Comment calculer la valeur ajoutée dans le secteur de la production de boissons
La valeur ajoutée (VA) représente la richesse nouvelle produite par l’entreprise lors du processus de production qui pourra être répartie sous forme de revenus. La valeur ajoutée est un Solde Intermédiaire de Gestion (SIG), au même titre que la marge commerciale, l’Excédent Brut d’Exploitation ou encore le résultat exceptionnel. En comptabilité, la valeur ajoutée constitue la différence entre la valeur finale d’un produit et la valeur des biens consommés lors de la production de ce produit.
Qu'est-ce que la valeur ajoutée et à quoi sert-elle ?
La VA est une notion différente du chiffre d’affaires (CA) qui représente la somme de l’ensemble des ventes des entreprises. Le chiffre d'affaires mesure le volume de ventes brut. La valeur ajoutée mesure la richesse réellement créée après déduction des achats et prestations externes. La marge brute retire uniquement le coût d'achat des marchandises ou matières vendues. La valeur ajoutée va plus loin : elle retire en plus toutes les autres consommations intermédiaires (services externes, énergie, sous-traitance…).
Elle représente donc le supplément de valeur qu’un acteur économique génère du fait de son activité. Visible dans les comptes annuels, et plus précisément dans le compte de résultat, la valeur ajoutée est un indicateur à suivre par l’entreprise. Dans la mesure où elle représente la différence entre : le chiffre d’affaires que perçoit l’entreprise ; et son coût de production, elle lui permet d’évaluer sa capacité à générer de la richesse grâce à son cycle de production.
Cet indicateur permet de comparer la performance de l'entreprise dans le temps ou face à d'autres acteurs du même secteur. Cette information aide également l’entreprise à accroître la valeur qu’elle génère grâce à ses activités courantes. La valeur ajoutée est un outil qui permet d’analyser la santé financière et la performance de l’entreprise. Plus précisément, sa capacité à créer de la richesse, et donc de générer des bénéfices.
Spécificités dans le secteur de la production de boissons
Attention cependant, pour produire, une entreprise ne se contente pas de consommer des matières premières ou des services, elle utilise aussi des équipements et achète des brevets. Par exemple, dans l’exemple du pain, il s’agira du fournil ; dans la production de boissons, il s’agira d’installations de production, de tanks, de lignes d’embouteillage, d’équipements de filtration, ou de licences de procédés. Ces biens, étant des investissements, ne sont pas comptabilisés dans les coûts intermédiaires. Ils vont être utilisés plusieurs années, au lieu d’être consommés en une seule fois.
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Il existe deux types de valeur ajoutée, la valeur ajoutée brute si l’on ne prend pas en compte l’usure du matériel. Si l’usure du matériel est prise en compte, la valeur ajoutée est brute. Autrement, elle est nette. En effet, si on tient compte que la valeur ajoutée est la différence entre le prix de vente d’un produit et la somme des matières et équipements nécessaires pour sa production, un paramètre entre en jeu, celui de l’usure des équipements.
La valeur ajoutée nette déduit également les dotations aux amortissements des équipements (fours, robots, etc.) nécessaires pour produire ces pâtisseries ; de la même façon, une brasserie ou une ligne d’assemblage pour boissons doit prendre en compte les amortissements des matériels pour obtenir la valeur ajoutée nette.
Comment calculer la valeur ajoutée : formules et méthode
La formule magique permettant de la calculer a ainsi le grand mérite d’être très simple : elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire. La valeur ajoutée d’une entreprise est établie pour une période spécifique. Elle est définie à partir de plusieurs éléments figurant au compte de résultat de l’entreprise : le chiffre d’affaires, c’est-à-dire les sommes encaissées par l’entreprise grâce aux ventes de ses produits/services ; les consommations intermédiaires : elles correspondent aux valeurs des biens et des services consommés par l’entreprise dans le cadre de la production des biens et des services ; les amortissements, c’est-à-dire l’usure des équipements dont dispose l’entreprise.
Sur le plan comptable, la valeur ajoutée s’obtient à partir de deux formules de calcul distinctes. En effet, elle peut se calculer à partir de la marge commerciale ou du résultat net de l’entreprise. Lorsque la valeur ajoutée est calculée à partir de la marge commerciale, la formule simplifiée à appliquer est la suivante : Marge commerciale + Production de l’exercice - Consommations de l’exercice en provenance de tiers.
De manière plus détaillée, le calcul de la valeur ajoutée : Marge commerciale + Production de l’exercice - Achats d’approvisionnements - Frais accessoires d’achat d’approvisionnements + Rabais, remises et ristournes sur achats d’approvisionnements - Autres charges externes. Lorsque la valeur ajoutée est calculée à partir du résultat net de l’entreprise, la formule à suivre est la suivante : Résultat net + Charges exceptionnelles - Produits exceptionnelles + charges financières - Produits financiers + Autres charges - Autres produits + Charges de personnel + Impôts, taxes et versements assimilés + Dotations aux amortissements et aux provisions - Reprises sur amortissements et provisions + Impôt sur les bénéfices.
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Exemple adapté au secteur des boissons
Pour mieux comprendre, voici un exemple : Pour préparer une pizza, un restaurant utilise de nombreux ingrédients (eau, farine, sel, condiments, produits laitiers, légumes, etc.). Le prix que paye le client pour consommer une pizza est bien supérieur au prix individuel de chaque ingrédient utilisé. En transformant chacun de ces éléments, le restaurateur crée de la valeur qui se traduit sur le plan financier par la notion de valeur ajoutée.
