SARL Le Music Hall : Définition et Évolution en France
Le music-hall, forme concrète du spectacle musical à travers la revue et le tour de chant, a marqué la première moitié du XXe siècle avec la naissance d'une économie de la musique à destination du peuple à partir de ses évolutions parisiennes. L'arrivée de la radio, du cinéma et du disque amplifient en effet l’impact de l’industrie de la musique naissante qu’on qualifie alors, dans sa globalité, de music-hall.
Entre les années 50 et 80, le music-hall, qu’on dénommera bientôt show-business, se développe autour de trois pôles :
- L’industrie du disque, qui évince le rôle primordial des entreprises d’édition papier.
- Les radios périphériques, trois entreprises de radiodiffusion à l’impact et aux stratégies commerciales sans communes mesures avec les radios privées d’avant-guerre.
- Le milieu du spectacle, qui travaille avec les deux pôles précédents et cherche à déceler de nouveaux interprètes.
L’émergence d’un marché musical en faveur des jeunes se met en place à travers le catalyseur d’un courant musical venu des États-Unis à la fin des années 50, le rock’n’roll.
Vecteur de nombreux problèmes pour le fonctionnement de l’industrie du music-hall, il sera rapidement évincé des préoccupations des producteurs dans sa version française. La musique sera alors couverte selon deux conjugaisons simultanées.
- D’abord par une variété spécifiquement conçue pour l’adolescence - dont la période s’étend jusqu’au service militaire, au travail et au mariage-, et qui évoque ses centres d’intérêts et ses interrogations spécifiques.
- Ensuite par la commercialisation des différents courants rock générationnels, mais par le biais des groupes anglo-saxons dont les disques, et le cas échéant les tournées, atteignent la France, une actualité couverte par des médias spécialisés.
Une situation qui laisse les pratiquants français de musiques amplifiées en marge, alors que leur nombre s’accroît…
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I - Music-hall français d’après-guerre et adaptation du rock’n’roll américain
Dans les années d’après-guerre, le milieu du music-hall (scènes, radios, disques) recherche de nouveaux interprètes. Les prétendants tentent leurs chances dans quelques cabarets de la capitale où sont parfois organisés des auditions, des concours. Des collaborations entre scènes de music-hall et radios, scènes de music-hall et maisons de disques, radios et maisons de disques prennent forme.
Il faut dire que les professionnels de la musique ont souvent plusieurs casquettes. Les formes de lobbying et les collusions, nombreuses, parfois dénoncées, mettront du temps à disparaître malgré l’intervention du législateur.
Le rock’n’roll, nouveau courant musical en provenance des États-Unis, est considéré à la fin des années 50 comme une nouvelle forme musicale exotique à la mode dans le milieu du music-hall. Rapidement, sur le modèle américain, il sera exploité comme une musique spécifiquement destinée aux jeunes. Mais la notion de groupe et l’omniprésence des guitares électriques apparaîtront bientôt incompatibles avec le fonctionnement du music-hall.
C’est pourquoi l’industrie de la musique cherchera dès 1962 à élaborer une musique destinée aux jeunes, moins turbulente, et qui puisse cadrer avec le fonctionnement de la variété de music-hall « à la française ». À cette première période, en succèdera une seconde où la demande de rock sera satisfaite, mais par le biais d’artistes anglo-saxons.
A - Le triangle gagnant du show-business
Après-guerre, il y a plusieurs salles de spectacle dédiées aux tours de chant du music-hall à Paris. L’Olympia (réouvert en 1954 après sa période cinéma), Bobino et l’A. B. C comptent parmi les plus réputées.
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Les chanteurs de « variétés » font une « rentrée parisienne », des week-ends en province (dans des cinémas, théâtres et diverses salles, le plus souvent privées telles que Alhambra, Alcazar, A. B. C., Florida, Odéon…) et une tournée d’été (casinos, dancings du Sud de la France et de Normandie), les spectacles « représentant souvent 90 % du chiffre d’affaires » des activités du chanteur.
Nombres d’artistes débutants ou moins célèbres jouent dans des petits lieux, nommés « cabarets ». Les agents (dit « impresarii ») tels que les Marouani, Hubert, Granger, Gordon… sont peu nombreux et vendent les artistes au cachet, organisant parfois eux-mêmes des tournées avec plusieurs artistes. Censés gérer les intérêts - aussi bien artistiques que financiers - des artistes dont ils s’occupent, les agents auront, au moins jusqu’à la loi du 20 décembre 1969, un statut flou.
Aussi, les rôles des agents ou impresarii ne sont pas obligatoirement distincts de ceux des tourneurs et producteurs de spectacles. En dehors des spectacles qu’ils produisent ou co-produisent, les agents traitent le plus souvent, pour les tournées et les « galas », avec des promoteurs locaux qui sont les gérants d’entreprises privées de spectacles, et qui correspondent aux lieux fixes que nous avons évoqués (salles de music-halls, théâtres, cinémas, casinos, cabarets…).
