Achat-Revente et Auto-Entrepreneur : Guide Complet

Devenir auto-entrepreneur dans le domaine de l’achat-revente de marchandises est une option de plus en plus populaire. Le régime de la micro-entreprise présente de nombreux avantages pour les professionnels en achat-revente, surtout lorsque votre chiffre d’affaires annuel brut ne dépasse pas 176.200€.

Achat-Revente et Auto-Entrepreneur

Inscription et Démarches Initiales

Pour vous inscrire en tant que micro-entrepreneur, vous pouvez effectuer toutes les démarches en ligne ou demander à un organisme, tel que la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), de procéder à la création de votre micro-entreprise. Il vous est également demandé une copie d’une pièce d’identité. Notez que selon les produits que vous souhaitez revendre, le code APE peut changer d’un professionnel à un autre. Par exemple, pour créer une entreprise d’achat-revente de voitures, le code APE est le 4511 Z.

Les démarches peuvent s’avérer complexes pour les particuliers ne disposant pas de connaissances juridiques spécifiques. C’est pourquoi LegalPlace vous propose de créer votre micro-entreprise en ligne et d’effectuer toutes les démarches à votre place. Pour cela, il vous suffit de remplir un questionnaire en ligne. A noter : l’équivalent de cet ancien formulaire P0 est rempli directement en ligne et gratuitement.

Obligations Comptables Simplifiées

En tant que micro-entrepreneur (« auto-entrepreneur »), vous bénéficiez du régime micro-social. Vous avez ainsi la possibilité de tenir une comptabilité allégée. En micro-entreprise, seul un livre des recettes et des dépenses doit obligatoirement être tenu à jour par l’auto-entrepreneur. Dès lors, il est tout à fait possible pour n’importe quel auto-entrepreneur de réaliser soi-même sa comptabilité.

Vous devez déclarer votre chiffre d'affaires tous les mois ou tous les 3 mois, selon ce que vous avez choisi au moment où vous avez débuté votre activité. Si vous oubliez de déclarer votre chiffre d'affaires ou vos recettes avant l'échéance, une pénalité de 58,9 € s'applique sur chaque déclaration manquante. Vous avez la possibilité de régulariser votre situation en fin d'année. Si vous ne le faites pas, vous pouvez être taxé d'office sur une base majorée. Cette taxation peut entraîner la perte du régime de la micro-entreprise.

Lire aussi: Achat Revente Auto Entrepreneur : Comment déclarer vos revenus ?

Même s’il bénéficie d’une comptabilité simplifiée, l’auto-entrepreneur a l’obligation d’établir plusieurs documents comptables pour être à jour en cas de contrôle. Selon la nature de son activité, il peut ainsi être tenu de fournir un registre des achats.

Le livre des recettes

Vous devez tenir à jour un livre des recettes encaissées. Vous devez enregistrer chronologiquement les recettes et indiquer les informations suivantes :

  • Montant et origine des recettes (identité du client ou de la société mandataire)
  • Mode de règlement (chèque, espèces ou autres)
  • Références des pièces justificatives (numérotation des factures, notes)

Vous devez faire le total de vos recettes tous les 3 mois.

Pour les ventes aux détails et les services rendus à des particuliers, vous pouvez inscrire dans votre livre de recettes les informations correspondantes de manière globale en fin de journée dès lors que leur montant unitaire est inférieur à 76 €.

À savoir le livre de recettes peut être tenu sous format électronique.

Lire aussi: Informations Essentielles Achat-Revente

Vous devez conserver les informations du livre de recettes durant 10 ans à partir de la clôture de l'exercice comptable auquel les informations appartiennent.

Le registre des achats

Vous devez aussi tenir un registre des achats. Il doit contenir le récapitulatif chronologique par année du détail des achats que vous avez effectués dans l'exercice de votre activité. Vous devez indiquer les informations suivantes :

  • Mode de paiement (chèque, espèces...)
  • Références des pièces justificatives (factures, notes...)

