Le Ministère des Finances du Congo : Rôle et Missions

La République Démocratique du Congo (RDC) se trouve dans une situation macroéconomique relativement favorable. Le pays a mis en œuvre plusieurs réformes structurelles, soutenues par un programme du Fonds Monétaire International (FMI). La sixième et dernière revue de ce programme s'est achevée en juin 2024 sur une note positive.

L'économie congolaise a démontré sa résilience en 2023, avec une croissance de +7,5 %. L'année 2024 a continué sur cette lancée avec une croissance de +6%. Sauf imprévu, la croissance de la production minière devrait se maintenir à moyen terme. De plus, les termes de l'échange devraient s'améliorer suite à l'embargo sur les exportations de cobalt décrété par la RDC le 22 février 2025, pour une durée de quatre mois.

En contrepartie, l'activité économique dans les territoires occupés de l'Est (Nord-Kivu et Sud-Kivu) est considérablement ralentie, voire interrompue dans le secteur formel. Les recettes fiscales et parafiscales ne sont plus perçues par l'État central. En 2025, la situation budgétaire s'est tendue en raison des dépenses supplémentaires liées au conflit dans l'Est du pays. Le budget initial a été augmenté de 20% pour atteindre 17 milliards de dollars, ce qui reste insuffisant pour les besoins de cet immense territoire enclavé de 2,3 millions de km2.

L'autre défi majeur concerne la couverture des dépenses sociales, notamment dans les secteurs de la santé et de l'éducation, dans un pays où 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, sur une population totale de 106 millions d'habitants, en croissance de 3,3% par an. L'équilibre budgétaire de la RDC demeure fragile.

Pour soutenir les efforts de la RDC, le FMI a mis en place deux mécanismes financiers :

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  • Une Facilité Élargie de Crédit (FEC) d'1,77 milliard de dollars sur trois ans, destinée à poursuivre les réformes engagées lors de la précédente FEC, achevée en juin 2024.
  • Une Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD) de 1,04 milliard de dollars sur trois ans.

Le PIB nominal prévisionnel du Congo pour 2023 s’élève à 14,2 milliards USD et le PIB/habitant se situe à 2 508,8 USD.

En comparaison, le Congo-Brazzaville, avec ses 342 000 km², représente 60% de la surface de la France. Ses 6,1 millions d’habitants représentent 10% de la population de la France et la densité de population est de 17,96 habitants au km². Le taux de croissance annuel de la population de 3,2%, est élevé.

Le Congo est le premier pays pétrolier de la zone CEMAC en production annuelle, estimée à au moins 270 000 barils par jour en 2023. Les réserves prouvées permettraient une production pendant environ 25 ans. Le pétrole génère 1/4 du PIB, les 2/3 des recettes budgétaires et plus de 80 % des recettes d’exportation en 2023. Les forêts couvrent 70% du territoire congolais mais le secteur forestier contribue seulement à 5,6% du PIB.

Le Congo dispose de nombreux atouts, notamment :

  • Un emplacement géographique stratégique à l’entrée de l’Afrique centrale.
  • Le principal port régional en eau profonde à Pointe-Noire.
  • Un potentiel minier important (cuivre, fer, phosphate, potasse).
  • Un potentiel agricole important, avec 10 Mha de terres arables très peu exploitées.
  • Des réserves hydrauliques importantes.
  • Et bien entendu le pétrole et le gaz.

Le pays doit surmonter toutefois un certain nombre de défis, parmi lesquels :

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  • La faiblesse ou la vétusté de ses infrastructures (réseaux routiers et ferroviaires, distribution d’électricité).
  • Un niveau limité de formation de la population.
  • Un système de santé de qualité moyenne.

Après deux années de récession, la croissance a repris légèrement en 2018 et 2019, puis la crise COVID a entrainé une nouvelle récession de 8,1% en 2020. La reprise qui a suivi s’est accélérée à 1,5% en 2021 et 1,8% en 2022. Selon le FMI, la croissance en 2023 a été plus faible qu’attendu en s’établissant à 2,0% au lieu des 4,0% projetés. Cette révision à la baisse est essentiellement due à la contreperformance du secteur pétrolier qui affiche une croissance négative de -0,5% (au lieu des 4,4% prévus). De même, les 3% de croissance du secteur non pétrolier ont été inférieurs aux prévisions de +3,9%.

De même, la prévision de croissance pour 2024 a été révisée à 2,8%, tirée par le secteur non pétrolier (3,2%) davantage que par le secteur pétrolier (1,7%).

L’inflation qui avait atteint 3,0% en moyenne en 2022, accélèrerait à 4,3% 2023, sous l’effet notamment de la déréglementation des prix du carburant, de la hausse des prix de l’électricité (du fait du changement du processus de facturation) et du maintien des prix des intrants à un niveau élevé. L’inflation pourrait toutefois légèrement décélérer à 4,0% en 2024.

Le Congo a conclu au début 2022 un accord avec le FMI pour un accès à la Facilité élargie de crédit. Sans minimiser l’ampleur des défis restant à relever - la nécessaire diversification de l’économie congolaise étant une forte priorité, la détermination des autorités à mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre du programme s’est traduite par une appréciation positive formulée par le Fonds lors de la cinquième revue du programme en juillet 2024.

La loi de finances (LF) 2025 prévoit des ressources budgétaires à 2 550,7 Mds FCFA, en baisse de 2% par rapport à 2024, et des dépenses à 2 198,7 Mds FCFA en hausse de 6%. Le solde budgétaire global serait de 352 Mds. Dans un contexte de fortes tensions de trésorerie, la LF 2025 prévoit une contraction de 38% des charges de trésorerie, à 849 Mds FCFA, ce qui permettrait de réduire le déficit de trésorerie qui ressortirait à -352 Mds FCFA. Le gap de trésorerie serait entièrement couvert par l’excédent budgétaire de 352 Mds FCFA.

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La crise avait conduit à des déficits publics élevés sur la période 2013-2016, aggravant l’endettement. La viabilité de la dette n’a été rétablie que récemment, dans le cadre du programme FMI, grâce à une restructuration importante de la dette et une amélioration des prix du pétrole. L’analyse de viabilité de la dette effectuée par les services du FMI a conclu que le Congo est en situation de surendettement, mais que sa dette est viable.

Selon le Fonds, la dette publique totale du Congo s’élèverait à 14,1 Mds USD (soit 8 508 Mds FCFA) en 2023, ce qui représente 99,0% du PIB (contre 92,5% du PIB en 2022). Cette augmentation du ratio dette-PIB résulte d’une forte hausse de la dette intérieure qui est passée de 49,4% du PIB fin 2022 à 59,6% du PIB fin 2023. À contrario, la dette extérieure a diminué, passant de 43,1% du PIB fin 2022 à 39,4% du PIB fin 2023.

Les Structures Standards

Les Structures Standards sont un ensemble de quatre Directions qui doivent être implantées au sein de toutes les Administrations Publiques en République Démocratique du Congo. Elles ont été mises sur pied pour appuyer les autres Directions métiers qui sont dans l’Administration où elles sont implémentées. Il s’agit :

  • Direction des Ressources Humaines (DRH)
  • Direction Administrative et Financière (DAF)
  • Direction d’Études et Planification (DEP)
  • Direction Archives et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (DANTIC)

Les Structures Standards sont régies par le Décret du Premier Ministre pour des missions bien spécifiques. Dans un cadre d’essai, elles ont été mises en place dans quatre Ministères pilotes dont la Fonction Publique, le Budget, les Finances et l’Intérieurs.

Drapeau de la République Démocratique du Congo

Rd congo, Bonnes perspectives économiques

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