Mais les agents/impresarii sont également liés à l’industrie du disque et des médias, partenaires promotionnels et commerciaux. Après les éditeurs, les producteurs phonographiques, les nouvelles radios périphériques et les magazines vont accélérer la croissance économique du secteur du music-hall.
Cette croissance sera portée dans les années 50 par un nouveau support discographique, le disque noir (ou vinyle), qui remplace le vieux 78 tours mais aussi par un oligopole de radios à l’envergure nationale, les périphériques qui vont collaborer avec une presse magazine renouvelée et spécialisée en fonction des publics. Enfin, les années 60 seront celles de l’implantation de la télévision.
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Les Folies Bergère, un exemple emblématique de music-hall parisien.
1) La scène de music-hall, cadre d’une activité commerciale
La guerre puis l’Occupation n’ayant arrêté ni les cabarets, ni les music-halls, le fonctionnement du milieu du spectacle pouvait paraître quelque peu « opaque » à la Libération, après, on l’a vu, plusieurs dizaines d’années de développement d’un secteur où s’étaient illustrés agences de placement, impresarii, patrons de cafés, artistes, auteurs, etc.
C’est pourquoi, si le music-hall n’intéresse pas l’action culturelle étatique en tant que telle, des mesures législatives sont prises dans l’immédiat après-guerre afin de réguler le secteur. L’ordonnance de 1945 relative aux spectacles cherche ainsi à « rationaliser » l’activité en définissant précisément la profession d’entrepreneur du spectacle (producteur, tourneur et promoteur local) et en instituant un système de contrôle des salles de spectacles.
Cette ordonnance propose une typologie des spectacles en six catégories :
- Catégorie 1 : Théâtres nationaux
- Catégorie 2 : Autres théâtres fixes
- Catégorie 3 : Tournées et théâtres démontables exclusivement consacrés à des spectacles d’art dramatique, lyrique ou chorégraphique
- Catégorie 4 : Concerts symphoniques et autres orchestres divers, chorales
- Catégorie 5 : Théâtre de marionnettes, cabarets artistiques, cafés-concerts, music-halls et cirques
- Catégorie 6 : Spectacles forains, exhibitions de chant et danse dans les lieux publics et tous spectacles de curiosités et de variétés.
Les musiques qui nous intéressent sont habituellement concernées par les deux dernières catégories (qui concernent les lieux de concerts et les diffuseurs). Est alors réaffirmée l’idée, toujours considérée aujourd’hui comme un principe fondamental, que, de quelqu’esthétique qu’elle traite, l’entreprise du spectacle est une entreprise commerciale.
Elle doit donc être répertoriée par les chambres de commerce (article L. 632 du Code de commerce). Le texte subordonne la direction d’une entreprise de spectacles à l’obtention d’une licence correspondant précisément à une des catégories. Cette licence est délivrée par l’État.
Que l’entreprise soit individuelle (commerçant) ou collective (SA, SARL…), la licence ne peut être sollicitée que par une personne physique : le commerçant, le directeur, le président, le gérant. La licence, en se basant sur l’individu a en quelque sorte pour but de moraliser le secteur du spectacle.
Elle incite en effet la personne à assumer un statut d’employeur et à remplir les obligations légales liées à l’activité (déclaration des droits d’auteur…). Cette mesure est importante car en reconnaissant les fonctions d’entrepreneur de spectacles et d’interprète, en les établissant comme des professions reconnues par la loi, elle les « normalise ». Un phénomène qui n’empêche pas le secteur musical de fonctionner très largement de manière « informelle », et notamment dans les nombreux petits cabarets.
Dans le même temps, l’ordonnance de 1945 réaffirme une idée déjà caractéristique de la IIIe République. Celle qui postule que le spectacle doit être considéré avant tout comme une activité commerciale et lucrative. Le statut associatif est exclu du domaine couvert par la licence d’entrepreneur de spectacles.
Au sein du secteur concurrentiel du music-hall, les initiatives se font nombreuses et les producteurs misent sur des interprètes qui s’avèrent être, dès la fin des années 50, des stars en puissance, vecteurs de mannes économiques potentielles.
Il faut tout de même mentionner que, dès 1959, un ministère des Affaires Culturelles sera mis en place. Mais A. Malraux qui le dirige alors, privilégiera, dans la logique précédemment exposée le soutien aux Beaux-Arts et au théâtre. Les « musiques légères » sont laissées aux mains de l’industrie du spectacle (music-hall, dancings) ou aux fédérations d’éducation Populaire religieuse (orphéons) et laïque (orphéons également mais aussi bals).
Quoi qu’il en soit, dès la Libération, le milieu du music-hall cherche de nouveaux artistes. Organiser des spectacles où se produisent des postulants est un moyen de sélectionner des artistes débutants qui paraissent prometteurs.
