Définition et enjeux du leadership partagé en entreprise
Le leadership partagé, ou leadership collectif, est un style de leadership dans lequel l’influence et le pouvoir décisionnel sont partagés entre le leader formel et ses collaborateurs, afin d’atteindre un but commun.
En fait, il s’agit d’un leadership participatif et collaboratif dans lequel les employés se partagent collectivement certains rôles et activités de leadership en fonction de leurs compétences, pour atteindre une mission commune.
Dans le leadership partagé, l’influence et le leadership de tous sont mis à contribution.
Ainsi, tout en maintenant le lien d’autorité, tous sont solidairement responsables des efforts et des résultats.
Effets et avantages du leadership partagé
Une fois mis en place, le leadership partagé, ou leadership collectif, aura des effets positifs sur l'entreprise, avec une prise d'initiatives accrue de la part des salariés, des innovations, une meilleure implication, un sentiment d'appartenance et surtout une auto motivation…
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Les collaborateurs se sentent reconnus puisqu’ils sont parties prenantes des décisions, ce qui a un effet positif sur la mobilisation, le bien‑être au travail et l’engagement affectif.
Le partage des savoirs, des bonnes pratiques et des idées est une source intarissable d’innovation et de développement professionnel.
L’efficacité des équipes et leur capacité d’adaptation sont accrues, même celles à distance.
Ce style de leadership permet de se démarquer et contribue à l’attraction des employés à haut potentiel.
Ce que change la posture managériale
Le manager/leader ne cherche plus à motiver le collaborateur mais à créer les conditions à la motivation qui est intrinsèque à chaque personne.
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Le leader conserve la responsabilité du cadre, des objectifs et des arbitrages, tout en ouvrant des espaces de contribution permettant au collectif d’enrichir la réflexion.
Devenir ce type de leader commence par une clarification de son rôle. Cela ne consiste pas à abandonner la décision, mais à en organiser les conditions.
Le leadership collaboratif ne consiste pas à renoncer à diriger, mais à organiser la décision et l’action en s’appuyant sur les contributions du collectif.
Le leadership collaboratif transforme en profondeur le rôle des managers. Ces derniers deviennent des architectes des conditions de la collaboration plutôt que de simples prescripteurs.
Le management collaboratif désigne une approche de gestion dans laquelle la prise de décisions, la résolution de problèmes et la réalisation d’objectifs reposent sur la coopération, l’échange d’idées et le partage des responsabilités entre managers et collaborateurs.
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Compétences et pratiques nécessaires
Le leadership collaboratif repose sur des compétences spécifiques qui ne relèvent pas uniquement de l’expérience managériale classique.
Savoir faciliter des échanges, poser un cadre de discussion, gérer les désaccords et encourager la participation active sont des compétences clés.
Les méthodes de cadrage des réunions, dispositifs de priorisation, règles de prise de parole ou formats de co‑construction contribuent à éviter les dérives fréquentes des échanges non structurés.
Les outils de facilitation permettent d’organiser les discussions collectives et de rendre visibles les contributions de chacun.
Les plateformes collaboratives, lorsqu’elles sont utilisées avec un cadre clair, facilitent la circulation de l’information et le travail transverse.
Les outils de feedback, qu’ils soient formalisés (enquêtes internes, baromètres d’engagement) ou intégrés aux pratiques managériales (temps d’échange réguliers, retours à chaud), soutiennent le leadership collaboratif en donnant une voix aux équipes.
La formation permet aux managers et dirigeants de prendre du recul sur leurs pratiques, de comprendre les mécanismes collectifs à l’œuvre et d’expérimenter de nouveaux modes de fonctionnement.
Le développement du leadership collaboratif s’inscrit rarement sans accompagnement. L’apprentissage constitue un élément essentiel.
Stratégies concrètes pour mettre en œuvre un leadership partagé
- Identifier les liens d’interdépendance et déterminer une cible commune et partagée.
- Définir les résultats collectifs à suivre en précisant des indicateurs de suivi.
- Identifier les grands manteaux de responsabilités qui seront partagés.
- Gérer les egos et travailler le « terreau » favorable à la collaboration.
- Expérimenter pour vivre le leadership partagé.
Freins, risques et limites
Les principaux freins au leadership partagé incluent une structure en silos et un style de gestion fortement hiérarchisé, la non‑adhésion du gestionnaire et de la haute direction, la difficulté à identifier une coresponsabilité et à mesurer les objectifs collectifs, un climat de travail malsain, une culture d’individualisme et de concurrence entre les employés, des lacunes au niveau de la communication et du partage de l’information, et le manque de maturité de l’équipe.
Le premier obstacle concerne la culture managériale. Dans les organisations historiquement verticales, la collaboration peut être perçue comme une perte de contrôle ou une remise en cause de l’autorité.
