Calcul de l’abattement sur les pensions de retraite et conséquences si des trimestres manquent (39 ans sur 42)

Les pensions de retraite sont des revenus imposables et, sauf mesure d'exonération spécifique, vous devez les déclarer. Depuis le 1er janvier 2019 et l'instauration du prélèvement à la source, les pensions de retraite sont soumises à la retenue à la source. Le montant que vous percevez est donc un montant net de prélèvement à la source.

Que déclarer : sommes concernées et exonérations

Vous devez déclarer notamment les sommes suivantes : les sommes versées par les régimes de retraite, de base et complémentaires, par les régimes spéciaux ou par l'État; les prestations de retraite versées sous forme de capital. Ces sommes doivent inclure les sommes suivantes : les majorations pour charges de famille ; les bonifications pour campagne de guerre (majoration de la pension attribuée aux anciens combattants) ; les allocations supplémentaires versées par les régimes de retraite (par exemple, allocations éducation, allocation décès, etc.).

Vous devez également déclarer les sommes suivantes : les allocations versées à certains anciens combattants ; les allocations veuvage ; les rentes viagères versées dans le cadre d'un plan d'épargne retraite populaire (PERP), du régime PREFON ou d'un contrat Madelin ou d'un régime obligatoire de retraite supplémentaire d'entreprise (article 83) ainsi que les rentes provenant d'un plan d'épargne retraite obligatoire (PERO), d'un plan d'épargne retraite individuel (PERIN) ou d'un plan d'épargne retraite d'entreprise collectif (PERECO), autres que celles correspondant à des versements provenant de l'épargne salariale ou à des versements volontaires ayant fait l'objet d'une option pour leur non-déduction ; les rentes viagères versées à titre gratuit reçues en vertu d'un acte de donation ou d'un testament.

Les sommes suivantes sont exonérées et ne sont pas à déclarer : l'allocation personnalisée d'autonomie ; l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) et les allocations du minimum vieillesse ; les pensions de vieillesse versées par la Sécurité sociale dont le montant ne dépasse pas le montant de l'allocation aux vieux travailleurs salariés (AVTS) si les ressources du bénéficiaire ne dépassent pas le plafond de revenu fixé pour l'attribution de cette allocation ; certaines pensions militaires, pensions de guerre et assimilées, notamment la retraite du combattant ; la retraite mutualiste des anciens combattants, dans la limite du plafond de la rente majorée par l'État. La prestation spécifique dépendance ; la majoration pour assistance d'une tierce personne ; les pensions temporaires d'orphelin : rentes d'invalidité que perçoit l'enfant concerné, la fraction de la pension correspondant au montant des prestations familiales auxquelles aurait eu droit le parent décédé, la partie de la pension qui remplace l'allocation aux adultes handicapés...

Abattement forfaitaire de 10 % : principe, plafonds et plancher

Les pensions de retraite sont soumises à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des pensions et rentes. Toutefois, elles bénéficient d’un abattement proportionnel de 10%. L’abattement s’applique sur le montant net imposable de l’ensemble des pensions de vieillesse (de base et complémentaires) perçues par chaque membre du foyer fiscal.

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L’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est prévu par le Code général des impôts (CGI, article 158). Le montant de l’abattement est fixé à 10% des pensions imposables déclarées. Bien que son taux soit fixe (10%), le montant de l’abattement est encadré par un plancher (minimum) et un plafond (maximum).

Pour l’imposition des revenus 2025 déclarés en 2026, l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite reste inchangé : il est appliqué automatiquement par l’administration fiscale, sans intervention du contribuable. Le contribuable n’a aucune démarche à effectuer pour bénéficier de l’abattement de 10%. Celui-ci est calculé directement par l’administration fiscale à partir des pensions mentionnées dans la déclaration de revenus.

