Financer son BTS en Alternance : Guide Complet des Aides et Dispositifs

L’alternance est un excellent moyen de se former tout en étant rémunéré. Elle allie enseignement théorique en centre de formation et apprentissage pratique en entreprise. Mais une question clé se pose souvent : qui finance l’alternance et comment cela fonctionne-t-il ? Le financement de l’alternance est fréquemment source d’interrogations, tant pour les alternants que pour les entreprises. Voici un tour d’horizon des principaux modes de financement en France.

Alternance : comment ça marche ?

Pour être considéré comme alternant, vous devez signer un contrat avec une structure d’accueil (entreprise, association, entité publique). Vous avez le choix entre deux types de contrats :

  • Le contrat d’apprentissage au titre de la formation initiale, destiné, sauf cas particulier, aux jeunes âgés de 16 à 29 ans révolus.
  • Le contrat de professionnalisation au titre de la formation continue, destiné aux jeunes de 16 à 25 ans, aux demandeurs d’emploi âgés de 26 ans et plus, et aux bénéficiaires de minima sociaux.

Le principe de formation reste le même : vous alternez formation théorique avec votre école et expérience professionnelle en entreprise.

Les Contrats en Alternance : Apprentissage et Professionnalisation

Il existe deux types de contrats en alternance, chacun fonctionnant de manière similaire.

Le Contrat d'Apprentissage

Le contrat d’apprentissage est principalement destiné aux jeunes de 16 à 29 ans (avec certaines exceptions, comme pour les personnes en situation de handicap ou les porteurs de projets de création d’entreprise). Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail à durée déterminée ou indéterminée de type particulier permettant d’accomplir une formation en alternance : acquisition de savoirs généraux, techniques ou professionnels et d’un savoir-faire professionnel en entreprise.

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Dès lors qu’il est âgé de 15 ans + 1 jour : il peut commencer à exécuter un contrat d’apprentissage. Le contrat de travail à durée indéterminée passé entre un employeur et un salarié peut être suspendu par accord entre les parties pour conclure un contrat d’apprentissage avec le même employeur.

Principe : La durée du contrat d’apprentissage est égale à la durée du cycle de formation préparant à la qualification qui fait l’objet du contrat, laquelle est fixée en fonction du type de profession et du niveau de qualification préparés. Elle varie entre six mois et trois ans, sous réserve des cas de prolongation.

Qui finance ?

  • Les OPCO (opérateurs de compétences): Ce sont les structures qui collectent les contributions des entreprises destinées à la formation professionnelle. Elles financent une grande partie des coûts pédagogiques des formations en apprentissage.
  • L’employeur: L’entreprise prend en charge une part importante des frais liés à la rémunération de l’apprenti, en fonction de son âge et de son année de formation. Cependant, des aides financières sont souvent disponibles pour alléger ce coût.
  • L’État: De nombreuses aides sont mises en place pour encourager l’embauche d’apprentis, comme :
    • L’aide unique pour les entreprises de moins de 250 salariés.
    • L’exonération partielle ou totale des charges sociales pour l’employeur.

Pour l’alternant : L’apprenti bénéficie d’une formation gratuite. Les frais de scolarité sont intégralement pris en charge par l’OPCO, l’État ou l’entreprise.

Le Contrat de Professionnalisation

Le contrat de professionnalisation s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, mais aussi aux demandeurs d’emploi ou aux salariés souhaitant se reconvertir. Il met l’accent sur l’acquisition de compétences spécifiques pour répondre aux besoins des entreprises.

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La formation doit être organisée en alternance : enseignements généraux, professionnels ou technologiques avec l’exercice en entreprise d’une ou plusieurs activités professionnelles en relation avec la qualification recherchée. Le contrat de professionnalisation a pour but d’acquérir une qualification professionnelle reconnue.

Il permet de réaliser un recrutement adapté aux besoins en compétences et en qualifications à votre entreprise et de favoriser l’intégration d’un jeune ou d’un demandeur d’emploi.

Qui finance ?

  • Les OPCO: Comme pour l’apprentissage, les opérateurs de compétences financent tout ou partie des coûts de la formation.
  • L’entreprise: Elle verse un salaire au contrat pro, calculé en fonction de l’âge et du niveau de formation du salarié.
  • Pôle emploi (dans certains cas): Les demandeurs d’emploi peuvent bénéficier d’aides spécifiques pour intégrer un contrat de professionnalisation.

Pour l’alternant : Le coût de la formation est couvert, et il perçoit une rémunération mensuelle. Cette formule est particulièrement attractive pour les personnes en reconversion ou les adultes.

