Microfinance : Définition et Enjeux
La microfinance est un secteur qui concerne les dispositifs permettant d’allouer des crédits de faible montant à des personnes à faible revenu. Ceci leur permet notamment de créer et de gérer des TPE. Le développement de cette discipline a donné lieu à une gamme de services plus large.
La microfinance vise à soutenir les populations exclues des services financiers traditionnels en leur proposant un éventail de services financiers (microcrédit, épargne, assurance, etc.) souvent couplé à des programmes d’accompagnement (formations, sensibilisations, etc.).
Ce secteur concerne essentiellement les personnes dont les revenus sont inférieurs à un certain montant. Ce sont donc celles qui n’ont pas accès aux services des institutions financières formelles. Il s’agit généralement des petits agriculteurs, commerçants, prestataires de services ou artisans.
La microfinance, telle que nous la connaissons aujourd'hui, a été popularisée par Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix en 2006. Dr Yunus, dit le "banquier des pauvres" a été le fondateur de la première institution de microcrédit, la Grameen Bank en 1976 au Bangladesh. Mais formellement, d'autres organismes ont déjà existé, même en Europe. Nous pouvons par exemple citer la Raiffeisen créée en Suisse en 1849, première coopérative d'épargne et de crédit, ou la Caisse du Crédit Mutuel, créée à Strasbourg en 1882, fortement inspirée du modèle suisse.
Au-delà des institutions qui ont revêtu malgré tout un caractère bancaire, des systèmes informels ont bien entendu existé. Un des plus connus étant la tontine : un groupe de personnes qui se réunissent régulièrement et qui épargnent en commun pour investir dans un projet ou pour subvenir aux besoins d'un des épargnants. Chaque épargnant à tour de rôle bénéficie à un moment de sa vie de l'épargne collective.
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L’ensemble des services financiers qui en découlent ont contribué à améliorer sensiblement les conditions de vie des populations, notamment en augmentant le taux de bancarisation de certains pays. La finance inclusive va au-delà de la microfinance, trop souvent cantonnée au simple microcrédit.
Micro-finances ou Banques ? Quel choix faire ?
Qu'est-ce qu'une Institution de Microfinance (IMF) ?
Ce sont les institutions de microfinance (IMF). Ce sont des organisations très variées au niveau de la taille, de la structure et du statut juridique. Une IMF peut avoir la forme d’une association, d’une coopérative d’épargne, d’un établissement financier, voire d’une ONG. Le fait d’être à but lucratif, réglementée ou autorisée à collecter l’épargne est secondaire.
Les Institutions de Microfinance (IMF) jouent un rôle central dans le fonctionnement de la microfinance. Elles se chargent de dispenser les prêts, garanties, conseils, éducation financière et d’autres formes de soutien aux clients. Les prêts qu’elles accordent, appelés microcrédits, sont généralement de montants inférieurs à ceux proposés par les banques traditionnelles et sont dispensés à des fins personnelles ou professionnelles.
La mission d’une IMF consiste généralement à faire bénéficier les demandeurs de microcrédits d’un ensemble de services financiers de proximité. Vu le faible niveau de risque au niveau du retour sur investissement, la discipline est considérée comme étant efficace. Elle est, en effet, caractérisée par un certain niveau de rentabilité pour la majorité des IMF et des demandeurs de microcrédits. Elle contribue ainsi à une croissance massive du nombre de clients et des bénéfices dégagés.
Leur approche et impact diffèrent et s’adaptent aux besoins spécifiques de chaque région et population.
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Exemple d’une Institution de Microfinance en Côte d’Ivoire
L’IMF PAMF-CI (Première Agence de Microfinance Côte d'Ivoire) finance des projets agricoles, l’achat de bétail et la création de petites entreprises en zones rurales et urbaines, répartissant ses prêts à parts égales entre ces deux zones. PAMF-CI propose également des prêts à des groupes solidaires où des petits groupes empruntent collectivement et s'encouragent mutuellement à rembourser.
