Comment effectuer la reprise d’un registre de commerce

Reprendre un fonds de commerce permet de lancer une activité sur des bases déjà existantes, avec une clientèle et des outils déjà en place. Reprendre un commerce demande du temps, de la préparation et une vision claire de ce que vous voulez développer. Reprendre un commerce est une aventure passionnante, mais aussi complexe. Chaque projet présente des enjeux financiers, humains et juridiques difficile à affronter seul.

Qu’est‑ce que le fonds de commerce ?

Le fonds de commerce regroupe l’ensemble des éléments qui permettent à un commerce d’exister et de fonctionner, sans inclure l’immeuble où l’activité est exercée. En revanche, ne font pas partie du fonds : l'immeuble et les dettes de l'ancien exploitant. Le fonds comprend classiquement les éléments corporels (matériel, outillage, etc.) et certains éléments incorporels (clientèle, droit au bail, nom commercial, enseigne, etc.). D'autres peuvent s'y ajouter : marques, brevets, droits d'auteur, contrat de franchise s'il n'a pas été conclu avec le cédant "intuitu personae". Les immeubles, créances, dettes et liquidités ne font pas partie de la transaction. Il en est de même, en principe, des contrats, à l'exception des contrats de travail, des contrats d'assurance et du bail commercial. Les stocks sont vendus avec le fonds, mais ils font généralement l'objet d'un acte séparé.

Préparer son projet et évaluer la viabilité

La première étape de votre plan passe par un état des lieux de votre profil de repreneur : motivations, objectifs, points forts et même faibles. Afin de déterminer quelle option est plus appropriée à votre situation, faites appel à un conseiller spécialisé. À partir du bilan de votre profil découle un ensemble de critères permettant d’affiner votre recherche d’entreprise. Après ce travail préliminaire, il est temps d’activer vos réseaux personnels et professionnels pour trouver une société. Moteur de recherche des entreprises à reprendre, la Bourse de la transmission de BPI France recense toutes les annonces publiées sur les sites spécialisés. Autrement, pour gagner du temps, confiez votre recherche à un mandataire-expert spécialisé dans la transmission d’entreprise.

Audit, diagnostic et business plan

Avant de prendre votre décision, un premier diagnostic global est à effectuer. L’examen des comptes est tout aussi essentiel. Sur le plan externe, l’analyse micro de l’environnement pose les bases des perspectives de développement. Le business plan est la colonne vertébrale de votre projet. Il formalise vos objectifs, votre stratégie et votre plan de financement. C’est avec ce document que vous pourrez notamment prouver que votre future structure est viable.

Estimer le prix et les points de vigilance

Pour estimer correctement le prix, vous pouvez vous appuyer sur des professionnels (expert-comptable, notaire, conseiller CCI). Leur regard permettra de valider les hypothèses financières et de repérer d’éventuels points de vigilance. Certains pièges sont fréquents lors d’une reprise : négliger la vérification du bail commercial, sous-estimer l’état du matériel, ou ignorer les obligations sociales liées au personnel. Il est important de distinguer la reprise d’une entreprise individuelle du rachat d’une société.

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Éléments à faire figurer dans l’acte de cession

  • le nom du précédent vendeur, s'il y a lieu,
  • la date et la nature de l'acte d'acquisition du précédent propriétaire,
  • le prix d'acquisition auquel le cédant a lui-même acquis le fonds cédé,
  • si le fonds a été créé par le vendeur : cette information doit figurer dans l'acte,
  • l'état des inscriptions grevant le fonds (privilèges, nantissements, etc.), à demander au greffe du tribunal de commerce,
  • le chiffre d'affaires et les bénéfices des trois dernières années,
  • les informations relatives au bail : date, durée, nom et coordonnées du bailleur et du cédant si le bail a été précédemment cédé.

Financement et apport personnel

Le financement est une étape clé du projet. Pour découvrir toutes les options existantes, la CCIAMP met à disposition des ressources utiles sur le financement d’un fonds de commerce et sur notre guide financer mon entreprise. Un apport personnel représentant environ 20 à 30 % du prix d’achat est généralement conseillé. L'opération de reprise peut, en fonction de la taille de l'entreprise, nécessiter de : recourir à différentes sources de financement, mettre en place une ingénierie financière sophistiquée, faire intervenir un ou plusieurs dispositifs de garantie. La difficulté, à ce stade, sera de synchroniser les accords des différents financeurs pour que leurs concours soient mis en place de façon concomitante.