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Rémunération en Alternance

Soyez rémunéré par votre entreprise avec l’alternance. En tant qu’étudiant en BTS en alternance, vous allez bénéficier d’une rémunération. Elle sera versée par votre entreprise. Le salaire correspond à un pourcentage du Smic, mais dépend aussi du contrat d’alternance.

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La rémunération versée par votre entreprise en tant que titulaire d’un contrat d’apprentissage correspond à un pourcentage du SMIC. Si vous avez 21 ans et plus, vous pouvez toucher un pourcentage du salaire minimum conventionnel, souvent plus avantageux que le SMIC.

Ainsi, le montant de cette rémunération varie selon :

  • votre âge ;
  • votre avancement dans la formation.

Exemple de Rémunération en Contrat d'Apprentissage (pour information)

Pour vous donner un ordre d’idées, voici le salaire en 1re année de BTS :

Salaire mensuel de l’apprenti en 1re année Avant 18 ans De 18 à 20 ans De 21 à 25 ans
27 % du Smic (environ 472 €) 43 % (environ 751 €) 53 % (environ 926 €)
Salaire mensuel de l’apprenti en 2e année Avant 18 ans De 18 à 20 ans De 21 à 25 ans
39 % (environ 681 €) 51 % (environ 891 €) 61 % (environ 1 066 €)

Aides et Dispositifs Financiers pour les Alternants en BTS

De nombreux dispositifs ont pour objectif de vous accompagner financièrement tout au long de votre alternance. Le financement de votre organisme de formation en alternance (dont les CFA) n’est pas imputé directement à votre entreprise. Le niveau de financement est déterminé par des accords de branches professionnelles ou, à défaut, par France Compétences.

Aide BTS alternance : les subventions gouvernementales

Pour vous aider à vous lancer en formation, l’État prévoit une aide BTS alternance concernant les + de 18 ans. Il s’agit de la prime d’activité. Si votre revenu en alternance dépasse 78 % du Smic (environ 1 070 € minimum), vous pourrez en faire la demande auprès de votre CAF (en ligne, sur le site de la CAF). Un questionnaire en ligne vous donnera le montant estimé de cette prime. En moyenne, la prime d’activité s’élève à environ 595,25 € mensuels non imposables.

Du côté des employeurs, l’État subventionne les entreprises embauchant des alternants, peu importe le domaine ou le niveau de diplôme (niveau bac+5 maximum). Cette mesure a débuté le 1er janvier 2023. Elle concerne à la fois :

  • les apprentis ;
  • les jeunes en contrat de professionnalisation de moins de 30 ans.

Elle permet d’inciter les employeurs à l’embauche d’étudiants en alternance. L’aide exceptionnelle est de 6 000 € par apprenti pour les employeurs recrutant des alternants entre le 1er janvier et le 31 décembre 2023. Elle est octroyée une seule fois, lors de la première année du contrat.

Dispositifs Complémentaires de Financement

Certaines situations nécessitent des financements spécifiques ou supplémentaires.

  • Le CPF de transition professionnelle: les salariés en CDI ou CDD qui souhaitent se reconvertir peuvent mobiliser leur Compte Personnel de Formation (CPF) dans le cadre d’un projet de transition professionnelle. Ce dispositif permet de financer tout ou partie de la formation.
  • Les aides régionales: Certaines régions mettent en place des aides spécifiques pour soutenir l’alternance, en finançant des formations complémentaires ou en apportant un soutien aux employeurs.
  • L’aide pour les publics spécifiques: Les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier d’un accompagnement spécifique via l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées). Les jeunes issus de quartiers prioritaires peuvent profiter de dispositifs dédiés pour faciliter leur insertion professionnelle.

Découvrez les aides BTS alternance de la région

Certains conseils régionaux ont mis en place des dispositifs d’aide spécifiquement prévus pour les apprentis. Par exemple, en Île-de-France, les étudiants de BTS peuvent bénéficier de l’ARA. Il s’agit d’une prime d’environ 375 € annuelle. Elle doit être demandée par votre organisme de formation auprès de la région.

Dans d’autres régions, comme la région sud, les apprentis peuvent percevoir une aide d'environ 500 € destinée à financer leur permis de conduire s’ils sont âgés de plus de 18 ans.

La région des Hauts-de-France propose des aides à l’hébergement, au transport ou à la restauration. N’hésitez pas à vous renseigner en consultant le site de votre Région pour connaître les aides disponibles.

Les aides des organismes de formation : un bon plan ?