Attention une fois enregistrées, vos écritures ne peuvent pas être modifiées.

À savoir le registre des achats et le livre des recettes peuvent être tenus sous format électronique.

Vous devez conserver les informations du livre de recettes et du registre des achats durant 10 ans à partir de la clôture de l'exercice comptable concerné. Le même délai s'applique aux pièces justificatives.

Lire aussi: Vélo Électrique et Auto-Entreprise

La non-tenue du registre des achats n’entraîne pas de sanction pour l'auto-entrepreneur.

Il n’existe pas de modèle imposé par la loi pour le registre des achats. Elle ne précise pas non plus le support à utiliser. Un auto-entrepreneur est donc libre de choisir ce qui lui convient le mieux, qu'il s'agisse de papier, d'un tableur ou d'un logiciel dédié. Toutes les informations doivent y être inscrites par ordre chronologique.

Vous avez la possibilité de tenir vos registres de l'une des manières suivantes :

  • Acheter des livres comptables papiers dans le commerce et les remplir
  • Télécharger des modèles officiels et les remplir
  • Utiliser un logiciel comptable spécifique

Comptabilité Auto-Entrepreneur : Comment Ça Marche ?

Régime Fiscal et TVA

En tant qu’auto-entrepreneur en achat-revente, vous êtes imposé sous le régime de l’impôt sur le revenu. Ainsi, vous dépendez du barème progressif l’impôt sur le revenu (IR) après un abattement forfaitaire de 71% de votre chiffre d’affaires brut annuel. Si vous y êtes éligible, vous pouvez également opter pour le prélèvement libératoire. Dès lors, vous payez votre impôt sur le revenu mensuellement (ou trimestriellement).

Un des autres avantages majeurs du statut d’auto-entrepreneur en achat-revente est la possibilité de bénéficier du régime de franchise de TVA. Cependant, si vous ne dépassez pas 85.000 € de chiffre d’affaires brut annuel en achat-revente, vous pouvez bénéficier de la franchise de TVA. Ainsi, il aura alors la possibilité d’opter pour une Entreprise Individuelle (EI) ou une Société par Actions Simplifiées Unipersonnelle (SASU).

Attention : des choix importants sont à effectuer sur le formulaire en ligne. En effet, dans ce cas-là, la TVA ne peut pas être déduite, ni récupérée des achats de biens et de services effectués pour l’activité. En effet, le statut de micro-entreprise offre beaucoup de flexibilité, mais ne permet pas de récupérer la TVA payée pour vos achats de matériel vu que vous ne la collectez pas, jusqu’à un certain seuil de chiffre d’affaires, étant en franchise de base de TVA.

Dans le cadre de l’exonération de TVA, il est indispensable d’ajouter la mention “TVA non applicable, art. 293 B du CGI” sur toutes vos factures, à condition que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas les seuils définis par la loi. Cela vous exonère de collecter la TVA sur vos ventes. Chaque facture doit être numérotée de façon séquentielle pour garantir une traçabilité et une organisation optimale. En parallèle, il est indispensable de conserver toutes les factures d’achat des produits que vous revendez. Ces documents servent à justifier l’origine de vos marchandises et à établir une comptabilité simplifiée.

Il existe une exception : il est possible de demander à payer volontairement la TVA en optant pour un régime de TVA (régime réel normal ou régime réel simplifié). De cette façon, vous pourrez déduire la TVA sur vos achats. Et bonne nouvelle : c’est possible même si votre chiffre d’affaires est inférieur aux plafonds de TVA !

Dans ce cas, vous devrez intégrer la TVA sur vos devis en micro-entrepreneur et vos factures en micro-entrepreneur. Petit bémol : cela aura pour effet d’augmenter vos prix si vous travaillez avec des clients particuliers. En revanche, cela n’aura pas d’importance si vous travaillez avec des entreprises.

