Reconversion professionnelle : devenir graphiste freelance et bénéficier des aides de France Travail

Vous rêvez de redessiner votre quotidien en devenant graphiste freelance ? Le passage au freelancing séduit de nombreux professionnels en quête de liberté et de sens. Devenir freelance tout en bénéficiant d’un filet de sécurité financier est possible grâce aux dispositifs de France Travail (ex Pôle emploi) : ARE, ARCE, ACRE/ACCRE, ainsi que des aides de formation comme le CPF ou l’AIF.

Peut-on toucher le chômage en étant freelance ?

Les freelances exercent des activités indépendantes souvent dans le domaine digital. Ils sont rédacteurs web, développeurs, graphistes, coachs, photographes… Peu importe votre statut de freelance, vous pouvez profiter de vos indemnités chômage après la création de votre entreprise. C’est possible si vous êtes en entreprise individuelle ou en micro-entreprise ; mais également en société (SASU, EURL…).

Conditions d'accès et cumul ARE + revenus freelance

  • Remplir les conditions pour percevoir l’ARE (aide au retour à l’emploi) : ancienneté suffisante pour ouvrir droit à une indemnisation ; être inscrit sur la liste des demandeurs d’emploi.
  • Vérifier que le cumul de votre revenu de freelance et de l’ARE ne soit pas supérieur à votre ancien salaire brut (le salaire journalier de référence, SJR).
  • En micro-entreprise, on prend en compte votre chiffre d’affaires. En société, on tient compte de votre rémunération (en EURL) ou de votre salaire (en SASU). Vous pouvez aussi percevoir des dividendes si votre société fait des bénéfices. Normalement, ces derniers sont cumulables avec vos ARE.

Vous pouvez percevoir totalement ou partiellement vos droits au chômage en tant que créateur d’entreprise freelance. Le cumul chômage et revenu de freelance est total si vous ne faites pas de chiffre d’affaires ; si vous êtes en société et que vous avez décidé de ne pas vous rémunérer ; ou si vous avez créé votre entreprise avant la fin de votre contrat de travail. Dans tous les autres cas, le cumul chômage et revenu de freelance est partiel car vous touchez des revenus non salariés.

Comment France Travail calcule l’ARE en cas de maintien partiel ?

70 % de votre revenu de freelance sera déduit du montant de vos allocations chômage. Attention : il s’agit du revenu de freelance. Par exemple, si vous êtes en micro-entreprise, il s’agit du chiffre d’affaires moins l’abattement forfaitaire propre à votre activité. En micro-entreprise, on prend en compte votre chiffre d’affaires après déduction de l’abattement pour frais professionnels : 29 % pour l’achat/vente, 50 % pour certains BIC, 66 % pour les BNC.

Exemple : Mélanie est devenue freelance en micro-entreprise. Son ARE initiale est de 1 500 € par mois. Son chiffre d’affaires du mois dernier est de 2 000 €. Son revenu après abattement est de 2 000 - (34 % x 2 000) = 1 320 €. Le montant de la nouvelle ARE que va lui verser France Travail est donc de : 1 500 - (70 % x 1 320) = 576 € par mois.

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ARCE : percevoir un capital pour lancer son activité

En freelance, il existe 2 manières de percevoir votre ARE : cumuler chômage et revenus issus de votre entreprise tous les mois ; ou bien percevoir d’un coup 60 % de vos allocations chômage restantes dans le cadre de l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE). L’ARCE est utile si vous avez besoin d’une somme importante pour vous lancer sereinement en freelance. Vous toucherez 60 % de vos ARE en 2 fois : le premier versement à la création, le deuxième 6 mois après si l’entreprise est toujours en activité.

Cette aide est accessible si vous remplissez les conditions pour toucher l’ARE et pour percevoir l’ACRE (ex ACCRE). Attention : il faut choisir entre ARCE et ARE, vous ne pouvez pas les cumuler. L’ARCE est une aide de France Travail : la demande se fait auprès de cet organisme. Une déduction de 3 % est effectuée pour le financement des retraites sur votre capital.

Exemple : le montant des allocations chômage restantes de Jérémy est de 10 000 €. S’il choisit l’ARCE, il percevra 60 % x 10 000 = 6 000 € en deux fois, soit 3 000 € lors de la création et 3 000 € après.

Quitter son emploi salarié pour devenir freelance : quels droits ?

Les aides de France Travail (ARE et ARCE) ouvrant droit au chômage sont accessibles si vous perdez votre emploi de façon involontaire : rupture conventionnelle, licenciement, fin de CDD. En revanche, si vous choisissez de démissionner, en principe, vous n’aurez pas droit au chômage. Il existe cependant un cas particulier : la démission pour création d’entreprise.

