Comprendre la Volatilité en Finance : Définition et Implications
Lorsque les variations de marché sont importantes, c’est-à-dire lorsque les cours fluctuent beaucoup, on entend souvent les commentateurs dire qu'il y a de la volatilité. Mais qu’est-ce que la volatilité ? En réalité, la volatilité est une mesure, un peu comme l’altitude, le poids ou la vitesse. L’expression “il y a de la volatilité” n’a donc pas de réel sens, car la volatilité existe toujours !
La volatilité est un terme omniprésent dans les marchés financiers, incarnant la mesure des variations du prix d'un actif sur une période donnée. Elle est souvent perçue comme un double tranchant : indicateur de risque pour certains, elle est aussi synonyme de potentiel de rendement élevé pour d'autres. Ce concept joue un rôle crucial, particulièrement dans le domaine des produits structurés, où la compréhension et l'exploitation de la volatilité peuvent mener à des stratégies d'investissement sophistiquées.
Qu'est-ce que la Volatilité?
La volatilité est un indicateur qui mesure l’amplitude de variation d’un actif financier par rapport à la tendance du marché. Ainsi, plus la variation de l’amplitude sera importante et plus la volatilité le sera également. La volatilité est extrêmement importante à connaître, car, c’est plus ou moins en fonction d’elle que vous choisirez les actifs financiers qui rempliront votre portefeuille financier.
Mathématiquement, la volatilité est un écart-type, exprimé en pourcentage et annualisé. Sans entrer dans les considérations statistiques, voici un moyen simple de comprendre ces chiffres. Une performance annuelle de 8% avec une volatilité annuelle de 20% signifie que chaque année, le rendement observé s’est écarté, en moyenne de 20% de son rendement moyen de 8%. C’est-à-dire que le rendement a été souvent compris entre -12% et +28%. Bien entendu, cela implique qu’il y a aussi eu des variations en dehors de cet intervalle, mais plus rares.
La volatilité est un indicateur clé en finance, quantifiant l’amplitude des fluctuations de prix d’un actif, tel qu’une action, un fonds d’investissement, ou un indice boursier. Elle représente une dimension cruciale du risque, spécifiquement le risque de marché, et sert à évaluer le degré d’incertitude associé à l’investissement dans un actif donné.
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Illustration : une volatilité de 10% signale que, par rapport à son rendement moyen, le rendement d’un actif peut varier en moyenne de 10% dans les deux sens. Par exemple, pour un actif avec un rendement annuel moyen de 5%, une volatilité de 10% indique que les rendements observés pourraient raisonnablement s’étendre de -5% à +15% d’une année à l’autre.
Un Exemple Concret
Rien de tel qu’un exemple pour comprendre ! Voici le graphe théorique d’évolution de 4 actions, sur 12 périodes de temps. Pour chaque action, la volatilité mesure à quel point les variations se sont écartées, en moyenne, de leur tendance moyenne.
Dans ce graphe :
- L’action A est la plus volatile : son évolution sur la période a été légèrement haussière, mais elle a alterné des fortes hausses et des fortes baisses pour y parvenir.
- L’action B est la deuxième plus volatile. Son évolution a été haussière, mais l’ampleur des variations autour de cette tendance a été plus modeste.
- L’action C a été la troisième plus volatile. Les variations ont été peu ou prou les mêmes d’une période à l’autre.
- L’action D est la moins volatile.
Faisons l’analogie avec un trajet en voiture. Vous pouvez faire un trajet sur autoroute avec une vitesse à peu près constante, ou un trajet sur une départementale sinueuse, avec de fortes variations de vitesse. La volatilité mesure l’ampleur de vos changements de vitesse, indépendamment de votre vitesse moyenne : la volatilité sera très faible sur l’autoroute, et forte sur la route sinueuse.
Ainsi, une action peut faire du “sur place” à l’échelle d’une année tout en étant volatile au cours de l’année. De même, une action qui baisse fortement et régulièrement sera peu volatile.