Cotisations Sociales et Aides

Les cotisations sociales peuvent représenter une somme importante selon la forme juridique de l’entreprise créée. Si vous souhaitez devenir auto-entrepreneur en achat-revente, les mois où vous ne réalisez pas de ventes, vous n’avez pas à payer de cotisations sociales. Le montant des cotisations et contributions sociales est calculé en appliquant au chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel un taux qui varie en fonction de votre secteur d’activité.

Activité Taux de cotisations sociales
Achat-vente de marchandises 12,3%
Prestations de services commerciales ou artisanales 21,2%
Professions libérales 21,2%

La création d’une micro-entreprise nécessite d’engager certains frais. Aussi, des aides pour financer l’achat de votre matériel sont bienvenues !

Quelques exemples :

  • Le financement des équipements de sécurité dans le bâtiment : si vous êtes micro-entrepreneur dans le BTP, vous avez le droit à une subvention permettant de financer jusqu’à 50 % des investissements hors taxes avec un plafond à 5 000 € HT. C’est l’assurance maladie qui propose cette subvention.
  • Le chèque numérique pour aider les micro-entreprises à se digitaliser. Vous pouvez dépenser jusqu’à 1 500 € HT dans des frais comme la publicité digitale, l’achat de logiciels, l’hébergement web, etc. Il semble que ce chèque ne soit plus accessible depuis 2023 mais certaines régions proposent encore une version de cette aide.
  • Autre option : le crowdfunding ou financement participatif. Des individus peuvent contribuer financièrement à votre projet en échange de petites contreparties. Il existe diverses plateformes de crowdfunding comme Ulule, KissKissBankBank…

Gestion des Frais et Débours

Toutefois, le statut de micro-entrepreneur ne permet pas de déduire les différents frais professionnels liés à l’exercice de l’activité professionnelle. Levons le suspense : vous ne pouvez pas déduire de votre chiffre d’affaires vos charges en micro-entreprise. Aucun des frais engagés pour votre activité n’est déductible : cotisations sociales, achat de marchandises, d’outils, assurances auto-entrepreneurs, etc.

À la place, vous avez le droit à un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires qui représente une estimation calculée par l’État de vos frais. L’abattement dépend de la nature de votre activité :

  • 71 % du CA pour les activités d’achat-revente ou de fourniture de logement ;
  • 50 % du CA pour les artisans et commerçants relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ;
  • 34 % du CA pour les activités libérales relevant des bénéfices non commerciaux (BNC).

Si vous optez pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, l’abattement forfaitaire ne s’applique pas.

Les débours constituent une exception intéressante pour limiter la charge financière que représentent les achats professionnels. Ils permettent de facturer au client les frais nécessaires à la réalisation de la prestation. Le système est simple :

  • vous avancez des frais pour votre client ;
  • vous demandez au fournisseur ou prestataire une facture au nom de vos clients (la facture ne doit pas être à votre nom) ;
  • le client vous rembourse le montant exact des frais.

Seuls certains frais sont facturables en débours : achat de matières premières et marchandises, frais de port et frais de déplacement. Il faut facturer le montant de l’achat à l’euro près : vous ne pouvez faire aucune marge dessus. Vous devez faire signer à votre client un mandat de débours : c’est un contrat qui permet de vous mettre d’accord avec lui en amont.

Les débours ont un grand avantage : les frais d’auto-entrepreneur facturés ne rentrent pas dans le calcul du chiffre d’affaires. De cette façon, vous n’augmentez pas votre chiffre d’affaires et vous pouvez respecter les plafonds de chiffre d’affaires maximum en micro-entreprise. Vous ne payez pas non plus de cotisations sociales sur un chiffre d’affaires que vous ne touchez pas !

Stratégies de Vente et Canaux de Distribution

Un auto-entrepreneur qui se lance dans la vente de marchandises peut choisir parmi plusieurs canaux de distribution. Chacun de ces canaux présente des avantages spécifiques et des exigences particulières.

