Statut juridique pour exercer comme tatoueuse au henné en auto-entrepreneur

Vous êtes passionnée par le tatouage au henné et souhaitez exercer en indépendant grâce au statut d’auto-entrepreneur ? Avant de vous lancer, suivez ce guide complet qui rassemble les informations clés pour exercer légalement et sereinement en tant que tatoueuse au henné en micro-entreprise.

Qu’est‑ce que le tatouage et en quoi consiste le métier ?

Un tatoueur est une personne qui réalise une illustration décorative et de manière permanente, sur le corps de son client. Pour ce faire, il utilise de l’encre pigmentée et une aiguille, appelée dermographe.

Il faut déjà se détacher de l’idée que l’activité du tatoueur se limite au moment du tatouage. Il doit travailler en amont, avec chaque client, sur le tatouage désiré. Il s’agit de l’imaginer, de le dessiner, et de savoir conseiller habilement sur l’endroit où sera réalisé le tatouage. Il est essentiel pour cela d’avoir un bon sens de l’écoute et une certaine patience.

La démocratisation de la profession de tatoueur est encore relativement récente, et aucune formation diplômante n’existe aujourd’hui pour ce métier. Cependant, le tatoueur porte de fortes responsabilités : il appose sur ses clients des marques définitives. Même si aucune formation n’existe, il est donc impensable de ne pas s’improviser tatoueur.

Le statut d’auto‑entrepreneur est‑il compatible avec le tatouage au henné ?

Oui. Il est toutefois nécessaire d'obtenir une formation aux conditions d’hygiène et de salubrité pour exercer ce métier. La personne physique qui met en œuvre l'activité de tatouage, y compris la technique du maquillage permanent et du perçage corporel, doit préalablement déclarer son activité auprès de l'Agence régionale de santé (ARS).

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L’auto-entrepreneur tatoueur doit avoir un statut juridique pour pouvoir exercer son activité en France. Il est tenu de créer ainsi sa micro-entreprise suivant les formalités prévues par la loi. En outre, il s’agit d’une profession réglementée et pour laquelle des formations adaptées sont exigées.

Pour l’administration fiscale, un salon de tatouage est une entreprise comme une autre. Avec un statut de travailleur indépendant, un tatoueur a le choix quant à son lieu d’exercice. Les tatoueurs professionnels ont le choix entre travailler dans un salon existant et devenir indépendants. Dans le deuxième cas, le statut d’auto-entrepreneur est compatible avec l’exercice de cette activité.

Obligations de formation : hygiène et salubrité

Une formation obligatoire : la formation Hygiène et Salubrité veille à garantir la sécurité des clients. La formation doit durer à minima 21h et être répartie sur 3 jours. La certification est valable 5 ans avec une formation de renouvellement obligatoire tous les 5 ans. Elle se divise en deux modules : une formation théorique (14h) et une formation pratique (7h).

La formation doit être suivie dans un centre habilité par l'ARS ou reconnu par le Ministère de la Santé. Pour connaître la liste des organismes habilités à délivrer cet apprentissage dans votre région, rendez‑vous sur le site du Ministère de la Santé. Le prix d’une formation hygiène et salubrité est compris entre 390 € et 450 € TTC en moyenne, selon les organismes et les régions. À la fin de cette formation, vous recevez une certification de l’ARS (Agence Régionale de Santé).

Bon à savoir : les personnes titulaires d’un DE de docteur en médecine ou d’un DU de spécialité hygiène hospitalière sont exemptés de Formation Hygiène et Salubrité.

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La certification est délivrée par l’agence régionale de santé territorialement compétente, sur proposition du jury d'évaluation. La certification a une validité de 5 ans à compter de la date de sa délivrance.

Règles d’hygiène, locaux et matériel

Le respect de la pratique suit deux obligations principales : tout matériel entrant en contact avec la peau d’un client ainsi que les supports directs de ce matériel, sont à usage unique et stériles. Si un outil est voué à être réutilisé, il doit être stérilisé avant chaque usage.

Le salon de tatouage doit être muni d’une salle réservée à la réalisation des tatouages, équipée de sols et plans de travail lisses (surfaces lessivables et non textiles). Pour des questions d’hygiène, la salle doit également comprendre un point d’eau et un espace réservé à la stérilisation.

Les déchets produits doivent respecter les règles relatives à l'élimination des déchets d'activités de soins à risques infectieux (séparation d'avec les autres déchets, collecte dans des emballages à usage unique, conditionnement, marquage et étiquetage des déchets, procédure spécifique d'élimination par incinération ou désinfection).

Affichages et informations au client

Le client est tenu d’être informé, avant et après la réalisation du tatouage. En amont, un artiste tatoueur doit prévenir des risques liés à la pratique du tatouage. En fin de séance, il est nécessaire d’indiquer les pratiques et conseils d’entretien de la partie du corps venant d’être marquée. Cette documentation est à afficher clairement sur le lieu de travail afin de permettre à tout un chacun d’avoir une première connaissance.

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Préalablement à toute prestation, le professionnel doit informer son client : le caractère irréversible des tatouages, le caractère éventuellement douloureux des actes, les risques d'infections, les risques allergiques notamment liés aux encres de tatouage, les recherches de contre‑indications, le temps de cicatrisation et les précautions à respecter après la réalisation des techniques. Le texte de cette information doit aussi être remis au client, le cas échéant complété par des indications sur les soins à effectuer après l'intervention.

Clients mineurs

Le tatouage des personnes mineures n’est possible que s’il y a consentement écrit d’un des deux parents, ou du tuteur légal. Ce document doit être conservé durant 3 années. Aussi, le responsable légal est tenu d'avoir connaissance des pratiques de cette discipline.

Local d’exercice : interdiction du domicile client et conditions

Avant de vous lancer, il faut que vous trouviez un local. En effet, réaliser des tatouages à domicile chez les clients est illégal. Le tatouage à domicile est formellement interdit, considéré comme une pratique clandestine. On entend par “à domicile”, une prestation réalisée directement sur le lieu d’habitation du client, c’est-à-dire un espace qui ne remplit pas la réglementation d’aménagement d’un salon.

Cependant, il est possible d’exercer depuis un studio professionnel privé, si toutes les conditions suivantes sont remplies : respect de l’aménagement sanitaire et des consignes d’hygiène et de salubrité, et une déclaration valide auprès de l’ARS. Si vous exercer depuis votre lieu d’habitation, l’ARS peut requalifier celui‑ci en ERP (Etablissement Recevant du Public). L’espace sera donc soumis aux lois sur la sécurité incendie.

Pour les locaux ouverts au public, les obligations relatives aux ERP doivent être respectées : en termes de sécurité incendie, des mesures de prévention et de sauvegarde propres à assurer la sécurité des personnes doivent être mises en place ; en termes d'accessibilité, l'accès aux locaux, notamment pour les personnes en situation de handicap, doit être assuré.

Formalités administratives pour devenir auto‑entrepreneuse tatoueuse

  1. Déclarer votre activité auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) : l'activité doit être préalablement déclarée à l'ARS ; en pratique, cette déclaration est adressée sur papier libre au préfet du département du lieu principal d’exercice.
  2. Créer votre micro‑entreprise : l’auto‑entrepreneur doit déclarer son activité auprès de l’Urssaf en ligne. Le dossier doit inclure une copie de la pièce d’identité du futur auto‑entrepreneur.
  3. Respecter les plafonds : le chiffre d’affaires est plafonné à 72 600 euros pour une micro‑entreprise relevant des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). En cas de dépassement, le professionnel doit changer de statut.
  4. Tenir un livre des recettes : un auto‑entrepreneur tatoueur doit tenir un livre des recettes.
  5. Déclarer votre médiateur de la consommation : vous devez désigner un médiateur dès la création de votre auto‑entreprise (ou immédiatement après votre première prestation).

Fiscalité, charges et cotisations

La déclaration se fait en ligne sur le site internet de l’Urssaf, tous les mois ou tous les trois mois selon le choix effectué pendant l'inscription. Elle doit mettre en avant le montant réellement encaissé et non les bénéfices réalisés. D’autre part, elle est nécessaire même lorsque le chiffre d’affaires est nul.

Les charges sont équivalentes à 22 % du chiffre d’affaires pour un auto‑entrepreneur tatoueur. Le montant est renseigné automatiquement lors de la déclaration en ligne.

La simplicité des formalités administratives et le coût font que la micro‑entreprise reste intéressante, du moment que le choix est possible. La souscription d’une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) est requise pour un tatoueur indépendant. Cette assurance vous protège contre les dommages matériels, corporels et immatériels lors de votre activité. D’autres assurances facultatives peuvent être souscrites : multirisque, perte d'exploitation, protection juridique professionnelle.

