Calculer les pourcentages de charges pour un freelance / auto‑entrepreneur
Le modèle du freelancing séduit de plus en plus de monde. Comme tout chef(fe) d’entreprise, le freelance doit payer des charges sociales. Ces dépenses sont essentielles, car elles permettent d'accéder à la Sécurité sociale et donnent droit à des prestations comme les allocations familiales et de maternité et le système des retraites.
Comprendre les postes de charges pour un freelance
Les charges du freelance se subdivisent sous différents postes : les cotisations sociales ; les impôts ; la CFE (cotisation foncière des entreprises) ; la TVA selon les cas ; la formation professionnelle ; la couverture santé et la prévoyance ; les éventuels frais professionnels que l’entrepreneur est amené à engager pour exercer son activité professionnelle (achat de matières premières, déplacements, etc.).
Les charges sont une notion comptable qui désigne les dépenses engagées par une entreprise pour exercer son activité. Pour un freelance, elles sont à opposer aux produits, qui peuvent être assimilés à ses recettes. Bon à savoir : cette notion inclut les impôts et les cotisations sociales, mais va au-delà. Elle intègre par exemple les logiciels, le matériel informatique, les assurances, les frais bancaires, etc.
Différence entre chiffre d'affaires HT et TTC
Il convient de distinguer le chiffre d’affaires hors taxe (HT) du chiffre d’affaires toutes taxes comprises (TTC). Le chiffre d’affaires est la somme des ventes de biens ou de services qu’une entreprise a produites. Dès lors que la TVA est incluse dans son CA, on parle d’un chiffre d’affaires TTC.
La taxe sur la valeur ajoutée est un impôt annexé à toutes les dépenses de consommation. En tant que freelance, vous n’en êtes pas directement redevable : vous ne faites que la collecter pour le compte de l'État. En théorie, ce n’est donc pas vraiment une charge. Mais dans les faits, la TVA aura un impact sur vos tarifs. Vous allez en effet devoir ajouter un pourcentage supplémentaire à vos prix, correspondant à cette taxe.
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Les cotisations sociales selon le statut
Ces charges varient en fonction de son activité et de son statut juridique. Les règles à appliquer pour estimer les charges sociales dues par un freelance dépendent de plusieurs paramètres. Elles varient notamment en fonction du statut social de l’entrepreneur (travailleur non-salarié ou travailleur assimilé salarié) et du régime d’imposition des bénéfices de l’entreprise (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés).
Micro‑entreprise / auto‑entrepreneur (régime micro‑social)
Vous avez opté pour le régime de la micro-entreprise ? Dans ce cas, vous devez payer des charges sociales, tous les mois ou tous les trimestres selon la périodicité choisie, sur votre chiffre d’affaires. Elles sont prélevées sur votre chiffre d’affaires, selon un pourcentage fixe de :
- 12,30 % pour les activités d’achat et revente de marchandises ;
- 21,20 % pour les activités de prestation de services commerciales et artisanales (BIC) ;
- 26,10 % pour les autres prestations de services (BNC).
En freelance, vous réalisez essentiellement des prestations de services. Le statut d’auto-entrepreneur est un régime simplifié pour le calcul des cotisations sociales : on parle de régime micro-social. Concrètement, le fonctionnement est le suivant : vous déclarez votre chiffre d’affaires sur votre espace auto-entreprise sur le site de l’URSSAF : autoentrepreneur.urssaf.fr. Par défaut, la déclaration est trimestrielle mais vous pouvez opter pour une déclaration mensuelle ;Chaque mois ou chaque trimestre, vous déclarez votre chiffre d’affaires hors taxes pour le mois ou le trimestre précédent ;Une fois la déclaration effectuée, vous procédez au paiement des cotisations sociales.
La contribution à la formation professionnelle (CFP) est un autre type de charge sociale. Elle est calculée indépendamment des cotisations sociales évoquées précédemment. Cependant, la déclaration et le paiement de la contribution CFP s'effectuent en même temps que le reste des cotisations sociales, lors de la déclaration mensuelle ou trimestrielle auprès de l’URSSAF.
La cotisation s’élève à : 0,1 % du chiffre d’affaires pour les activités commerciales ; 0,2 % du chiffre d’affaires pour les activités libérales (le cas de la majorité des freelances) ; 0,3 % du chiffre d’affaires pour les activités artisanales.
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EURL et entreprise individuelle (EI)
Vous êtes entrepreneur(e) individuel(lle), mais vous n’avez pas opté pour le régime de la micro-entreprise ? En tant que freelance, vous entreprenez seul(e), et vous n’avez donc pas d’associés. Vous avez donc le choix entre deux statuts de société unipersonnelle : l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) ou la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU).
Devenir freelance implique que celui-ci détermine la rémunération qu’il demandera à ses clients. Avant ça, il devra aussi calculer le montant des frais professionnels. Ces dépenses (qui ne seront pas déductibles en micro-entreprise) fluctueront en fonction de l’activité exercée.
En EURL, les charges sociales sont de l’ordre de 45 % de la rémunération du dirigeant, en moyenne. Le niveau moyen de cotisations sociales que le gérant associé d’une EURL devra payer à l’administration fiscale représente 45 % de sa rémunération.
