taux de sensibilisation à l'entrepreneuriat chez les jeunes et ses dynamiques

Une envie d’entreprendre toujours marquée chez les jeunes et les acteurs qui les entourent révèle une tendance forte et durable. Selon le Baromètre CIC - Moovjee 2025 réalisé par l’institut OpinionWay auprès d’un échantillon d’étudiants français, 57 % des étudiants envisagent de créer ou reprendre une entreprise un jour, un niveau record qui représente une progression de 16 points en seulement deux ans. Parmi les jeunes issus des quartiers prioritaires, 54 % envisagent la création ou la reprise, et 78 % d’entre eux souhaitent concrétiser ce projet avant 30 ans. Les motivations principales citées par ces jeunes sont l’indépendance financière (46 %), la liberté des décisions (46 %) et la mise en œuvre d’une idée ou d’une passion (43 %).

Par ailleurs, l’Indice Entrepreneurial Français 2025 réalisé par Bpifrance Le Lab et l’Ifop dresse un panorama plus large de l’envie d’entreprendre au niveau national. En 2025, 34 % des Français âgés de 18 ans et plus participent à la « chaîne entrepreneuriale »: envisager une création ou une reprise, porter déjà un projet ou être chef d’entreprise; contre 32 % en 2023. L’entrepreneuriat n’est plus une ambition intrépide, mais une option professionnelle largement partagée par un Français sur trois.

Des freins persistants, mais des mentalités qui évoluent

Pourtant, créer une entreprise reste jugé difficile par une large majorité des répondants du Baromètre Moovjee : 90 % considèrent cette démarche comme difficile, et 29 % la qualifient de très difficile. Les obstacles évoqués incluent le manque de financement (59 %), la peur de l’échec (47 %) et le manque de compétences pour certains jeunes. L’Indice entrepreneurial confirme que même si l’intérêt est fort, le passage à l’acte est freiné par des barrières psychologiques et structurelles (crédibilité, stress, etc.).

Le CDI reste une référence pour les jeunes entrepreneurs potentiels : beaucoup souhaitent cumuler salariat et entrepreneuriat plutôt que de se lancer exclusivement dans la création d’entreprise. Cette approche hybride illustre une recherche de sécurité et d’autonomie, et elle se reflète dans les intentions et profils des jeunes interrogés, sans être directement quantifiée dans toutes les enquêtes citées.

Une dynamique jeune, mais pas isolée

De l’autre côté, l’IFOP Axtom (janvier 2025) indique que 67 % des 18-24 ans et 62 % des moins de 35 ans déclarent avoir envie de créer leur entreprise, d’en reprendre une ou de se mettre à leur compte. Cette tendance se confirme dans les chiffres plus larges: en 2023, 5,4 millions de Français de moins de 30 ans sont impliqués dans l’entrepreneuriat, soit 6 jeunes sur 10, et les jeunes participent deux fois plus à la chaîne entrepreneuriale que leurs aînés. Le mouvement s’accompagne d’un engagement fort des femmes, qui représentent 43 % des jeunes entrepreneurs selon l’IEF 2025, et qui progresse régulièrement depuis 2018.

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Les motivations restent plurielles: être son propre patron (19 %), réaliser un rêve (43 % chez les jeunes intentionnistes), ou encore relever de nouveaux défis (19 % chez les jeunes dirigeants). L’entrepreneuriat est aussi perçu comme un moyen de répondre à des besoins sociétaux et environnementaux, et comme une opportunité d’intégrer des carrières hybrides ou d’imaginer des projets dans l’économie sociale et solidaire.

Les jeunes, l’innovation et les formes d’accompagnement

La dynamique se nourrit d’un écosystème d’accompagnement: Pépite, Moovjee, et d’autres réseaux d’aide à la création d’entreprise jouent un rôle clé dans la sensibilisation et le soutien des jeunes entrepreneurs. Les initiatives pédagogiques et les pratiques d’enseignement en entrepreneuriat se multiplient (hackathons, mini-entreprises, projets de classe) afin d’adresser les publics parfois en décrochage scolaire et de favoriser l’engagement collectif autour de projets porteurs de sens.

Le régime simplifié de l’autoentrepreneur, créé en 2009 et aujourd’hui micro-entrepreneur, a aussi facilité l’accès à l’entrepreneuriat pour les jeunes. Toutefois, le salariat reste majoritaire et l’essor des carrières hybrides s’inscrit comme une tendance durable, renforcée par l’offre d’accompagnement et par les possibilités offertes par le statut étudiant-entrepreneur.

Des publics et des motivations diversifiés

Les chiffres montrent une forte implication des jeunes dans la chaîne entrepreneuriale, avec des variations selon le contexte et le genre. En 2023, 3 Françaises sur 10 - soit 7,7 millions de femmes - sont engagées dans une dynamique entrepreneuriale, et l’écart entre les genres se réduit progressivement. L’IEF met en évidence que l’entrepreneuriat féminin progresse autant que chez les hommes, bien que l’écart reste présent mais en diminution (8 points en 2023 contre 14 points cinq ans plus tôt).

Le lien entre engagement, sens et impact social se renforce: les jeunes veulent des entreprises qui intègrent des préoccupations environnementales et sociétales, et les enseignants s’adaptent pour les accompagner dans des méthodes pédagogiques plus actives et collaboratives. Le succès des Journées des pratiques pédagogiques en entrepreneuriat (JOPPE) et des initiatives associant enseignant et réseau montre l’importance d’un accompagnement opérationnel et d’un apprentissage par l’action.

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Pour les aider à passer de l’intention à l’action, il convient d’observer les étapes clés: identifier une idée innovante, réaliser une étude de marché, élaborer un business plan solide, et rejoindre un réseau d’accompagnement comme Moovjee ou Pépite. Des ressources et guides, notamment sur les sites de Bpifrance et des réseaux d’accompagnement, offrent des outils pratiques pour la création, le financement et le développement.

A 22 ans, il est à la tête de 6 entreprises

Tableau synthèse des chiffres clé de l’entrepreneuriat jeune

IndicateurValeur 2025
Pourcentage d’étudiants envisageant création/reprise57 %
Part des 18-24 ans dans chaîne entrepreneuriale67 %
Part des 18-24 ans souhaitant créer/reprendre en 2025 (IFOP)67 %
Femmes dans la dynamique (IEF 2025)43 % des jeunes entrepreneurs
France: jeunes impliqués dans l’entrepreneuriat (2023)5,4 millions (6 sur 10 moins de 30 ans)

En conclusion des ensembles d’études et d’observatoires, l’envie d’entreprendre chez les jeunes en France est bien réelle et en expansion. Cette dynamique s’appuie sur des motivations fortes (indépendance, sens, passion) et s’accompagne d’un cadre d’accompagnement qui s’est largement développé ces dernières années. La comparaison entre les données locales (jeunes étudiants et quartiers prioritaires) et nationales montre une cohérence des tendances et une accélération du passage à l’acte lorsque les conditions d’accompagnement et de financement sont présentes.

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