Solar Ener Jade : redressement judiciaire et recherche de repreneur
L'entreprise spécialisée dans le photovoltaïque est sur la sellette. Placée en redressement judiciaire le 18 décembre 2013, la société Solar Ener Jade est aujourd’hui en quête de repreneur.
Historique et positionnement
Créée en 2006, à Saint-Michel Chef Chef, zone de la Princetière, l’entreprise fait partie des premières installatrices de centrales photovoltaïques dans l’ouest, avec des agences à Rezé, Caen, Rennes, Angers. Solar Ener Jade, créée en 2006 à Saint-Michel-Chef-Chef, a été placée en redressement judiciaire le 18 décembre dernier par le tribunal de commerce de Saint-Nazaire. La société, qui est l'un des principaux installateurs de centrales photovoltaïques dans l'Ouest, avec des agences à Caen, Rennes, Angers, Saint-Brevin..., emploie cinquante personnes.
La société s’était orientée principalement sur le marché des agriculteurs. L'entreprise installatrice de panneaux photovoltaïques de Saint-Michel-Chef-Chef a un repreneur : Initiatives et énergies locales.
Contexte du marché et causes du déclin
La société a subi le déclin du marché de l’énergie photovoltaïque en France. Comme l'expliquait son président Christophe Lecarme, la société « a subi de plein fouet le déclin chronique du marché de l'énergie photovoltaïque en France ». En 2010, l’État avait annoncé une baisse de 30% des prix de rachat de l’énergie fournie, suivie d'une nouvelle chute des tarifs de 12% en août 2010.
Entrée d'InVivo et tentatives de redressement
En mars 2013, In Vivo, premier groupe coopératif français, devient actionnaire majoritaire de l’entreprise. Le premier groupe coopératif français est entré dans le capital en octobre 2012 (à 44 %) et est devenu majoritaire en mars 2013. « Ce qui était rassurant pour les salariés et l'entreprise car le groupe réalise un chiffre d'affaires de 6,1 milliards d'euros », expliquent les membres du comité d'entreprise.
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Courant octobre 2013, InVivo a missionné le cabinet Prosphères afin d'observer et d'analyser la société sous forme de plan de redressement, et a nommé M. Lecarme, président de SEJ. En septembre 2013, InVivo nomme Christophe Lecarme président de Solar Ener Jade et missionne le cabinet Prosphères pour observer et analyser l’entreprise.
Les salariés se sont investis de mi-octobre à fin novembre 2013, assure Fabien Sikorski, du CE. En groupe de travail, nous avons travaillé sur les process internes, comment améliorer la trésorerie, récupérer l’argent plus rapidement… Les salariés se sont investis de mi-octobre à fin novembre en formant des groupes de travail afin d'améliorer les process internes, de faire des économies et remonter la société. Mi-décembre, le cabinet a présenté à InVivo le résultat de ses analyses. Fin novembre, le cabinet a présenté à InVivo le résultat de ses analyses et l’entreprise est placée en redressement judiciaire.
Redressement judiciaire : objectifs et options
L'objectif du redressement judiciaire était, pour le président, de « trouver des financements complémentaires, d'assurer la pérennité de l'activité solaire, de sauvegarder le maximum d'emplois et de poursuivre le développement de Méthajade [filiale de Solar Ener Jade qui développe les technologies de méthanisation à la ferme]. » Le président Christophe Lecarme va indiquer au comité d'entreprise, ce jeudi matin, que la direction se dirige désormais vers la possibilité d'un plan de cession « pour donner le plus de chance possible à la continuité de l'activité ». Un plan de continuation est « possible, mais risqué », selon Christophe Lecarme. Dans ce cas, il faudrait pouvoir dégager suffisamment de rentabilité pour payer les dettes. Or le passif serait ici difficile à rembourser d'après le président. Dans le cas d'une cession, le passif n'est pas repris. Christophe Lecarme explique que les actionnaires ne vont « pas se retirer mais, en cas de cession, perdront la totalité de leur droit ».
Incertitudes pour les salariés et réactions du comité d'entreprise
Aujourd’hui, les salariés sont dans la crainte de perdre leur emploi et « se sentent floués », comme le souligne Sophie Durand, membre du comité d’entreprise (CE). « Aujourd'hui, l'inquiétude et la déception des salariés grandissent, les gens ont peur de perdre leur travail et, surtout, sous quelles conditions. » Les membres du CE évoquent une « déception » des salariés qui ont « l'impression d'avoir été floués et occupés pendant deux mois pour en arriver là. »
« Les salariés ont l’impression que tout était joué d’avance… » Ils craignent qu’InVivo se retire. L’actionnaire majoritaire serait plus intéressé par Méthajade, une filiale de Solar Ener Jade qui développe les technologies de méthanisation ? À cette question, les membres du CE n’ont pas de réponse mais craignent que le solaire soit l’épine du pied qui gêne l’actionnaire.
