Travailler en Freelance : Définition, Statuts et Conseils
Le statut freelance s’est beaucoup développé ces dernières années. Cependant, il reste peu encadré juridiquement. Mais avant, je vais vous donner la définition complète du mot “freelance”. D’où vient-il ? Quel est son équivalent français ? Quelles vocations sont envisageables en freelance ?
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Qu'est-ce qu'un Freelance ?
Le terme « freelance » est un anglicisme qui renvoie au travailleur indépendant, tel que peut être un community manager, agent commercial, ou encore un illustrateur. Si nous devions retenir une définition du mot freelance, ce serait : “personne qui travaille de façon indépendante, sans contrat de longue durée avec un employeur”.
Le travailleur indépendant se distingue du salarié par le fait qu’il n’existe aucun lien de subordination entre lui et la société cliente. Pour rappel, le lien de subordination est une des principales caractéristiques pour qualifier une convention de contrat de travail. Il s’agit de l’exécution de différentes tâches ordonnées par un employeur qui dispose d’un pouvoir coercitif.
Le freelance est une personne qui travaille à son compte, sans être salariée d'une entreprise. Cette forme de travail est souvent désignée par les termes de "travailleur indépendant" ou "micro-entreprise" (ou "auto-entreprise").
Toutefois, freelance n’est pas un statut juridique, ni un métier. C’est davantage un mode de travail. De plus, le terme freelance renvoie généralement à une activité de prestation de services.
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Quand une personne se lance en freelance, elle fait une croix sur les contrats de travail classiques. Une embauche en CDI ou en CDD reste possible, mais pas dans l’immédiat. Car la vie de freelance, c’est :
- démarcher ses client·es ;
- facturer ses client·es ;
- déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF (dans le cadre d'une micro-entreprise) ;
- payer ses cotisations sociales ;
- recommencer.
Les freelances peuvent travailler pour un·e client·e une seule fois. Mais ils peuvent aussi travailler pour un·e même client·e pendant plusieurs années.
Les professions libérales peuvent être de nature réglementées ou non réglementées. Les professions libérales réglementées comptent parmi elles les avocats, médecins ou experts-comptables, entre autres. Les professions libérales non réglementées concernent les activités qui ne sont ni commerciales, ni artisanales. On retrouve parmi elles les auto-entrepreneur artistes, pigistes, consultants informatiques et autres.
Le travail en freelance de façon commerciale (comme pour l’agent commercial freelance par exemple), est adapté à la vente de biens ou services. Pour travailler en freelance de façon commerciale, il est nécessaire de dépendre de la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI). Dans certains cas, il est possible d’être rattaché à la Greffe du Tribunal de Commerce si travailler en freelance se fait sous la profession d’agent commercial.
Les professions artisanales qui décident de travailler en freelance avec le statut d’auto-entrepreneur dépendent de la CMA - Chambre de Métiers et de l’Artisanat. Il est indispensable, en tant qu’artisan qui désire travailler en freelance, de s’inscrire au Répertoire des Métiers.
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Les origines du terme “freelance”
La première fois que le terme freelance a été utilisé, c’était en 1820 par Sir Walter Scott dans son roman Ivanhoé. On peut y lire : “I offered Richard the service of my free lances, and he refused them - [...] thanks to the bustling times, a man of action will always find employment”. Il explique que ses services en freelance ont été refusés, mais qu’un homme d’action, à son époque, trouvera toujours du travail. La suite de l’histoire du freelancing est plutôt classique. Ce mode de fonctionnement a désigné les personnes non affiliées de toutes sortes (journalistes, politiques, militaires). Et à la fin du XXe siècle, son homonyme français “travailleur indépendant” est entré dans le langage courant.
Exemples de jobs en freelance
De nos jours, les opportunités professionnelles qui s'offrent aux freelances sont infinies. Pour le démontrer, je vais passer en revue 3 secteurs d’activité et vous donner des exemples de jobs en freelance pour chacun d'entre eux.
