Ne Pas Déclarer Ses Revenus en Tant qu'Auto-Entrepreneur : Quelles Conséquences ?

Le régime du micro-entrepreneur offre de nombreux avantages, tels que la simplicité de création, de modification ou de cessation d’activité, ainsi que le paiement des cotisations et la déclaration du chiffre d’affaires (CA). Cependant, il peut arriver qu'un auto-entrepreneur rencontre des difficultés et se retrouve avec un chiffre d’affaires nul. Alors, voyons quelles sont les conséquences d’un chiffre d’affaires à 0, pour une micro-entreprise.

Il est impératif pour les micro-entrepreneurs de bien déclarer leur activité ainsi que la totalité de leur chiffre d’affaires afin d'éviter tout risque financier, pénal ou fiscal. Voyons en détails les obligations et les risques encourus.

Comment déclarer son chiffre d'affaires auto entrepreneur 📝

Obligations Déclaratives de l'Auto-Entrepreneur

Tous les micro-entrepreneurs sont tenus de déclarer leur chiffre d’affaires à l’administration fiscale (représentée par l’URSSAF), même si l’activité n’a dégagé aucune recette. L'auto-entrepreneur sans revenu doit faire une déclaration de chiffre d'affaires mensuelle ou trimestrielle en indiquant « néant » dans la case « chiffre d'affaires ».

La déclaration du chiffre d’affaires fait partie des principales obligations comptables du micro-entrepreneur. Il doit la réaliser mensuellement ou trimestriellement selon la périodicité choisie, et ce même si son chiffre d’affaires est nul.

Avec le régime microsocial, toutes les procédures sont simplifiées, y compris les conditions de paiement des contributions sociales et des cotisations. Toujours est-il que la déclaration du chiffre d’affaires auprès de l’administration fiscale peut être réalisée tous les mois ou tous les trimestres. Même si l’activité n’a dégagé aucune recette, les formalités déclaratives doivent être entamées.

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Comment effectuer une déclaration de chiffre d’affaires ?

L’auto-entrepreneur télécharge l’application mobile « AutoEntrepreneur Urssaf » ou se rend sur le site officiel de l’URSSAF. La déclaration peut être effectuée en ligne, quel que soit le chiffre d’affaires. Ceux qui s’y mettent pour la première fois doivent toutefois attendre 90 jours après le lancement de leur entreprise.

Comment compléter une déclaration de chiffre d’affaires auprès de l’URSSAF ?

Le chef d’entreprise commence par créer un compte sur le site officiel de l’URSSAF, en renseignant son numéro de sécurité sociale et son SIRET. Une fois connecté, il devra remplir un formulaire dans lequel sera indiqué le montant des chiffres d’affaires des différentes activités. Après la validation vient le paiement par prélèvement SEPA ou par carte bancaire.

Il est important de noter que le régime micro-social, bien que simplifié, ne permet pas d’éviter de cotiser ou de ne pas déclarer son chiffre d’affaires. En auto-entreprise, il est donc obligatoire de déclarer son chiffre d’affaires et de payer des cotisations sociales en fonction du CA réalisé (encaissé). La déclaration de CA peut être trimestrielle ou mensuelle.

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Conséquences de la Non-Déclaration du Chiffre d'Affaires

La non-déclaration du chiffre d’affaires en micro-entreprise peut entraîner des conséquences plus ou moins graves selon la situation. Voici les principaux risques :

  • Pénalités Financières : En cas d'oubli de déclaration, une pénalité de 51,42 € (en 2022) sera à payer pour chaque déclaration manquante.
  • Majoration des Cotisations : Si l’entrepreneur continue à ne pas déclarer son chiffre d’affaires jusqu’au 31 décembre N+1, la Sécurité sociale majorera la cotisation. Elle est établie en fonction du chiffre d’affaires maximal pouvant être éventuellement encaissé.
  • Impact sur la Protection Sociale : La protection sociale de l''auto-entrepreneur sans chiffre d’affaires peut être impactée. Par exemple, le montant des indemnités journalières et de certaines allocations peut être réduit.
  • Congé Maternité/Paternité : Votre rémunération lors de ces congés parentaux dépend des montants que vous avez déclarés lors des trois dernières années.
  • Droits à la Retraite : En l'absence de déclaration (ou en cas de faibles déclarations), vos trimestres de retraite risquent de ne pas être validés.
  • Indemnisations Journalières : En cas d’arrêt maladie, votre indemnisation journalière est basée sur votre revenu annuel moyen.
  • Radiation de la Micro-Entreprise : En cas de non-déclaration de chiffre d’affaires pendant 24 mois (deux années), l'URSSAF ou la caisse de Sécurité sociale des indépendants peut radier l'entrepreneur du régime de la micro-entreprise. L’organisme lui enverra donc un courrier pour lui notifier de la radiation de sa micro-entreprise.

À noter : même sans rentrée d’argent, l’auto-entrepreneur se fera rembourser ses dépenses de soins. Toutefois, aucune indemnité journalière ne sera versée en cas de cessation d’activité si les recettes calculées après l’abattement fiscal sont inférieures à 4 093,20 euros. Au sujet du trimestre de retraite, il convient de savoir que son obtention est conditionnée par l’enregistrement d’un chiffre d’affaires minimal.