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Procédure de cession et offre de reprise
Le mot est lâché. Le 12 février, une audience est prévue au tribunal de commerce pour faire le point sur le plan de cession, annoncent les membres du comité d’entreprise. « S’il y a des repreneurs, c’est le tribunal qui fera son choix. Il a jusqu’au 27 février. » Pour les membres du CE, une chose est sûre : dans le cas d’une cession, « les 50 salariés ne seront pas repris… »
L'avenir de l'entreprise de panneaux photovoltaïques de Saint-Michel se jouait hier matin au tribunal de commerce de Saint-Nazaire. Placé en redressement judiciaire le 18 décembre dernier, Solar Ener Jade (SEJ) était en quête d'un repreneur. À l'origine, six entreprises s'étaient porté candidates. Trois ont été déclarées irrecevables ou s'étaient retirés. Trois ont été entendues, hier, lors d'une audience d'une heure et demie : IEL, mais aussi Solewa et une scop montée par cinq salariés de SEJ. IEL est celle qui reprenait le plus de salariés. Et son offre a été approuvée par le comité d'entreprise.
Il y avait urgence : plus un sou dans les caisses de Solar Ener Jade. « Et plus on traîne, plus ça creuse la dette », comme l'explique le greffier. À la sortie du tribunal, le président de Solar Ener Jade, Christophe Lecarme, s'avoue « soulagé qu'il y ait un repreneur ». Mais « déçu du nombre d'emplois repris ». L'agence de Nantes est maintenue. Le siège de Saint-Michel-Chef-Chef disparaît. Sur les 46 salariés, seuls 7 sont repris par IEL. « Mais ils prévoient d'embaucher par la suite avec une priorité de recrutement aux salariés licenciés pendant deux ans. »
Conséquences pour l'activité et les filiales
Par cette reprise, IEL veut renforcer sa présence dans le sud Loire et la Vendée, explique Christophe Lecarme. Elle reprend le coeur de notre activité, à savoir la pose de grosses centrales photovoltaïques chez les agriculteurs, plus rentables, et notre carnet de commandes de 4 à 5 millions d'euros. Pour les clients de SEJ, « aucun préjudice », assure Christophe Lecarme. « Les équipes ont fait un travail remarquable jusqu'au dernier jour. Encore aujourd'hui, des salariés finissaient des chantiers. Et IEL s'est engagé à reprendre tous les chantiers. »
Prochaine étape : la mise en vente de la filiale de Solar Ener Jade, Méthajade. Depuis trois ans, celle-ci développe les technologies de méthanisation à la ferme (le fumier est transformé en gaz pour produire de l'électricité) avec 13 salariés. L'entreprise, basée à Nantes, a déposé le bilan hier au tribunal de commerce de Nantes, ouvrant un redressement judiciaire. « Il y avait plusieurs repreneurs intéressés, mais ils n'étaient pas en mesure d'acheter les titres. Le niveau de passif était trop important », explique Christophe Lecarme. Les offres doivent être reçues avant le 24 mars, pour une décision attendue le 16 avril.
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Situation financière et perspectives
Pourquoi la société se retrouve-t-elle donc avec plus d'un million d'euros de déficit ? « Nous avons conçu un produit, mis en place un premier pilote et cinq chantiers. À perte, ils ont creusé un trou. Mais nous avons un carnet de commande de plus de 12 millions d'euros, avec 11 centrales vendues. »
Tableau récapitulatif
| Élément | Détail |
|---|---|
| Création | 2006, Saint-Michel-Chef-Chef |
| Employees | Environ 50 (9 à Saint-Michel) |
| Actionnaire majoritaire | InVivo (majoritaire depuis mars 2013) |
| Date redressement judiciaire | 18 décembre 2013 |
| Repreneur retenu | Initiatives et énergies locales (IEL) - 7 repris sur 46 |
| Carnet de commandes | 4-5 M€ pour l'activité reprise ; Méthajade : 12 M€ mentionnés |
| Filiale | Méthajade (méthanisation), en redressement judiciaire |
Les juges du tribunal de commerce
Les salariés s'inquiètent pour leur sort. Les membres du comité d'entreprise estiment que « les 50 salariés ne seront pas repris… » et laissent transparaître une forte émotion liée au sentiment d'avoir été « floués » après leur investissement dans les groupes de travail. Le président, lui, cherche à « donner le plus de chance possible à la continuité de l'activité » et se dit soulagé de l'existence d'un repreneur, tout en regrettant le faible nombre d'emplois repris.
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