L’IMF a par exemple accordé des prêts à Kone pour l’aider à développer son entreprise, lui permettant de moderniser son poulailler et d’agrandir son activité. Grâce à ces financements, Kone a investi dans l’éducation des enfants et rénové leur maison, tout en épargnant et en soutenant la croissance de l’entreprise.
Exemple d’une Institution de Microfinance en France
L’IMF Créa-sol (supervisée par l’ACPR) dispense des crédits aux particuliers et professionnels. L’IMF se base sur un principe simple : elle emprunte l’argent qu’elle prête, Cette approche incite à optimiser les capacités de remboursement des emprunteurs et, par conséquent, les chances de réussite de leurs projets.
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Créa-Sol propose deux types de microcrédits :
- Aux particuliers : prêts jusqu’à 5 000 € sur 3 à 4 ans, à taux fixe, pour financer des projets spécifiques (mobilité, formation, logement, permis de conduire, etc.).
- Aux professionnels : prêts jusqu’à 12 000 € sur 5 ans maximum, à taux fixe de 6,25 %, pour développer des activités professionnelles.
L’IMF a par exemple octroyé un prêt de 10 000 € à Mourad pour financer son projet Protecto : housse antigel pour compteurs d’eau, permettant d’éviter les gaspillages dus aux dégâts causés par le gel. Depuis, des milliers d’exemplaires ont été vendus, une version connectée a été développée, et l’entreprise cherche à recruter de nouveaux salariés pour soutenir son expansion internationale tout en poursuivant ses efforts d’innovation.
Les Enjeux de la Microfinance
En 2023, la Microfinance soutient 173 millions de bénéficiaires, dont environ 57 % de femmes. Elle bénéficie principalement aux :
- Microentrepreneurs en quête de financements. Ces financements permettent aux entrepreneurs locaux de créer ou de développer des activités génératrices de revenus, stimulant ainsi les économies et innovations locales.
- Personnes à faible revenu et populations marginalisées, notamment dans les zones rurales des pays en développement. La Microfinance améliore leur qualité de vie en favorisant leur stabilité financière et autonomie.
De plus, la Microfinance joue un rôle important dans l’émancipation des femmes dans les pays en voie de développement. En renforçant leurs compétences, leur notoriété et leur rôle dans le développement de leur communauté, elle met en lumière leur contribution économique et sociale. Les femmes, souvent perçues comme des emprunteuses fiables, sont reconnues pour leur capacité à rembourser les prêts et à amplifier l’impact social du crédit au sein de leur famille.
En somme, la microfinance ne se limite pas à l’octroi de crédits ; elle favorise un cercle vertueux de développement économique, d’inclusion sociale et d’émancipation individuelle, représentant ainsi un levier contre la pauvreté et les inégalités économiques et sociales.
Les Limites de la Microfinance
La microfinance fait face depuis des années à des défis majeurs qui remettent en question son impact et ses pratiques :
- Un arbitrage parfois complexe entre rentabilité et mission sociale : en cherchant à assurer leur stabilité financière, certaines IMF se sont vues favoriser la quantité de microcrédits au détriment de leur qualité. Or, une évaluation insuffisante de la capacité de remboursement expose non seulement les clients à des risques de surendettement mais aussi l’IMF à des crises de créances impayées, mettant en péril sa viabilité.
- Des pratiques controversées : les débuts de la Microfinance dans les années 2000 ont également été marqués par des abus de pouvoir de certaines IMF, notamment avec des taux d’intérêt très élevés et pressions excessives sur le remboursement.
- Un impact à relativiser : l’impact de la microfinance reste un sujet de débat dans la littérature académique. Elle est désormais perçue comme un outil complémentaire, dont la réussite dépend de l’existence :
- D’un soutien aux secteurs financés, notamment l’agriculture,
- D’infrastructures de communication efficaces,
- D’une régulation des marchés pour protéger les emprunteurs.