Un second obstacle réside dans la gestion des désaccords. La confrontation des points de vue peut générer des tensions si elle n’est pas structurée.
Enfin, le manque de compétences spécifiques constitue un frein majeur. Faciliter des échanges complexes, arbitrer sans imposer et maintenir une dynamique constructive nécessite un apprentissage.
Le problème, c'est que les collaborateurs peuvent avoir peur de prendre des décisions qui relèvent du manager. Cela doit être accompagné et expliqué.
Culture d’entreprise et exemples concrets
C'est une nouvelle démarche, difficile à mettre en place dans les entreprises très hiérarchisées, où l'on n'écoute pas le collaborateur, où on ne lui fait pas confiance.
Le succès de la mise en place dépend de la culture d'entreprise. Si elle cultive la culpabilité, ça ne fonctionne pas.
Pascal Christin donne l'exemple d'un dirigeant ayant repris une entreprise viticole, qui ne connaissait rien au monde du vin mais a recruté des experts et leur fait totalement confiance, se reposant sur eux pour savoir de quoi ils ont besoin.
Un employeur a décidé de laisser ses salariés décider quand ils avaient besoin de nouveaux gants de protection au lieu de leur imposer de lourdes démarches administratives pour les obtenir.
Netflix a aussi lancé une initiative originale, suivie par une PME : laisser les salariés prendre le nombre de jours de congé qu'ils veulent. Il en ressort que les collaborateurs n'abusent pas du système : ils ne dépassent pas les sept semaines de congé par an.
Approches organisationnelles et mises en pratique
Le leadership collaboratif ne repose pas uniquement sur des principes ou des intentions. Il s’incarne dans des comportements observables, qui structurent les interactions et rendent la collaboration effective dans la durée.
Un manager collaboratif adopte d’abord une posture d’écoute active.
Il pratique également le partage de l’information. Les décisions collectives ne peuvent émerger que si les équipes disposent d’un niveau de compréhension suffisant des enjeux, des contraintes et des objectifs.
La reconnaissance fait aussi partie intégrante du leadership collaboratif. Elle ne se limite pas à la valorisation des résultats finaux, mais s’étend aux contributions intermédiaires, aux initiatives prises et aux efforts de coopération.
Enfin, le leader collaboratif agit comme un facilitateur. Il structure la communication, régule les désaccords et veille à ce que la réflexion collective débouche sur des décisions et des actions pertinentes.
Rôle des ressources humaines
À titre de professionnel en ressources humaines, vous avez un rôle à jouer : développer des outils de ressources humaines pour assurer un fonctionnement optimal, cibler les compétences à développer et proposer un plan de formation, soutenir les gestionnaires dans leurs défis, et assurer une gestion humaine du changement.
Le management collaboratif est une démarche clé pour renforcer la cohésion, l’innovation et l’autonomie en entreprise. Pour les RH, il contribue à créer un environnement propice à l’engagement et à la performance collective.
Preuves empiriques et études
Plusieurs travaux empiriques mettent en évidence les effets réels du leadership collaboratif sur la performance des organisations.
Une étude de l'Institute for Corporate Productivity montre que les entreprises considérées comme hautement performantes sont 5,5 fois plus susceptibles de placer la collaboration au cœur de leur modèle managérial.
De son côté, le Boston Consulting Group observe que les organisations favorisant la co‑construction entre fonctions renforcent significativement leur capacité d’innovation et la qualité de leurs décisions stratégiques.
Les études menées par McKinsey indiquent que les organisations qui favorisent des modes de leadership plus collaboratifs améliorent leur capacité d’adaptation et leur résilience face à l’incertitude.
Selon Gallup, 70 % du niveau d’engagement des équipes est directement influencé par la qualité du management.
Le leadership partagé
Cas d’organisations et modèles inspirants
Spotify révolutionne l’organisation du travail avec son modèle de « squads » autonomes lancé en 2012, structuré autour de 200 squads de 8 personnes en moyenne, opérant comme des mini‑startups.
Toyota applique le Kaizen depuis 1951, impliquant 370 000 employés mondiaux dans 2 millions de suggestions annuelles adoptées à 90%, générant environ 300 millions de dollars d’économies par an en production.
Patagonia maintient une hiérarchie plate pour ses 3 000 employés, avec une grande part des décisions produits‑RSE prises par des équipes autonomes, générant une croissance vers 1,5 milliard de dollars de CA en 2025.
Salesforce excelle via un leadership cross‑fonctionnel impliquant environ 70 000 employés dans des comités transverses marketing‑ventes‑produit.
Lyft déploie des outils comme Slack pour ses environ 2 500 employés, brisant les silos commerciaux avec une adoption interne élevée, ce qui a contribué à une croissance des revenus.
Différences avec le leadership traditionnel
Le leadership héroïque est centré sur le commandement, l’organisation et les processus. Il est encore très présent dans de nombreuses entreprises.
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