le décide, par une loi de finances de fin de gestion.
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La Loi de Règlement
La loi de règlement est l’acte qui constate le montant définitif des recettes et des dépenses de l’année écoulée et approuve les différences entre les résultats et les prévisions de la loi de finances initiale, telle que modifiée éventuellement par des lois de finances rectificatives ou de fin de gestion. Elle approuve également le compte de résultat, exprimé selon les règles de la comptabilité générale. La loi de règlement de l'année N est votée au cours de l'année N+1, avant l’examen du projet de loi de finances pour l’année N+2, ce qui permet ainsi de suivre en « dynamique » l’évolution du budget selon le principe du « chaînage vertueux ».
Processus d'Élaboration et d'Adoption
Le budget de l'État peut être défini comme l'ensemble des documents, votés par le Parlement qui prévoient et autorisent les ressources et les charges de l'État pour chaque année. Le budget de l'État suit des règles précises de présentation et de vote. Les lois de finances s'inscrivent dans le cadre de la "constitution financière de l'État" fixée par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF).
L'examen du projet de loi de finances initiale est un moment fort de l'activité parlementaire. Il s'agit, avec les règles budgétaires issues de la loi organique relative aux lois de finances, dite LOLF, de passer en revue la gestion des crédits de l'ensemble des politiques conduites par l’État, présentées sous forme de « missions », c'est-à-dire d’ensembles de programmes concourant à une politique publique définie.
La procédure d'élaboration des projets de loi de finances est régie par des textes et des pratiques conçus pour permettre l'adoption du budget dans les délais requis, tout en le mettant à l'abri d'amendements qui, par l'augmentation des charges de l'État (appréciée au niveau de chaque mission) ou la minoration des recettes, risqueraient d'affecter trop substantiellement l'équilibre budgétaire tel qu'il est proposé par le Gouvernement sur la base des hypothèses économiques qu'il a retenues pour l'élaboration de son projet.
Rôle des Acteurs
Plusieurs institutions et acteurs interviennent dans le processus budgétaire :
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- Gouvernement : Élabore le projet de loi de finances.
- Parlement : Examine, amende et vote la loi de finances.
- Cour des Comptes : Certifie les comptes de l'État.
- Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP) : Évalue la cohérence des prévisions budgétaires avec les objectifs de moyen terme.
Le Solde Structurel
La loi de finances initiale comprend un « article liminaire » qui présente un tableau de synthèse retraçant pour l’année considérée l’état des prévisions de solde structurel et de solde effectif de l’ensemble des administrations publiques (État, collectivités territoriales, sécurité sociale). Elle comprend un « article liminaire » qui présente un tableau de synthèse qui rectifie le cas échéant les prévisions de solde structurel et de solde effectif de l’ensemble des administrations publiques (État, collectivités territoriales, sécurité sociale) prévues par la loi de finances initiale.
Le solde structurel est le solde public nominal corrigé des variations conjoncturelles et déduction faite des mesures ponctuelles et temporaires. Ce solde structurel n’est pas directement observable. La première étape consiste à évaluer l’incidence des fluctuations de la conjoncture sur les déficits publics. La position de l’économie dans le cycle est estimée via l’écart de production, soit encore la différence entre le PIB effectif et le PIB potentiel.
La variation du solde structurel d’une année sur l’autre est appelée « ajustement structurel ». Un ajustement structurel positif traduit une politique budgétaire qui permet, en situation de déficit structurel, de réduire ce déficit structurel. Un ajustement structurel négatif traduit au contraire une politique budgétaire expansive qui creuse le déficit structurel. L’effort structurel mesure la part de l’ajustement structurel imputable à des facteurs « discrétionnaires », c’est-à-dire maîtrisables par les décideurs publics.
Indicateurs Économiques Clés
Les prévisions macroéconomiques portent sur les indicateurs économiques globaux. Il s’agit notamment de la croissance et de ses principaux déterminants (consommation, investissement, commerce extérieur) mais aussi d’autres paramètres macroéconomiques comme la masse salariale du secteur privé, le taux de change, l’inflation… Les prévisions macroéconomiques utilisées par le Gouvernement pour préparer les projets de textes financiers sont réalisées par le ministère de l’économie et des finances.