Négociation, lettre d’intention et protocole d’accord

La négociation est une étape capitale du processus de reprise de l'entreprise. Au cours de cette phase, vous allez fixer avec le cédant le prix de cession et les obligations respectives de chaque partie. Dans le cadre de négociations en vue de la reprise d’une entreprise, vous pourrez être amené à devoir rédiger une lettre d’intention. L’ultime étape du plan de reprise consiste à rédiger une lettre d'intention, appelée LOI (Letter of Intent). Signé à l'issue de la phase de négociation, le protocole d'accord constitue l'acte juridique le plus important de l'opération de reprise. En cas de cession d'une société, la garantie d'actif et de passif est généralement annexée au protocole.

Formalités légales, fiscales et de publicité

Reprendre un fonds de commerce implique aussi des obligations légales. Lors d’une reprise de fonds de commerce, plusieurs aspects fiscaux doivent être anticipés. Le principal concerne les droits d’enregistrement, dus par l’acheteur. La cession du fonds de commerce est très réglementée du fait des risques qu'elle fait courir tant au cédant qu'au repreneur : des mentions obligatoires doivent figurer dans l'acte de vente et des formalités de publicité doivent, par ailleurs, être respectées pour permettre aux créanciers de s'opposer au paiement du prix et de réagir en cas de sous-évaluation du fonds cédé.

Publicité et oppositions des créanciers

Pour favoriser la mise en concurrence des repreneurs, toute cession d’entreprise et toute réalisation d’actif doivent être précédées d’une publicité. Les créanciers du vendeur ont la possibilité, sous certaines conditions : de s'opposer au paiement du prix, dès l'instant où leur créance est certaine, s'ils bénéficient d'une inscription sur le fonds (nantissement, par exemple), de "surenchérir d'un dixième" lorsqu'ils estiment que le fonds a été sous-évalué. Compte tenu de ces risques de recours des créanciers, il est conseillé de verser le prix de la cession entre les mains d'un séquestre.

Enregistrement et publications obligatoires

En résumé, dans les 15 jours qui suivent la signature de l'acte de cession : le contrat de vente doit être enregistré auprès du service des impôts des entreprises, le repreneur doit procéder à la publication de la vente dans un support d'annonces légales et demander au greffe du tribunal de commerce la publication d'un avis au Bodacc. S'ensuivent les formalités d'immatriculation au registre national des entreprises (RNE) et au registre du commerce et des sociétés (RCS) du repreneur via le Guichet unique et de radiation du cédant.

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Reprises en procédure collective : spécificités

La cession de l’entreprise a pour but d’assurer le maintien d’activités susceptibles d’exploitation autonome, de tout ou partie des emplois qui y sont attachés et d’apurer le passif. Elle peut être totale ou partielle. En procédure de sauvegarde, il n’est pas possible de céder l’entreprise elle-même mais seulement des branches autonomes d’activité. En redressement judiciaire, l’entreprise est à vendre dès le jugement d’ouverture. Ainsi, des tiers peuvent présenter des offres de reprise spontanément. En liquidation judiciaire, la cession de l’entreprise peut être envisagée et s’organisera dans un plan de cession. Si l’administrateur judiciaire estime que la cession d’entreprise doit être envisagée, il communique au greffe les caractéristiques de l’entreprise, qu’il portera également à la connaissance des tiers intéressés, de telle manière qu’ils puissent rédiger une offre.

Le reste du processus est pratiquement identique. L’offre lie son auteur jusqu’à la décision du tribunal arrêtant le plan. En cas d’appel de la décision arrêtant le plan, seul le cessionnaire reste lié par son offre. Toute cession d’entreprise et toute réalisation d’actif doivent être précédées d’une publicité. Après avoir recueilli l'avis du ministère public et entendu ou dûment appelé le débiteur, le tribunal retient l'offre qui permet dans les meilleures conditions d'assurer le plus durablement l'emploi attaché à l'ensemble cédé, le paiement des créanciers et qui présente les meilleures garanties d'exécution.

Cession de titres : formalités spécifiques

La reprise par rachat de titres de société entraîne un certain nombre de formalités obligatoires avant et après la signature de l'acte de cession :

  1. Avant la signature de l'acte de cession - Si une clause d'agrément est prévue dans les statuts : il faut obtenir l'agrément du projet de cession par la majorité des associés représentant au moins la moitié des titres de société, à moins que les statuts prévoient une majorité plus forte;
  2. Rédiger l'acte de cession - En SARL ou en SNC, la rédaction d'un écrit est obligatoire. En SA ou en SAS, les cessions d'actions peuvent être constatées par simple virement de compte à compte, mais un écrit est conseillé;
  3. Signer l’acte de cession - La présence d'un notaire n’est pas obligatoire, la vente pouvant être constatée par acte dit "sous seing privé", mais elle est très vivement recommandée.

