Obligation de fermeture des entreprises le 1er mai en France : ce que dit la loi
Le 1er mai, connu en France comme la Fête du Travail, est un jour férié légal obligatoirement chômé et payé. Cette disposition concerne tous les salariés des établissements privés, peu importe leur ancienneté ou leur statut dans l’entreprise. Ce jour de chômage ne peut entraîner aucune réduction de salaire, même pour les salariés rémunérés à l’heure, à la journée ou au rendement. Ainsi, ils ont droit à une indemnité équivalente au salaire qu’ils auraient perçu, versée par l’employeur.
Le 1er mai représente un jour symbolique du mouvement ouvrier. Son origine remonte aux luttes du XIXe siècle, notamment à la grève générale lancée en 1886 aux États-Unis pour réclamer la journée de travail de huit heures. En 1889, lors du congrès de la deuxième Internationale à Paris, le 1er mai fut choisi comme journée annuelle dédiée aux manifestations en faveur des droits des travailleurs. En France, la première célébration a eu lieu en 1890.
La reconnaissance officielle du 1er mai en tant que jour férié chômé et payé date de 1919, avec la ratification par le Sénat de la journée de huit heures. Depuis, la date a fait l’objet de plusieurs évolutions, notamment sous le régime de Vichy où le 1er mai fut transformé en "fête du Travail et de la Concorde sociale". Après la Libération, en 1947, le 1er mai est réinstitué comme jour férié chômé et payé pour tous les salariés, adoptant en 1948 la dénomination « fête du Travail ».
Les exceptions à l'obligation de fermeture le 1er mai
Le principe général veut que le 1er mai soit un jour de chômage obligatoire. Toutefois, une exception est prévue pour les établissements et services dont la continuité d’activité est essentielle, notamment les hôpitaux, les transports publics, les services de police et de secours, ainsi que certains secteurs de la restauration. Dans ces cas, l’activité ne peut être interrompue et le travail est autorisé.
La Cour de cassation, dans un arrêt du 14 mars 2006 (n°05-83436), a confirmé que l’employeur doit justifier que la nature de son activité l’empêche d’interrompre le travail le 1er mai. Sans preuve, la continuation du travail expose l’employeur à une amende de 750 € par salarié concerné. De plus, le travail s’effectuant ce jour-là doit être fait sur la base du volontariat, sauf disposition contraire inscrite dans le contrat de travail.
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Dérogation 2026 spécifique aux boulangeries-pâtisseries et fleuristes
Pour l’année 2026, une dérogation exceptionnelle permet aux boulangeries-pâtisseries et aux fleuristes artisanaux d’ouvrir le 1er mai sans risquer de sanctions. Cependant, seuls les salariés volontaires, ayant donné leur accord par écrit à leur employeur, peuvent travailler ce jour-là et bénéficient d’une rémunération doublée.
Rémunération et droit au travail le 1er mai
Le 1er mai est unique parmi les jours fériés en France. En effet, c’est le seul jour férié dont le travail est obligatoirement rémunéré double. Lorsque le salarié travaille ce jour-là, il reçoit son salaire habituel augmenté d’une indemnité équivalente, conformément à l'article L.227-7 du Code du travail. Cette indemnité est un principe d’ordre public auquel ni les conventions collectives ni les accords d’entreprise ne peuvent déroger.
Pour les salariés ne travaillant pas, ils doivent être rémunérés normalement, sans majoration. Les autres jours fériés, en l’absence de disposition favorable dans le contrat ou la convention collective, ne donnent pas lieu à une majoration spécifique pour le travail réalisé.
Si le 1er mai tombe un dimanche, et que la convention collective prévoit une majoration pour ce jour, la majoration est due mais ne peut être cumulée avec la rémunération doublée spécifique au 1er mai.
Modalités de paiement et conditions
| Situation | Rémunération | Conditions |
|---|---|---|
| Jour férié chômé (1er mai) | Rémunération normale sans réduction | Tout salarié ayant au moins 3 mois d’ancienneté |
| Travail le 1er mai | Double rémunération | Salaire habituel + indemnité égale au salaire, travail sur accord écrit ou dérogation |
| Travail autre jour férié | Rémunération normale sauf accord collectif | Selon contrat/convention collective |
| Jour férié tombant un jour de repos | Aucune rémunération supplémentaire | Pas de jour de repos compensateur |
Le travail de nuit, compris entre 21 heures et 6 heures, demeure soumis aux règles spécifiques, sans modification particulière pour les jours fériés, hormis le cas du 1er mai.
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Législation et négociations autour du travail du 1er mai
La proposition de loi déposée en 2025 visait à étendre l’autorisation de travail le 1er mai à certains secteurs comme les commerces et les boulangeries, permettant aux salariés volontaires d’y exercer leur activité. Toutefois, cette proposition a été rejetée par l’Assemblée nationale le 10 avril 2026. À la suite de ce rejet, le ministère du Travail et les organisations syndicales ont renvoyé le débat aux négociations de branche, sans évolution législative pour 2026.
Le 1er mai ne peut pas être choisi comme journée de solidarité. Cette dernière est une journée de travail supplémentaire non rémunérée instaurée par ailleurs, mais indépendante de la réglementation spécifique du 1er mai.
La Confédération générale du travail (CGT) appelle à une mobilisation active le 1er mai, soulignant que cette journée est un moment clé pour revendiquer des augmentations de salaire et des mesures contre la vie chère.
Règles spécifiques sur les « ponts » liés aux jours fériés
La mise en place d’un « pont » après un jour férié, comme le 1er mai, est à la discrétion de l’employeur. En cas de fermeture de l’entreprise à cette occasion, les heures perdues peuvent être récupérées conformément à la législation. Cependant, cette récupération n’est pas obligatoire, laissant une marge de manœuvre au gestionnaire.
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Autres jours fériés en France
Outre le 1er mai, le Code du travail reconnaît dix autres jours fériés légaux sur le territoire métropolitain :
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- 1er janvier (Jour de l’an)
- Lundi de Pâques
- 8 mai (Victoire 1945)
- Ascension
- Lundi de Pentecôte
- 14 juillet (Fête nationale)
- Assomption (15 août)
- Toussaint (1er novembre)
- 11 novembre (Armistice 1918)
- 25 décembre (Noël)
En Alsace et Moselle, le vendredi Saint et le 26 décembre sont également des jours fériés. Dans les départements et régions d’outre-mer, certains jours commémoratifs locaux font également office de jours fériés.
Tradition culturelle liée au 1er mai
Le brin de muguet offert le 1er mai est une tradition historique qui remonterait au roi Charles IX en 1560. Depuis, le muguet est devenu le symbole du bonheur et de la chance à offrir ce jour-là, participant ainsi à la célébration festive de la Fête du Travail.
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