Sur le web
De nombreux freelances exercent leur profession sur le web. C’est le cas des développeurs web qui codent des sites web, des applications, des jeux vidéo, etc. C’est le cas des webdesigners freelances qui bâtissent l’architecture des sites et qui les rendent responsives. Et c’est aussi le cas des rédacteurs web, des Content Managers et des Community Managers qui :
- rédigent des articles de blog ;
- réalisent des livres blancs ;
- écrivent des newsletters ;
- publient sur les réseaux sociaux ;
- conçoivent des stratégies SEA…
Dans le tourisme
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Voici des exemples de jobs en freelance dans le secteur du tourisme :
- organisateur de voyages ;
- guide touristique ;
- réceptionniste en hôtellerie ;
- prof de surf ;
- surveillant de baignade…
Dans le sport
Voici des exemples de jobs en freelance dans le secteur du sport :
- coach sportif ;
- maître nageur ;
- commercial dans le sport ;
- journaliste sportif ;
- sportif professionnel…
Un freelance fixe lui-même ses tarifs. Il ou elle peut facturer au projet, à l’heure, à la journée… Dans certains secteurs (l’écriture et la traduction notamment), il est possible de facturer à la page, au mot ou au feuillet. Une fois le devis signé par le ou la client·e, l’indépendant·e exécute la mission. Une fois son travail terminé, il facture la prestation. Dès lors que le paiement est réglé, il note le numéro de facture, le nom du client et la date de paiement dans un carnet de compte. Cela lui permet de calculer son chiffre d’affaires brut facilement à la fin du mois. Et en début de mois suivant, il ou elle doit payer ses cotisations à l’URSSAF (et ses impôts à la source s’il a choisi cette option).
Les Avantages et Inconvénients du Travail en Freelance
Le travail en freelance a connu beaucoup de succès ces dernières années. Le statut de freelance revêt de nombreux avantages. En effet, en tant que travailleur indépendant, vous disposez d’une pleine autonomie en ce qui concerne l’organisation de votre travail.
Travailler en freelance permet de gagner en avantage, parmi eux on retrouve principalement l’autonomie et l’indépendance. En choisissant de travailler en freelance, il est possible de définir ses propres tarifs ainsi que ses horaires de travail.
Travailler en freelance implique de gérer une mission du début à la fin. Prospection, réalisation, mise en œuvre de ses compétences, gestion de client et l’enregistrement comptable de la prestation de service. En effet, le fait de travailler en freelance contraint à s’exposer à des risques réguliers.
Attention : vous n’aurez pas droit à la même retraite qu’un·e salarié·e. Vous devrez vous organiser pour prendre des vacances sans perdre votre clientèle. Et vous serez dépendant·e de la demande.
Le travail du freelance peut également se révéler fastidieux. En revanche, la rémunération de chaque mission est définie au cas par cas. C’est pourquoi, le salaire du freelance est souvent très instable.
Le fait de travailler en freelance peut sembler intéressant, néanmoins, il faut garder à l’esprit que comme tout travailleur indépendant, le choix de travailler en freelance ne doit pas être pris à la légère.
C’est un fait, devenir freelance ne convient pas à tous les actifs. Au regard des responsabilités qu’il implique, ce projet doit être mûrement réfléchi en amont. Il s’agit alors de peser le pour et le contre de cette décision.
Voici un tableau récapitulatif des avantages et inconvénients :
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Autonomie dans son travail (sans lien de subordination) | Irrégularité et incertitude des revenus |
| Liberté de prendre ses propres décisions | Couverture sociale moins protectrice que le statut salarié |
| Flexibilité dans son emploi du temps | Absence de droits au chômage |
| Opportunité de faire évoluer sa rémunération | Impossibilité de déduire ses charges professionnelles en EI |
| Accomplissement personnel en exerçant un métier passion | Manque de crédibilité face aux banques ou aux bailleurs |
| Choix des missions ou des clients | Sentiment de solitude ou d’isolement |
Les Statuts Juridiques pour Travailler en Freelance
Pour exercer son activité professionnelle en toute légalité, le freelance dispose de plusieurs options en ce qui concerne le choix de son statut social.
