Le rôle et les responsabilités du Ministre des Finances à Madagascar

Le Ministre des Finances à Madagascar joue un rôle crucial dans la gestion économique du pays. Ses responsabilités sont vastes et englobent la supervision des finances publiques, la mise en œuvre de politiques économiques, et la négociation avec les partenaires financiers internationaux.

Les défis auxquels le pays est confronté, tels que les difficultés macroéconomiques, la pauvreté, et la nécessité de réformes économiques, rendent ce rôle d'autant plus important. Dans ce contexte, le Ministre des Finances doit faire preuve de rigueur, de transparence et d'intégrité pour assurer une gestion financière saine et durable.

Carte de Madagascar

Carte de Madagascar

Contexte socio-économique et politique d'austérité

Le contexte socio-économique national et la crise internationale obligent Madagascar à adopter une politique d’austérité dans la gestion des finances publiques. Les dépenses publiques doivent être axées sur les besoins vitaux pour le fonctionnement régulier de l’Administration, mais surtout pour l’intérêt du Peuple.

L’État doit effectuer des économies qui seront réaffectées à des projets qui auront des impacts directs sur l’amélioration du niveau et de la qualité de vie de la population. Chaque Ministre doit ainsi veiller au respect de cette politique d’engagement budgétaire fixée par le Chef de l’État.

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Les demandes d’engagement budgétaire, soumises à l’approbation du Président de la Haute Autorité de la Transition, doivent être accompagnées des pièces justificatives, avec un état complet des besoins réels des services concernés, et ce, dans le respect de la législation en vigueur. Elles doivent aussi être accompagnées de note explicative détaillée permettant au Président d’apprécier l’opportunité de la décision.

Exigence de bonne gouvernance et réformes économiques

Les partenaires techniques et financiers exigent une bonne gouvernance et des réformes pour reprendre les partenariats avec Madagascar. Une équipe du FMI a séjourné à Antananarivo pour discuter des réformes entreprises par le gouvernement visant à redresser les difficultés macroéconomiques, accélérer la croissance, et atteindre une réduction durable de la pauvreté.

Les discussions ont été centrées sur une stratégie économique pour la période de 2015-2018 qui s’inspire du Plan National de Développement et des actions du Plan d’Urgences Présidentielles.

Domaines clés des réformes économiques

  • Amélioration de la mobilisation des recettes à travers des efforts pour améliorer les administrations fiscale et douanière.
  • Amélioration des contrôles, de l’évaluation, des audits, et de l’utilisation de la gestion axée sur les risques.
  • Élimination des subventions aux carburants.
  • Renforcement de la performance et de la supervision des entreprises étatiques et de la caisse de retraite.
  • Modernisation du secteur public dans son ensemble.

Le secteur informel à Madagascar : Un mal nécessaire pour l'économie

Ces mesures vont créer un espace budgétaire qui permettra d’augmenter les dépenses dans les domaines de l’infrastructure, de l’éducation, de la santé, et des programmes de protection sociale. Le développement du capital humain est un objectif de politique clé.

Collaboration avec le Fonds Monétaire International (FMI)

Le Fonds Monétaire International (FMI) joue un rôle important dans le soutien aux réformes économiques à Madagascar. Une Facilité Elargie de Crédit (FEC) pourrait être accordée pour appuyer le programme de réformes économiques du pays. Les discussions avec le FMI portent sur plusieurs aspects cruciaux :

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Graphique du FMI

Graphique du FMI

  • Réformes du secteur monétaire et financier : Accroître l’indépendance et le capital de la Banque Centrale et rehausser sa gouvernance interne.
  • Marché des changes : Assurer que le marché des changes est suffisamment liquide et reflète les conditions du marché.
  • Réserves internationales : La Banque Centrale doit reconstruire ses réserves internationales.
  • Secteur privé : Créer un environnement plus favorable pour le secteur privé en renforçant les institutions et la gouvernance.

Le FMI se déclare déterminé à poursuivre les discussions en vue d’arriver à un accord de FEC dans les meilleurs délais possible.

Démission du Ministre des Finances : Gervais Rakotoarimanana

En janvier 2015, Gervais Rakotoarimanana est entré au gouvernement et a été reconnu pour sa rigueur. Cependant, il a démissionné en raison de différences de points de vue. Il évoque une incompatibilité avec le gouvernement malgache et met en avant ses valeurs et un manque de soutien dans sa mission.

Gervais Rakotoarimanana a déclaré avoir accompli son travail pour l'amour de son pays et dans le respect des valeurs qui l'animent : la rigueur, la transparence, l'intégrité et le souci de servir les intérêts de l'ensemble de ses compatriotes. Il a dû faire face à de nombreux obstacles et a constaté des divergences de points de vue sur certains dossiers et dans les procédures à suivre.

Réputé pour son intransigeance et sa droiture, Gervais Rakotoarimanana aura su gagner la confiance des bailleurs de fonds internationaux, notamment celles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Il est d'ailleurs l'un des principaux artisans de l'obtention d'un prêt de 86 millions de dollars du FMI.

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Qualités et défis de Gervais Rakotoarimanana

Qualités Défis
Rigueur Faible soutien
Transparence Divergences de points de vue
Intégrité Obstacles nombreux

Selon Patrick Imam, le représentant du FMI à Madagascar, « les contribuables malgaches doivent s'estimer chanceux d'avoir un ministre des Finances qui défend leurs intérêts ».

Une source proche de la présidence de la République explique que « Il est extrêmement carré, très rigoureux peut-être trop rigoureux pour certains ».

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