Schéma d'assujettissement : définition, origines et traitement en thérapie des schémas

Le schéma d’assujettissement se manifeste par une tendance à sacrifier ses propres besoins et désirs pour répondre aux attentes et aux demandes des autres, souvent accompagnée d’une crainte intense du conflit ou du rejet. Cette fiche a une visée psychoéducative pour le patient, afin de mieux comprendre en quoi consiste ce schéma, quels éléments de son histoire ont pu influencer sa survenue, et comment il se manifeste à l’âge adulte.

Qu’est-ce qu’un schéma précoce inadapté ?

En thérapie des schémas, les schémas sont définis comme des thèmes de vie omniprésents, composés de cognitions, d’émotions, de souvenirs et de perceptions. Les schémas dysfonctionnels sont des schémas larges, omniprésents et principalement automatiques de souvenirs, d’émotions, de pensées et de sensations corporelles. Ils se développent pendant l’enfance et l’adolescence et, heureusement, continuent à se développer tout au long de la vie.

Ils se développent généralement en interaction avec des facteurs constitutionnels qui favorisent l’apparition et le maintien de schémas problématiques. Les schémas précoces identifiés correspondent à des situations où les besoins fondamentaux de l’enfant ne sont pas satisfaits ou pas de manière saine. Ils résultent de petites phrases répétées ou de conduites inadaptées comme le chantage, la menace, le délaissement, qui instaurent des croyances limitantes.

Origines spécifiques du schéma d’assujettissement

Les schémas trouvent généralement leur origine dans des expériences difficiles ou traumatiques vécues durant l’enfance, au cours desquelles des besoins fondamentaux n’ont pas été satisfaits. Les premiers schémas que nous développons dans la chaleur du foyer sont généralement les plus solides. Les schémas qui se développent le plus tôt et qui sont les plus forts trouvent leur origine dans la cellule familiale.

Les expériences de la petite enfance dans lesquelles certains besoins émotionnels fondamentaux sont insatisfaits depuis longtemps favorisent l’apparition d’un schéma d’assujettissement. Comme enfants, ils n’étaient pas libres de suivre leurs désirs naturels. Les personnes aux prises avec ce schéma se sentent incapables d’assumer leurs responsabilités quotidiennes sans une aide substantielle des autres.

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Messages et comportements parentaux fréquents à l’origine

  • Petites phrases répétées ou conduites inadaptées (chantage, menace, délaissement).
  • Surinvestissement des parents au détriment de l’individualisation et du développement social.
  • Surprotection ou, à l’opposé mais plus rare, négligence : les deux extrêmes peuvent mener à des problèmes d’autonomie.
  • Enfance sévère réprimée où l’autocontrôle et l’abnégation prédominaient sur la spontanéité et le plaisir.

Contenu cognitif et émotionnel du schéma d’assujettissement

Le patient est convaincu que ses attentes concernant les besoins de sécurité, de stabilité, d’empathie, d’expression des émotions, d’acceptation et de respect ne seront pas comblés. La personne perçoit une instabilité dans la relation affective. La personne ayant ce schéma a la conviction que, lorsqu’ils en auront l’occasion, les autres vont les utiliser à leurs fins égoïstes.

Le patient a le sentiment qu’il est mauvais, inférieur, sans valeur, imparfait, illégitime et non aimable. Le schéma augmente habituellement le sentiment de honte. La personne a l’impression d’être différente des autres, ou de ne pas faire partie de la société ou du groupe.

Comportements et conséquences à l’âge adulte

Les personnes victimes de ce schéma démontrent une excessive capitulation au contrôle des autres, car ils s’y sentent contraints. Elles tentent volontairement de satisfaire les besoins des autres au détriment de leurs propres besoins. Ils agissent ainsi dans le but d’épargner de la douleur aux autres, d'éviter la culpabilité, de gagner de l’estime personnelle ou de maintenir une relation affective.

Les deux formes majeures sont l’assujettissement des besoins (suppression des préférences et des désirs personnels) et l’assujettissement des émotions (suppression de ses propres réponses émotives, principalement de la rage). Ce schéma augmente la sensation que les besoins personnels ne sont pas rencontrés adéquatement, ce qui mène à l’amertume.