SASU
Pour la SASU, elles grimpent à 82 % de la rémunération du dirigeant, notamment lorsqu’il est affilié au régime général de la Sécurité sociale en qualité d’assimilé salarié. Travailler en freelance en tant que dirigeant d’une SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle), c’est être assimilé-salarié. Vous dépendez du régime général de la Sécurité sociale et vous ne payez des cotisations que si vous vous accordez une rémunération.
Ici, les dividendes ne supportent jamais les charges sociales. Lorsque la société relève de l’impôt sur le revenu, le bénéfice n’est pas non plus soumis aux cotisations sociales. À noter : en cotisant auprès de la Sécurité sociale, le travailleur indépendant pourra prétendre à la couverture maladie et aux allocations familiales. La retraite compte aussi parmi les prestations fournies.
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Impôts et options fiscales
Le freelance doit s’acquitter de l’impôt sur le revenu. Son assiette imposable (c’est-à-dire le montant qui servira de base au calcul de l’impôt) dépend de son statut. Vous avez opté pour le régime de la micro-entreprise ? Dans ce cas, vous êtes rattachés au régime fiscal micro-BNC.
Deux possibilités s’offrent à vous :
- Vous êtes assujetti à l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, votre assiette imposable correspond à votre chiffre d’affaires, auquel l’Administration fiscale va déduire un abattement forfaitaire de 34 % (34 % pour les activités libérales, 50 % pour prestations de services commerciales ou artisanales, 71 % pour ventes de marchandises).
- Vous optez pour le versement libératoire. Ici, vous payez votre impôt sur le revenu en même temps que vos charges sociales chaque mois ou chaque trimestre. Un pourcentage supplémentaire sera alors prélevé au titre de l’impôt, correspondant à 2,2 % pour les prestations de services et les activités libérales. Attention, le versement libératoire n’est pas toujours l’option la plus intéressante, car, contrairement à l’imposition classique, vous êtes taxé dès le premier euro.
Si vous avez opté pour une forme sociétaire comme la SASU ou l’EURL, vous pouvez être assujetti à l’impôt sur les sociétés. Dans ce cas, les charges du freelance se calculeront sur la base des bénéfices amassés durant l’exercice comptable.
Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
La CFE est une taxe due par toutes les entreprises, peu importe sa taille et son secteur d’activité. Il s’agit d’un impôt basé sur la valeur locative des biens que vous avez affectés à votre activité (locaux, terrains). Mais en réalité, cette taxe s’applique à tout le monde, même aux freelances qui n’ont pas de locaux et qui travaillent de chez eux. La CFE doit être payée tous les ans, au mois de décembre.
Vous pouvez en être exonérée sous certaines conditions, notamment si votre chiffre d’affaires annuel hors taxe (HT) est inférieur ou pendant votre première année d’activité. À partir de la deuxième année d’activité, les freelances doivent régler la cotisation foncière des entreprises (CFE), même s’ils travaillent depuis chez eux.
Charges fixes et frais professionnels à anticiper
Parmi les dépenses les plus fréquentes, on trouve : les frais de domiciliation d’entreprise ; la location de bureaux ou d’un espace de coworking ; l’achat d’outils et de logiciels pour votre activité ; l’achat de matériel informatique (ordinateur, écran, imprimante, etc.) ; les frais de communication (création d’un site web, publicité pour les réseaux sociaux, etc.) ; les abonnements (presse spécialisée, Internet, etc.) ; le coût des prestataires si vous déléguez certaines tâches ; les dépenses de comptabilité (logiciel, expert-comptable, dépôt des comptes, etc.) ; la complémentaire santé (mutuelle) et la prévoyance ; les assurances (notamment, l’assurance responsabilité civile professionnelle).
Les frais professionnels peuvent représenter jusqu’à 50 % du chiffre d’affaires. Cela dit, la rémunération réelle correspondra à la moitié des ventes, au plus. En micro-entreprise, les frais professionnels ne sont pas déductibles et viennent donc directement impacter le montant que peut se verser le freelance en tant que revenu.
Exonérations et aides : ACRE et autres dispositifs
Heureusement, il existe un dispositif permettant de bénéficier d’un allégement de ces charges pendant 1 an. Il s’agit de l’aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (ACRE). Pour en bénéficier, vous devez répondre à au moins l’une de ces conditions : être un demandeur d’emploi indemnisé ; être un demandeur d’emploi non indemnisé inscrit à Pôle emploi depuis plus de 6 mois, au cours des 18 derniers mois ; bénéficier du RSA ou de l’ASS ; être âgé de 18 à 26 ans ; être en situation de handicap et avoir moins de 30 ans ; avoir conclu un contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape) ; créer ou reprendre une entreprise située dans un quartier prioritaire de la ville (QPV) ; bénéficier de la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) ; être travailleur indépendant ne relevant pas du régime micro-social.
Attention, l'ACRE doit faire l'objet d'une demande à travers des démarches spécifiques. En effet, l'obtention de cette aide n'est pas automatique. À noter : l’auto-entrepreneur pourra prétendre à une exonération totale des cotisations sociales si le salaire ne dépasse pas certains seuils, et à partir du 1er juillet 2026, le taux d'exonération ACRE passera de 50% à 25%.
