Statut juridique du lérot espèce protégée
Petit rongeur très mignon avec son masque de poils noirs autour des yeux, le lérot peut faire quelques dégâts au jardin et dans certaines parties de la maison. Le lérot appartient à la famille des Gliridés (ou Myoxidés), tout comme les loirs, les muscardins et les lérotins. Ce rongeur nocturne, appelé aussi « loir des greniers », joue un rôle de régulateur de nuisibles. Oui ! S’il est rare d’apercevoir un lérot, c’est une espèce protégée car menacée de disparition, notamment à cause de l’utilisation des pesticides.
Description et biologie
Le lérot est assez similaire au loir. Et pour cause, ces deux animaux sont de la même famille ! Le lérot se démarque par ses grandes oreilles et un masque noir allant des yeux jusque derrière ses oreilles. Il possède des oreilles assez grandes pour sa petite taille et mesure environ 15 cm (sans la queue). Sa queue, quant à elle, mesure une dizaine de centimètres et se termine par une petite boule de poils formant une sorte de pinceau noir et blanc.
Les poils du dessus de son corps sont de couleur marron, tandis que le pelage du dessous est blanc. Ses pattes, quant à elles, sont rosées. Le museau est parfois plus clair, tirant sur le roux, par rapport au reste de sa tête. Il a aussi de gros yeux noirs saillants et de grandes oreilles.
Longueur tête + corps : 100-170 mm. Longueur queue : 90-150 mm. Poids : 45-120 g (jusqu’à 210 g avant l’hibernation). Les adultes mesurent entre 10 et 17 cm pour un poids moyen compris entre 50 et 120 grammes.
Habitat, comportement et alimentation
Le lérot vit dans des biotopes variés : forêts de feuillus ou mixtes, parcs, jardins, vergers, terres cultivées avec haies et boqueteaux, murs revêtus de végétation, zones d’éboulis avec buissons. On le trouve également dans les greniers, les remises et les dépendances. Son lieu d’habitat peut être très varié : arbres (préférence pour les résineux et les feuillus), cavités, buissons, murs d’habitation, greniers, zones de rochers, etc.
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Excellent grimpeur, il se déplace d’arbre en arbre et le long des murs mais très rarement au sol. Il est essentiellement actif la nuit, il peut parfois effectuer quelques sorties le matin. Ce petit rongeur nocturne n’est quasiment jamais visible de jour, où il reste généralement caché dans un nichoir abandonné par les oiseaux, un trou d’arbre ou bien les combles d’une maison. Il dort le jour dans un nid dissimulé et ne sort qu’au crépuscule pour chercher de la nourriture.
Le nid de ce rongeur ressemble à une boule composée de végétaux (mousses et herbes) et de poils. Pour ce faire, il réutilise d’anciens nids d’écureuils ou d’oiseaux qu’il réaménage par la suite. Il construit aussi son propre nid avec de l’herbe, de la mousse, des poils et des plumes dans des trous d’arbres ou de murs, dans le lierre ou les nichoirs.
Cette espèce est omnivore : il consomme des graines, des fruits ou encore des bourgeons. Il mange des fruits (pommes et poires notamment) et baies mais également des insectes, des limaces et des escargots. Toutefois, il se distingue des autres Gliridés, car il s’agit du rongeur d’Europe le plus carnivore : il consomme notamment des insectes, limaces, oisillons, lézards, etc. Ces animaux peuvent constituer jusqu’à 80 % de son alimentation selon la période de l’année dans certaines régions.
Reproduction et cycle de vie
La reproduction débute au printemps et se termine au mois de septembre. La gestation dure trois semaines (22 à 23 jours). En général, il y a une à deux portées par an, chacune composée de cinq petits en moyenne (ou de 2 à 8 selon les sources). Elle les allaite durant environ quatre semaines; les petits deviennent autonomes au bout de deux mois. Un lérot atteint sa maturité sexuelle au bout d’un an, c’est-à-dire après la première hibernation. Le lérot vit en moyenne quatre ans.
Prédateurs, menaces et statut conservation
Les principaux prédateurs du lérot sont le chat domestique et les rapaces nocturnes. Le hibou, la chouette, le renard, la martre et la fouine sont également des prédateurs. La prédation, en revanche, n’est pas considérée comme une menace de premier ordre.
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La cause principale du recul de cette espèce est la destruction de son habitat (incendies, intensification de l’agriculture avec l’usage de pesticides par exemple). L’usage de pesticides ainsi que la dégradation de ses habitats (bocages, prairies, arbres creux ou morts, bâtiments anciens pour l'hibernation) semblent contribuer à ce déclin. La pollution lumineuse pourrait également avoir un impact, bien que ce point reste encore peu étudié.
Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), le lérot est « quasi-menacé » (NT) à l’échelle globale. En France, la situation varie localement : en Bretagne l’espèce est classée « en danger critique d’extinction ». En France, le lérot n’est pour l’instant pas protégé et n’a pas de statut particulier nationalement, bien que la tendance générale soit à la décroissance des populations. Une étude est actuellement menée en Allemagne pour comprendre l’ensemble des raisons expliquant la chute des populations du lérot. Aussi, l’association suisse Pro Natura a mis en place un programme de science participative « Sur les traces du lérot » pour sensibiliser et collecter des données.
Présence géographique
Le lérot est principalement présent en Europe de l’Ouest et l’aire de répartition s’étend de l’Europe à l’ouest de l’Asie. Il est absent des Îles Britanniques, de la Scandinavie (sauf Finlande dans certains cas), et de l’Islande. En France, il est présent partout sauf en Normandie armoricaine; il est plus rare en Ile-de-France et à Paris.
Interactions avec l’homme : nuisances et coexistence
Comme beaucoup de rongeurs, le lérot peut faire des dégâts : au jardin il abîme et mange les fruits au verger et peut laisser des traces de dents sur les fruits; dans la maison il peut salir le grenier avec ses déjections ou grignoter les stocks de fruits ou de grains et s’attaquer à l’isolation. Il peut vous empêcher de fermer l’œil la nuit s’il a élu domicile dans vos combles. Si vous entendez du bruit la nuit ou que vous remarquez des structures rongées (bois, isolations…), ce sont des signes indicateurs de la présence d’un lérot.
Pour l’attirer sur votre terrain, nous vous conseillons de planter des haies et des arbres fruitiers, sources de nourriture pour lui. Pensez aussi à lui construire un abri pour qu’il puisse s’y cacher la journée. Pour éviter qu’un lérot fasse des dégâts au jardin ou du bruit dans les combles, vous pouvez le capturer vivant en tendant un piège et en l’attirant avec un morceau de fruit ou de viande, puis le relâcher loin de votre maison. Mieux vaut boucher tous les trous par lesquels il pourrait s’infiltrer pour l’empêcher d’élire domicile dans votre grenier.
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Mesures recommandées et protection locale
Éviter l’utilisation de pesticides et maintenir des paysages diversifiés (haies, bosquets, bois) sont des actions favorables à la conservation du lérot. La rénovation d’anciens bâtiments et la disparition des nichoirs et des arbres creux sont des facteurs négatifs à prendre en compte. Des programmes régionaux d’étude et de protection existent, comme le GMB (Groupe Mammalogique Breton) en Bretagne ou les campagnes de Pro Natura en Suisse. La science participative aide à mieux comprendre la répartition et les menaces.
Lérot en hibernation
Tableau récapitulatif
| Aspect | Détails |
|---|---|
| Taille | 10-17 cm (corps), queue 9-15 cm |
| Poids | 45-210 g (varie selon saison) |
| Habitat | Vergers, forêts, haies, greniers, murs végétalisés |
| Régime | Omnivore : fruits, graines, insectes, petits animaux |
| Reproduction | 1-2 portées/an, gestation ~3 semaines, 2-8 jeunes |
| Statut UICN | Quasi-menacé (NT) globalement; variation régionale |
Le lérot est à la fois un hôte de nos paysages et un indicateur de la qualité de certains milieux. Sa protection repose sur la gestion des habitats, la limitation des pesticides et des actions locales de suivi. Connaître son biologie, son rôle écologique et son aire de répartition aide à prendre des décisions de conservation adaptées.
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