Procédure de redressement judiciaire du GHM (Groupe hospitalier mutualiste) de Grenoble : contexte, enjeux et perspectives
Le tribunal judiciaire de Grenoble a placé le groupe hospitalier mutualiste en redressement judiciaire lundi. A sa demande, l’union mutualiste pour la gestion du groupement hospitalier mutualiste de Grenoble (UMG-GHM) de Grenoble a été placée en redressement judiciaire par le tribunal ce lundi 1er décembre. Le tribunal judiciaire de Grenoble a rendu sa décision ce lundi 1er décembre : la Mut', la clinique mutualiste de Grenoble (le Groupe hospitalier mutualiste de Grenoble, UMG GHM), est placée en redressement judiciaire.
Pourquoi cette procédure a-t-elle été engagée ?
La demande avait été formulée le 21 novembre 2025 par les administrateurs à la suite d'un "nouvel imprévu dans le contexte complexe du financement des activités de santé : les réformes de financement des établissements de santé privés d'intérêt collectif, depuis avril 2025, induisent une baisse de 30 % des dotations de soutien à l'activité, ce qui a pesé sur la trésorerie de l'établissement". Les réformes de financement des Espic depuis avril 2025 induisent une baisse de 30 % des dotations de soutien à l’activité, ce qui a pesé sur la trésorerie de l’établissement, selon la direction.
Ce sont ces évolutions financières qui obligent à aller au redressement judiciaire pour éviter la cessation de paiement par le gel des dettes et protéger l’activité du GHM. L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire par le tribunal permet notamment de geler les dettes de l'établissement. Le but : se placer sous la protection du juge pour geler les dettes et se donner du temps afin de pouvoir mieux étaler le paiement des créanciers.
Facteurs aggravants : dettes, contrôles et liens avec le groupe Avec
Le groupe Avec, qui a racheté la clinique mutualiste de Grenoble en 2020, est aujourd’hui placé en liquidation judiciaire. Le groupe Avec SA, au centre d'une nébuleuse active dans le secteur médico-social comptant une dizaine de milliers de salariés, a été placé en liquidation judiciaire le 8 octobre par le tribunal de commerce de Bobigny. Le parquet de Grenoble a par ailleurs requis début novembre un procès pour "détournement de fonds" et "prise illégale d'intérêt" à l'encontre de Bernard Bensaïd, le controversé fondateur du groupe, soupçonné d'avoir détourné plusieurs millions d'euros des comptes de la clinique mutualiste.
Il vous reste 70 % de l’article à lire. (extrait) La clinique souffre de plusieurs années sous gestion du groupe Avec, marquée par des ponctions dans la trésorerie au profit d’autres structures du groupe et par une convention jugée suspecte entre l’établissement et son repreneur. Selon le syndicat FO de la clinique mutualiste : "Cette situation n’est pas la conséquence d’une dérive interne récente, mais la résultante de contraintes financières majeures et d’engagements externes non tenus par le groupe Avec, combinés à un contexte de financement institutionnel profondément modifié."
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Le parquet de Grenoble reproche à Bernard Bensaïd d'avoir transféré 8 millions d'euros des comptes de l'UMG-GHM vers une autre société qui "avait pour but de refinancer différentes cliniques, également détenues par M. Bensaïd", indiquait le procureur de Grenoble Etienne Manteaux. Le syndicat liste des risques financiers : "5,1 millions d’euros de prêts non remboursés, six millions d’euros de conventions de prestations de services payés par le GHM d’octobre 2020 à 2023, 35 contentieux sociaux représentant un risque de 4,5 millions d'euros, une dizaine d’assignations commerciales ou pour délits d’entrave, un contrôle fiscal aboutissant à un risque évalué à 4,3 millions d'euros".
Conséquences immédiates pour l’établissement et les patients
La procédure de redressement judiciaire doit permettre de geler les dettes et préserver l'emploi. Une période d'observation s'ouvre pour 6 mois. L’établissement, qui emploie 1 300 professionnels et prend en charge quelque 120 000 patients chaque année, bénéficie désormais d'une période d'observation de six mois. La clinique mutualiste va toujours assurer les soins des patients isérois ; l'établissement continue de fonctionner normalement et d'accueillir les patients.
Le syndicat Force Ouvrière, qui avait soutenu la demande de placement en redressement judiciaire, souhaite que cette procédure aboutisse à un plan de cession de l'UMG GHM, actuellement détenue indirectement par le groupe AVEC. Le syndicat veut également "rassurer le public / les patients (...) ; l'établissement assure toujours et encore pour longtemps des soins de qualité (...)".
Organisation, activité et rôle territorial du GHM
Deuxième acteur de santé en Isère, l’Union Mutualiste pour la Gestion du Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble (UMG-GHM) occupe une place centrale dans l’offre de soins du territoire grenoblois. L’établissement, plus souvent connu sous le nom de Clinique mutualiste, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal judiciaire de Grenoble, début décembre 2025.
L’UMG-GHM exploite notamment le Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble (GHM), structure regroupant de nombreuses spécialités médicales et chirurgicales. La Mut’ regroupe 6 instituts couvrant un vaste champ d’expertises médicales : Cancérologie, Cardiovasculaire, Chirurgie, Médecine, Institut de la Femme et du nouveau-né, Soins non programmés (urgences). La clinique compte 1 300 professionnels. L'établissement accueille chaque année 120.000 patients (ce qui représente environ 25% de l'offre de soins de l'agglomération grenobloise).
