Xavier Sevin: Parcours d'un Entrepreneur Innovant en Informatique et Biotechnologie
À l'autre bout du monde, en Nouvelle-Calédonie, Xavier Sevin, fondateur du cabinet Ifingo, spécialisé dans la transformation numérique, apporte son expertise à cette région française unique. Son parcours est une source d'inspiration pour quiconque s'intéresse à l'entrepreneuriat, à l'informatique et à la biotechnologie.
Un Parcours Entrepreneurial Unique
Xavier Sevin est Fondateur et Directeur Associé d’Ifingo, un cabinet spécialisé dans la transformation numérique des organisations. Arrivé en Nouvelle-Calédonie en 2004 suite à un voyage personnel, il ressentait l’envie de quitter Paris et Sophia Antipolis. Issu d’une formation d’ingénieur complétée par un MBA à l’EDHEC, il avait néanmoins quelques doutes sur la possibilité de trouver du travail ici, pas en tant que salarié mais en tant qu’entrepreneur.
Initialement, Xavier utilisait des techniques du Lean Manufacturing pour faire de l’analyse et les outils informatiques pour optimiser les process dans leurs dimensions coût / temps principalement. Chez Ifingo, ils avaient une vision orientée « process », mais tout n’est pas modélisable sous forme de logigramme. Puis, les outils collaboratifs sont arrivés - SharePoint par exemple - et ils ont accompagné des clients sur le déploiement de ce type d’outils.
La Transformation Numérique : Plus qu'un Choix, une Nécessité
Alors est arrivé le terme « transformation numérique » que Xavier n’aime pas trop. Il préfère utiliser « transformation dans un monde numérique » car, aujourd’hui, le numérique n’est plus un choix mais une obligation : on « nage » dans un monde numérique ! La question est donc : comment on adapte les organisations à ce nouveau monde ? Comment on fait sauter les barrières culturelles ? Le télétravail, par exemple, n’est pas pris en compte par le code du travail en Nouvelle-Calédonie alors la problématique se trouve être : comment faire évoluer la culture d’entreprise et la réglementation pour faciliter la transition numérique ?
Il faut savoir que le secteur public et l’industrie du nickel sont les principaux secteurs porteurs ici, donc les clients d'Ifingo proviennent essentiellement de ces environnements : 30% de leur CA vient des administrations diverses. La porte d’entrée, c’est la dématérialisation de la relation client ou administré car tout le monde à très bien compris l’intérêt des téléservices, des agences en ligne etc. Comme la dématérialisation des front office doit être adaptée au back office, il a fallu réfléchir à la façon d’adapter les organisations à ce monde numérique.
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Sur la partie digitale, Ifingo se concentre sur la communication ; ils ont embauché des spécialistes pour offrir un service qui va de la création de stratégies grâce à des outils digitaux divers jusqu’à une dimension web plus technique, avec le développement d’agences en ligne, de sites web etc. En ce moment, la commune du Mont-Dore, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie et la ville de Nouméa font partie de leurs clients ; en ce qui concerne le Congrès par exemple, ils essayent de les accompagner dans la maîtrise des outils sociaux mais également de développer leur image dans la zone Pacifique. Les forces politiques de tout bord, indépendantistes ou non-indépendantistes, veulent que la Nouvelle-Calédonie rayonne dans le Pacifique ! Aussi, Ifingo cherche à ajouter une couche exogène à cette communication digitale.
L'Enseignement et l'Agilité au Cœur de la Transformation
Xavier Sevin a également été professeur vacataire à l’Université de Nouvelle-Calédonie et à l’Ecole de Commerce et Gestion de Nouméa. Il est toujours vacataire à l’ECG où il enseigne les « Business Model du Digital » ; comment on modélise un business model et comment l’appliquer au digital en mettant en avant les particularités que permettent ces outils digitaux.
Les formations initiales vont jusqu’au Bachelor et ceux qui continuent vont faire leur Master en Australie ou en France. Cette école a bien pris le tournant « numérique » avec des cours de « Design Thinking » et d’entrepreneuriat entre autres… On fait venir des professionnels, des futurs employeurs et cela crée un lien entre la formation initiale et le secteur professionnel. Certains étudiants sont ensuite embauchés ou incubés dans des entreprises calédoniennes.
En ce qui concerne la formation professionnelle dans le dans le domaine de la transformation numérique, elle n’est vraiment pas encore développée en Nouvelle-Calédonie et cela freine la transformation des entreprises. Nous sommes à ce jour encore trop souvent dans une vision limitée aux outils de la transformation numérique. Il existe cependant des ambassadeurs sur lesquels nous nous appuyons dans les grandes entreprises mais ça ne veut pas dire que le top management suit ce mouvement.
Ifingo travaille sur le développement de l’agilité au sein des organisations. Tout le monde n’en est pas convaincu ! En Nouvelle-Calédonie, au niveau du monde informatique, l’agilité est acquise et opérationnelle mais au niveau de l’agilité au sein des organisations, nous n’y sommes pas du tout ! La majorité des entreprises n’est pas familière avec le concept d’agilité organisationnelle. Au sein du cabinet, ils ont une personne dédiée à ces sujets et la porte d’entrée reste les démarches « Lean » que l’on applique au management ce que Xavier compare souvent, peut-être à tort, à l’agilité.