Conditions pour la démission pour création d’entreprise : avoir préparé un dossier avec un conseil en évolution professionnelle (CEP) avant de démissionner ; obtenir la validation de votre projet par une commission qui en atteste le caractère réel et sérieux ; avoir au moins 5 ans d’ancienneté dans l’entreprise en CDI ; remplir les conditions pour toucher l’ARE. Après validation, vous disposez de 6 mois pour vous inscrire à France Travail et demander l’allocation.

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Rupture conventionnelle et ouverture de droits

Vous toucherez le chômage si vous faites une rupture conventionnelle qui vous ouvrira droit à l’ARE après un délai de carence plus ou moins long selon le montant de l’indemnité de rupture conventionnelle perçue.

Fin d’activité freelance : l’ATI pour les travailleurs indépendants

Si vous arrêtez votre activité de freelance, vous n’avez en principe pas de droits au chômage car un freelance ne cotise pas pour l’assurance chômage classique. Cependant, depuis 2019, il existe une possibilité : l’ATI (allocation des travailleurs indépendants). Les conditions sont strictes : activité non salariée depuis au moins 2 ans ; revenus d’au moins 10 000 € par an durant au minimum l'une des 2 dernières années ; cessation d’activité due à liquidation, redressement judiciaire ou activité économiquement non viable ; inscription à France Travail et ressources personnelles inférieures au montant du RSA. La demande d’ATI doit être faite dans les 12 mois suivant la cessation d’activité.

Accompagnement et financement pour une reconversion réussie vers le graphisme

Avant de vous lancer, il est essentiel de bien définir votre projet professionnel. France Travail met à disposition des conseillers en évolution professionnelle (CEP) qui vous accompagneront tout au long de votre parcours. Ils vous aideront à clarifier vos objectifs, à identifier les formations adaptées et à élaborer un plan de financement solide.

Dispositifs de formation et financements

  • Compte Personnel de Formation (CPF) : cumulez des droits pour financer une formation certifiante ou qualifiante (design d’interface, motion design, etc.).
  • Aide Individuelle à la Formation (AIF) : destinée aux demandeurs d'emploi pour prendre en charge tout ou partie des frais pédagogiques et frais annexes.
  • Projet de Transition Professionnelle (PTP) : pour les salariés souhaitant changer de métier tout en conservant leur rémunération si le projet est validé.
  • Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) : en cas de licenciement économique, il propose un suivi personnalisé et une allocation financière.
  • Rémunération de Fin de Formation (RFF) : pour les demandeurs d'emploi en formation financée par France Travail.

Des aides régionales, OPCO, et dispositifs sectoriels (AGEFICE, fonds interprofessionnels) existent également pour les indépendants. Nos formations sont éligibles à l’ensemble des dispositifs d’aide aux financements existants. Notre équipe de conseillers en reconversion professionnelle pourra vous aiguiller vers le dispositif le plus adapté.

Se lancer en graphisme : formation, compétences et statut

Le métier de graphiste attire par sa richesse et sa diversité. En tant que graphiste, vous travaillez sur des projets variés : publicité, mode, jeux vidéo, édition, ou encore design d’identité visuelle. À l’ère du digital, le design graphique est partout. Publicité, mode, jeux vidéo ou agences de communication : les secteurs sont variés.

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Compétences techniques et soft skills

  • Maîtrise des logiciels : Photoshop pour l’édition d’images, Illustrator pour le vectoriel, InDesign pour les mises en page. Adobe Creative Cloud reste la référence pour 78 % des professionnels.
  • Soft skills : écoute et communication, organisation et gestion du temps, curiosité et adaptabilité, capacité à recevoir la critique.

Les soft skills pèsent 60 % dans la réussite d’un projet. Écoute et communication : comprendre les attentes clients et justifier ses choix est primordial. Organisation et gestion du temps : respecter des délais serrés avec des outils comme Trello ou Asana est une exigence.

Formations recommandées

Le secteur est exigeant : 52 % des offres exigent un Bac+2. Parcours possibles : BTS Design Graphique, DMA Arts Graphiques ; Bac+3 : DN MADE, Licence Pro Design Graphique ; Bac+4/5 : DSAA, Mastère Directeur Artistique. La formation à distance et l’alternance sont des solutions pour se reconvertir sans tout quitter.

Les certifications RNCP et les formations éligibles au CPF facilitent l’employabilité. Selon des études, 95 % des diplômés trouvent un emploi dans leur domaine sous 2 ans. Les initiatives comme la VAE ou le bilan de compétences peuvent aider à valider vos acquis et structurer votre projet.

