Définition de l’objet social et identité juridique pour l’auto-entrepreneur (micro-entreprise) en France

La raison sociale d’un auto-entrepreneur correspond obligatoirement à ses nom et prénom officiels. L’auto-entrepreneur n’a pas de personnalité morale distincte et son identité civile et professionnelle est confondue. Le nom commercial peut être utilisé librement pour la communication, mais n’est protégé que localement par l’usage. La dénomination sociale quant à elle concerne les sociétés et non l’auto-entrepreneur, qui exerce sous la forme juridique de l’entreprise individuelle.

Réalité juridique de l’auto-entrepreneur et identité civile

En tant qu’entrepreneur individuel, vous n’avez pas de personnalité morale distincte comme une SASU ou une EURL. La raison sociale doit être votre nom de famille officiel figurant sur votre acte de naissance et apparaître sur tous vos documents professionnels tels que factures, devis, bons de commande, tarifs et même sur votre compte bancaire. L’auto-entrepreneur n’est pas une société et ne peut pas choisir une dénomination sociale ou une raison sociale distincte.

Pour donner une identité commerciale à son activité, l’auto-entrepreneur peut déclarer un nom commercial, totalement libre, sans toucher à sa raison sociale. Le nom juridique de la micro-entreprise reste nécessairement son nom et éventuellement son prénom. Bien souvent, la micro-entreprise est assimilée à une forme juridique; toutefois, il s’agit d’une entreprise individuelle sans personnalité morale séparée.

Obligations et évolutions récentes

Depuis le 15 mai 2022, vous devez impérativement ajouter la mention “EI” ou “Entrepreneur individuel” directement avant ou après votre nom et prénom sur tous vos documents pro (factures, devis, contrats, tarifs). Depuis mai 2022, la mention “EI” est obligatoire sur tous les documents professionnels afin d’assurer la séparation entre patrimoine personnel et patrimoine professionnel. La banque exige souvent l’ouverture d’un compte au nom de Prénom Nom EI.

La création d’une auto-entreprise se fait aisément sur le guichet unique, aujourd’hui l’Inpi et les démarches associées; toutefois, il faut noter que la déclaration et les formalités peuvent être complexes et nécessitent une préparation ( étude de marché, business plan, etc.).

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La micro-entreprise bénéficie d’un régime fiscal et social simplifié. On peut démarrer une activité sous le statut de micro-entrepreneur et bénéficier d’une franchise en base de TVA ainsi que d’un calcul et paiement simplifiés des cotisations sociales. Cependant, le chiffre d’affaires est soumis à des plafonds et certaines activités ne sont pas compatibles avec ce régime.

Objet social dans le cadre des sociétés et comparaison avec l’auto-entreprise

Pour une société, l’objet social définit l’ensemble des activités que la société souhaite exercer et figure obligatoirement dans les statuts. L’objet social est licite et réalisable, doit être décrit avec précision mais suffisamment large pour ne pas freiner le développement futur, et peut influencer l’étendue des pouvoirs des dirigeants. En revanche, l’objet social n’est pas applicable à l’auto-entrepreneur qui opère sous forme d’entreprise individuelle et dont les activités doivent rester conformes à l’ordre public et aux bonnes mœurs.

Le choix de l’objet social est crucial lors de la création et peut être modifié selon la forme juridique et les règles applicables. Pour les holdings ou les sociétés, l’objet social peut être adapté à la détention et la gestion de participations, mais cela ne s’applique pas dans le même cadre pour un auto-entrepreneur.

Objectifs et limites du statut de micro-entrepreneur

La micro-entreprise est adaptée pour tester un projet ou démarrer une activité avec une gestion simplifiée: création rapide, absence d’obligation de rédiger des statuts et de constituer un capital social, et comptabilité allégée. Néanmoins, elle présente des limites: plafond de chiffre d’affaires, limites dans certaines activités et moindre crédibilité auprès des investisseurs. Certaines professions ne peuvent toutefois pas être exercées sous le régime micro-entrepreneur, et l’embauche de salariés peut être restreinte.

Les taux de cotisations sociales varient selon l’activité et le chiffre d’affaires et des tableaux sont disponibles pour détailler les charges selon que l’activité est de vente, de prestations de services, ou liée au logement meublé, entre autres. Des options existent pour payer des cotisations minimales afin de bénéficier d’une meilleure protection sociale même sans chiffre d’affaires.

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Adjonction d’activités et gestion du seuil

Il est possible d’ajouter des activités au sein d’une même auto-entreprise, mais cela nécessite de définir une activité principale et des activités secondaires dans le cadre du régime. Si le cumul des chiffres d’affaires dépasse les seuils, l’entrepreneur peut basculer vers le régime réel d’imposition et réel social. Le calcul des cotisations peut s’effectuer en fonction du chiffre d’affaires ou du revenu selon la situation, et l’activité principale est déterminée par le niveau de chiffres d’affaires entre les activités de vente et de prestation de services.

En cas d’adjonction d’activités, il convient de respecter les règles d’incompatibilité et de vérifier les exigences réglementaires spécifiques à chaque activité, notamment pour les professions libérales réglementées et non rattachées à la CIPAV.

Gestion pratique et obligations administratives

La création et la fermeture de l’auto-entreprise restent simples: la fermeture peut être automatique en cas de chiffre d’affaires nul pendant deux années consécutives; sinon, elle se fait via une formalité en ligne avec une copie d’un document d’identité et la déclaration du dernier chiffre d’affaires réalisé. La mise en sommeil de l’activité est aussi une option pour suspendre l’activité sans dissolution.

L’objet social dans le cadre des sociétés se déclare dans les statuts et peut être publié dans une annonce légale lors de l’immatriculation. Pour les auto-entrepreneurs, l’objet social est remplacé par l’identité civile et l’objet des activités doit rester conforme au cadre légal et au régime choisi.

L'objet social d'une société : Qu'est ce que c'est ? [HEBDO JURIDIQUE]

Exemples et cas concrets

Exemple: Thomas ouvre une activité de jardinage. Officiellement, il s’appelle “Thomas Durant”. Sa raison sociale est donc son nom officiel, et il peut déclarer un nom commercial pour l’activité. La mention EI peut être ajoutée sur les documents pro pour marquer la séparation patrimoine personnel et professionnel. L’activité principale et secondaire doivent être clairement définies et la création s’effectue via le guichet unique.

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Exemple: Fourniture de logement (sauf location meublée) et prestations de services - les chiffres d’affaires et les plafonds associées déterminent le régime fiscal et social. Le statut micro-entrepreneur peut permettre de tester un projet tout en bénéficiant d’une comptabilité simplifiée et d’un accès rapide au marché.

Tableau récapitulatif des activités et du régime

ActivitéRégimeLimite CA (2 ans)
Vente de marchandisesMicro-entreprise203 100 €
Prestation de servicesMicro-entreprise83 600 €
Fourniture de logement meubléMicro-entreprise208 000 €

Le choix entre auto-entrepreneur et société peut dépendre des perspectives de croissance, des besoins de financement et de la nécessité d’une personnalité morale distincte. Pour une activité solo, l’entreprise individuelle peut être suffisante; pour un développement plus structuré, une SASU ou une EURL peut être envisagée.

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