En conclusion, la microfinance, bien que prometteuse, doit s’appuyer sur des pratiques éthiques, un équilibre entre mission sociale et rentabilité, ainsi qu’un cadre institutionnel solide pour maximiser son impact positif.
Comment Investir dans la Microfinance ?
En 2022, l'Asie du Sud et du Sud-Est représente la plus grande part du marché avec environ 71 % des bénéficiaires de la microfinance. L'Amérique latine et les Caraïbes occupent la deuxième place avec environ 19 % des bénéficiaires, suivies par l'Afrique subsaharienne, qui représente 6 % des emprunteurs. Enfin, les régions Moyen-Orient et Afrique du Nord enregistrent la plus petite part de marché, avec environ 4 % des emprunteurs.
Les IMF jouent un rôle central dans le fonctionnement de la microfinance, mais ne sont pas les seuls acteurs impliqués.
Acteurs directs :
- IMF et associations. En France, l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique) finance des activités professionnelles jusqu’à 12 000 euros et propose un suivi personnalisé et gratuit pour accompagner les entrepreneurs.
- Certaines banques, comme la Caisse d’Épargne, offrent également des microcrédits destinés à améliorer la qualité de vie ou répondre à des besoins urgents dans les domaines de la mobilité, de l'emploi, de la santé, du logement, etc.
Acteurs indirects :
- Des institutions financières, comme Proparco, et banques, comme BNP Paribas apportent leur pierre à l’édifice en finançant des acteurs directs mondiaux, souvent des IMF.
- Les fonds d’investissement spécialisés apportent des capitaux aux IMF pour leur permettre de développer leurs activités.
- À l’échelle européenne, le fonds d’emprunt de 200 millions d’euros développé en partenariat entre l’UE, la Banque Européenne d’Investissement et le Fonds Européen d’Investissement soutient les microentreprises, IMF et entreprises sociales.
- Enfin, les particuliers peuvent également participer à la Microfinance, grâce au financement participatif, via des plateformes comme Babyloan ou Kiva, où ils prêtent directement aux microentrepreneurs ou encore en dirigeant leur épargne vers de l’investissement solidaire et responsable.
Microcrédit : Une Solution pour les Pays Développés
Contrairement à la microfinance, le microcrédit prend effet dans les pays développés. Bien sûr, la France en fait partie. Aux antipodes des aides financières françaises, il existe malheureusement encore très de solutions financières pour les pays sous-développés, tels que le Yémen, le Mozambique ou le Myanmar (ex-Birmanie). Cette absence d’accès à la microfinance s’explique par leurs revenus très faibles voire inexistants, ce qui complique ou compromet le remboursement d’un emprunt. Au regard d’une banque, il est difficile de proposer un service de prêts conso pour ces habitants au budget financier très limité.
En France, le microcrédit s'adresse en priorité aux personnes exclues du système bancaire traditionnel. En ce sens, les emprunteurs éligibles sont les personnes qui disposent d’une aide financière telle que le RSA. À savoir que le microcrédit s’adresse aussi aux personnes suivantes :
- Demandeurs d’emploi,
- Travailleurs précaires,
- Étudiants,
- Personnes âgées qui perçoivent le minimum vieillesse,
- Personnes handicapées,
- Autres allocataires des minima sociaux (aide RSA, AAH,...).
De plus, les entreprises qui souhaitent concrétiser un projet entrepreneurial sont également éligibles à ce type de financement. Néanmoins, l’avis d’un organisme d’accompagnement est toutefois nécessaire pour entreprendre cette action.
Il s’avère que les mini prêts d’argent s’adressent également aux personnes “entre deux eaux”. En quelque sorte, le mini emprunt est utile aux personnes qui disposent de revenus trop élevés pour percevoir une aide financière comme le RSA, et pourtant trop faibles pour recevoir un avis favorable de la part d’une banque. Par exemple, une famille nombreuse aux revenus modestes peut obtenir un coup de pouce financier pour entreprendre de réelles actions et mener à bien ses projets (achat d’un logement, réalisation de travaux,...).