Lorsque le professionnel ne réalise aucun chiffre d’affaires durant une période bien définie, le micro-entrepreneur sera dépossédé de son statut. Il est de 24 mois civils consécutifs pour les déclarations mensuelles. En conséquence, l’intéressé ne recevra pas d’indemnités de chômage.

Face à une telle situation, le gérant qui souhaite continuer à exercer son activité peut tout simplement changer de régime juridique.

infographie auto entrepreneur

Travail Dissimulé et Sanctions

En France, la loi sanctionne sévèrement le travail dissimulé, couramment appelé “travail au black”.

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Le travail dissimulé est une pratique illégale qui englobe différentes formes de fraudes dans le cadre d’une activité professionnelle ou de l’emploi de salariés. Le code du travail recense six types d’infractions sous cette appellation, notamment le marchandage, le prêt illicite de main-d’œuvre et l’emploi d’un étranger sans titre de travail.

En cas de travail dissimulé, les sanctions pénales peuvent être sévères. Pour une personne physique, une amende de 45 000 € et trois ans d’emprisonnement peuvent être infligés. Si le délit est commis en bande organisée, la peine peut atteindre jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende.

Contrôle Fiscal : Ce qu'il Faut Savoir

En tant qu’auto-entrepreneur, vous gérez généralement seul votre activité. Vous êtes concentré sur le développement de votre chiffre d’affaires, sur vos clients, sur la qualité de vos prestations. Mais voilà : un jour, vous recevez un courrier recommandé de l’administration fiscale avec le mot « contrôle ».

Le contrôle fiscal n’est pas une sanction, mais une vérification. Et si vous respectez les règles, il se passe généralement sans difficulté. Le contrôle fiscal peut concerner tout auto-entrepreneur, quelle que soit la taille de son activité.

Un contrôle fiscal est une procédure par laquelle l’administration vérifie vos déclarations. Elle s’assure que vous avez correctement réglé vos impôts et vos cotisations sociales. L’institution veut garantir l’équité entre tous les professionnels. Ceux qui trichent doivent être sanctionnés, ceux qui se trouvent en règle n’ont rien à craindre.

Tous les auto-entrepreneurs peuvent faire l’objet d’un contrôle. Que vous ayez un petit chiffre d’affaires ou que vous soyez proche des plafonds, cela ne vous met pas à l’abri. Le contrôle fiscal d’un auto-entrepreneur reste souvent plus simple que celui d’une société classique. Contrairement à une société, vous n’avez pas d’obligations complexes en matière de comptabilité. Vous n’avez pas à produire de bilan ni de compte de résultat. Vous tenez simplement un livre des recettes (et des dépenses si vous êtes soumis à la TVA). Cela reste une exigence minimale.

Causes d’un contrôle fiscal chez un auto-entrepreneur :

Le contrôle fiscal ne tombe pas au hasard, même si le tirage aléatoire existe. Dans la majorité des cas, il est déclenché parce que quelque chose interpelle l’administration.

Voici les cas les plus courants :

  • Une forte croissance de votre chiffre d’affaires, sans explication claire.
  • Des incohérences dans vos déclarations, comme des variations brutales ou des chiffres qui ne collent pas avec la réalité économique de votre secteur.
  • Le dépassement ou l’approche des seuils légaux.
  • Des retards dans vos déclarations ou paiements de cotisations.
  • Ne pas déclarer l’intégralité de votre chiffre d’affaires, en particulier les paiements en espèces.
  • Créer plusieurs auto-entreprises, à votre nom ou celui de vos proches, pour contourner les plafonds.
  • Ne pas tenir à jour votre livre des recettes et vos justificatifs.
  • Facturer hors taxe sans y avoir droit, en prétendant être sous le seuil de TVA.

Comment se déroule un contrôle fiscal pour un auto-entrepreneur ?

Un contrôle fiscal suit une procédure précise. Vous êtes informé à chaque étape. Tant que vous restez transparent et organisé, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

L’administration fiscale peut intervenir principalement de deux manières :

  • Le contrôle sur pièces: c’est le plus courant. Le vérificateur analyse vos déclarations depuis son bureau, en croisant vos données avec d’autres sources (URSSAF, clients, banques…). Si tout est clair, vous ne serez pas contacté. Sinon, vous recevrez une demande d’explications.
  • Le contrôle sur place, aussi appelé examen contradictoire de la situation fiscale personnelle. C’est plus rare pour un auto-entrepreneur. L’inspecteur fiscal peut se déplacer chez vous ou vous convoquer.

Les étapes d'un contrôle fiscal :

  1. Vous recevez une lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier officiel vous informe de l’ouverture d’un contrôle fiscal.
  2. L’administration vous demande de fournir des pièces pour vérifier vos déclarations.
  3. Le vérificateur analyse vos documents. Si tout semble en ordre, le contrôle s’arrête là. Sinon, il vous signale les points qu’il estime incorrects ou incomplets.
  4. Si le contrôleur maintient ses observations, vous recevez une proposition de rectification par courrier recommandé.
  5. Si vous acceptez la rectification, ou si vous ne répondez pas dans les délais, le fisc procède à la mise en recouvrement.