La personne n’exprime ni ses besoins ni ses désirs et se sacrifie sur l’autel du bien-être des autres, souvent pour éviter le rejet ou les conflits. Cela entraîne un sentiment de dévalorisation, d’épuisement émotionnel et un profond mal-être.

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Styles d'adaptation au schéma (coping)

Le coping des schémas désigne la manière dont les personnes réagissent à leurs schémas. Les principaux styles de coping sont la soumission, l’évitement et la surcompensation.

  1. Soumission (la capitulation) : Dans ce mode, la personne se soumet au schéma, se positionne dans la passivité, l’impuissance et la soumission. Elle accepte le schéma et ce qu’il porte comme étant vrai. Par exemple, la personne qui a un schéma de carence affective et qui s’y soumet pourra, une fois adulte, choisir un conjoint qui donne peu d’affection et ne comblera pas ses besoins.
  2. Évitement : C’est « le protecteur détaché ». La personne qui utilise l’évitement du schéma comme style d’adaptation tente d’arranger sa vie de façon à ne jamais activer le schéma. Elle évite d’y penser, elle évite de le ressentir. Par exemple, la même personne pourra, une fois adulte, éviter les relations intimes : pas de conjoint(e), pas ou peu d’amis.
  3. Surcompensation (le combat) : Il se traduit par le « surcompensateur » : la personne combat son schéma par des pensées, des émotions, des comportements et des styles relationnels qui correspondent à l’opposé du schéma. Cette compensation permet à la personne de ne pas être en contact avec ses croyances personnelles, ce qui permet le maintien de ces croyances et schémas.

Pourquoi ces stratégies persistent

Ces stratégies ont pu être utiles à un moment donné, mais à l’âge adulte elles deviennent souvent dysfonctionnelles et entretiennent la souffrance et les problèmes relationnels. Elles sont inadaptées : elles ont souvent des conséquences autodestructrices et interfèrent de manière significative avec la satisfaction des besoins émotionnels fondamentaux. Elles se manifestent par des distorsions cognitives et des biais spécifiques.

Principes et objectifs de la thérapie des schémas

La thérapie des schémas a été développée dans les années 1990 par le psychologue américain Jeffrey E. Young. Cette approche nommée « thérapie des schémas » par son fondateur est bienveillante, humaniste et pragmatique. La thérapie des schémas repose sur le principe que les traumatismes et les carences vécus dans l'enfance, l'adolescence et la vie de jeune adulte vont modeler une vision négative de soi-même, des autres et du monde en général.

Quand ces personnes revivent dans le présent une situation ressemblant à celle vécue dans l'enfance, elles activent un ou des schémas précoces inadaptés composés de souvenirs, d’émotions, de pensées, de sensations corporelles et de comportements stéréotypés. Il en résulte un sentiment de souffrance important. La thérapie vise à transformer ces modes automatisés de réaction en développant un Adulte sain plus affirmé, protecteur et bienveillant.

Axes centraux du travail thérapeutique

  • Identifier les schémas qui posent problème et les modes activés.
  • Donner de la place à l’Enfant vulnérable et apaiser les modes parents critique/exigeants.
  • Renforcer l’Adulte sain, plus affirmé et protecteur.
  • Réactiver l’émotion et la mémoire tout en introduisant une nouvelle expérience correctrice.
  • Utiliser des tâches entre les séances (exercices d’écriture, fiches-mémo, expérimentations comportementales) pour soutenir le travail dans la vie quotidienne.

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Techniques thérapeutiques spécifiques

La schémathérapie utilise un plus grand nombre de techniques émotionnelles que certaines TCC classiques : imagerie, travail de chaise, techniques émotionnelles actives et expérimentations comportementales. Pour transformer réellement les schémas, le travail ne peut pas rester uniquement intellectuel. De solides données suggèrent l’importance de réactiver l’émotion et la mémoire, tout en introduisant une nouvelle expérience correctrice.