Journaliste avant-guerre au Poste Parisien, puis à Radio Cité, Jacques Canetti est investi dans le disque comme directeur artistique. Il le reste après-guerre, chez Polygram, puis chez Philips pour lesquels il repère de nombreux artistes. Fort de ses réseaux dans le milieu du music-hall, il dirige dès la fin des années 40 la programmation d’un cabaret nommé les Trois Baudets, où l’on peut écouter des chanteurs qui débutent.
Après l’audition ou le radio-crochet passé avec succès sur une première scène et le parrainage par un artiste confirmé, l’apprentissage du métier par les nouvelles vedettes du music-hall - appuyés par des enregistrements diffusés en radio - se fait en concert (appelés « tour de chant » ou « gala » à l’époque) en ouverture de personnalités plus connues.
À chaque date, les spectateurs peuvent ainsi voir, en plus de la vedette du spectacle, une « vedette américaine » (« première partie »), mais aussi parfois, d’autres attractions ouvrant la soirée ou proposées entre deux chanteurs. Parmi les prestations scéniques, on peut trouver, en plus des chanteurs, majoritaires, des comiques, des dresseurs d’animaux ou des illusionnistes, et plus rarement, d’autres numéros, suivant le modèle du music-hall d’attraction traditionnel.
Lors d’un gala, l’accompagnement musical, composé d’un ensemble de musiciens (« l’orchestre »), est le même pour tous les artistes. On doit préciser que, même si le vedettariat des interprètes s’affirme, les répertoires - et donc le rôle des éditeurs graphiques - restent décisifs dans la perception du système musical jusqu’au début des années 60.
Une salle de concert moderne.
Obligations Légales pour les Salles de Spectacle en France
Pour exploiter une salle de spectacle en France, il est impératif de respecter certaines obligations légales. Voici quelques points clés :
Vérification de l'identité légale
Pour vérifier l’identité légale d’une salle de concert, ce qu’on cherche avant tout, c’est la preuve qu’elle est régulièrement déclarée et autorisée à exercer cette activité.
- SIREN: Il s’agit d’un identifiant unique à 9 chiffres attribué par l’INSEE à toute entité juridique en France.
- Kbis: Si la salle de concert est gérée par une société commerciale, elle doit pouvoir présenter un Kbis à jour.
- Raison sociale: En consultant le RNE, vous pourrez vérifier que ce nom commercial est bien rattaché à l’entreprise qui exploite la salle.
GUSO (Guichet Unique du Spectacle Occasionnel)
Ont l'obligation de recourir au GUSO, quel que soit le nombre de représentations effectuées dans l'année les structures qui n'ont pas pour objet ou pour activité principale l'exploitation de lieux de spectacles, la production ou la diffusion de spectacles, et qui embauchent des artistes ou techniciens du spectacle.
Ne peuvent donc a priori pas recourir au GUSO les employeurs titulaires des codes NAF suivants :
- 90.01 Z Arts du spectacle vivant
- 90.02 Z Activité de soutien au spectacle vivant
- 90.04 Z Gestion de salles de spectacles
Droits de diffusion musicale (Sacem et Spré)
Pour avoir le droit de diffuser de la musique, vous devez obligatoirement demander une autorisation préalable de diffusion publique aux organismes de gestion collective des droits d'auteurs ou aux organismes de gestion indépendants.
Vous pouvez conclure un contrat général de représentation avec la Sacem. Ce contrat est conclu pour 1 an et est reconductible tacitement. À partir de cette déclaration, vous recevrez une facture pour la Sacem et une autre pour la Spré, à régler dans les 25 jours.
Les tarifs Sacem sont établis selon les critères suivants :
- Nombre de places assises dans l'établissement
- Importance de la zone de chalandise
En plus des droits versés au profit de la Sacem, vous devez régler la rémunération équitable à la Spré. Elle est également collectée par la Sacem.
Comment faire connaître sa musique ?
Exemple de tarifs Sacem et Spré pour les établissements diffusant de la musique.
Tableau récapitulatif des tarifs Sacem et Spré pour les salons de coiffure (2024)
| Genre de l'appareil | Nombre d'employés | Tarif général (Sacem) | Tarif réduit (Sacem) | Tarif Spré |
|---|---|---|---|---|
| Radio ou télévision sans haut-parleur | Illimité | 133,64 € | 106,91 € | 105,73 € (forfait) |
| Radio ou lecteur avec haut-parleur | Jusqu'à 5 | 208,20 € | 166,56 € | 129,21 € |
| Radio ou lecteur avec haut-parleur | De 6 à 10 | 279,82 € | 223,86 € | 140,99 € |
| Radio ou lecteur avec haut-parleur | De 11 à 15 | 557,97 € | 446,38 € | 223,19 € |
| Radio ou lecteur avec haut-parleur | À partir de 16 | 1 115,93 € | 892,74 € | 328,92 € |
Ce tableau illustre les coûts associés à la diffusion de musique dans les salons de coiffure, en tenant compte du type d'appareil utilisé et du nombre d'employés.
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