Définition de Milieu Urbain selon l'INSEE

La notion d’unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. Les unités urbaines sont construites en France métropolitaine et dans les DOM d’après la définition suivante : une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.

L'INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) utilise des définitions spécifiques pour catégoriser les différents types d'espaces, notamment urbains et ruraux. Comprendre ces définitions est essentiel pour analyser les dynamiques démographiques et socio-économiques d'un territoire.

Historiquement, la ville est définie par l’Insee comme un territoire où les constructions sont proches. On est en milieu urbain quand les bâtiments se touchent ou presque.

INSEE : les données à l'échelle de la ville

Les composantes de l'espace urbain

Plusieurs notions sont utilisées pour définir et délimiter l'espace urbain :

  • Unité urbaine : Noyau de base de la définition de l'urbain, caractérisé par une zone de bâti continu regroupant au moins 2 000 habitants.
  • Aire urbaine : Ensemble constitué d'un pôle urbain (unité urbaine d'au moins 5 000 emplois) et de sa couronne périurbaine (communes dont au moins 40 % de la population active travaille dans le pôle).
  • Espace urbain : Ensemble continu d'aires urbaines et de communes multipolarisées qui s'y rattachent.

L'espace urbain est l'ensemble, d'un seul tenant, de plusieurs aires urbaines et des communes multipolarisées qui s'y rattachent. Dans l'espace urbain multipolaire, les aires urbaines sont soit contiguës, soit reliées entre elles par des communes multipolarisées. Cet espace forme un ensemble connexe. Un espace urbain composé d'une seule aire urbaine est dit monopolaire.

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La France compte actuellement 96 espaces urbains.

En France, depuis 2020, un pôle urbain est une unité urbaine, c'est-à-dire une agglomération urbaine, atteignant une certaine densité de population et offrant un certain nombre d'emplois. Dans la définition actuelle, le premier critère est un seuil de population minimale associé à la densité, calculée selon le principe de la grille de densité : le territoire est carroyé, une densité est calculée pour chaque carreau, et une densité est attribuée à chaque unité spatiale en fonction de la densité moyenne des carreaux qui la composent. Un pôle urbain est composé d'une commune-centre et d'une banlieue.

Si l’unité urbaine se situe sur une seule commune, elle est dénommée ville isolée. Si l’unité urbaine s’étend sur plusieurs communes, et si chacune de ces communes concentre plus de la moitié de sa population dans la zone de bâti continu, elle est dénommée agglomération multicommunale.

Si une de ces communes concentre moins de la moitié de sa population dans la zone de bâti continu mais qu’elle y concentre 2 000 habitants ou plus alors elle constituera une unité urbaine isolée. L’agglomération de Paris désigne l’agglomération multicommunale contenant Paris. Enfin, on désigne par « commune hors unité urbaine », les communes non affectées à une unité urbaine.

Ces seuils, 200 mètres pour la continuité du bâti et 2 000 habitants pour la population des zones bâties, résultent de recommandations adoptées au niveau international. À titre d’exemple, dans le règlement européen encadrant le recensement de la population, des statistiques de population basées sur le zonage en unités urbaines sont attendues.

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Le calcul de l’espace entre deux constructions est réalisé par l’analyse des bases de données sur le bâti de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Il tient compte des coupures du tissu urbain telles que cours d’eau en l’absence de ponts, gravières, dénivelés importants.

Depuis le découpage de 2010, certains espaces publics (cimetières, stades, aérodromes, parcs de stationnement…), terrains industriels ou commerciaux (usines, zones d’activités, centres commerciaux…) ont été traités comme des bâtis avec la règle des 200 mètres pour relier des zones de construction habitées, à la différence des découpages précédents où ces espaces étaient seulement annulés dans le calcul des distances entre bâtis.

Les unités urbaines sont redéfinies périodiquement. L’actuel zonage, daté de 2020, est établi en référence à la population connue au recensement de 2017 et sur la géographie administrative du territoire au 1er janvier 2020. L’exercice précédent, daté de 2010, reposait sur le recensement de 2007 et la géographie administrative du territoire au 1er janvier 2010.

Une première délimitation des villes et agglomérations avait été réalisée à l’occasion du recensement de 1954. La méthodologie permettant de calculer la population urbaine et rurale n’a pas toujours été la même au cours de la période étudiée.

