Qui a Financé la Campagne de Trump : Analyse des Soutiens Financiers aux Élections Américaines
L'argent est le moteur des campagnes électorales ! Aux États-Unis, la course à la Maison Blanche est également portée par des milliardaires prêts à investir des fortunes pour promouvoir leurs candidats dans le cadre de l'élection présidentielle américaine. Un sacré pactole.
Les Milliardaires et les Super PAC
Le milliardaire Elon Musk s'est engagé à verser un million de dollars par jour, jusqu'au 5 novembre, à un électeur tiré au sort parmi les signataires de la pétition de l'America PAC, un comité de soutien au candidat Donald Trump. Cette pétition met en avant des thèmes clés comme la liberté d'expression et le droit de porter des armes. D'après les données de la Commission électorale fédérale américaine (FEC), Elon Musk a apporté un soutien financier de près de 75 millions de dollars à l’America PAC entre le 1er juillet et le 30 septembre derniers.
L'America PAC est l'un des Super PAC, lesquels, contrairement aux comités d'action politique (ou PAC), peuvent recevoir des dons illimités de la part de particuliers ou d'entreprises. Néanmoins, cet argent n'atterrit pas directement dans les caisses des candidats ou du parti ; il est destiné au financement de campagnes publicitaires et d'événements publics.
Musk n’est pas le seul milliardaire de la Silicon Valley à soutenir l’ancien président. David Sacks et Peter Thiel, tous deux membres de la «mafia Paypal» aux côtés d’Elon Musk, continuent d’exercer une influence notable dans le secteur de la tech et militent pour le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Kamala Harris peut elle aussi compter sur des alliés de taille ! Le cofondateur de Netflix, Reed Hastings, aurait déjà versé 7 millions de dollars à un Super PAC en soutien à la campagne électorale de Kamala Harris, selon Reuters. Autre soutien majeur, le magnat des médias Mike Bloomberg a, quant à lui, investi plus de 20 millions de dollars pour favoriser l’élection de la candidate démocrate, comme l’indique son site internet.
Lire aussi: Amour et Résistance : "Je Te Fume, Je Te Finance"
Les Chiffres Clés du Financement
Le patron de SpaceX, X, et Tesla a donné quelque 238 millions de dollars à travers son organisme politique "America PAC". La somme est la plus importante provenant d'un seul donateur non candidat, selon les données d'OpenSecrets, association à but non lucratif qui "suit l'argent dans la politique et ses effets sur les élections et la politique".
Les deux principaux candidats, Donald Trump et Kamala Harris, ont collecté pas moins de 2,5 milliards de dollars à eux deux, tout au long de leur campagne présidentielle 2024. Un chiffre astronomique par rapport à ce qui est possible en France.
À quelques jours du vote de l’élection présidentielle américaine, les candidats, la démocrate Kamala Harris et le républicain Donald Trump, ont récolté au moins 2,5 milliards de dollars à eux deux, grâce aux soutiens des citoyens.
Kamala Harris tient actuellement le record de la collecte de fonds, avec 1,5 milliard de dollars récoltés auprès de ses partisans, chiffre arrêté au 17 octobre d’après la base d’OpenSecrets.
S'il a disposé d'une cagnotte inférieure à celle de Kamala Harris pour sa campagne, levant environ 1,09 milliard de dollars contre 1,65 milliard pour son adversaire démocrate, Donald Trump a pu compter sur un soutien financier tout de même colossal pour devenir le 47e président des États-Unis.
Lire aussi: Créer un CV Finance et Comptabilité
How A Super Pac Is Supporting Democrats | MSNBC
Mécanismes et Limites des Dons
Plusieurs possibilités existent pour les citoyens états-uniens de faire des dons. Tout d’abord, les citoyens états-uniens peuvent faire des dons directement à la campagne du candidat de son choix dans la limite de 3 300 $ par élection.
Depuis 2010, une nouvelle structure s’est ajoutée dans le jeu : les « Super PAC ». En 2010, la Cour suprême des États-Unis a en effet rendu un arrêt appelé « Citizens United v. « Selon la Cour suprême, le fait qu’un citoyen américain ne puisse pas s’exprimer à travers les dons donnés à un parti politique ou à un candidat, à la hauteur de ce qu’il souhaiterait, est une atteinte à la liberté d’expression des Américains », rajoute Romuald Sciora. « Comme on le sait, aux États-Unis, la liberté d’expression est totale.
De plus, ce système sans plafond a profondément affaibli les possibilités qu’un troisième parti se fasse entendre dans le pays. « Comme il n’y a pas de régulation et de droit de parole dans les médias, les candidats qui ont les plus d’argent sont ceux qui sont les plus présents dans les médias.
| Candidat | Montant Collecté |
|---|---|
| Donald Trump | 1,09 milliard de dollars |
| Kamala Harris | 1,65 milliard de dollars |
Le Rôle des Entreprises Françaises
Dès le 7 novembre, alors que le résultat en faveur du camp de Donald Trump était connu, la députée écologiste du Rhône Marie-Charlotte Garin réagissait à ce résultat, stigmatisant le rôle de grandes entreprises françaises.« Derrière la victoire de Trump, des entreprises françaises comme Sanofi, EDF et Airbus. Financer un candidat qui nie la démocratie, les droits des femmes et l’urgence climatique : la honte ! », attaquait-elle vigoureusement, forgeant sa démonstration sur un reportage vidéo de l’Humanité, intitulé « Victoire de Trump, ces entreprises qui l’ont financée », dans un message publié sur X.