Provisions et gestion de trésorerie
Vous devez conserver en permanence une somme suffisante sur votre compte, pour faire face à vos charges. Elle dépend de vos besoins, de votre statut et des particularités de votre activité. Pour y voir clair et connaître le montant exact de vos dépenses, listez vos charges récurrentes dans un tableau. En les totalisant, vous obtiendrez la somme à mettre de côté chaque mois pour votre activité de freelance.
Certains mois impliqueront des dépenses plus élevées que d’autres. Exemple : vous êtes en micro-entreprise et vous avez choisi le paiement trimestriel de vos cotisations URSSAF ? Vos charges seront plus élevées en janvier, avril, juillet et octobre. Vous pouvez aussi provisionner un surplus utilisable en cas d’imprévu.
Réduire et optimiser ses charges sans changer de statut
Comme pour toute entreprise, un freelance a toujours intérêt à réduire ses charges ! Pour y parvenir, vous pouvez actionner plusieurs leviers. Listez vos dépenses professionnelles et faites la chasse aux charges inutiles et aux doublons : abonnements, logiciels, etc. Utilisez la concurrence : profitez d’offres pour trouver une assurance RC pro moins chère, ou changez de banque pour ouvrir un compte pro en ligne ! Vérifiez que vous déduisez bien toutes vos dépenses déductibles pour réduire vos impôts.
Il existe plusieurs dispositifs de réductions ou d’exonérations de charges ou d’impôts : l’ACRE ; les exonérations de CFE ; les aides à la création d’entreprise. Quand les charges deviennent trop lourdes : faut‑il changer de statut ? Le choix de votre statut juridique peut fortement impacter vos charges en freelance, pour plusieurs raisons. Les cotisations sociales : elles représentent souvent votre principal poste de charges et leur mode de calcul diffère d’un statut à l’autre. Les impôts : en micro‑entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos dépenses réelles, mais vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire.
Tableau récapitulatif des principaux taux (exemples)
| Statut / Poste | Taux / Remarques |
|---|---|
| Micro‑entreprise (prestation de services) | ≈ 21,2 % du CA (cotisations sociales) |
| Micro‑entreprise (achat/revente) | ≈ 12,3 % du CA (cotisations sociales) |
| Micro‑entreprise (CFP) | 0,1 % / 0,2 % / 0,3 % selon activité |
| EURL (TNS) | ≈ 45 % de la rémunération |
| SASU (assimilé salarié) | ≈ 75-82 % selon rémunération |
| Versement libératoire (prestation de services) | 2,2 % du CA (activité libérale), 1,7 % autres prestations |
Assurances et couverture sociale
Ces assurances ne sont pas obligatoires pour les freelances, mais elles restent vivement conseillées. La mutuelle, aussi appelée complémentaire santé, prend en charge certains frais de santé (frais d’hospitalisation, consultation avec un médecin généraliste ou spécialiste, etc.) qui ne sont pas couverts par la Sécurité sociale. La prévoyance, quant à elle, vise à maintenir les revenus du freelance en cas de maladie ou d’accident.
Mieux vaut ne pas compter sur la protection offerte par le régime général. Celle-ci est malheureusement insuffisante pour les indépendants. En effet, vous ne pouvez pas toucher d’indemnité journalière lors de votre première année d’activité. De nombreux freelances font le choix de souscrire une mutuelle et une prévoyance pour compléter leur protection.
Comment déduire vos charges en étant micro-entrepreneur
Bonnes pratiques pour fixer ses tarifs
En freelance, il est parfois difficile de savoir comment fixer ses tarifs. Pour cela, plusieurs paramètres sont à prendre en compte. Et le premier d’entre eux est le montant des charges professionnelles. En effet, il faut garder en tête que le chiffre d’affaires ne correspond pas au salaire ou à la rémunération. Ce n’est pas parce qu’un freelance a un tarif journalier moyen (TJM) de 500 € qu’il va vraiment toucher un salaire net de 500 € sur son compte personnel.
Si le freelance souhaite pérenniser son activité et construire une activité rentable sur le long terme, il doit bien penser à inclure ses charges dans ses tarifs. Pour y voir plus clair, n’hésitez pas à utiliser le simulateur de revenus freelance de Qonto ou d'autres simulateurs publics. Pour voir précisément le montant à mettre de côté chaque mois, listez vos charges récurrentes et calculez vos marges après prélèvements des cotisations et impôts.
Outils et gestion bancaire
Pour faciliter la gestion de vos cotisations et optimiser votre trésorerie, il est essentiel de choisir une solution bancaire adaptée à votre activité. Les comptes pro en ligne, comme Qonto, sont généralement plus adaptés à une activité de freelance. L’agrégation de comptes incluse dans certaines offres facilite l’analyse de vos dépenses. Elle vous permet de retrouver les transactions de l’ensemble de vos comptes sans quitter votre application !
Tout indépendant doit posséder un compte bancaire dédié à son activité professionnelle lorsque son chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives.
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