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Chiffres d’activité et trajectoire récente
En 2024, l’UMG-GHM, soutenue par ses 1 232 salariés - dont 181 praticiens - a enregistré 87 637 consultations, 39 449 séjours hospitaliers et près de 22 000 passages aux urgences. Bien qu’ayant renoué avec la croissance depuis la mise en place de sa nouvelle gouvernance en 2023, elle est confrontée à un nouvel imprévu dans le contexte complexe du financement des activités de santé.
| Indicateur | Valeur / commentaire |
|---|---|
| Personnel | Environ 1 300 professionnels (1 232 salariés en 2024) |
| Patients par an | 120 000 (≈25 % de l’offre de soins de l’agglomération) |
| Consultations (2024) | 87 637 |
| Séjours hospitaliers (2024) | 39 449 |
| Passages aux urgences (2024) | ≈22 000 |
| Impact des réformes | -30 % des dotations de soutien à l’activité depuis avril 2025 |
Recherche d’un repreneur et calendrier
On est bloqués, donc il faut aller de l'avant, trouver un nouveau repreneur et lui permettre de ne pas avoir la charge des dettes occasionnées par le groupe Avec. Ces dettes ne sont pas le fait de l'UMG-GHM, elles sont le fait du groupe Avec. On n'a pas à les payer, soutient Thierry Carron, délégué syndical FO du GHM.
Nous avons confiance dans le fait que cette procédure (de redressement judiciaire), qui est engagée pour six mois, devrait permettre d'aller vers un repreneur qui viendra remplacer les structures fictives que M. Bensaid et la société Avec avaient mis en place, complète Hervé Derriennic. Les candidats à la reprise ont jusqu’au 10 juillet prochain pour déposer des offres pour le Groupe hospitalier mutualiste de Grenoble (GHM), placé en redressement judiciaire en décembre 2025. Un appel d'offres pourrait être lancé dans les mois à venir avec l'objectif de désigner un repreneur "dans l'année 2026".
Position des acteurs locaux et attentes
Le président de Grenoble Alpes Métropole, Christophe Ferrari, a réagi à l'annonce du placement en redressement judiciaire de la clinique mutualiste de Grenoble : "Une nouvelle page s’ouvre pour l’UMG-GHM, avec l’annonce de ce redressement judiciaire. Une nouvelle page dans la continuité des résultats retrouvés ces derniers mois par la clinique mutualiste, nécessaire pour lui donner un nouvel élan, pour lui permettre de stabiliser justement ces résultats et de gagner en capacité d’investissement pour le futur."
"On peut espérer qu'il y ait des candidats à vocation non lucrative qui peuvent être déjà des Espic de notre territoire et qui pourront prendre la responsabilité de la gestion du GHM et le replacer définitivement comme un très bel établissement de santé répondant aux attentes du bassin grenoblois", souhaite un représentant du collectif des usagers.
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Risques juridiques et financiers en cours
Les services des impôts réclament 5 millions d’euros à La Mut’au titre de la TVA, comme si c’était une société commerciale. Il faut ajouter encore 4 à 5 millions d’euros destinés à des procédures prud’homales liées à la gestion du GHM par Bernard Bensaid. Le parquet de Grenoble a présenté ses réquisitions cette semaine dans l'affaire de la clinique mutualiste de Grenoble. Il requiert un procès contre Bernard Bensaïd, l'ex patron du groupe AVEC, pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts.
Mesures prises par la justice et l’administration
- Le tribunal judiciaire a ouvert une période d'observation de 6 mois, permettant notamment le gel des dettes et la protection de l'activité hospitalière.
- Les administrateurs provisoires, en poste depuis 2023, ont demandé le redressement pour préserver l'emploi et la continuité des soins.
- Un examen du dossier est prévu le 5 février 2026, date à laquelle la poursuite de la procédure et les suites (plan de cession, poursuite d’activité) seront évaluées.
Redressement judiciaire : 5 points clés pour comprendre
Perspectives pour l’année à venir
L’année 2026 sera décisive pour le Groupement hospitalier mutualiste de Grenoble. On se prépare à trouver un repreneur crédible et respectueux du modèle Espic, qui permettra de séparer définitivement le GHM du groupe Avec. Le redressement est présenté par les syndicats et élus locaux comme "le meilleur moyen pour la Clinique mutualiste de se séparer du groupe Avec et de trouver un repreneur crédible respectueux du modèle Espic".
La procédure de redressement judiciaire, en gelant les dettes et en ouvrant une période d’observation, donne au GHM le temps nécessaire pour stabiliser sa gouvernance, clarifier son assise financière et préparer une cession qui préserve l’activité et l’emploi. "Nous nous préparions à un redressement judiciaire depuis deux ans maintenant, cette perspective ne cessant d’être reportée du fait des bons résultats obtenus par la Clinique mutualiste. Entre lassitude et regain d’énergie, les parties prenantes à ce dossier si compliqué n’ont cessé de croire qu’un jour viendrait, où nous pourrions regarder collectivement vers l’avenir. Ce jour est arrivé, à nous désormais collectivement de nous saisir de cette opportunité pour permettre au GHM de se projeter vers un avenir meilleur !" concluent des acteurs locaux.
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