Quand on annonce travailler en freelance, on pense le plus souvent au statut d’auto-entrepreneur. Favorisé pour ses avantages comme sa comptabilité simplifiée, il est le plus simple à mettre en place pour démarrer une entreprise et commencer à travailler en freelance. On retrouve néanmoins d’autres statuts qui permettent également de lancer une carrière en freelance. Il s’agit d’entreprises individuelles ou entreprises unipersonnelles. Pour devenir freelance, il est également possible de procéder à un portage salarial.
Voici les principaux statuts juridiques pour démarrer une activité de freelance :
- Statut auto-entrepreneur : ce régime est entré en vigueur en 2009. On parle aujourd’hui de micro-entrepreneur. En qualité d’auto entrepreneur, il est possible d’exercer plusieurs activités.
- Créer une entreprise individuelle : il s’agit ici de créer une Entreprise Individuelle (EI). Lors de la création de l’EI, l’auto-entrepreneur divise son patrimoine en deux parties, l’un privé et l’autre professionnel.
- Le portage salarial : ce régime a été défini par l’ordonnance n°2015-380 du 2 avril 2015. Le portage salarial correspond à une relation contractuelle tripartite : d’une part, la relation entre l’entreprise de portage salarial qui effectue une prestation pour le compte de la société cliente ; d’autre part, le contrat de travail conclu entre l’entreprise de portage salarial et le salarié dit « porté ». En optant pour le portage salarial, le freelance se décharge de toutes les formalités administratives, juridiques et l’enregistrement comptable des prestation de service. Ce régime constitue donc le parfait compromis entre liberté du freelance et sécurité du salariat.
Le régime de protection social en freelance dépend du statut juridique choisi.
Micro-entreprise (Auto-entreprise)
Le statut d’auto-entrepreneur est donc un régime spécifique mis en place afin de faciliter l’accès au statut de travailleur indépendant. Ainsi, l’auto-entreprise, aussi appelée micro-entreprise, est sans aucun doute le statut juridique de l’entreprise individuelle le plus populaire, depuis sa création en 2009.
Comme l'EI, la micro-entreprise n'impose pas de rédaction des statuts ni de constitution de capital social. La micro-entreprise est la forme d'entreprise individuelle la plus communément choisie par les freelances.
En freelance, le régime d’imposition dépend du statut juridique. Par exemple, en micro-entreprise, il faut prévoir 21,20 % de cotisations sociales sur le chiffre d’affaires encaissées en prestation de services. Et le chiffre d'affaires est imposé au titre de l’impôt sur le revenu du freelance.
Entreprise Individuelle (EI)
Si vous voulez développer une activité en solo, vous pouvez créer une entreprise individuelle (EI). L’entreprise individuelle est, par définition, une entreprise dirigée par une seule personne, en son nom propre.
Enfin, notons que l’entreprise individuelle implique le respect de quelques obligations comptables (grand livre, livre comptable, inventaire et bilan annuel) qui peuvent être contraignantes, surtout s’il s’agit d’une activité complémentaire.
Pour contrer les différentes contraintes du statut juridique de l’auto-entreprise, même si ces dernières peuvent convenir à de nombreux entrepreneurs, certains travailleurs indépendants se dirigent vers le régime de l’EIRL, l’entreprise individuelle à responsabilité limitée.
Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL)
En ce qui concerne l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, à savoir l’EURL, il faut déjà comprendre qu’il s’agit d’une version allégée de la SARL, spécialement destinée à un seul associé. En termes de fonctionnement, l’entrepreneur gérant de l’EURL est affilié au régime général de la sécurité sociale, et voit ses bénéfices soumis à l’impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés, en fonction du choix qu’il a fait.
En SASU ou EURL, seuls les bénéfices sont imposés.
Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU)
Concernant la SASU, la société à actions simplifiée unipersonnelle, il s’agit ni plus ni moins de la déclinaison individuelle de la SAS. Là encore, l’entreprise ne peut être composée que d’un seul associé, à savoir l’entrepreneur en freelance. De même, la rédaction de statuts, la publication d’une annonce légale, et la tenue d’une comptabilité complète sont obligatoires, tout comme pour l’EURL.
