Maddyness, entrepreneuriat féminin et TPE : enjeux, actualités et perspectives
Si le sujet trouve peu à peu sa place dans les débats de société, l’endométriose reste source de souffrances pour les femmes touchées par la maladie. Le 8 mars, célèbre‑t‑on la journée des femmes, de la femme ? En matière d’entrepreneuriat, les femmes sont encore largement sous‑représentées, mais la dynamique est encourageante.
Panorama d’actualité : innovations, levées et indices à impact
A l'occasion du salon ChangeNOW au Grand Palais, la troisième édition de l'indice Impact 40/120 a été dévoilée. L’édition 2025 de l'indice Impact 40/120 montre une hausse moyenne de 23 % pour les entreprises engagées dans la transition écologique et sociale. Impact France dévoile la seconde édition de l'indice Impact 40/120.
DEPUIS VIVATECH - Kumulus Water, une startup franco‑tunisienne, transforme l’humidité de l'air en eau potable grâce à une technologie innovante. La startup montpelliéraine K-REN, fondée en 2020, veut transformer l’entretien des bateaux grâce à une housse textile écologique qui supprime le recours aux peintures antifouling, très polluantes. Ramdam Social veut transformer les courses du quotidien en levier contre la précarité.
EXCLU - Dans des conditions de levée particulièrement difficiles, Partech aura eu besoin de deux ans pour boucler son fonds à impact. Alors que l’économie française stagne, les startups à impact continuent d’afficher des croissances à deux chiffres. Malgré un président des Etats‑Unis climatoseptique, les startups françaises à impact résistent bien.
France Digitale, Impact France et Bpifrance dévoilent les derniers chiffres de leur poids économique significatif dans l'hexagone, notamment en termes d'emploi. La semaine dernière, dans le MaddyMoney, les startups françaises ont levé 55,7 millions d'euros avec un ticket moyen avoisinant les 9 millions d'euros.
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Programmes et soutiens pour les entrepreneures
Cartier Women’s Initiative (CWI) lance son appel à candidatures du 18 avril au 24 juin 2025. Ce programme international soutient les femmes entrepreneures à impact en leur offrant un accompagnement financier, humain et en capital social. BNP Paribas a ainsi créé l’observatoire annuel national de l’entrepreneuriat féminin, avec Occurrence, un cabinet d’études. L’objectif est de connaître les besoins des entrepreneures et d’améliorer leur accompagnement.
Le réseau Européen de promotion de l’entrepreneuriat féminin (WES) a été lancé en 2000 avec des membres de 31 pays européens. Avec Tech Boost’Her, Social Builder entend transformer l’information en opportunités concrètes et ouvrir les portes des métiers d’avenir à 10 000 femmes. Pour favoriser une réelle inclusion dans l’entrepreneuriat, il est essentiel de remettre l’égalité des chances au cœur des politiques économiques.
Statistiques récentes sur l’entrepreneuriat féminin
Infogreffe indique que les femmes représentent 31,1 % des immatriculations, pour un total de 231 053 entreprises créées, un pourcentage en hausse de 12,7 % par rapport à 2024. En analysant les dirigeantes à la tête de ces entreprises, la structure révèle que le profil type d’une entrepreneuse est une femme de 40,1 ans, un peu plus jeune qu’en 2024 (41 ans). Néanmoins, cet âge moyen reste un peu plus élevé par rapport aux entrepreneurs masculins (39,3 ans).