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La volatilité sert à mesurer le risque d'un placement. Une volatilité élevée représente un risque, car des fluctuations importantes augmentent le risque de moins-value au moment où vous pouvez avoir besoin de revendre pour récupérer votre argent.
La volatilité n’est pas synonyme de baisse ! On confond souvent volatilité et forte baisse : en plein krach, les commentateurs boursiers parlent souvent de séance particulièrement volatile. Or, la volatilité peut désigner à la fois une séance de forte hausse ou de forte baisse. Alors, pourquoi les commentateurs boursiers ont tendance à parler de volatilité uniquement lors des périodes de forte baisse ? Peut-être parce que les très fortes baisses sont généralement plus rapides que les hausses. Les traders sont un peu comme des oiseaux sur une branche : ils sont prompts à s’envoler, et plus lents à revenir !
Sur les marchés, les périodes de hausse lente et régulière sont majoritaires.
Pourquoi la Volatilité Existe ?
Tout d’abord, les seuls actifs qui ont une volatilité nulle sont ceux qui évoluent en ligne droite. Ils sont très rares ! Tout actif soumis à l’offre et à la demande sera nécessairement volatil.
Trois facteurs peuvent expliquer la volatilité des titres financiers :
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- une variation des revenus anticipés (par exemple pour une action : anticipation de dividendes futurs moins bons que prévus)
- une variation quant à la certitude des revenus anticipés (par exemple pour une obligation : le risque de non-remboursement qui augmente)
- une variation des taux d’intérêt (car les taux modifient, via l’actualisation des flux futurs, la valeur présente d’un titre).
Une variation parfois infime de l’un de ces facteurs peut causer des fortes variations de cours, et donc augmenter la volatilité. Par exemple, si une entreprise annonce avoir obtenu un nouveau contrat majeur alors que les investisseurs ne s’y attendaient pas, son cours peut bondir. De même, si une entreprise qui était en difficulté vient de présenter un plan de financement cohérent, ses obligations peuvent retrouver des couleurs.
Ce sont deux exemples de volatilité à la hausse.
Certaines entreprises sont par nature plus volatiles : ce sont celles qui portent le plus d’aléa sur leurs bénéfices. Les entreprises cycliques (équipementiers automobiles, industrie chimique, BTP…), peu rentables (compagnies aériennes) ou en forte croissance mais en déficit (de nombreuses start-up), sont les plus volatiles.
Pour les obligations, plus la maturité est longue (10, 20, 30 ans…), plus l’obligation est volatile. En effet, même si on connaît à l’avance le cours auquel l’obligation sera remboursée, on ne sait pas avec certitude si l’émetteur de l’obligation existera encore d’ici là. En outre, on est à la merci de possibles hausses de l’inflation, ce qui pénalisera la valeur réelle des montants récupérés à terme.
La volatilité augmente donc lorsque la juste valeur d’un titre est brutalement estimée à B alors que le cours est à A, du fait d’une information nouvelle. Plus le chemin entre A et B est élevé, plus le cours variera, et donc plus la volatilité sera importante.
À l’échelle d’un marché entier, la hausse de la volatilité peut s’expliquer par des phénomènes plus globaux, par exemple :
- Un changement qui pourrait influencer les bénéfices de tout un secteur ou de toutes les entreprises à la fois (conflit politique, guerre, nouvelle réglementation…)
- Une publication qui fait comprendre aux investisseurs qu’ils s’étaient trompés dans leurs anticipations (si les statistiques de vente de voitures sont meilleures qu’anticipées, les investisseurs ont de bonnes raisons de penser que les bénéfices des constructeurs automobiles seront supérieurs à ce qu’ils estimaient, et donc que le cours des actions automobiles devrait être plus élevé)
- Une variation imprévue des taux d’intérêt. Les taux ont des répercussions sur le cours de l’ensemble des produits financiers et de l’immobilier, via les mécanismes d’actualisation.