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La transformation numérique est avant tout culturelle ! Comme on peut le pressentir, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont bien en avance sur nous. Notre PIB par habitant est cependant comparable à celui de la Nouvelle-Zélande … nous sommes donc un pays « riche » et nous devrions pouvoir faire mieux en positionnant le numérique au cœur des stratégies, ce qui n’est pas encore assez le cas à mon avis.
La Nouvelle-Calédonie est vraiment ouverte aux autres car sans cette ouverture, le risque de d’immobilisme nous serait fatal ! On vient de réaliser un benchmark sur la « transfo numérique » autour de cinq pays : UK, Danemark, France, Polynésie française, Canada ; le Canada a fait des plans numériques évolutifs sur cinq ans : la V1 d’il y a quinze ans concernait l’aménagement technique du territoire (infrastructures, télécom, IT), la V2 concernait la « e-administration » (dématérialisation, téléservices…) et la V3 concerne à 80% la transformation numérique avec du culturel, de l’organisationnel, de l’UX etc.
Biodiversité et Numérique : Une Alliance Prometteuse
La biodiversité en Nouvelle-Calédonie
Xavier Sevin a une vision philosophique de ce sujet plutôt réduite. Il ne sait pas si on va rentrer dans un transhumanisme humaniste ou un transhumanisme déshumanisant mais il a bien conscience que nous allons quelque part. Il se raccroche donc à une dimension économique des choses. Il pense que la richesse de la Nouvelle-Calédonie, c’est son environnement, sa biodiversité qui représentent une valeur. La question qui se pose actuellement, c’est comment monétiser cette valeur ?
Le numérique peut être utilisé pour protéger, préserver à long terme cette biodiversité ; un exemple concret, le Parc Naturel de la mer de Corail Calédonien pourtant inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO est souvent mis en danger : les pêcheurs internationaux viennent piller les poissons, il existe du tourisme organisé sur certains îlots alors que c’est interdit !
Outre ce premier point, d’autres richesses sont inexploitées, que ce soient des molécules pour faire des colorants bio, des recherches scientifiques sur le biomimétisme etc. qui pourraient être une source de richesse. Mais pour faire ça, au regard de la quantité astronomique de données, il faudrait mettre en œuvre les technologies qui nous permettraient de traiter notre environnement ; la collecte des données et leur exploitation avec le big data pourraient permettre de valoriser cette grande richesse qu’est la biodiversité !
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Les centres de recherche - IRD, IFREMER, UNIVERSITE - sont financés à 100% par la France mais l’Etat n’intervient pas sur le passage de la recherche à sa mise en application. Par ailleurs, la France a créé un certain nombre de projets comme « Territoires d’Innovation », lancé par E. De manière historique, c’est l’industrie minière qui a tiré notre croissance mais on sait très bien que c’est une vision court-termiste ! La question qui se pose donc c’est : à l’échelle d’un territoire, comment passer d’une économie de la mine à une économie différente.
Il va falloir trouver un équilibre entre préservation écologique « éthique » et économique. La valorisation de la biodiversité par la donnée et la recherche me paraît être une très belle opportunité ! La vision que Xavier suggère à long terme pourrait s’appuyer sur la biodiversité et le numérique.
L’automatisation s’applique à certains métiers mais pas aux métiers créatif, par exemple, que l’on ne peut néanmoins outiller facilement ; ce qui est facile à automatiser, ce sont les tâches où il y a le moins d’humain et ce sont sans doute ces postes qui disparaissent en priorité ; un exemple concret : dans l’administration en Nouvelle-Calédonie, on a encore des vaguemestres qui apportent le courrier d’un lieu à un autre ! Ce métier n’a évidemment pas d’avenir mais en Nouvelle-Calédonie, on est confronté à un problème de compétences, en quantité et en qualité, mais aussi à un taux d’illettrisme important.
La clé, c’est la formation initiale : ouvrir une formation jusqu’à BAC + 5 en Calédonie dans le numérique par exemple est un facteur clé de succès. Pour le moment, nos talents vont étudier à l’étranger et finissent par y rester assez souvent. On parle beaucoup de Big Data, IA, révolution 4.0 et d’autres innovations technologiques mais cette course à la technologie ne risque-t-elle pas de coûter cher à notre planète, tant au niveau de la consommation énergétique que des risques de débordements liés à l’IA ?
Les Défis et Opportunités de la Transformation Numérique en Nouvelle-Calédonie
La transformation numérique est un enjeu majeur pour la Nouvelle-Calédonie. Malgré un PIB par habitant comparable à celui de la Nouvelle-Zélande, le territoire doit encore positionner le numérique au cœur de ses stratégies. La formation initiale et professionnelle, l'agilité organisationnelle, et la valorisation de la biodiversité sont autant de défis à relever pour assurer un avenir prospère et durable.
En conclusion, Xavier Sevin incarne l'esprit d'innovation et d'entrepreneuriat nécessaire pour transformer le paysage numérique et biotechnologique de la Nouvelle-Calédonie. Son parcours et ses initiatives sont une source d'inspiration pour tous ceux qui souhaitent contribuer à un avenir numérique plus inclusif et durable.
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