Après la signature de l'acte de cession : modifier les statuts ou le registre de mouvement, enregistrer la cession auprès du Service des impôts des entreprises (SIE) et publier la modification des statuts dans un support d'annonces légales lorsque la forme sociale l'exige. Réaliser les formalités auprès du Guichet unique pour mise à jour du RNE et du RCS.

Changement ou conservation du nom commercial

Lorsque vous envisagez de reprendre un commerce ou une société, la question de savoir s'il faut changer ou garder le nom existant se pose inévitablement. Ce choix stratégique peut avoir un impact significatif sur l'image de l'entreprise et sur sa réussite future. Découvrez les raisons pour lesquelles vous pourriez envisager de changer le nom et la dénomination sociale, telles que la volonté de rajeunir l'image de l'entreprise, de véhiculer un élargissement de l'offre, ou encore d'afficher clairement un changement de propriétaire et de pratiques commerciales.

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Les étapes pour choisir un nouveau nom commercial

  • Effectuer une recherche d'antériorité afin de vous assurer que le nom n'est pas déjà protégé ou utilisé;
  • Vérifier la disponibilité du nom choisi en tant que nom de domaine et sur les principaux réseaux sociaux;
  • Consulter un avocat spécialisé en droit des marques avant de finaliser votre choix.

Après avoir ajouté ou modifié son nom commercial, l'entreprise doit : communiquer le changement de nom à ses partenaires pour maintenir la transparence, envisager de protéger le nom en le déposant en tant que marque auprès de l'INPI, mettre à jour les informations sur ses documents et correspondances, examiner la disponibilité du nom de domaine correspondant à sa nouvelle dénomination sociale et le réserver si nécessaire, payer les frais liés à la modification.

Coûts, délais et accompagnement

Le processus complet dure en moyenne entre deux et six mois, selon la complexité du dossier. La reprise peut être très rentable si le commerce est bien situé, dispose d’une clientèle fidèle et d’un potentiel de développement. Un apport personnel représentant environ 20 à 30 % du prix d’achat est généralement conseillé. Il est important de s’entourer de spécialistes : droit, fiscalité, gestion financière. En rejoignant un parcours d’accompagnement, le repreneur gagne du temps, évite les erreurs coûteuses et bénéficie d’un réseau d’experts de confiance.

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Aspects pratiques et administratifs : montants et formalités

Le montant à régler au greffe s'élève à 192,01 € TTC, englobant divers frais. Parmi eux, les frais de publication au BODACC s'élèvent à 116 €. Pour les sociétés unipersonnelles (SASU ou EURL) dont l'associé unique est le représentant légal, ces frais sont exonérés. Les émoluments du greffe s'élèvent à 46,82 €, avec 5,90 € perçus par l'INPI et 9,36 € par le Trésor Public. S'y ajoutent 13,93 € TTC de coût de dépôt d'acte. En somme, les frais de greffe s'élèvent à 192,01 € pour les sociétés avec plusieurs associés, et à 76,01 € pour les sociétés à associé unique.

Après la reprise : poursuite de l’activité et formalités de suivi

Une fois la reprise réalisée, l’acte de cession constitue l'acte définitif du processus de reprise. Il vous engage définitivement avec le cédant. Chaque étape de la procédure de reprise exige un regard avisé afin de préparer au mieux la poursuite de l’affaire. Vous bénéficiez de nombreux services comme l’aide au montage du projet, l’accès à des bourses d’annonces ou la mise en relation avec des professionnels experts. Poursuivre une activité, telle est la motivation des candidats à la reprise d’entreprise.

Étape Durée indicative Acteur(s) clé(s)
Recherche et diagnostic 2-8 semaines Repreneur, mandataire, CCI
Négociation et LOI 2-6 semaines Repreneur, cédant, avocat
Audit et montage financier 2-12 semaines Expert-comptable, banques
Signature, enregistrement et publicité 2-4 semaines Notaire, greffe, SIE
Immatriculation et transfert 1-4 semaines Guichet unique, RCS

La reprise peut nécessiter une organisation méticuleuse du suivi des demandes d'intervention, car l'accord d'un financeur est souvent conditionné à celui d'un autre. Le repreneur devra tenir compte du fait que les concours financiers ne sont débloqués qu'après vérification de la consistance réelle des garanties exigées. Il devra planifier le déblocage des fonds avec une marge de sécurité suffisante par rapport au processus prévisionnel de reprise de l'entreprise.

Enfin, l’une des clés de la réussite d’une acquisition d’une société consiste à s’entourer de spécialistes. De nombreux domaines entrent en jeu comme le droit, la fiscalité ou la gestion financière. Cela ne s'improvise donc pas !

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