Que risque-t-on lors d’un contrôle fiscal ?

Un contrôle fiscal peut bien se passer si vos comptes sont en règle. Mais lorsqu’il y a des erreurs ou des manquements, l’administration peut appliquer des redressements et des sanctions.

Voici ce que l’administration peut vous réclamer :

  • Un rappel de cotisations sociales: si vous avez sous-estimé votre chiffre d’affaires, l’URSSAF recalculera vos cotisations sur la base réelle, avec des majorations.
  • Un rappel de TVA: si vous avez dépassé les seuils sans vous déclarer à la TVA, l’administration vous réclamera la TVA non collectée.
  • Un ajustement de votre impôt sur le revenu: si le chiffre d’affaires déclaré est inférieur à la réalité, l’administration rectifie votre base imposable.
  • Des intérêts de retard: ils s’ajoutent automatiquement aux montants dus.

En revanche, en cas de fraude ou de dissimulation volontaire, les sanctions peuvent être lourdes :

  • Majoration de 10 % à 80 %: si vous n’avez pas déclaré vos revenus ou si vous avez commis des fautes graves.
  • Amendes forfaitaires: elles s’appliquent en cas d’oubli de documents ou d’éléments obligatoires, comme l’absence de factures ou de livre des recettes.
  • Poursuites pénales: dans les cas les plus sérieux, l’administration peut transmettre votre dossier au procureur. Cela concerne la fraude fiscale avérée. Vous risquez alors une amende pouvant aller jusqu’à 500 000 € et 5 ans d’emprisonnement.

Bien Se Préparer à un Contrôle Fiscal

Un contrôle fiscal se prépare en amont. Si vos documents sont en ordre, vous traverserez cette étape sans difficulté. La première règle est de tenir à jour votre livre des recettes. Vous devez y inscrire, chronologiquement, toutes vos ventes et vos encaissements.

Ce document doit contenir :

  • la date de l’opération ;
  • le montant encaissé ;
  • le mode de règlement (espèces, virement, chèque…) ;
  • l’identité du client (facultatif si paiement en espèces).

Vérifiez bien que vous respectez bien les seuils de franchise en base de TVA. Si vous les dépassez, vous devez vous immatriculer à la TVA et l’appliquer à vos factures.

Seuils de Chiffre d'Affaires à Ne Pas Dépasser

Le régime de la micro-entreprise s'applique tant que votre chiffre d'affaires annuel (effectivement encaissé au cours de l'année civile) ne dépasse pas certains seuils. Ces seuils varient en fonction de la nature de votre activité.

Lors de votre première année d'exercice, le montant du seuil à ne pas dépasser est proratisé. Cela signifie qu'il est calculé en fonction du nombre de jours d'existence de l'entreprise. On dit qu'il s'agit d'un ajustement prorata temporis du chiffre d'affaires hors taxes de l'année N (1re année d'existence).

Par exemple, lorsqu'une entreprise (ayant une activité commerciale) est créée à compter du 31 janvier 2025, il reste alors 335 jours jusqu'au 31 décembre 2025. Le seuil à ne pas dépasser est calculé de la façon suivante : (188 700 € x 335) / 365 =173 190 €.

Pour les années suivantes, les seuils sont appliqués sans proratisation.

Voici les différents seuils de chiffre d'affaires à ne pas dépasser en fonction de la nature de votre activité :

Type d'Activité Seuil de Chiffre d'Affaires (2025)
Activité commerciale et d'hébergement (hors location de meublés de tourisme) 188 700 €
Activité de prestation de services 77 700 €
Location de meublés de tourisme classés 77 700 €
Location de meublés de tourisme non classés 15 000 €
Activité libérale 77 700 €

Si vous dépassez ces seuils pendant 2 années consécutives, vous passez au régime fiscal du réel simplifié. Ce changement de régime a lieu au 1er janvier de l'année qui suit la 2e année durant laquelle vous avez dépassé le seuil. Le dépassement du seuil de chiffre d'affaires pendant la 1re année n'entraine pas la sortie du régime de le microentreprise.

Conséquences de la sortie du régime de la micro-entreprise :

  • Conséquences sociales : Vous ne pouvez plus bénéficier du régime micro-social. Vous êtes alors soumis au régime social de l'entrepreneur individuel.
  • Conséquences fiscales : Vous ne pouvez plus bénéficier du régime micro-fiscal. Vous êtes désormais à un régime réel d'imposition.
  • Conséquences sur la comptabilité : Vous devez vous soumettre à des obligations comptables supplémentaires.

En bref, le contrôle fiscal fait partie des vérifications normales dans la vie d’un auto-entrepreneur. Ce n’est pas une épreuve si vous êtes bien préparé. Tenir une comptabilité rigoureuse, vérifier vos déclarations et anticiper les risques permettent d’aborder sereinement ce type de procédure.

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