Choisir son statut juridique et implications sur les aides

Le choix du statut juridique a un impact sur le maintien des allocations :

  • Micro-entreprise : démarches simplifiées, prise en compte du chiffre d’affaires après abattement pour le calcul de l’ARE, plafond de chiffre d’affaires (72 500 € pour prestations de services).
  • SASU / EURL : possibilité de créer une société et de ne pas se rémunérer pour conserver le maintien total de l’ARE ; dividendes possibles mais à considérer selon la situation fiscale et sociale.
  • Portage salarial / Coopérative d’activité (CAE) : statut salarié, facturation par la structure, protection sociale renforcée, utile pour tester le marché tout en gardant des protections.

Faire le choix d’une société plutôt que d’une micro-entreprise peut permettre un maintien total de l’ARE, en plus de faciliter l’accès à l’ARCE. En portage ou CAE, c’est la structure qui facture vos prestations ; vous percevez un salaire après déduction des frais de gestion.

Aspects pratiques : inscription, actualisation et justificatifs

  • Inscription à France Travail : obligatoire pour bénéficier des aides. Vous devez effectuer la démarche dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat de travail et déclarer un domicile en France.
  • Actualisation mensuelle : obligatoire pour maintenir le versement de vos ARE. Dès votre première facture en freelance, vous devez fournir des justificatifs (déclaration de chiffre d’affaires, bulletin de paie en SASU, etc.).
  • Auto-entrepreneur : optez pour la déclaration mensuelle de chiffre d’affaires auprès de l’URSSAF pour faciliter votre actualisation à France Travail.

Le choix de la déclaration mensuelle est pratique pour les autoentrepreneurs qui continuent à s’actualiser chaque mois : vous déclarez votre chiffre d’affaires à l’URSSAF, puis faites votre actualisation. L’actualisation mensuelle auprès de France Travail est donc indispensable.

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Combien allez-vous toucher ? Exemples de calcul

Le montant de l’allocation chômage est calculé à partir du salaire journalier de référence (SJR). Deux formules sont comparées et la plus avantageuse est retenue : 40,4 % du SJR + part fixe de 12,95 € ou 57 % du SJR. Le montant est encadré par un plancher et un plafond. Si vous percevez une rémunération pour vos activités freelance, France Travail déduit 70 % de ce revenu pour recalculer l’ARE.

Exemple concret : Louise a un SJR de 137 €. Les deux calculs donnent 68,29 € et 78,09 € ; le calcul retenu est 78,09 € par jour. Si Louise choisit l’ARCE, le capital correspondra à 60 % des droits restants, avec une déduction de 3 % pour le financement des retraites.

Se préparer à la vie de freelance : business, tarifs et portfolio

Le freelance assume des charges invisibles : prospection, gestion administrative, formations. Le TJM dépend de l’expérience : démarrer à 250-330 € HT par jour pour un junior est courant, tandis qu’un expert peut atteindre 600 € HT. Incluez dans vos tarifs les charges, abonnements logiciels et le temps non facturable.

Construisez un portfolio solide : projets fictifs, missions bénévoles, comparaisons avant/après. Le réseau personnel reste essentiel pour décrocher les premières missions. Proposez des projets concrets (identité visuelle, refonte d’application) pour démontrer votre savoir-faire. Utilisez Behance, Dribbble, Instagram et un site portfolio optimisé pour le SEO.

Accompagnement personnalisé et témoignages

De nombreux professionnels ont réussi leur reconversion grâce aux formations et à l’accompagnement : Sophie, ex-vendeuse devenue graphiste ; Marc, ancien comptable devenu webdesigner ; Léa, ex-assistante devenue motion designer. Le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) vous guide gratuitement, quel que soit votre âge ou statut.

Des organismes comme MJM Graphic Design proposent des formations éligibles aux dispositifs d’aide et des conseillers en reconversion pour orienter vers le financement le plus adapté. Chez Hiway, Hiway accompagne aussi à la négociation d’un départ (rupture conventionnelle) afin d’ouvrir des droits au chômage.

Points de vigilance et conseils

  • Veillez à bien choisir votre statut juridique selon vos objectifs (tester, se développer, distribuer des dividendes).
  • Simulez votre revenu en freelance et étudiez l’impact sur vos droits ARE avant de prendre une décision entre ARCE et maintien mensuel de l’ARE.
  • Pensez à l’ACRE pour alléger les charges sociales la première année si vous êtes auto-entrepreneur.
  • Anticipez la charge administrative du freelancing et formez-vous à la gestion d’entreprise.

Devenir graphiste freelance est un projet accessible si vous préparez votre reconversion, choisissez la formation adéquate, montez un portfolio convaincant et savez utiliser les aides disponibles. Qu’il s’agisse du maintien partiel des ARE, de l’ARCE pour obtenir un capital de démarrage, ou du recours aux dispositifs de formation (CPF, AIF, PTP), France Travail propose des solutions pour sécuriser votre transition vers l’indépendance.

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