Noyon Dentelle : redressement judiciaire et situation actuelle de l’emblème de la dentelle calaisienne

C’est l’un des fleurons de la dentelle à Calais. En redressement judiciaire depuis le 3 janvier dernier, Noyon Dentelle à Calais envisage de supprimer 75 postes, tout secteur confondu, sur les 168 que compte l’entreprise.

Depuis plusieurs années, le groupe doit faire face à une baisse de ses ventes et à des difficultés de trésorerie. Le fabricant de dentelles Noyon, implanté à Calais, a été placé à sa demande en liquidation judiciaire jeudi par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et une offre de reprise a été présentée par son directeur, a-t-on appris de sources concordantes.

Historique des difficultés judiciaires et financières

Déjà placé en liquidation judiciaire en novembre 2016, Noyon Dentelle a été placé en redressement judiciaire le 3 janvier. En janvier 2017, le fabricant de dentelle avait déjà été placé à sa demande en liquidation judiciaire, entraînant la suppression de 55 emplois sur 237. En 2008, l'entreprise avait déjà été placée en redressement judiciaire après plusieurs plans sociaux.

Le 8 septembre, l'entreprise avait été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, avec une période d'observation de six mois. En octobre, « 70 salariés de l'entreprise ont été licenciés », selon Olivier Noyon, le président de la société familiale fondée en 1919. Une audience intermédiaire doit se tenir le 7 mars.

Chiffres d’affaires et baisse des ventes

Le chiffre d'affaires de l'entreprise qui travaille pour la lingerie, la haute-couture et le prêt-à-porter était de 13,5 millions en 2016, 15,5 millions d'euros en 2015, contre 18,3 millions en 2014. En 2018 le chiffre d’affaire de Noyon Dentelle a baissé de 30%.

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La direction s'attend à une nouvelle baisse de l'ordre de 10 % en 2016. Selon M. Noyon, cette baisse s'explique par une "diminution importante des volumes de commandes qui a commencé en 2015 et qui continue en 2016".

Impact social et plan de sauvegarde

Tous les secteurs sont concernés (du tricotage à la création en passant par l’administration commerciale) même si le leavers pour la lingerie est le plus touché avec des difficultés enregistrées depuis 15 mois. La direction s'oriente vers un plan social. Un administrateur a été nommé et la période d'observation est de six mois, a précisé à l'AFP la direction, confirmant une information de La Voix du Nord.

Une réunion est prévue le 5 février avec la délégation unique du personnel (DUP), puis les représentants du personnel donneront leur avis. Le plan devra ensuite passer la DIRECTE et le juge qui autorisera ou non les licenciements. Les premières notifications de licenciement devraient début mars.

Pas de salaires versés en décembre. L'entreprise implantée à Calais, qui fait face "à la baisse du marché de la lingerie" et à la "montée en puissance" de la production asiatique, n'a pas été en mesure de verser les salaires du mois de décembre, "qui ont donc été pris en charge par l'AGS", le régime de garantie des salaires.

Offre de reprise et création de la SDCN

Une offre de reprise a été présentée par son directeur. Cette offre « prévoit l'acquisition de tous les éléments d'actifs (machines, collections, stocks, participations) et la reprise de l'ensemble des salariés par une nouvelle société, Noyon Dentelle », a affirmé l'entreprise, qui compte 170 salariés, dans un communiqué.

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Le capital de Noyon « sera alors réparti entre quatre grands partenaires commerciaux et industriels pour 80 %, l'encadrement et les salariés souhaitant participer, à travers la SDCN (la nouvelle société, ndlr), à hauteur de 10 %, et PBO, l'actuelle maison-mère de Lucien Noyon, à hauteur de 10 % », a ajouté l'entreprise. « Les partenaires industriels et commerciaux sont les groupes Van de Velde, La Perla, Etam, et MAS Holdings, qui prendront chacun 20 % de la nouvelle société », a précisé la direction.

Henri-Philippe Durlet, directeur général de Noyon depuis dix ans, devrait être le président de la SDCN. Le tribunal de commerce rendra sa décision le 9 février concernant cette offre de cession, a indiqué l'avocat de la société, Me Antoine Deguines. Le tribunal de commerce rendra sa décision le 9 février concernant cette offre de cession qui concerne 170 salariés.

Reprise contestée et réactions

Moins d’un mois après avoir été placée - à sa demande - en liquidation judiciaire, l’entreprise vient de renaître totalement vierge. Le 13 février dernier, le Tribunal de commerce de Boulogne‐sur‐Mer a rendu publique sa décision de céder pour 200 000 euros les derniers actifs du dentellier, à un groupement d’entreprises de la lingerie‐corseterie réunies autour de… l’actuelle direction.

Ce joli tour de passe‐passe mérite explication. Mediacités a donc tiré les fils et levé la mantille pour vous expliquer les coulisses de cette décision judiciaire. Voilà près d’une vingtaine d’années que les pouvoirs publics portent à bout de bras une entreprise qui prend l’eau de toute part.

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Le contexte sectoriel

Dans un contexte de recomposition de la filière, le tribunal de Boulogne-sur-Mer avait décidé en avril d'accepter l'offre de Yongsheng pour reprendre le dentellier Desseilles. Le secteur souffre. Dans les Hauts-de-France, les trois plus gros acteurs ont fait l’objet de mesures judiciaires.

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Il y a un demi-siècle, le secteur, dont Calais et Caudry (Nord) sont les fleurons, occupait une vingtaine de milliers d'emplois. Le fabricant de dentelle Noyon, qui emploie 170 salariés, a été placé jeudi, à sa demande, en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, presque deux ans après sa reprise par un consortium, a-t-on appris vendredi auprès de la direction.

Perspectives et scénarios

La direction affirme s'orienter vers un plan social, sans préciser à ce stade le nombre d'emplois menacés. L'entreprise a un nouveau rendez-vous avec le tribunal de commerce fin octobre pour faire un point d'avancement. "Nous allons travailler sur un plan de redressement, ça passera d'abord par des discussions avec les représentants du personnel, ce qui pourrait entraîner des licenciements. Il faut se restructurer de façon à retrouver un équilibre", a affirmé à l'AFP Olivier Noyon, le président de la société familiale fondée en 1919, confirmant une information de Nord Littoral.

Année Chiffre d'affaires (M€) Événement
2014 18,3 Pic d'activité
2015 15,5 Baisse des volumes de commandes
2016 13,5 Nouvelle baisse attendue ~10%
2018 -30% (par rapport à année précédente) Forte chute du chiffre d'affaires

Une offre de reprise présentée par son directeur prévoit la reprise des actifs et, potentiellement, de l'ensemble des salariés par la nouvelle société SDCN. Si cette offre est acceptée, le capital sera réparti entre partenaires industriels et commerciaux, l'encadrement et les salariés, et PBO, l'actuelle maison-mère.

Le fabricant de dentelles Noyon, implanté à Calais, est une fois de plus sur la sellette. Le tribunal de commerce doit trancher; la décision influencera directement l'avenir industriel et social de l'entreprise et, plus largement, la dynamique du secteur de la dentelle dans la région.

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