Élément Valeur (déclaration 2026 sur revenus 2025)
Taux de l’abattement 10 %
Plancher par pensionné 454 € (minimum)
Plafond par foyer fiscal 4 439 € (maximum)

Lorsque le montant des pensions est faible, ce minimum de 454 euros est retenu et s’applique à la place du taux de 10%. Le plafond de 4 439 € s’applique au foyer fiscal dans son ensemble et non par personne. Autrement dit, un couple de retraités ne bénéficie pas de 2 × 4 439 €, mais d’un seul et même plafond de 4 439 € pour l’ensemble de leurs pensions cumulées.

Exemples chiffrés

Par exemple, si vous avez perçu 40 000 € et votre conjoint 4 000 € de pensions en 2024, vous avez droit à un abattement de 4 000 €, lui à un abattement de 400 € porté au minimum à 454 €. Mais comme l’abattement global de votre foyer dépasse le plafond, c’est ce dernier qui va être déduit de vos revenus par le fisc.

Autre exemple : un retraité célibataire, de moins de 65 ans, sans enfant à charge, percevant 20 000 € de pensions de retraite par an paierait 465 euros d’impôts sur le revenu en supprimant l’abattement de 10%. Avec l’abattement en vigueur, son impôt était de 145 euros ; la suppression ferait grimper son impôt de 320 euros, soit une hausse de +120 %.

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Cas particuliers : pensions en capital et options d’imposition

Cas particulier des prestations de retraite en capital : si vous avez perçu des prestations de retraite sous forme de capital (notamment le versement forfaitaire unique remplaçant une pension de faible montant), vous pouvez demander que ces revenus soient imposés selon le système du quotient ou opter pour l’imposition forfaitaire au taux de 7,5 % sur votre déclaration de revenus.

Option pour l'imposition forfaitaire de 7,5 % : cette option est possible lorsque les conditions suivantes sont remplies : le versement du capital n’est pas fractionné ; les cotisations versées pendant la phase de constitution des droits, y compris le cas échéant par l’employeur, étaient déductibles du revenu imposable. L'imposition forfaitaire de 7,5 % est calculée sur le montant du capital, diminué d'un abattement de 10 %. Si vous optez pour la taxation à 7,5 %, déclarez le montant avant déduction des cotisations ou contributions prélevées sur la pension, case 1AT ou BT. Vous devrez alors modifier le montant pré-rempli en case 1AS ou 1BS.

Option pour le système du quotient : si vous choisissez le système du quotient, l'impôt relatif au revenu exceptionnel (au cas présent, la pension de retraite versée en capital) est payé en une seule fois. Toutefois, vous atténuez la progressivité de l’impôt, c'est-à-dire une imposition dans des tranches de barème dont le taux est supérieur à celui habituellement supporté.

Impact de l’abattement sur le calcul de l’impôt et son effet selon le niveau de revenus

L’abattement de 10 % réduit le montant des pensions retenu pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Ce mécanisme diminue le revenu net imposable avant l’application du barème de l’impôt. L’effet de l’abattement de 10 % sur l’impôt dépend du niveau de pension et de la tranche d’imposition du foyer. Plus le taux marginal d’imposition (TMI) est élevé, plus l’économie d’impôt liée à l’abattement est importante.

En pratique, l’abattement est plus intéressant pour les retraités célibataires que pour ceux qui vivent en couple car son plafond est identique quelle que soit la situation familiale du foyer. Il est aussi plus avantageux pour les retraités aisés car son montant est proportionnel aux pensions déclarées et il procure des économies d’impôt proportionnelles au taux d’imposition du foyer.

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Effets secondaires (RFR, aides sociales)

La suppression de l’abattement de 10 % entraînerait aussi une hausse du revenu fiscal de référence (RFR) des foyers de retraités. Le RFR est un critère non négociable pour l’éligibilité à certaines prestations sociales ou exonérations (taxe foncière, impôts locaux). La fin de l’abattement pourrait disqualifier de nombreux foyers de ces aides et provoquer une perte d’aides pour les nouveaux imposables (aides au logement, complémentaire santé solidaire, MaPrime Adapt’, etc.).

Vers une suppression ou une réduction de l’abattement ? Débats et mesures envisagées

L’abattement forfaitaire de 10 % sur les pensions de retraite est régulièrement remis en question pour des raisons budgétaires. Selon la Cour des comptes, l’abattement de 10 % représente un coût annuel d’environ 4,5 milliards d’euros pour l’État. Le Medef et le Conseil d'orientation des retraites ont proposé de le supprimer pour faire participer davantage les seniors au redressement des finances publiques. Selon eux, la mesure pourrait rapporter jusqu’à 4 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires par an.

Face à un déficit public préoccupant, le gouvernement a exploré différentes pistes, dont la suppression pure et simple ou la réduction du plafond. La proposition de remplacement par un abattement forfaitaire de 2 000 € avait été avancée mais rejetée massivement par le Parlement en novembre 2025 (213 voix contre 17). Le rejet s’explique par une opposition quasi unanime en raison des inégalités de traitement et des risques de perte d'accès aux droits sociaux conditionnés au RFR.

Une réduction du plafond de l’abattement (par exemple à 3 000 € par foyer au lieu de 4 439 €) est une piste moins dramatique car elle préserverait les retraités modestes tout en taxant davantage les retraités imposables. Cette suppression partielle aboutirait à taxer à 100 % la part des pensions annuelles du foyer comprise entre le nouveau plafond et l’ancien, augmentant l’imposition des classes moyennes.

Impacts chiffrés de la suppression

La suppression totale de l’abattement rendrait 500 000 retraités nouvellement imposables selon certaines estimations et ferait augmenter mécaniquement l’impôt de millions de retraités déjà imposables. Par exemple, un couple percevant 40 000 € de pensions paierait aujourd’hui 609 € d’impôt ; sans abattement, cet impôt doublerait pour atteindre 1 248 €. Pour un foyer disposant de 65 000 € de revenus, le surcoût fiscal serait de 1 320 €.

Au-delà de l’impôt, la suppression pourrait rendre inéligibles certains foyers à des aides sociales, fragilisant les ménages modestes et moyens.

Assistantes maternelles : calcul de l'abattement et déclaration d'impôt.

Outils et bonnes pratiques pour les retraités

Le site officiel des impôts met à votre disposition un simulateur de calcul de l’impôt sur le revenu. Utilisez le simulateur d’impôt sur le revenu de l’administration fiscale après avoir rempli votre déclaration. Afin de mesurer l’impact sur l’impôt à payer, il suffit d’effectuer une simulation avec l’abattement et une autre sans l’abattement. L’écart d’impôt à payer sera l’impact.

Bon à savoir : beaucoup de retraités ne vérifient pas que l’abattement de 10 % a bien été appliqué. Ce montant est pré-rempli sur la déclaration des revenus (case 1AS ou 1BS). Vous devez simplement vérifier ces montants. Vous devez déclarer vous-même les pensions et retraites des personnes à charge ou rattachées car ces revenus ne sont jamais pré-remplis.

Autres leviers pour réduire la pression fiscale : utiliser les crédits d'impôt (recours à l’emploi à domicile, travaux d'adaptation du logement), souscrire et alimenter un Plan Épargne Retraite (PER) pour déduire des versements, optimiser l’assurance-vie (abattement après 8 ans), contrôler le bon taux de CSG et consulter les services sociaux locaux.

Points clés à retenir

  • L’abattement de 10 % sur les pensions est automatique et s’applique avant le calcul de l’impôt.
  • Il existe un plancher (454 €) et un plafond (4 439 € par foyer fiscal pour la déclaration 2026 sur revenus 2025).
  • Le plafond s’applique par foyer, pas par personne : un couple ne bénéficie que d’un seul plafond.
  • La suppression totale de l’abattement aurait des conséquences importantes : nouveaux imposables, hausse d’impôt, perte d’aides sociales potentielles.
  • Des alternatives existent pour réduire l’imposition: PER, crédit d’impôt pour services à la personne, assurance-vie, vérification du taux de CSG.

En pratique, vérifiez chaque année les montants pré-remplis par l’administration et utilisez les simulateurs officiels pour estimer l’impact d’un changement éventuel de la règle. Si vous avez perçu des prestations en capital, informez-vous sur les options d’imposition (quotient ou imposition forfaitaire à 7,5 %).

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