Organisation pratique et lancement de l’activité

1 - Formez‑vous : un tatouage est une marque à vie, il est donc impensable de se lancer sans avoir été complètement formé. Si aucune formation officielle n’existe aujourd’hui, vous pouvez réaliser un apprentissage auprès d’un tatoueur aguerri. La formation aux conditions d’hygiène et de salubrité permet de connaître les normes et les bonnes pratiques à mettre en œuvre.

2 - Trouvez un local : il faut disposer d’un lieu d’exercice avec une pièce dédiée pour éviter les infections. Pour une commune de moins de 200 000 habitants, travailler chez soi est possible si les dispositions du bail et le règlement de copropriété l’autorisent. Pour une ville de plus de 200 000 habitants, exercer à domicile est possible uniquement si le professionnel occupe le rez‑de‑chaussée.

3 - Élaborer un business plan : formaliser vos idées (concept, clientèle cible, objectifs, tarifs, budget d’investissement) maximise les chances de rentabilité de votre salon de tatouage et vous aide à démarrer avec une vision claire.

4 - Faites‑vous connaître : la communication est un élément clé. Disposer d’un site internet ou d’une page dédiée sur les réseaux sociaux peut aider à promouvoir son activité et son talent. Le Syndicat national des artistes tatoueurs (SNAT) est l’association qui réunit les professionnels ; il est vivement conseillé de l’intégrer pour donner une image professionnelle vis‑à‑vis des clients.

Tarifs, rémunération et perspectives

La rémunération se situe à environ 600 euros par mois pour un tatoueur indépendant qui débute. Elle peut aller au‑delà de 2 000 euros avec l'expérience et la notoriété. Le prix doit être déterminé suivant la taille du tatouage et la complexité du dessin. La moyenne est comprise entre 70 euros et 150 euros de l’heure en France.

Aspects spécifiques au henné

Le tatouage au henné, souvent temporaire et décoratif, propose une alternative à l’effraction cutanée. Néanmoins, certaines règles de sécurité, d’information du client et d’hygiène restent pertinentes : informer le client des risques allergiques, s’assurer de la conformité des produits, et respecter les bonnes pratiques d'hygiène.

Points de vigilance et conseils pratiques

  • Ne vous improvisez pas : la maîtrise artistique et l’hygiène sont indispensables.
  • Suivez la formation hygiène et salubrité, obligatoire pour les techniques par effraction cutanée.
  • Souscrivez une RC Pro et tenez un registre des recettes.
  • Déclarez votre activité à l’ARS et respectez les règles d’élimination des déchets infectieux.
  • Conservez les consentements écrits pour les mineurs pendant 3 ans.
  • Anticipez vos investissements : prévoir entre 5 000 € et 10 000 € pour ouvrir un salon de tatouage est une estimation courante.

FAQ - Questions fréquentes

Faut‑il un diplôme pour devenir tatoueuse ?

Non, aucun diplôme n’est requis, mais une solide pratique artistique et la formation hygiène/salubrité sont indispensables.

Peut‑on exercer en micro‑entreprise et être intermittent/artiste‑auteur ?

Des règles de cumul existent : un artiste‑auteur ne peut pas facturer ses œuvres à travers une micro‑entreprise, mais peut exercer des activités annexes sous ce régime selon des conditions. L’intermittent du spectacle ne peut pas facturer la même activité en micro‑entreprise si cela remet en cause son indemnisation. Vérifiez votre situation spécifique avant toute démarche.

Puis‑je tatouer à domicile chez mes clients ?

Non, réaliser des tatouages à domicile chez les clients est interdit ; il faut un local adapté et une pièce dédiée.

9 Guide Hygiène et Sécurité (formation gratuite)

Ressources et aides

Pour la liste des organismes habilités et les formalités ARS, consultez le site du Ministère de la Santé. Le Service Public et les conseillers entreprises peuvent vous orienter pour vos démarches administratives et juridiques. Le SNAT propose également des recommandations et une liste d'organismes suggérés.

Exercer en tant que tatoueuse au henné en auto‑entrepreneur est possible et permet de vivre de sa passion avec une liberté importante. Pour autant, il est essentiel de respecter les obligations de formation, d’hygiène, d’assurance et les formalités administratives pour garantir la sécurité des clients et la pérennité de votre activité.

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