De façon plus générale, c’est l’incertitude et la surprise qui créent la volatilité à la hausse comme à la baisse.
Les actions sont généralement plus volatiles que les obligations, elles-mêmes généralement plus volatiles que le marché monétaire. Les livrets ont une volatilité nulle (ou très faible, car leur taux change parfois, mais peu fréquemment).
Combiner plusieurs titres permet d’abaisser la volatilité du portefeuille : c’est la raison pour laquelle un indice boursier est généralement moins volatil qu’une action individuelle. C’est l’attrait principal de la diversification ! C’est d’autant plus vrai si les secteurs ne sont pas corrélés (s’ils n’évoluent pas dans le même sens), et s' il y a une diversification géographique et en devises. À ce titre, les ETF sont d’excellents instruments financiers puisqu’ils peuvent être très diversifiés.
À l’échelle d’un portefeuille, combiner actions et obligations peut également réduire la volatilité. Ici encore, le recours aux ETF est indispensable pour diversifier à moindres frais.
Volatilité Historique vs. Volatilité Implicite
On a l’habitude de distinguer la volatilité historique de la volatilité implicite. La volatilité historique est un indicateur de risque calculé à partir des cours historiques. Elle décrit le passé et est donc une image des mouvements anciens. En revanche la volatilité implicite, qu’on appelle aussi volatilité de marché, traduit les anticipations des acteurs du marché sur les amplitudes de variations à venir. Plus les incertitudes sont fortes sur une valeur et plus sa volatilité implicite est élevée. Elle peut donc être supérieure à la volatilité historique.
Enfin, il y a la volatilité implicite. C’est un concept difficile à appréhender car elle n’est pas mesurable sur le marché. Elle reflète l’idée que les cours ne sont pas encore volatils, mais qu’ils vont l’être dans un futur proche. Pour simplifier, c’est un peu comme si le TGV devait passer dans une ville de province à 1 heure de Paris, mais on ne sait pas encore laquelle. Les prix de l’immobilier sont dans l’attente. Ils ont déjà un peu monté car certains acheteurs se sont déjà positionnés, mais on sait que dès que l’annonce sera officielle, la ville sélectionnée prendra 20%, et les perdantes perdront tout ce qu’elles ont gagné.
la volatilité historique et la Volatilité Implicite
Le prix se comporte alors comme un élastique sur le point de craquer : il y a de la tension accumulée, et dès que la nouvelle sortira, l’évolution sera importante, dans un sens ou dans l’autre. La volatilité n’est pas présente, mais elle est latente.
On parle de volatilité implicite car cette volatilité n’est pas encore mesurable dans les prix des actifs, mais elle l’est dans le prix des options, c’est-à-dire le prix des protections contre les variations de cours. Elle reflète en quelque sorte les anticipations de volatilité future.
Sur les marchés boursiers, la volatilité implicite croît juste avant les décisions importantes (mouvements de taux des banques centrales par exemple), et décroît ensuite lorsque la volatilité réelle prend le relais.
Comment Gérer la Volatilité en Tant qu'Investisseur ?
En tant qu’investisseur, la volatilité peut faire peur. Elle peut vous donner l’impression que vous perdez toute votre fortune à certains moments, et vous monter à la tête à d’autres, vous faisant croire que vous êtes le roi du pétrole.
La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas à réagir. La volatilité est une composante naturelle des marchés, et tenter d’y répondre est un bon moyen de faire des erreurs.
Voici 3 conseils pour mieux résister aux séances volatiles :
- Gardez un horizon long terme. Les variations brusques font partie du parcours, mais l’important est le long terme. Prenez du recul, gardez la tête froide. Comme sur l’autoroute : entrouvrir la portière pour regarder le bitume qui défile est effrayant, mais regarder l’horizon est relaxant.
- Diversifiez : tous les actifs ne montent pas et ne baissent pas en même temps. Diversifier est le meilleur moyen de réduire la volatilité subie à l’échelle d’un portefeuille.