L’écart de production est la différence entre la production effective, mesurée par le PIB, et la production « soutenable », estimée par le PIB potentiel et dont le niveau dépend du stock de capital en place, de la main-d’œuvre disponible et de l’efficacité avec laquelle ces deux facteurs sont utilisés. L’écart de production constitue un indicateur de la capacité de rebond du pays quand il est négatif ou d’une perspective de ralentissement quand il est positif. Il permet d’évaluer la composante conjoncturelle du déficit public effectif et de mesurer, par différence, le solde structurel.
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Exemple Concret : La Loi de Finances pour 2025
Au terme d’une procédure inédite, la loi n°2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 a été publiée au Journal Officiel. Le débat parlementaire sur le texte avait été suspendu le 4 décembre 2024 au cours de la première lecture du texte au Sénat à la suite de l’adoption d’une motion de censure sur les conclusions de la commission mixte paritaire du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 et il n’a pu être adopté de façon définitive par le Parlement avant le 1er janvier 2025.
Depuis le 1er janvier, la loi n° 2024-1188 du 20 décembre 2024 spéciale prévue par l'article 45 de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances a permis d’assurer la continuité de la vie nationale et le fonctionnement régulier des services publics en 2025, dans l’attente de l’adoption de la loi de finances de l’année 2025. Cette loi spéciale, qui ne remplace pas le budget, a permis de gérer une situation provisoire jusqu’à la promulgation de la loi de finances initiale pour 2025.
Adoptée au terme d’une procédure que le Conseil constitutionnel a jugé conforme à la Constitution, la loi de finances initiale pour 2025 permet de doter la France d’un budget pour renforcer sa souveraineté, sa crédibilité et sa capacité à aborder l'avenir.
Un État exemplaire dans le redressement de nos finances publiques : Ce budget amorce un effort de redressement des finances publiques qui doit être poursuivi au cours des prochaines années afin d’atteindre l’objectif d’un retour sous les 3 % de déficit public au plus tard en 2029. À ce titre, le périmètre des dépenses de l’État (PDE)1 est en baisse en valeur par rapport à la loi de finances pour 2024. Les efforts portent en priorité sur les interventions discrétionnaires du budget de l’État ainsi que sur les concours aux opérateurs, qui doivent également contribuer au redressement des finances publiques. La loi de finances pour 2025 prévoit un déficit budgétaire de l’État de 139,0 Md€, soit une amélioration de 7,9 Md€ par rapport à la LFI 2024. Le déficit public sera ramené à 5,4 % du PIB.
Renforcer la souveraineté de la France tout en garantissant l’avenir : La trajectoire des finances publiques pourra être rétablie par la maîtrise des dépenses publiques, ce qui permettra de garantir la souveraineté de la France. Les budgets pour 2025 alloués aux ministères permettent de financer les priorités du Gouvernement : l’éducation, la justice, la sécurité ou encore la défense nationale.
Principales Allocations Budgétaires pour 2025
- Défense, sécurité et justice :
- Ministère des Armées : +3,3 Md€
- Ministère de l’Intérieur : +1,0 Md€
- Ministère de la Justice : +0,3 Md€
- Éducation et Culture : Maintien des postes d’enseignants et de fonctionnaires, augmentation des crédits pour l’enseignement supérieur et la recherche (+152 millions d’euros).
- Santé et solidarités : Augmentation de l’ONDAM, stabilisation des crédits de l’Aide médicale d’État (AME).
- Écologie : Maintien du fonds vert au même niveau qu’en 2024, hausse de 145M€ du fonds Barnier.
Ce budget amorce un effort de redressement des finances publiques qui doit être poursuivi au cours des prochaines années afin d’atteindre l’objectif d’un retour sous les 3 % de déficit public au plus tard en 2029.
En conclusion, la loi de finances initiale est un instrument essentiel pour la gestion des finances publiques en France. Elle permet de prévoir et d'autoriser les dépenses de l'État, tout en assurant un contrôle démocratique par le Parlement.
Le projet de loi de finances : comment ça marche ?
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