« Je demande des comptes aux entreprises françaises qui ont financé la victoire de Donald Trump aux USA », lançait-elle, images à l’appui des courriers envoyés à plusieurs grandes entreprises françaises comme EDF, Sanofi, Engie ou le groupe Ricard.
Lire aussi: Tout sur les métiers de la finance
En réalité, ce petit format pour les réseaux sociaux a pour source un article du journaliste Olivier Petitjean pour le média Basta, intitulé « Ces entreprises françaises qui préfèrent financer le camp Trump plutôt que Kamala Harris ». Un glissement sémantique semble déjà s’être opéré.
Cet article n’évoque pas un financement direct de la campagne de Donald Trump par les grandes entreprises françaises. En revanche, il fait état de la possibilité de donations aux candidatures fédérales, au Sénat ou à la chambre des représentants, offerte aux salariés qui sont basés aux États-Unis.
Les PAC et les Dons des Employés
Dans le cadre de ces différentes élections, la loi américaine permet le financement des campagnes du parti républicain ou du parti démocrate par le biais d’un comité d’action politique, « political action committee », ou PAC dans le langage commun. D’un point de vue légal, ne s’agit pas de financements directs de la part des sociétés mais « de dons de leurs employés transitant par une structure certes liée à l’entreprise, mais indépendante d’elle », rappelle d’ailleurs Olivier Petitjean dans son article.
Ainsi, les PAC affiliés à des entreprises ont effectivement effectué des donations à différents candidats aux élections fédérales américaines. Les salariés du groupe Sanofi ont ainsi contribué à hauteur de 216 000 dollars lors des élections de novembre, pour majorité (58 %) à des candidats républicains, par exemple. Le PAC associé à EDF outre-Atlantique a versé quant à lui 125 400 dollars, dont 58 % à des démocrates et 42 % à des Républicains. Du côté du PAC du géant Airbus, on atteint la somme de 268 000 dollars selon le site spécialisé source Opensecrets.org, avec là aussi une balance favorable aux Républicains avec près de 70 % de dons en leur faveur.
Dans ce contexte, les grands groupes français réfutent donc en bloc l’idée qu’ils aient pu financer la campagne de Donald Trump ou de Kamala Harris, d’ailleurs. « Les employés d’Airbus, en tant que citoyens américains, sont légalement autorisés à verser des contributions volontaires aux candidats par l’intermédiaire du comité d’action politique (PAC) d’Airbus, qui permet de regrouper les contributions individuelles. Le PAC des employés d’Airbus apporte des contributions aux démocrates et aux républicains qui se présentent à la Chambre des représentants ou au Sénat (mais pas à la présidence) et qui défendent l’industrie aérospatiale et les questions qui s’y rapportent », nous a ainsi expliqué un porte-parole d’Airbus.
Chez EDF, on souligne le strict encadrement par la loi. « Les collectes de dons (via les political action committees) en faveur de candidats aux élections locales et nationales par les entreprises, y compris les entreprises étrangères, sont une pratique courante aux États-Unis », nous a déclaré le géant de l’électricité. et EDF Renewables US disposent d’un comité d’action politique entièrement parrainé par les employés éligibles aux États-Unis. Les PAC fonctionnent conformément aux dispositions de toutes les lois et réglementations de la Federal Election Commission (FEC) et qui reflètent les normes en matière d’éthique et d’intégrité », précise encore EDF.
« Engie n’a soutenu aucun candidat lors de l’élection américaine. Ce n’est pas une pratique du Groupe, ni aux États-Unis (que ce soit au niveau fédéral ou des États), ni ailleurs, et nous y veillons », nous a encore déclaré le groupe, qui a confirmé en revanche l’existence d’un PAC dans l’entreprise. « Le PAC d’Engie North America a versé des contributions provenant de dons volontaires de collaborateurs locaux du Groupe selon leurs convictions personnelles. Ces montants sont rendus publics. Les 26 000 dollars versés correspondent donc au total des dons versés par des salariés, et non par l’entreprise », souligne le géant de l’énergie tricolore.
Toutefois, ces financements, même minimes, par les employés des grands groupes français « peuvent servir des intérêts locaux là où ils sont implantés, là où ils ont une usine, parce que c’est le candidat qui siège dans tel comité, qui est chargé de distribuer de l’argent public », comme l’expliquait Olivier Petitjean dans une interview à RTL, il y a quelques jours. Cela s’appelle du lobbying.
balises: #Financ