En 1846, une première définition de l’urbain apparaît : sont qualifiées d’urbaines toutes les communes comprenant plus de 2 000 habitants agglomérés au chef-lieu. Par opposition, toutes les communes ne répondant pas à ce critère sont considérées comme rurales.

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Toutefois, cette définition comprenait certaines limites, car il arrivait fréquemment que la population agglomérée au chef-lieu ne s’arrête pas aux délimitations administratives de la commune, mais déborde sur les communes limitrophes. En 1954, l’Insee propose une nouvelle approche pour définir l’urbain : ce sont les unités urbaines.

Ces dernières reposent sur la continuité du bâti (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) ainsi que sur un seuil minimal de population (au moins 2 000 habitants) et peuvent s’étendre sur une ou plusieurs communes. Le zonage en unités urbaines est remanié à chaque recensement afin de tenir compte des évolutions de la population et du tissu urbain.

Les données de l’Insee peuvent être répartie en trois grands groupes. Les villes, les communes rurales sous influence urbaine et les communes rurales autonomes, qui rassemblent respectivement 67 %, 20 % et 14 % de la population. Avec 43 millions de personnes, les urbains sont donc largement majoritaires. La densité de population atteint parfois plusieurs milliers d’habitants par km2.

Parmi eux, plus de 25 millions - 40 % de la population française - vivent dans des grands centres urbains. Les métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille, mais aussi des villes de plus petite taille comme Pau, Poitiers ou Limoges en font partie. Les centres urbains dits « intermédiaires » se situent un cran en dessous, avec des villes comme Gap ou Albi. Ils regroupent 13 % de la population française, autant que toutes les campagnes isolées.

L’espace rural peut se diviser en deux selon sa relation à l’espace urbain. D’un côté, des territoires dont une part importante des habitants travaille en ville. Ils sont sous influence des villes selon l’Insee et appartiennent à des zones de plus de 50 000 habitants. On y trouve des bourgs (comme Vouvray près de Tours) et un habitat rural peu dense, soit une grande partie de ce qu’on appelle le « périurbain », constitué de pavillons proches des centres urbains. Ces espaces regroupent un Français sur cinq.

De l’autre, une France rurale très peu dense (quelques habitants au km2), qu’on peut rassembler dans des territoires de moins de 50 000 habitants, comprenant aussi des bourgs, comme La Souterraine dans la Creuse.

Si on observe le nombre d’habitants, la croissance des villes est continue, avec une accélération entre le milieu des années 1950 et le milieu des années 1970. La population rurale autonome décline de la fin du XIXe siècle au début des années 2000.

Une partie de cette évolution correspond à la croissance globale de la population française, passée de 38 millions à 67 millions entre les années 1880 et 2020. Mais l’évolution de la répartition par type de territoire fait apparaître un phénomène jusque-là bien moins visible à travers l’ancienne méthodologie. En pourcentage, la population urbaine stagne depuis cinquante ans. En proportion, c’est la France des ceintures urbaines qui progresse, de 15 % au milieu des années 1970 à près de 20 % aujourd’hui. Les campagnes isolées continuent à perdre du terrain.

Chaque type de territoire a ses atouts est ses difficultés propres. La France des villes concentre les commerces, les lieux de loisirs, les services publics et les lieux de pouvoir. Ces territoires doivent faire face à l’ampleur de la pauvreté et à des difficultés de logement énormes.

Autour de ces villes, les campagnes sous influence donnent l’avantage de disposer de plus d’espace pour soi (notamment un jardin), mais présentent l’inconvénient de temps et de coûts de déplacement élevés, avec une grande dépendance à l’automobile. La France rurale autonome est beaucoup plus isolée.

Jusqu’à une vingtaine d’années les campagnes se vidaient de leurs habitants et des activités qui vont avec, notamment de ses commerces ou de ses services publics. D’où un sentiment d’abandon.

Pour les services publics, la question de l’équilibre des moyens entre France des villes et des campagnes n’est pas simple à trouver. Il faut répondre aux besoins de masse des grands centres urbains, au sein desquels on trouve aussi des déserts médicaux, par exemple.

Répartition de la population française par type de territoire

Tableau récapitulatif des catégories de territoires selon l'INSEE

Catégorie de territoire Définition Pourcentage de la population
Villes Communes appartenant à une unité urbaine 67%
Communes rurales sous influence urbaine Communes rurales dont une part importante des habitants travaille en ville 20%
Communes rurales autonomes Communes rurales peu dépendantes des villes 14%

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