Portage Salarial
Le régime de portage salarial a été mis en place par l’ordonnance 2015-380 du 2 avril 2015 et correspond à un contrat tripartite entre l’entreprise de portage salarial qui effectue la prestation pour le compte d’une entreprise cliente grâce au salarié dit « porté ». Par ce biais, le freelance bénéficie de la même protection sociale qu’un salarié, tout en recevant chaque mois un salaire, basé sur les missions qu’il a réalisées. L’avantage de passer par le portage salarial est que le freelance se décharge de toutes les formalités administratives, juridiques, comptables, etc., ainsi que de la création d’une entreprise.
Les Étapes pour Devenir Freelance
Devenir freelance est un objectif pour de nombreux travailleurs salariés qui souhaitent s’affranchir de leur hiérarchie au travail et se lancer dans une activité indépendante. La liberté que ce statut implique fait parfois rêver, mais il ne faut pas oublier qu’en devenant Freelance, on devient avant tout entrepreneur, avec les responsabilités que cela comporte.
Quoi qu’il en soit, pour devenir travailleur indépendant, il est important de se poser les bonnes questions et de suivre des étapes simples avant de se lancer en tant que Freelance.
- Choisir son statut juridique : La première étape à franchir avant de devenir freelance consiste à choisir la forme juridique de son entreprise.
- Accomplir les démarches administratives : Les démarches à accomplir vont dépendre du statut juridique que vous aurez retenu.
- Trouver des clients : Devenir freelance suppose de trouver des clients. Il existe de nombreuses manières de trouver des clients en tant que freelance. Par exemple, pour les freelances, les plateformes de mise en relation en ligne peuvent être une bonne solution. Vous pouvez également faire jouer votre réseau, rejoindre un réseau professionnel, créer un site internet ou encore développer votre présence en ligne grâce aux réseaux sociaux.
Devenir freelance ne se résume pas aux démarches de constitution. Certaines actions restent à prévoir à diverses étapes du projet :
- l’étude de marché et le business plan (définition du client cible, analyse de la concurrence, étude de la faisabilité du projet, etc.) ;
- souscrire les contrats d’assurance obligatoires (notamment la Responsabilité civile professionnelle) ;
- ouvrir un compte bancaire professionnel ;
- se procurer les registres obligatoires (registre des salariés, livres comptables, etc.) ;
- communiquer pour trouver ses premiers clients (création d’un site internet, réseaux sociaux, événements de networking, etc.).
De même, pensez à prévoir un espace de travail confortable et ergonomique. Si vous exercez votre activité à votre domicile, réservez un espace dédié à la réalisation de vos missions. Lorsque votre logement ne s’y prête pas, pensez à louer un local professionnel ou aux espaces de coworking.
Les Aides Financières pour les Freelances
Certaines activités freelances demandent un minimum d’investissement au démarrage. Pour se faire financer, l’indépendant qui se lance se heurte souvent aux refus des banques en matière de prêt bancaire.
Parmi les aides à la création d'entreprise il y a aussi les aides de France Travail (ex Pôle Emploi) :
- L’ACRE est un dispositif d’exonération des cotisations sociales pendant la première année d’activité de l’entrepreneur. Cette aide peut s’appliquer quel que soit le statut juridique que vous aurez retenu.
- L’ARE (Aide au Retour à l’Emploi) permet de maintenir vos allocations-chômage si les revenus dégagés par votre activité son faible. Cette aide facilite ainsi le retour à l’activité des chômeurs créateurs d’entreprise.
- L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) permet de toucher 60 % de vos allocations ARE restantes, en deux fois : la première lors de la création de votre entreprise ; la seconde 6 mois plus tard. Cette aide peut faciliter l’achat de matériel ou la constitution du capital de votre société, par exemple.
En fonction de votre situation, rapprochez-vous de votre conseiller France Travail pour connaître les aides auxquelles vous êtes éligibles.
La prime d’activité est une aide financière versée par la CAF pour aider les salariés et les travailleurs indépendants aux revenus modestes à poursuivre leur activité professionnelle.
Les collectivités territoriales, régions ou collectivités locales peuvent aussi, sous forme de subventions et sous conditions, contribuer à l’implantation d’entreprises sur leurs territoires.
Pour obtenir des informations sur les aides auxquelles vous pouvez prétendre en tant que freelance, n’hésitez pas à prendre contact avec votre conseiller France Travail, ou encore auprès de votre CCI.
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