- Utilisez des versements programmés. Ils profitent de la volatilité, car, à montant égal chaque mois, vous achetez davantage de titres après une baisse, et moins après une hausse.
Indicateurs de Volatilité
Pour bien identifier la volatilité sur le marché, il est nécessaire de posséder une compréhension des forces qui agissent sur le marché en question.
Différents indicateurs sont donc utilisés pour ce qui concerne la volatilité.
- Les bandes de Bollinger: C'est un type d'indicateur très répandu. Ces bandes sont constituées d'une bande supérieure et une bande inférieure autour d'une moyenne mobile simple (MMS).
- L'indicateur Average True Range (ATR): L'ATR permet de suivre la volatilité sur une période donnée. Il se calcule en utilisant le range réel.
- Indice VIX: Le VIX a été créé par le Chicago Board Options Exchange (CBOE). Il affiche uniquement une prévision sur 30 jours.
- Le canal de Keltner: Cet indicateur recherche les zones de volatilité des cours d'un actif et utilise trois lignes indépendantes.
- Le canal de Donchian: Cet indicateur permet de repérer des cassures ou des retracements.
- La volatilité de Chaikin: Cet indicateur montre la différence entre deux moyennes mobiles de lignes d'accumulation-distribution pondérées par le volume.
- L'indicateur Twiggs: Il signale un risque accru sur le marché.
- L'indice de volatilité relative (RVI): Cet indice calcule la direction de la volatilité au cours d'un actif.
- Modèles de volatilité (GARCH): GARCH correspond à la conditionnelle autorégressive généralisée. Cet indicateur aide à prédire la volatilité des rendements des actifs.
Stratégies d'Investissement Basées sur la Volatilité
Baser ses stratégies d'investissement sur la volatilité est une approche sophistiquée. Cela permet effectivement d'ajuster la taille des positions à la volatilité des actifs. Il est ainsi possible d'optimiser les rendements.
Il sera alors nécessaire d'adapter les stratégies aux différentes périodes. C'est aussi un moyen d'exploiter le spread.
Les stratégies basées sur la volatilité commencent par le ciblage. Il est utile d'ajuster la taille des positions pour maintenir un niveau constant.
La rupture de volatilité est une autre stratégie qui permet de définir les points d'entrée et de sortie. Cette stratégie utilise des multiples de l'Average True Range (ATR) ou l'écart-type.
Il est aussi possible d'ajuster la volatilité en fonction du temps.
D'autres stratégies plus avancées peuvent aussi se présenter. Il s'agit de :
- La récolte de la prime de risque,
- Le changement de régime de volatilité,
- L'arbitrage de volatilité croisée.
Ces différentes stratégies offrent un cadre pour la gestion du risque et donc une meilleure optimisation des rendements.
Gestion de Portefeuille en Périodes Volatiles
Les périodes de volatilité sont considérées comme des moments d'incertitudes. Il est donc alors indispensable de réaliser une gestion d'actifs optimale.
Plusieurs actions sont donc nécessaires pour bien gérer son portefeuille :
- Bien comprendre la volatilité des marchés,
- Protéger son patrimoine, via la diversification, les actifs défensifs, les placements à revenus fixes, la gestion active,
- Mettre en place des opportunités malgré la volatilité,
- Avoir un bon horizon d'investissement,
- Se protéger avec des instruments financiers spécifiques (fonds multi-stratégiques, experts).
Tableau Récapitulatif : Volatilité et Classes d'Actifs
| Classe d'Actif | Volatilité Typique | Niveau de Risque | Horizon d'Investissement Recommandé |
|---|---|---|---|
| Actions | Élevée (15-30%) | Élevé | Long terme (5 ans et plus) |
| Obligations | Modérée (5-10%) | Modéré | Moyen terme (3-5 ans) |
| Marché Monétaire | Faible (0-3%) | Faible | Court terme (moins de 3 ans) |
| Cryptomonnaies | Très Élevée (50%+) | Très Élevé | Long terme (5 ans et plus), avec prudence |
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