Que Peut-on Financer avec un Microcrédit ?
D’un point de vue global, il est possible de financer de nombreux projets par le biais du microcrédit. Concrètement, tout dépend de l’objectif de l’emprunt (personnel ou professionnel). Dans ces 2 cas de figure, le budget du souscripteur est le premier critère pris en compte par les organismes financiers.
De même, l’avis et la réponse émis par les banques sont influencés par le profil de l’emprunteur. Avant de délivrer un avis favorable à une demande d’emprunt, la banque s’assure que l’opération bancaire peut être remboursée sans difficulté jusqu’au terme de la période de remboursement.
Par extension, il existe 2 types de mini prêt d’argent destinées à concrétiser un seul projet à la fois :
- Microcrédit personnel
Bien que cette information soit non exhaustive, le micro-crédit personnel s’adresse aux particuliers. Dans certains cas, les banques et organismes financiers en ligne peuvent faire abstraction à la règle. Cependant, ces exceptions sont étudiées au cas par cas, selon chaque demande de financement. À cette fin, la somme d’argent prêtée sert en principe à concrétiser les projets suivants :
- Biens ou services en lien avec une action de réinsertion professionnelle : achat d’une voiture pour se rendre à son travail, paiement du permis de conduire,…
- Remplacement de biens de première nécessité tels qu’un appareil électroménager.
- Microcrédit professionnel
Dans 60% des cas, le microcrédit pro est utilisé pour réaliser des projets entrepreneuriaux. Il s’avère que les entreprises ont souvent recours à ce type d’emprunt pour développer leur activité. Il ressort également que 29% des sociétés exerçant une activité de services sont les plus demandeuses, contre 28% d’entreprises qui exercent une activité commerciale, et 17% pour le secteur de la restauration et de l’hôtellerie.
Comment Avoir un Microcrédit Rapidement ?
Pour avoir un microcrédit rapidement, il est conseillé de se renseigner auprès d’un ou plusieurs organismes sociaux, tels que l’UDAF. Avant d'introduire sa demande de mini emprunt, il est recommandé de consulter par exemple la page d’information dédiée au microcrédit sur le site Internet de l’organisme de son choix. D’entrée, le but est de fournir un dossier d’emprunt solide pour recevoir un avis favorable et une réponse positive de la part de l’établissement bancaire prêteur. Pour y parvenir, faire appel à un acteur social est une action primordiale.
À noter : l’ADIE est le principal acteur social des particuliers et entreprises. Ce réseau d’accompagnement intervient en première ligne auprès des professionnels et des particuliers. D’ailleurs, le mini emprunt professionnel représente l’essentiel de son activité. En effet, 84% des microcrédits délivrés par l’ADIE sont accordés aux entreprises.
Conseils Micro Crédit : Ce Qu’il Faut Retenir
- Le micro crédit est accessible par le biais de multiples organismes : CCAS, Croix-Rouge, UDAF ou association pour l’insertion professionnelle. Les mini crédits sociaux sont réservés aux personnes sans emploi, aux emprunteurs qui exercent un travail précaire et aux souscripteurs qui disposent d’un budget financier restreint basé sur des aides sociales (RSA, AAH,...).
- Il est important de différencier les mini prêts de la microfinance. Cette dernière est une aide destinée à faciliter l’achat d’un logement en faveur des habitants (famille nombreuse, personne au travail précaire,...) des pays en développement.
- Le microcrédit s’adresse aux emprunteurs particuliers et professionnels pour le financement d’un bien tel que l’achat voiture ou de services (création ou développement d’entreprise,...).
- À titre de conseil, il est utile d’analyser sa capacité d’emprunt à travers la simulation de microcrédit en ligne avant de s’engager. De la sorte, l’utilisateur peut visualiser en quelques minutes ses finances. Cet outil digital innovant est performant pour permettre au souscripteur de maintenir un juste équilibre budgétaire.
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