De son côté, Infogreffe indique les femmes représentent 36 % des entreprises individuelles, 36,5 % des SCI et 23,7 % des SAS. Par conséquent, les femmes se tournent davantage vers le statut de micro‑entreprise (67 % selon l’Insee). Le cabinet Dougs indique qu’une entrepreneuse a, en moyenne, entre 35 et 44 ans. Le cabinet révèle aussi que le chiffre d’affaires médian annuel des entrepreneuses s’élève à 26 330 euros, quand le chiffre d’affaires moyen annuel atteint 61 979 euros.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux d'immatriculation féminin (Infogreffe) | 31,1 % |
| Âge moyen de l'entrepreneuse | 40,1 ans |
| Part en micro‑entreprises (Insee) | 67 % |
| CA médian annuel | 26 330 € |
| CA moyen annuel | 61 979 € |
Secteurs, performances et impact
Selon l’Insee en 2018, les femmes représentent 75% des créateurs d’entreprises individuelles dans le domaine de la santé et du social. Elles sont 70% dans les services aux ménages, 52% dans l’industrie et 50% dans l’enseignement. Quant aux secteurs où l’on retrouve le plus d’entrepreneuses, celui des services (59,3 %) arrive très largement en tête.
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L’entrepreneuriat est également bien représenté dans les projets à impact. Les entreprises créées par des femmes représentent ainsi 30,4 % des entreprises de l’Économie sociale et solidaire, soit 765 structures (+22 % en un an). Des progressions sont aussi à saluer dans les arts, spectacles et activités récréatives (+23,4 %), l’enseignement (+22,4 %), le commerce et la réparation automobile (+18,2 %) et l’industrie manufacturière (+14,1 %).
Freins structurels et culturels
Les obstacles économiques : l’innovation passe par l’investissement (R&D, achats de nouveaux outils…). Or, les femmes sont souvent considérées comme moins crédibles par rapport aux hommes et les banques ont du mal à leur faire confiance. Certaines femmes, ne souhaitant pas prendre le risque d’investir l’argent de la famille, préfèrent alors abandonner leur projet.
Les femmes entrepreneures font parfois face au sexisme et aux discriminations. Selon Caroline Ramade (50inTech), les investisseurs, en très grande majorité des hommes, favorisent les projets tenus par des hommes. Ainsi, sur les cinq dernières années, « les neufs plus gros fonds d’investissements français n’ont investi que 2,6% des fonds dans des entreprises cofondées par des femmes ».
Ensuite, force est de constater que les entreprises fondées par des femmes perçoivent moins de 5% des fonds de capital‑risque, contre 30% des hommes. Et dernier point et non des moindres, les femmes ont moins facilement accès aux cercles d’influence, réseaux inter‑professionnels, discussions en aparté… dans lesquels grands nombres d’opportunités voient le jour. Limitant considérablement leur visibilité et la croissance de leur entreprise.
Mais surtout, les femmes ont tendance à se mettre des barrières psychologiques. Selon une étude de 2016, 35% des femmes interrogées se sentent moins expérimentées que les hommes et 36% ont peur de l’échec.
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Réponses et démarches pour réduire les inégalités
Pour favoriser une réelle inclusion dans l’entrepreneuriat, il est essentiel de remettre l’égalité des chances au cœur des politiques économiques. Car, bien souvent, ce ne sont pas les compétences ou les idées qui font défaut aux femmes, mais les barrières à l’entrée auxquelles elles font face. Et cela implique, notamment, de faire évoluer en profondeur les critères d’attention des investisseurs, en parallèle de l’élaboration d’outils objectifs d’évaluation de sorte à lutter contre certains biais éminemment humains.
Dans la même logique, il est essentiel de faciliter l’accès aux réseaux d’affaires et de décision. Soit, faciliter l’accès, trop souvent confidentiel, à des cercles fermés et dominés par un entre‑soi masculin. Plusieurs initiatives ont été lancées pour venir en aide aux femmes qui souhaitent créer ou reprendre une entreprise.
Récits, tribunes et témoignages
Dans cette tribune, Rachel Delacour, co‑fondatrice et CEO de la startup à impact Sweep, rappelle qu'en matière de décarbonation, une collaboration étroite entre startups et grands groupes est indispensable. Dans cette tribune, Melisande Geldy, fondatrice d’IKO&NOTT, raconte son quotidien d'entrepreneuse parfois empreint de doutes. Elle témoigne de ses difficultés et des moments de solitudes qu'elle a pu traverser... pour finalement réussir à faire grandir, petit à petit, sa marque.