En adaptant l’exemple au secteur des boissons : une entreprise qui achète des matières premières (eau, concentrés, sucre, arômes), des emballages (bouteilles, étiquettes) et des services externes (transport, énergie) et qui vend ses boissons pour un montant total, crée une richesse égale à la différence entre le prix de vente de la production et le coût des consommations intermédiaires. La richesse créée par cette entreprise est donc la valeur qu’elle a ajoutée en transformant la matière première en produit fini.
Interprétation de la valeur ajoutée dans une entreprise de boissons
Une fois calculée, la valeur ajoutée de l’entreprise doit être analysée puis interprétée. Le résultat obtenu semble faible : cela peut signifier deux choses : soit les prix de vente de l’entreprise sont trop bas ; soit le coût des matières premières ou le coût de production sont trop élevés. Concrètement, lorsqu’elle est trop faible, la valeur ajoutée est impactée par un manque d’activité, une marge trop faible ou un volume de dépenses trop important. Elle témoigne ainsi d’une mauvaise santé financière de l’entreprise.
Pour y remédier, on peut commencer par revoir la méthode de production ou la politique tarifaire, notamment lorsque le montant du chiffre d’affaires réalisé est plus faible que la concurrence. La valeur ajoutée de l’entreprise est élevée : c’est une bonne chose. Cela signifie que le cycle de production de l’entreprise est créateur de richesse.
Si votre VA progresse mais que votre EBE stagne, le problème vient souvent d'une dérive des coûts de personnel ou des charges externes. La valeur ajoutée permet d’aller plus loin encore puisque grâce à elle, l’entreprise peut identifier les zones de chalandise dans lesquelles elle génère le plus de valeur. En effet, cet indicateur peut être calculé par typologie de produits ou par branche d’activité.
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Utilisations pratiques et enjeux
La valeur ajoutée permet d’évaluer la capacité à générer des bénéfices importants. Elle sert aussi à répartir les bénéfices : lorsqu’elle est calculée, la valeur ajoutée est partagée entre tous les acteurs de l’entreprise qui ont contribué à la création de cette valeur. En effet, la valeur créée par l’entreprise lui permet de rémunérer les acteurs qui participent au bon fonctionnement de l’entreprise : salariés, apporteurs de capitaux (associés, actionnaires…), organismes financiers ou encore structures administratives.
Elle est l’indicateur de base qui permet de calculer l’excédent brut d’exploitation. Elle est aussi utilisée pour calculer d’autres ratios financiers comme : le taux de valeur ajoutée, le taux de rendement des capitaux investis, la productivité au travail. L’administration fiscale utilise également la valeur ajoutée pour calculer la Contribution sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) qui dépassent le seuil de chiffre d’affaires correspondant.
La somme des valeurs ajoutées des entreprises d’un secteur d’activité permet d’évaluer son poids dans l’économie. Et en additionnant les valeurs ajoutées de l’ensemble des entreprises et des administrations d’un pays, auxquelles on rajoute les droits de douane, on obtient le Produit Intérieur Brut (PIB). Cependant, le choix du PIB comme outil unique de mesure de la croissance pose quelques problèmes. Il oublie le travail au noir ou la fraude fiscale, cette « économie souterraine » qui peut constituer une part importante du PIB. Enfin, il ne dit rien de la qualité de la production… ou de la vie.
Valeur ajoutée - explication facile et neutre
Points de vigilance pour le secteur des boissons
- La VA n’intègre toutefois ni les frais de personnel ni l’amortissement des moyens de production lorsqu’on la calcule en version brute ;
- Une VA négative signifie que les consommations intermédiaires dépassent la production ou le chiffre d'affaires ;
- La répartition de la valeur ajoutée peut présenter des difficultés pour l’entreprise, car chaque acteur souhaite voir sa part augmenter (augmentation des dividendes, des salaires, etc.). L’entreprise doit alors opérer des choix judicieux pour continuer d’obtenir des capitaux propres vis-à-vis des actionnaires et une bonne productivité de la part des salariés.
Bonnes pratiques pour améliorer la VA d’une entreprise de boissons
- Optimiser les achats d’approvisionnements et négocier les frais accessoires pour réduire les consommations intermédiaires.
- Améliorer l’efficacité énergétique et la maintenance des équipements pour diminuer les coûts et réduire les amortissements unitaires.
- Diversifier l’offre et augmenter la valeur perçue du produit pour pouvoir ajuster la politique tarifaire.
- Analyser la VA par gamme de produits pour identifier les segments les plus rentables.
Bon à savoir : si la valeur ajoutée est une valeur utilisée dans le cadre de l’entreprise, elle est aussi utilisée au niveau macro-économique. En effet, chaque pays additionne la valeur ajoutée produite par chacune de ses entreprises pour constituer son Produit Intérieur Brut (PIB).
| Élément | Signification |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | Sommes encaissées grâce aux ventes |
| Consommations intermédiaires | Biens et services consommés (matières, énergie, sous-traitance) |
| Dotations aux amortissements | Usure des équipements (prise en compte pour VA nette) |
| Valeur ajoutée | Valeur de la production - consommations intermédiaires |
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