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Le processus thérapeutique se concentre sur le changement de schéma : si les schémas sont des vérités sur nous-mêmes - auto-entretenues, stables, automatiques et inconscientes - alors, à travers la schémathérapie, nous chercherons un mode de fonctionnement plus adaptatif. Pour les changer, le consultant doit d’abord identifier les schémas qui posent problème et travailler très dur et continuellement pour pouvoir les modifier.

Efficacité et indications

Elle est aujourd’hui utilisée dans de nombreux pays pour traiter des troubles de la personnalité, des troubles anxieux et dépressifs chroniques, des troubles liés à des traumatismes complexes et des difficultés relationnelles persistantes. La thérapie des schémas a été développée à l’origine pour des patients qui répondaient mal aux thérapies plus classiques, notamment en présence de troubles de la personnalité et de traumatismes anciens.

En résumé : oui, la thérapie des schémas est aujourd’hui une approche bien étayée par la recherche, en particulier pour les troubles de la personnalité et les difficultés chroniques, avec des effets souvent supérieurs aux traitements habituels.

Formats et durée

La thérapie des schémas peut se pratiquer en thérapie individuelle, en couple, en thérapie de groupe, et a été adaptée pour les enfants et adolescents. La durée d’une thérapie des schémas varie beaucoup d’une personne à l’autre. Elle dépend surtout de la nature des difficultés, de leur ancienneté, et du rythme des séances. L’idée n’est pas de tout prévoir au mois près, mais d’avoir une vision réaliste : la thérapie des schémas est rarement une « solution miracle en 5 séances », mais elle peut transformer profondément la manière de se vivre et de vivre ses relations.

Comment trouver un thérapeute formé ?

La thérapie des schémas est une approche spécifique qui nécessite une formation approfondie et une supervision dédiée. L’IFTS propose un annuaire des thérapeutes formés à la thérapie des schémas, destiné aux patients, aux proches et aux professionnels. Il est pertinent de poser au thérapeute des questions telles que : « Avez-vous une formation spécifique en thérapie des schémas ? », « Travaillez-vous à partir du modèle des schémas et des modes, avec des techniques comme l’imagerie ou le travail de chaise ? », « Êtes-vous supervisé(e) par un formateur ou superviseur en thérapie des schémas ? »

Messages clés à retenir

  • Le schéma d’assujettissement conduit à sacrifier ses propres besoins et émotions pour éviter le conflit, la colère ou l’abandon.
  • Il prend racine dans des frustrations ou distorsions des besoins émotionnels fondamentaux durant l’enfance.
  • Trois stratégies d’adaptation (soumission, évitement, surcompensation) maintiennent souvent le schéma à l’âge adulte.
  • La thérapie des schémas combine techniques cognitives, émotionnelles et comportementales pour apaiser l’enfant vulnérable et renforcer l’adulte sain.
  • Changer un schéma exige un travail soutenu, émotionnel et expérientiel au-delà de la seule compréhension intellectuelle.
Élément Caractéristique
Origine Frustration des besoins fondamentaux dans l’enfance (surprotection, négligence, critique)
Croyances centrales « Mes besoins ne comptent pas », « Si j’exprime ma colère, je serai rejeté »
Comportements Soumission, suppression des émotions, choix de partenaires non satisfaisants
Conséquences Épuisement émotionnel, amertume, relations déséquilibrées
Thérapie Identification des modes, imagerie, travail de chaise, expérimentations comportementales

Connaître la thérapie des schémas lorsque l’on est psychiatre est un atout important en complément des traitements médicamenteux. Ces outils sont extrêmement efficaces pour déceler les traumatismes infantiles précoces et pouvoir libérer la parole et les émotions associées.

Qu’est-ce que le régime d’assujettissement ? C’est un schéma avec une « orientation vers les autres », c’est-à-dire qu’il se concentre sur les souhaits, les sentiments et les réponses des autres au détriment de son propre besoin d’obtenir l'amour et l’approbation, de sentir que nous faisons partie d’un groupe et aussi pour éviter d’éventuelles représailles de la part d’autrui.

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