Une tribune sur la santé mentale des dirigeant·es de startups portée par Ticket for Change et co‑signée par Activ'Action, Climate House, Ashoka, Enactus France, Entreprendre & Plus, Empow’Her, Fondation Entreprendre, INSPIRE, Live for Good, makesense, Moka.Care, Mouvement Impact France, Sillages, The Wellbeing Project et WILLA.
TPE : contexte économique et risques pour l’entrepreneuriat féminin
Le premier semestre 2026 confirme une tempête durable sur les TPE. Carnets atones, embauches gelées, trésoreries qui se tendent, rentabilité en chute et investissement grippé. Au deuxième trimestre 2026, la France encaisse 17 486 défaillances, un niveau 40% au‑dessus d’avant‑Covid. La vague ne reflue pas, elle s’enracine, gagne presque tous les secteurs et étouffe les TPE, particulièrement les plus jeunes et les moins de trois salariés.
La consommation des ménages stagne (+0,4 % en 2025) et le pouvoir d'achat recule de 0,4 %. Pendant ce temps, les prix continuent de progresser et les ruptures de stock se multiplient. Derrière le vernis statistique, les TPE encaissent une double lame : coûts qui repartent, demande qui traîne les pieds, trésoreries asphyxiées.
Les dirigeants de TPE se retrouvent doublement pénalisés : par l'incertitude économique et par une inquiétante désertion des candidats vers les métiers manuels et de service. Les patrons de TPE : l’été sans repos - selon une récente enquête, 84 % resteront connectés pendant leurs congés, 77,3 % redoutent une chute de revenus s’ils s’absentent et plus d’un sur deux a déjà renoncé à des vacances. A ce rythme, le risque n’est plus seulement économique : c’est la santé des dirigeants qui vacille.
Pourquoi l’enjeu est crucial pour les femmes entrepreneures
Les femmes souffrent d’une sous‑représentation persistante dans la création d’entreprise. Employés de manière indifférenciée pour donner de la voix à un problème ô combien persistant (et pressant) dans notre société, les deux mots « entrepreneuriat féminin » sont plus préjudiciables qu’on ne les croit. En apparence bienveillante, l’expression « entrepreneuriat féminin » présuppose en réalité que les femmes ont une approche propre de l’entrepreneuriat.
En usant de la terminologie « entrepreneuriat féminin », le risque est de continuer à isoler les femmes. De les enfermer dans une catégorie, plutôt que de les intégrer pleinement à un pan non négligeable de l’économie, celui de la création d’entreprise. Or tout l’enjeu n’est pas de féminiser l’entrepreneuriat. Mais bien de souligner et d’affirmer son caractère universel, et d’assurer un accès équitable aux ressources et opportunités.
Points d’action recommandés (synthèse des éléments)
- Améliorer l’accès au financement et l’objectivation des décisions d’investissement pour limiter les biais.
- Renforcer les dispositifs d’accompagnement (programmes, mentorat, observatoires) adaptés aux réalités des TPE et entrepreneuses.
- Ouvrir et démocratiser les réseaux d’affaires pour augmenter la visibilité et les opportunités.
- Développer des politiques publiques dédiées à la résilience des TPE face à la conjoncture économique.
- Soutenir les secteurs où les femmes sont déjà présentes et encourager leur diversification vers la tech, l’industrie et la cybersécurité.
Chaque année, les études, baromètres et consorts font florilège pour étudier la place (et la progression) des femmes dans des secteurs d’activité spécifiques ou à des postes spécifiques. Et, chaque année, l’on dresse le constat d’une lente avancée vers la parité. Un constat qui dépasse de loin les frontières de « l’entrepreneuriat » et qui est le reflet de la place des femmes dans l’économie… et de la société.
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