D’autres dispositifs d’aide pour les apprentis existent pour accompagner l’entrée en formation. Ces subventions concernent principalement les aides au logement ou à la formation. Parmi elles, vous trouverez :

  • L’aide personnalisée au logement (APL) fournie par la CAF pour contribuer au paiement de votre loyer ;
  • l’aide Mobili-Jeunes : elle prend aussi en charge une partie de votre loyer si vous êtes en contrat d’apprentissage (de 10 à environ 100 €) ;
  • diverses aides de la CAF : aide à l’autonomie, à la formation, aux études supérieures.

De nombreux dispositifs d’aide à l’alternance pour les BTS existent en France. Chaque organisme dispose de ses propres critères, il est important de bien se renseigner pour maximiser vos chances de les obtenir.

Autres dispositifs de financement

  • Le Service Formation Continue et Alternance (SFCA) vous aide à construire un plan de financement personnalisé, adapté à votre situation, vos objectifs et votre projet professionnel.
  • Le Compte Personnel de Formation (CPF) est un outil central pour financer sa formation de manière autonome.
  • Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) permet de financer une formation pour se reconvertir et changer de métier ou de secteur.
  • Le congé de formation professionnelle (CFP) permet aux agents de la fonction publique (État, territoriale ou hospitalière) de financer une formation non proposée par leur administration.
  • L’aide individuelle QUALIF Emploi proposée consiste à la prise en charge des frais pédagogiques par la Région Bretagne, à hauteur de 3000 euros maximum.
  • L’Aide individuelle à la formation (AIF) permet aux personnes inscrites à France Travail de financer ou cofinancer leur formation.
  • Certaines caisses de retraite complémentaire ou mutuelles proposent des aides à la formation pour leurs cotisants.

Réforme du Financement de l'Apprentissage

Un plan de réforme du financement de l’apprentissage entrera en vigueur à partir du 1er juillet 2025. Le décret modifiant les aides à l’embauche d’apprentis a été publié le 23 février 2025 au Journal Officiel.

Les grandes lignes de la nouvelle réforme du financement de l’apprentissage

Tout en poursuivant la dynamique de développement de l’apprentissage, la réforme du financement vise à mettre en œuvre des mesures de renforcement de la réponse aux besoins de l’économie, de sa soutenabilité financière et de la réussite des apprentis avec un objectif central : l’entrée sur le marché du travail.

Pour répondre aux enjeux d’insertion dans l’emploi des apprentis, de réponse aux besoins de l’économie et de soutenabilité financière des mesures, la réforme de l’apprentissage repose sur deux piliers :

  • La priorisation des financements de l’apprentissage en fonction des besoins du marché du travail ;
  • L’amélioration de la soutenabilité et le modèle financier de l’apprentissage.

Ces deux piliers sont le fruit des concertations et de la volonté de mieux associer les branches professionnelles au repérage des formations à privilégier.

Détail des Mesures

Un plan de réforme du financement de l’apprentissage entrera en vigueur à partir du 1er juillet 2025 et prendra l’ensemble des mesures présentées ci-dessous.

  • Prioriser les financements en faveur des premiers niveaux de qualification: Les formations sur les premiers niveaux de qualification seront exonérées de la participation obligatoire des employeurs et du plafonnement du niveau de prise en charge.
  • Renforcer les prérogatives des branches professionnelles pour prioriser les financements: Les branches pourront moduler les financements à hauteur de 20 % des recommandations fixées par France compétences.
  • Majorer le financement des formations stratégiques pour le marché du travail: L’Etat pourra décider de majorer certaines formations en fonction de cette priorité.
  • Mettre en place une participation obligatoire au financement de la formation des employeurs d’apprentis de niveaux 6 et plus: Une participation obligatoire d'environ 750 € par contrat sera mise en place, que le CFA aura la charge de recouvrer.
  • Minorer les niveaux de prise en charge des formations principalement à distance: Une minoration de 20 % sera appliquée aux niveaux de prise en charge pour les formations à plus de 80 % en distanciel.
  • Proratiser les niveaux de prise en charge au plus juste de la durée du contrat d’apprentissage: Le versement des niveaux de prise en charge sera proratisé journalièrement en fonction de la durée réelle du contrat.

Le Système Actuel de Financement de l'Apprentissage

La loi du 5 septembre 2018 a profondément refondé le système de financement de l’apprentissage. Auparavant, les CFA étaient financés par la taxe d’apprentissage versée par les employeurs, sur la base d'une subvention fixée par la Région.

La réforme a permis de créer un système de financement où chaque contrat d’apprentissage conclu donne lieu à une prise en charge financière par l’opérateur de compétences (OPCO) dont relève l’entreprise d’accueil de l’apprenti. Les centres de formations d'apprentis perçoivent ainsi un niveau de prise en charge prédéterminé pour chaque contrat d'apprentissage conclu.

En passant vers une logique d'enveloppe ouverte, l’offre de formation en apprentissage s'est libérée et le dispositif a connu un essor exponentiel avec près de 880 000 contrats conclus en 2024.

Sécurisation du Parcours des Apprentis

La sécurisation du parcours des apprentis est un enjeu majeur car elle a pour objectif de garantir une entrée réussie dans l’apprentissage, un déroulement de la formation théorique et pratique dans les meilleures conditions jusqu’à l’obtention du diplôme ou de la certification visée, mais également la prévention et le traitement des éventuelles ruptures de contrat.

Il s’agit d’un accompagnement global, qui doit mobiliser toutes les parties prenantes à la formation de l’apprenti.

Les bases de cette sécurisation peuvent être posées avant la conclusion du contrat d’apprentissage avec une bonne information sur les métiers, les conditions d’apprentissage et le monde professionnel. Divers acteurs de l’orientation peuvent participer à cette information : établissements scolaires, Missions locales, France Travail, Cap emploi, etc.

Ils peuvent également encourager le futur apprenti à faire des stages pour qu’il soit sûr de son choix.

S’il n’a pas d’employeur au moment du démarrage de la formation en CFA, le jeune a jusqu’à 3 mois après le début de la formation théorique pour trouver une entreprise et conclure un contrat d’apprentissage. Pendant cette période, le CFA a pour mission de l’accompagner dans la recherche d’une entreprise, grâce par exemple à l’organisation d’ateliers de recherche d’emploi, des mises en relation, et l’organisation d’événements type job dating.

Une fois le contrat conclu, le CFA et l’employeur grâce au maître d’apprentissage, assurent un accompagnement dans l’acquisition des compétences. Le CFA assure le suivi pédagogique, veille à l’assiduité de l’apprenti en CFA et en entreprise, et doit pouvoir détecter les difficultés rencontrées par l’apprenti, que ce soit au niveau des apprentissages qu’au niveau social.

L’entreprise, de son côté, doit offrir un cadre de travail propice à la formation, sous la supervision du maître d’apprentissage. Ce dernier est l’acteur clé dans la transmission du savoir-faire et des savoir-être, l’intégration dans l’équipe, et le développement professionnel de l’apprenti.

Le médiateur de l’apprentissage joue également un rôle dans la sécurisation du parcours. Il peut en effet être sollicité par l’apprenti ou l’employeur en cas de difficultés pouvant nécessiter une médiation.

Malgré toutes ces assurances, une rupture du contrat d’apprentissage peut survenir. Le médiateur de l’apprentissage est alors saisi pour assurer un règlement amiable. Le CFA, de son côté, prend également le relais. L’apprenti devenant stagiaire de la formation professionnelle, il peut rester jusqu’à 6 mois en formation au CFA, dans l’objectif de conclure un nouveau contrat.

Le jeune sans entreprise peut également solliciter les Cellules régionales interministérielles d’accompagnement vers l’apprentissage, rattachées au préfet et animées par les DREETS aux côtés de tous les acteurs de l’apprentissage en Région.

Insertion Professionnelle en Sortie d'Apprentissage

L’apprentissage a un impact particulièrement fort sur l’insertion professionnelle dans les premiers niveaux de qualification (apprentis ayant obtenus un CAP ou un Bac pro).

Pour ces derniers, en effet, le dispositif est une véritable passerelle vers l’emploi, dans tous les secteurs. Ainsi, en moyenne 66 % des apprentis de niveau CAP à BTS sont en emploi salarié six mois après leur sortie d’études en 2023.

L’apprentissage dans les premiers niveaux de qualification permet une forte valeur ajoutée professionnelle mais aussi sociale. En effet, l’apprentissage permet d’éviter le décrochage scolaire, de professionnaliser des jeunes peu ou pas qualifiés, de favoriser l’accès à un emploi durable, et de répondre aux besoins de mains d’œuvre dans des métiers en tension.

Dans le supérieur, les jeunes diplômés ayant suivi un apprentissage augmentent significativement leur chance d’accéder à un emploi pérenne (70 % en CDI contre 47 % pour les non-alternants ) et ont une rémunération moyenne plus élevée post apprentissage.

L’alternance joue également un rôle décisif dans l’obtention d’un diplôme, notamment sous l’impulsion du soutien financier qu’elle apporte. Ceci est particulièrement vrai pour les jeunes issus des milieux moins favorisés. 39% des étudiants issus de ces milieux ont recours à l’alternance pour financer leurs études. L’apprentissage agit donc réellement comme un ascenseur social à tous les niveaux de qualification.

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