Les PME au Japon : Définition et Défis

Les PME, petites et moyennes entreprises, sont les entreprises de 10 à 50 salariés, dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 50 millions d'euros ou dont le total du bilan n'excède pas 43 millions d'euros. Les TPE sont les très petites entreprises, ayant moins de 10 salariés et dont le chiffre d'affaires ou le total du bilan est inférieur à 2 millions d'euros. Parmi ces entreprises, on trouve par exemple des artisans, des commerçants de proximité, des restaurateurs, hôteliers, cabinets libéraux, ou encore des start-up. Par leur nombre, elles forment un tissu productif important pour maintenir l'emploi et l'activité de façon diffuse sur le territoire, y compris dans les espaces ruraux.

Au Japon, les PME font face à des défis spécifiques, notamment en ce qui concerne l'adoption des nouvelles technologies et l'exploitation des données massives (Big Data).

Le Big Data : Un Enjeu Économique Majeur pour le Japon

Le Big Data offre des opportunités dont l’économie japonaise pourrait largement profiter, en particulier pour répondre aux défis économiques et sociétaux du pays. Le gouvernement japonais a ainsi placé le Big Data au cœur de sa stratégie de revitalisation qui vise à mettre en place une Société 5.0. Conscients de ce potentiel, les grands groupes TIC japonais développent tous une offre Big Data conséquente couvrant différents secteurs d’activité. Pour autant, le développement insuffisant de l’offre Cloud, le manque d’experts et la faible utilisation des données par les entreprises limitent leur pleine exploitation et freinent ainsi les capacités d’innovation.

Le développement des nouvelles technologies, dont les Big Data, est identifié par le gouvernement japonais comme un levier essentiel pour répondre aux défis économiques, sociétaux et écologiques du Japon. Dans un rapport de 2016, le cabinet de conseil IDC Japan estime la taille du marché des Big Data (technologie et services) à 94,7 Mds JPY (743 M EUR) en 2015 et prévoit une croissance de 25% par an pour atteindre 288 Mds JPY (2,3 Mds EUR) en 2020.

Selon un sondage effectué par le RIETI en 2017, 80% des grands groupes japonais du secteur manufacturier utilisent les Big Data afin d’optimiser leur production et améliorer leurs ventes. De leur côté, les grands groupes électroniques et les opérateurs télécoms se restructurent pour intégrer la montée en puissance de l’IoT et développer des produits et services BtoB liés au Big Data. Hitachi, NEC, Fujitsu, KDDI et NTT Data proposent ainsi tous une offre complète de traitement et d’analyse des données qui comprend une partie hardware et une partie logicielle, souvent couplée à une offre de consulting et de suivi clients, et des services cloud de stockage de données.

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Le Japon développe, par ailleurs, son offre de Data Centers. C’est un marché en plein essor (représentant 1 095 Mds JPY en 2016, il devrait croître à un rythme de 7% par an pour atteindre 1 437 Mds JPY en 2020) avec une offre qui s’étend sur l’ensemble de la région Asie-Pacific. Le site Cloudscene classe ainsi le Japon à la 8ème place en termes de densité de data center et Tokyo à la 17ème place (sur 50) des meilleures villes pour les colocations. Le Japon est également le 3e plus gros détenteur, après les Etats-Unis et la Chine, de data center hyperscale.

Data Center au Japon

Sous-Utilisation du Potentiel des Données par les PME

Si les entreprises japonaises disposent de très larges bases de données, moins de 20% d’entre elles intègrent, par exemple, des solutions PLM et ERP. Le RIETI constate également que si les grands groupes ont de plus en plus recours à des solutions Big Data, les PME, elles, ont pris du retard.

Environ 60% des entreprises sondées par le RIETI précisaient que le manque de main d’œuvre spécialisée dans l’analytique et l’utilisation commerciale des données était le principal frein à leur utilisation. Enfin, les entreprises japonaises restent fortement dépendantes de l’offre cloud américaine.

Le marché du cloud (privé et public) représentait plus de 1 000 Mds JPY en 2015, en progression de 33,7% par rapport à l’année précédente, et devrait dépasser les 3 000 Mds JPY en 2020. Cependant, si les entreprises japonaises tiennent toujours le marché du cloud privé, le marché du cloud public est lui dominé par les entreprises américaines (les trois géants américains, Amazon, Microsoft et Google, possèdent à eux seuls 65,1% du marché).

La 1ère étape d'un projet Big Data : Tag Commander

Initiatives Gouvernementales pour Soutenir les PME et le Big Data

En 2018, environ 600 M € seront consacrés au financement de projets visant à développer de nouvelles technologies liées à l’IoT, l’IA et le Big Data. La NEDO, agence de financement du METI, a également incorporé dans ses objectifs, le soutien aux projets de Big Data. Elle subventionne ainsi plusieurs projets d’envergure parmi lesquels le développement d’un système de stockage de mémoire à grande vitesse (High Speed storage class memory), utilisant des centres de données à faible consommation, auquel participe, entre autres, Fujitsu, l’Université de Chuô et le Tokyo Institute of Technology.

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Afin de promouvoir et encadrer l’utilisation du Big Data, plusieurs lois majeures sont entrées en vigueur ces trois dernières années, notamment le Basic Act on the Advancement of Utilizing Public and Private Sector Data, voté en décembre 2016, l’Amended Personal Information Protection Act, en mai 2017, et le Medical Care Big Data Act, en mai 2018. Cette dernière autorise la collecte, sous réserve qu’ils soient anonymes, des historiques médicaux des patients aux fins d’utilisation par des chercheurs et des entreprises pharmaceutiques.

Le METI a par ailleurs publiées des « guidelines », révisées en 2018, afin d’aider les entreprises à rédiger des contrats adaptés au partage de données et protégeant leurs droits de propriété intellectuelle. Le gouvernement s’est, d’autre part, fixé pour objectif d’ouvrir l’accès aux données de l’ensemble des organismes publiques d’ici 2020 (contre 18,5% en décembre 2017). Dans ce cadre, l’Université de Tokyo a créé un centre de recherche spécialisé dans l’étude de l’open data, le Tokyo Open Data Center (UTODC) et qui doit rendre disponibles les données publiques.

Enfin, le gouvernement a mis l’accent sur la formation, la sensibilisation et l’information. En premier lieu, former pour remédier au déficit d’experts en Big Data : le gouvernement entend encourager la formation en IT des entreprises et des étudiants ainsi que le recrutement de chercheurs étrangers. Ainsi, en 2017, le MEXT prévu une nouvelle ligne budgétaire de 600 M JPY (4,7 M EUR) destinée à la promotion de cursus de Data Science au Japon. Par ailleurs, des programmes d’échanges de savoir-faire dans le domaine du Big Data ont été ouverts depuis 2015, notamment avec la Silicon Valley.

PME au Japon
Récapitulatif des initiatives gouvernementales
Initiative Description
Financement de projets 600 M € consacrés aux technologies IoT, IA et Big Data en 2018.
Soutien de la NEDO Subvention de projets de Big Data, notamment le stockage de mémoire à grande vitesse.
Cadre législatif Adoption du Basic Act on the Advancement of Utilizing Public and Private Sector Data, Amended Personal Information Protection Act et Medical Care Big Data Act.
Ouverture des données publiques Objectif d'ouvrir l'accès aux données de tous les organismes publics d'ici 2020.
Formation et sensibilisation Encouragement à la formation en IT, création de cursus de Data Science et programmes d'échanges avec la Silicon Valley.

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