  • Boutique physique : L’une des premières options pour un auto-entrepreneur est d’ouvrir une boutique physique. Cependant, il est important de noter que la location d’un local commercial représente un coût fixe important. Pour un auto-entrepreneur, cela peut devenir un frein financier, surtout au début de l’activité.
  • Dépôt-vente : Le dépôt-vente permet à un auto-entrepreneur de proposer ses produits dans un magasin existant sans avoir à supporter les coûts liés à la location d’un local. Cela consiste à confier ses marchandises à un commerçant qui les expose et les vend en échange d’une commission.
  • Boutique en ligne : Créer une boutique en ligne permet de toucher une clientèle potentiellement mondiale, 24 heures sur 24, sans les contraintes géographiques d’un magasin physique. Cependant, pour réussir dans la vente en ligne, l’auto-entrepreneur doit être à l’aise avec les outils numériques. La gestion d’un site e-commerce nécessite une bonne maîtrise des plateformes de vente en ligne, du référencement naturel (SEO), ainsi que des stratégies de marketing digital, telles que l’utilisation des réseaux sociaux et la publicité en ligne (SEA).
  • Marchés et Foires : Ce modèle permet non seulement de créer un lien direct avec la clientèle, mais aussi d’être itinérant, ce qui donne accès à un large public, allant des habitants locaux aux visiteurs étrangers. Cependant, cette solution présente des contraintes logistiques. En effet, il est nécessaire de se lever tôt pour réserver les meilleurs emplacements, et il faut aussi veiller à respecter les réglementations locales concernant les commerçants ambulants. Pour cela, l’auto-entrepreneur doit demander une carte de commerçant ambulant.
  • Dropshipping : Cette méthode consiste à vendre des produits sans avoir à les stocker. L’auto-entrepreneur sert d’intermédiaire entre le client final et le fournisseur, qui se charge de la gestion des stocks et de la livraison des produits. Cependant, le dropshipping présente aussi des inconvénients : les délais de livraison peuvent être plus longs, les marges bénéficiaires sont souvent réduites, et le choix des produits peut être limité.
  • Vente à domicile : Enfin, une autre méthode courante pour un auto-entrepreneur est la vente à domicile. La vente à domicile peut être particulièrement efficace dans des secteurs où l’expérience produit est essentielle, comme pour les vêtements, les cosmétiques, ou les ustensiles de cuisine.

Conseils Pratiques

  • Assurez-vous que les produits que vous achetez sont sans risque pour la santé et la sécurité de vos clients.
  • Privilégiez des vendeurs français ou européens reconnus pour être sûr qu’ils respectent les normes de sécurité.
  • De façon générale, n’hésitez pas à investir dans des équipements de qualité car vous serez amené à les utiliser fréquemment.
  • Pour faire des économies au démarrage de votre activité, vous pouvez vous tourner vers du matériel d’occasion.

Questions Fréquentes

Comment devenir auto entrepreneur achat revente véhicule ?

Pour devenir auto-entrepreneur en achat-revente de véhicules, inscrivez-vous auprès de l'URSSAF, sélectionnez l'activité commerce de véhicules et obtenez la carte professionnelle nécessaire. Respectez les obligations fiscales, émettez des factures et assurez-vous de disposer d’un local pour stocker les véhicules, si nécessaire.

Quel est le meilleur statut pour faire de l'achat revente ?

Le statut d'auto-entrepreneur est idéal pour l'achat-revente grâce à sa simplicité administrative et fiscale, avec des charges sociales basées sur le chiffre d'affaires. Pour des activités plus importantes, d'autres formes juridiques (SARL, SAS) peut être préférable, offrant plus de flexibilité et de protection.

Peut on faire de l'achat revente de véhicules automobiles en dehors de la France ?

Oui, l'achat-revente de véhicules est possible en dehors de la France, mais il faut respecter la législation locale et déclarer les revenus en France lors de la déclaration fiscale.

balises: #Entrepreneur

Articles populaires: