Cotisation volontaire retraite complémentaire Agirc-Arrco : fonctionnement et conditions
En tant que salarié du secteur privé, vous cotisez obligatoirement au régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco. Ces cotisations vous permettent de bénéficier, à votre retraite, d'une pension complémentaire à la retraite de base de l’Assurance retraite. Cependant, pour certaines personnes qui ne cotisent plus ou ne sont plus affiliées à un régime obligatoire, la cotisation volontaire retraite complémentaire Agirc-Arrco constitue une option importante pour continuer à acquérir des droits à la retraite.
Fonctionnement des cotisations au régime Agirc-Arrco
Les cotisations Agirc-Arrco sont calculées en fonction du salaire annuel brut et réparties en deux tranches :
| Tranche | Rémunération annuelle (base de cotisation) | Taux de calcul des points | Salaire de référence (€) |
|---|---|---|---|
| Tranche 1 | Jusqu'à 48 060 € | 6,20 % | 20,1877 € |
| Tranche 2 | De 48 060 € à 384 480 € | 17 % |
Par exemple, si votre rémunération annuelle est de 75 500 € en 2026, le calcul des cotisations salariales et patronales est :
(48 060 € × 7,87 %) + (75 500 € - 48 060 €) × 21,59 % = 9 706,62 €.
Votre nombre de points acquis par an est calculé ainsi :
(48 060 € × 6,20 %) + (75 500 € - 48 060 €) × 17 % = 7 644,52 € / 20,1877 € = 378,67 points retraite.
À savoir : La différence entre le taux de cotisation et le taux de calcul des points sert uniquement au financement du régime Agirc-Arrco et ne génère pas de points retraite.
Conditions d'acquisition de points sans cotisations
Certaines périodes non travaillées et non cotisées peuvent être assimilées à des périodes de cotisations, permettant l’attribution de points gratuits :
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- Périodes d’arrêt de travail supérieures à 60 jours pour maladie, maternité, adoption, ou accident du travail avec indemnités journalières ou pension d'invalidité équivalente à un taux d’incapacité d’au moins 2/3.
- Périodes de chômage indemnisé (ARE, ASP, ASS).
- Périodes de chômage partiel supérieures à 60 heures dans la même année.
Par ailleurs, dans certains cas de cessation complète ou partielle d’activité (ex. congé parental, congé de solidarité familiale), l'employeur peut maintenir les cotisations comme si le salarié poursuivait son activité, ce qui permet la continuité de l'acquisition des droits retraite.
Demande de retraite complémentaire
Vous pouvez demander à bénéficier de votre pension de retraite complémentaire à partir de l’âge légal minimum de départ, sous condition d’avoir droit à une retraite de base à taux plein. Il est conseillé de formuler la demande 6 mois avant la date souhaitée via votre espace personnel Agirc-Arrco.
Votre demande est prise en compte pour toutes vos caisses de retraite, de base et complémentaires, grâce à un transfert automatique des informations.
Calcul et versement de la pension complémentaire
Le montant de votre retraite complémentaire est obtenu en multipliant le nombre total de points acquis par la valeur de service du point, fixée à 1,4386 €. La pension est versée le premier jour ouvré de chaque mois. Si vous avez entre 101 et 200 points, la pension est versée annuellement ; si vous avez 100 points ou moins, la pension est versée en une seule fois.
Une majoration de pension est possible :
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- Si vous avez eu ou élevé au moins 3 enfants, la majoration est définitive.
- Si vous avez au moins un enfant à charge au moment du départ à la retraite, la majoration est temporaire.
- Vous ne pouvez pas cumuler ces deux majorations, seule la plus favorable est attribuée.
Retraite à taux plein versus taux minoré
Vous obtenez une retraite complémentaire à taux plein si vous bénéficiez d’une retraite de base à taux plein, notamment lorsque :
- Vous avez atteint l’âge légal de départ avec le nombre de trimestres requis.
- Vous avez 67 ans quel que soit votre nombre de trimestres.
- Vous bénéficiez de retraites anticipées (carrière longue, invalidité, expositions spécifiques, etc.).
Si ces conditions ne sont pas remplies, un coefficient de minoration s’applique sur votre retraite complémentaire. Vous pouvez également demander votre retraite complémentaire dès 57 ans sans retrait de la retraite de base, avec une minoration selon l’âge.
Cas particuliers de cotisation
Travail à temps partiel
Les salariés à temps partiel cotisent par défaut selon leur salaire effectif. Toutefois, ils peuvent choisir avec accord de cotiser sur la base d’un salaire équivalent à un temps plein, afin d’obtenir des points retrait supplémentaires, sous réserve qu’ils cotisent aussi à la retraite de la Sécurité sociale sur cette base temps plein.
Employeurs multiples
Pour un salarié employé simultanément par plusieurs employeurs, chaque employeur verse des cotisations selon sa part de rémunération. Deux méthodes peuvent être appliquées pour déterminer l’assiette des cotisations Agirc-Arrco : selon la part relative du salaire ou selon la durée de travail du salarié dans chaque entreprise.
Salarié détaché et expatrié
Le salarié détaché temporairement à l’étranger conserve sa protection sociale française pendant la durée du détachement (souvent 24 mois), avec cotisations Agirc-Arrco maintenues. Au-delà, il est considéré comme expatrié, cotise aux régimes du pays d’accueil, mais peut souscrire à une assurance volontaire via la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) pour maintenir des droits en France.
Lire aussi: Guide détaillé du module de conversion des cotisations
Les cotisations volontaires Agirc-Arrco : une option pour les personnes sans affiliation
Pour les personnes qui ne sont plus affiliées à un régime obligatoire de retraite ou qui ont cessé leur activité professionnelle, il est possible de cotiser volontairement à l’Assurance Retraite (CNAV) pour continuer à accumuler des trimestres de retraite et augmenter leurs droits.
Conditions d’éligibilité
- Ne plus être affilié à un régime obligatoire de retraite.
- Avoir été affilié pendant au moins 6 mois à la CNAV, ou 5 ans pour les expatriés.
- Faire la demande dans les 6 mois après la cessation des conditions d’affiliation obligatoire.
Cette option cible notamment :
- Les salariés ayant cessé toute activité et désaffiliés.
- Les indépendants et anciens artisans ou commerçants ayant arrêté l’activité.
- Les conjoints collaborateurs non affiliés.
- Les personnes assumant la charge familiale sans rémunération.
- Les expatriés non couverts par un régime français.
- Les volontaires internationaux et jeunes volontaires.
Mode de calcul des cotisations volontaires
Les cotisations sont basées sur le salaire des 6 derniers mois d’activité, ramené à un an, et réparties en 4 catégories d’assiette (100%, 75%, 50% du plafond annuel, etc.). En 2021, par exemple :
| Catégorie | Assiette en % du plafond annuel | Montant 2021 (€) |
|---|---|---|
| 1ère catégorie | 100% | 41 136 € |
| 2ème catégorie | 75% | 30 852 € |
| 3ème catégorie | 50% | 20 568 € |
| 4ème catégorie (moins de 22 ans) | 25% | 10 284 € |
Le taux de cotisation pour le risque « vieillesse » est de 17,75 % en 2021, appliqué trimestriellement.
Par exemple, une personne avec un salaire supérieur au plafond 2021 devra verser 7 301 € annuellement en cotisations volontaires pour une retraite complémentaire.
Avantages des cotisations volontaires
- Optimisation des trimestres : Les cotisations volontaires permettent de combler des manques de trimestres pour bénéficier du taux plein et ainsi limiter ou éviter des décotes sur la pension.
- Augmentation du salaire moyen de référence : Les cotisations volontaires peuvent faire partie des 25 meilleures années et donc augmenter la base de calcul de la retraite de base.
- Avantage fiscal : Les sommes versées sont déductibles du revenu global imposable, ce qui réduit l’imposition.
Autres aspects des cotisations Agirc-Arrco
Les taux de cotisations sont fixés par les partenaires sociaux et incluent une majoration dite « pourcentage d’appel » (127 %) destinée au financement du régime. En 2026, les taux sont par exemple :
- Tranche 1 : 17,87 %
- Tranche 2 : 21,59 %
La répartition est réglementée : 60 % des cotisations sont prises en charge par l’employeur et 40 % par le salarié, bien que des accords collectifs puissent modifier cette répartition.
Des cotisations spécifiques comme la Contribution d’Équilibre Général (CEG) et la Contribution d'Équilibre Temporaire (CET) ont été mises en place pour compenser les charges liées aux départs anticipés à la retraite.
Questions particulières concernant la retraite complémentaire
Maladie, maternité, invalidité et congés familiaux
Les salariés en arrêt maladie, maternité, ou accident du travail bénéficient de l’attribution de points de retraite complémentaire sans contrepartie de cotisations au-delà de 60 jours d’arrêt avec indemnisation. Ceci, quel que soit leur temps d’affiliation. Les congés familiaux tels que congé parental ou pour aidant familial permettent aussi le maintien des cotisations imputées sur la rémunération à temps plein.
Retraite progressive
Les salariés exerçant une activité à temps partiel ou réduite et remplissant certaines conditions (âge minimum 60 ans, 150 trimestres validés, travail entre 40 % à 80 % d’un temps plein) peuvent percevoir une fraction de leur retraite de base et complémentaire tout en continuant à travailler. Les cotisations continuent de générer des points durant la retraite progressive.
Cumul emploi-retraite
Un retraité peut reprendre une activité salariée et cumuler salaire et retraite dans certaines conditions. Les cotisations volontaires de retraite peuvent être compatibles avec cette reprise d’activité et permettent d’accumuler des droits dans les deux régimes.
Retraite complémentaire Agirc-Arrco 2026 : fonctionnement, calcul et optimisation
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