Quelle retraite avec 80 trimestres cotisés ?

Il est nécessaire d'accumuler un certain nombre de trimestres d'assurance retraite pour être éligible à une retraite de base à taux plein, et ce nombre varie en fonction de votre année de naissance. Si vous avez actuellement 80 trimestres cotisés et que vous vous interrogez sur le montant de votre retraite, cet article est spécialement dédié à ce sujet ! Nous répondons en détail à la question : “Quelle retraite avec 80 trimestres ?”.

Principes généraux du calcul de la retraite

Le montant de la pension de retraite lorsque l'on a accumulé 80 trimestres de travail dépend de divers facteurs, notamment :

  • le nombre de trimestres cotisés ;
  • la moyenne des salaires sur les 25 meilleures années ;
  • l'âge auquel on prend sa retraite.

Le calcul de la pension de retraite pour les individus ayant cumulé 80 trimestres de travail est réalisé de manière similaire que pour les autres personnes. Cependant, il est essentiel de noter que le montant de la pension sera inférieur à celui d'une personne ayant cotisé davantage de trimestres. En effet, un nombre plus élevé de trimestres cotisés se traduit par un taux de liquidation de la pension plus élevé.

Trimestres cotisés, trimestres assimilés, trimestres validés

Qu'est-ce qu'un trimestre cotisé ? Les trimestres cotisés correspondent aux périodes pendant lesquelles des cotisations ont été déduites de vos revenus d'activité. Ces cotisations prélevées sur votre salaire ont ensuite été versées aux caisses de retraite.

Un trimestre assimilé désigne un trimestre où vous n'avez pas versé de cotisation, mais qui est néanmoins validé. Les trimestres assimilés correspondent à des périodes spécifiques, comme le chômage, la maternité, la maladie, un stage de formation professionnelle, la détention provisoire, et autres situations similaires.

Lire aussi: Auto-entrepreneur : tout savoir sur la retraite

Pour déterminer le nombre de trimestres validés, on additionne les trimestres cotisés et les trimestres assimilés. Le nombre de trimestres validés est calculé ainsi : Nombre de trimestres cotisés + Nombre de trimestres assimilés.

Validation d’un trimestre

Pour considérer un trimestre de retraite comme cotisé, autrement dit pour que votre trimestre soit validé, il faut : percevoir dans l’année un salaire soumis à cotisation ; ce montant annuel doit représenter au moins 150 fois le montant du SMIC horaire brut. Bon à savoir : Le montant du SMIC horaire brut change chaque année, lors de la revalorisation du SMIC. Depuis le 1er mai 2025, le taux horaire brut du Smic a été établi à 12,00 €. Pour valider un trimestre en 2024, vous devez avoir perçu une rémunération équivalente à 150 fois le SMIC horaire, soit 1 747,50 €.

Effet des 80 trimestres sur le montant de la pension

Avec 80 trimestres cotisés, votre pension de retraite subira une double pénalité : la proratisation et la décote. La proratisation consiste à calculer votre pension au prorata du nombre de trimestres cotisés par rapport au nombre requis. La décote s’applique si vous n’avez pas atteint l’âge du taux plein automatique (67 ans) ou le nombre de trimestres requis.

Le taux de liquidation : fixé à 50% pour une retraite à taux plein, mais réduit en cas de trimestres manquants, avec une décote de 0,625 % par trimestre manquant. Le taux de minoration applicable ou décote se situe entre 1,25 et 2,5% selon certaines mentions du dossier ; dans d'autres passages de la réglementation la décote est indiquée à 1,25% par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Si vous partez à la retraite sans avoir la durée d'assurance requise en fonction de votre année de naissance, le montant de votre pension de base se verra appliquer un coefficient de minoration, et sera donc réduit : c'est ce qu'on appelle la décote.

En pratique, pour les personnes ayant cumulé 80 trimestres, le montant mensuel sera généralement faible comparé à une carrière complète. Par exemple, une personne ayant cotisé 80 trimestres et prenant sa retraite à l'âge de 62 ans pourrait recevoir une pension de retraite d'environ 1 000 € par mois, tandis qu'une personne ayant cotisé 172 trimestres et prenant sa retraite à l'âge de 67 ans pourrait percevoir une pension de retraite d'environ 2 000 € par mois.

Lire aussi: Droits Retraite Auto-Entrepreneur

Exemples concrets

  • Prenons l'exemple de Luc, né le 22 janvier 1965 et père d'un enfant. Il a travaillé durant 20 ans comme salarié dans un commerce, avec une rémunération de 1 200 € nette par mois, soit 14 000 euros par an. Selon une estimation réalisée à partir de notre simulateur, s'il part à la retraite en 2027, à 62 ans et 9 mois, l'âge légal pour sa génération, Luc percevra une pension d'un montant de 250 € net par mois.
  • Prenons l'exemple de Marie, née le 25 mars 1964 et mère de trois enfants. Agent de la fonction publique pendant 20 ans, elle a cotisé 80 trimestres et son traitement indiciaire est de 1000 euros net par mois, soit 12 000 euros net par an. Selon une estimation issue de notre simulateur, si elle part à la retraite en 2026, à 62 ans et 9 mois, âge légal pour sa génération, elle percevra une pension de retraite d'un montant de 668 euros net par mois.

Minimum contributif et aides complémentaires

Quel est le montant minimal de la retraite pour une personne qui n'a pas accumulé tous ses trimestres requis ? Le montant du minimum contributif se compose de deux éléments : le minimum de base (700,00 € en 2025 pour une carrière complète) ; la majoration, applicable lorsque vous justifiez d'une durée d'assurance d'au moins 120 trimestres au régime général, ce qui porte le minimum à 770,00 € (toujours en 2026).

Ainsi, si vous avez seulement 80 trimestres de cotisés au régime général, le montant du minimum contributif est fixé à 8 400,00 € brut par an, ce qui revient à 700,00 € brut par mois. Le minimum contributif est un dispositif qui garantit une pension minimale aux assurés ayant cotisé sur de faibles revenus. En 2024, son montant de base est de 746,71 € par mois pour une carrière complète. Malheureusement, avec seulement 80 trimestres cotisés, vous ne remplissez pas les conditions pour bénéficier du minimum contributif majoré. Vous pourriez toutefois prétendre au minimum contributif de base, proratisé en fonction de votre durée de cotisation.

L'Allocation de Solidarité aux Personnes Agées (ASPA), anciennement appelé le minimum vieillesse, est une aide destinée aux retraités ayant de faibles revenus. Il est envisageable de cumuler l'ASPA et une pension de retraite, mais sous certaines conditions. Pour être éligible à l'ASPA, vous devez justifier de ressources limitées qui ne vous permettent pas de subvenir à vos besoins de manière adéquate. Si vous remplissez les critères d'attribution de l'ASPA, elle peut être utilisée pour compléter vos revenus de retraite afin d'atteindre un montant minimum fixé par l'État.

Cumul emploi-retraite et ressources

Le cumul emploi-retraite est une option intéressante si vous avez cotisé 80 trimestres. La loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2026 a introduit de nouvelles règles concernant le dispositif cumul emploi-retraite. Entre l'âge légal de départ et 67 ans, si vous reprenez un emploi, l'ensemble de vos revenus ne devra pas dépasser un certain seuil. Celui-ci sera fixé par décret et pourrait être de 7000 euros par an. Après 67 ans, vous pourrez cumuler, sans conditions, votre pension de retraite et un revenu d'activité.

Cumul Emploi retraite l David GUYON

Retraite complémentaire et points

La retraite complémentaire s'ajoute à la retraite de base versée par la Sécurité sociale. Elle emploie le point d'indice comme unité de base spécifique, pas les trimestres cotisés. Vos cotisations deviennent donc des points qui s'additionnent. Lorsque vous prenez votre retraite, on multiplie le nombre total de points accumulés par la valeur du point en vigueur au moment où vous quittez votre emploi. Bon à savoir : Cette valeur de point est revalorisée en principe une fois par an, généralement le 1er novembre.

Lire aussi: Comptabilisation des trimestres de retraite durant un congé parental

Qui verse la retraite complémentaire ? Tout dépend de votre parcours professionnel : si votre carrière a été intégralement effectuée en tant que salarié du secteur privé, votre retraite complémentaire vous sera versée par l'Agirc-Arrco ; si vous avez exercé des professions relevant de plusieurs régimes de retraite différents, vous toucherez plusieurs pensions de retraite de base et complémentaires.

Comment améliorer ses droits : rachat de trimestres, cotisations volontaires, épargne

Racheter des trimestres à sa caisse régionale de retraite peut être le moyen de profiter d'une pension de retraite à taux plein lorsqu'on n'a pas le nombre complet de trimestres cotisés. Cela peut être intéressant pour rattraper certaines périodes, telles des années d'études supérieures ou d'apprentissage ; lorsqu'on a des trous de carrière (année incomplète) ; dans certains cas spécifiques (période d'activité en tant qu'assistant(e) maternel(le), enfant d'anciens harkis...).

Même si chaque situation est unique, plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour déterminer le coût de rachat d'un trimestre. En jeu notamment : l'âge du rachat (plus on le fait jeune, moins le rachat est cher) ; la moyenne des salaires/revenus durant les trois années précédant le rachat (plus vous gagnez, plus le rachat de trimestre est cher). En moyenne, il faut débourser entre 1 055 € et 6 015 € selon les cas pour racheter un trimestre (montants 2026). On ne peut racheter, au maximum, que 12 trimestres, soit trois ans.

La cotisation volontaire à l'Assurance retraite permet aussi de cumuler des trimestres. Il faut en faire la demande à votre caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou, si vous êtes hors des frontières, à la Caisse des Français de l'étranger (CFE). Cette option peut fonctionner, par exemple si vous aidez un membre invalide ou infirme de votre famille ; vous vous consacrez à l'éducation au foyer d'un enfant de moins de 20 ans.

Autre possibilité : l'épargne individuelle (PER, assurance-vie) pour compléter vos revenus de retraite. L’ASPA n’est pas la seule solution pour conserver un bon niveau de vie à la retraite et compléter ses revenus : vous pouvez dès maintenant souscrire à des produits d’épargne comme le plan épargne retraite (PER) ou l’assurance-vie. Ces produits à la fiscalité avantageuse vous permettent de mettre facilement de côté durant votre vie active pour ensuite bénéficier de revenus supplémentaires (sous forme de capital ou de rente viagère, au choix).

Âge légal, taux plein, surcote et exceptions

En France, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans depuis la réforme des retraites de 2023. Toutefois, certaines catégories de travailleurs, comme les fonctionnaires, les salariés ayant eu une carrière longue ou ceux exerçant des activités pénibles, peuvent bénéficier d’un départ anticipé sous conditions.

Le taux plein de la retraite est conditionné par la durée d'assurance tous régimes. À 67 ans, un salarié, même s'il n'a pas son quota de trimestres, pourra partir à la retraite sans décote. En revanche, partir à 67 ans permet de toucher sa retraite complémentaire à taux plein, même si le nombre de trimestres requis n’a pas été cotisé.

La surcote est une majoration définitive du montant de votre retraite, accordée si vous continuez à travailler au-delà de l’âge légal tout en ayant déjà acquis tous vos trimestres pour le taux plein. Attention : la surcote ne doit pas être confondue avec la surcotisation.

Tableau : nombre de trimestres requis selon les années de naissance

Année de naissance Trimestres cotisés requis Âge de départ
Entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 1960 167 trimestres 62 ans
Entre le 1er janvier 1961 et le 31 août 1961 168 trimestres 62 ans
1er sept. 1961 - 31 déc. 1961 169 trimestres 62 ans et 3 mois
1962 169 trimestres 62 ans et 6 mois
1er janv. 1963 - 31 mars 1965 170 trimestres 62 ans et 9 mois
1966 172 trimestres 63 ans et 3 mois
1967 172 trimestres 63 ans et 6 mois
1968 172 trimestres 63 ans et 9 mois
À compter du 1er janvier 1969 172 trimestres 64 ans

Cas particuliers : chômage, service militaire, AVPF, retraite progressive

Les périodes de chômage sont bien prises en compte pour le calcul de vos trimestres si cette période de chômage est involontaire et que vous avez reçu des indemnités d’un des types pris en compte (ARE, ASS, AER, Aca, allocation versée lors d'un congé de reclassement). Vous n'avez aucune démarche à faire pour justifier de ces périodes : France Travail transmet automatiquement les informations à l'Assurance retraite.

Si vous avez fait votre service militaire, cette période au service de l'État vous ouvre des droits à la retraite avec validation d'un trimestre tous les 90 jours de service. Cependant, pour que cette période de service soit intégrée, il faut avoir cotisé avant ou juste après votre service national.

L'assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) peut permettre de valider des trimestres sans travailler. Durant la période où vous bénéficiez de cette AVPF, ce sera la caisse d'allocation familiale qui cotisera pour vous dans un certain nombre de situations (congé de proche aidant, charge d'un adulte ou enfant handicapé, allocation journalière de présence parentale).

La retraite progressive permet de cumuler une activité à temps partiel avec une fraction de pension. Les salariés et certains fonctionnaires peuvent également opter pour une retraite progressive, permettant de cumuler une activité à temps partiel avec une fraction de leur pension.

Comment connaître son nombre de trimestres et vérifier son relevé de carrière

Pour consulter votre relevé de carrière et connaître, entre autres, combien de trimestres vous avez cotisé, il vous faut vous créer un espace personnel sur le site officiel lassuranceretraite.fr. Ceci fait, vous pouvez cliquer sur l'une des rubriques suivantes : Consulter mon relevé de carrière ou Comprendre mon relevé de carrière. Si vous constatez des anomalies ou des oublis, vous pourrez demander une mise à jour de votre relevé depuis votre espace personnel lorsque vous aurez atteint 55 ans.

En amont de toute réclamation en cas d'anomalie ou d'oubli, pensez, dès le début de votre carrière, à conserver précieusement tous les justificatifs susceptibles d'étayer vos démarches de passage en retraite : bulletins de salaire, contrats de travail mais aussi justificatifs d'allocation chômage ou encore d'indemnités maladies.

Que faire si vous avez seulement 80 trimestres ? Stratégies et recommandations

  • Estimer précisément votre pension avec un simulateur retraite : afin d'estimer le montant de votre pension de retraite, utilisez notre simulateur retraite.
  • Envisager le rachat de trimestres : racheter des trimestres peut permettre de combler une partie du manque, surtout si vous avez des années d'études supérieures ou des années incomplètes.
  • Considérer la cotisation volontaire : pour valider des trimestres si vous ne travaillez pas ou si vous avez des périodes non cotisées.
  • Poursuivre l'activité professionnelle : travailler plus longtemps augmente le nombre de trimestres validés, peut éviter la décote et permet d'obtenir la surcote si vous dépassez l'âge légal avec tous les trimestres requis.
  • Constituer une épargne retraite (PER, assurance-vie) : pour compenser un niveau de pension faible.
  • Se renseigner sur les aides (ASPA) : si votre pension est très faible, vous pourriez être éligible à l'ASPA sous conditions de ressources.

La préparation de votre retraite avec seulement 80 trimestres cotisés nécessite une approche proactive et réfléchie. Bien que la situation puisse sembler difficile, des solutions existent pour améliorer vos droits et assurer un niveau de vie correct à la retraite. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre caisse de retraite ou d’un conseiller spécialisé pour explorer toutes les options à votre disposition. Plus tôt vous agirez, plus vous aurez de chances d’optimiser votre situation.

balises:

Articles populaires: