Définition et Évolution de l'Aire Urbaine en France selon l'INSEE

En France, les aires urbaines étaient, de 1996 à 2020, une catégorie statistique de l'INSEE qui recouvrait les agglomérations urbaines et leur couronne périurbaine, cette dernière étant définie par les mobilités domicile-travail.

Une aire urbaine est un ensemble composé de communes contiguës. Elle se compose d’un pôle urbain et d’une couronne périurbaine. Le pôle urbain est une unité urbaine (au moins 2000 habitants sur une surface bâtie continue), qui comprend au moins 1 500 emplois. La couronne rassemble les communes dont au moins 40 % de la population travaille dans le pôle urbain.

Carte des aires urbaines en France

Carte des aires urbaines de France métropolitaine en 2010.

Classification des Aires Urbaines

L’Insee distingue les aires urbaines en fonction du nombre d’emploi qu’elles comprennent :

  • 1 500 à 5 000 pour les petites aires urbaines,
  • de 5 à 10 000 pour les moyennes aires urbaines
  • plus de 10 000 pour les grandes aires urbaines.

Les nouvelles aires urbaines ainsi définies étaient en 2018 au nombre de 792 et rassemblaient 85 % de la population.

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Évolution de la Définition

Le découpage du territoire en aires urbaines par l'INSEE avait le relais, en 1996, des zones de peuplement industriel et urbain (ZPIU) en vigueur depuis 1954. La définition de 1996 avait évolué en 2011.

L'INSEE a procédé en octobre 2011 à la redéfinition du zonage du territoire national en aires urbaines, sur la base des données du recensement de la population de 2008.

Les différentes catégories d'aires urbaines en 2011:

  • les « grandes aires urbaines » autour d'un « grand pôle urbain », unité urbaine de plus de 10 000 emplois. Elles sont au nombre de 241 et regroupent 78 % de la population française.
  • les « moyennes aires urbaines » autour d'un « moyen pôle urbain », unité urbaine de 5 000 à 10 000 emplois.
  • les « petites aires urbaines » autour d'un « petit pôle urbain », unité urbaine de de 1 500 à 5 000 emplois.

Unité Urbaine : Définition

La notion d’unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. En France, les unités urbaines sont construites en France métropolitaine et dans les DOM d’après la définition suivante : une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.

Si l’unité urbaine se situe sur une seule commune, elle est dénommée ville isolée. Si l’unité urbaine s’étend sur plusieurs communes, et si chacune de ces communes concentre plus de la moitié de sa population dans la zone de bâti continu, elle est dénommée agglomération multicommunale.

Si une de ces communes concentre moins de la moitié de sa population dans la zone de bâti continu mais qu’elle y concentre 2 000 habitants ou plus alors elle constituera une unité urbaine isolée. L’agglomération de Paris désigne l’agglomération multicommunale contenant Paris.

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Enfin, on désigne par « commune hors unité urbaine », les communes non affectées à une unité urbaine.

Ces seuils, 200 mètres pour la continuité du bâti et 2 000 habitants pour la population des zones bâties, résultent de recommandations adoptées au niveau international. À titre d’exemple, dans le règlement européen encadrant le recensement de la population, des statistiques de population basées sur le zonage en unités urbaines sont attendues.

Le calcul de l’espace entre deux constructions est réalisé par l’analyse des bases de données sur le bâti de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Il tient compte des coupures du tissu urbain telles que cours d’eau en l’absence de ponts, gravières, dénivelés importants.

Depuis le découpage de 2010, certains espaces publics (cimetières, stades, aérodromes, parcs de stationnement…), terrains industriels ou commerciaux (usines, zones d’activités, centres commerciaux…) ont été traités comme des bâtis avec la règle des 200 mètres pour relier des zones de construction habitées, à la différence des découpages précédents où ces espaces étaient seulement annulés dans le calcul des distances entre bâtis.

Les unités urbaines sont redéfinies périodiquement. L’actuel zonage, daté de 2020, est établi en référence à la population connue au recensement de 2017 et sur la géographie administrative du territoire au 1er janvier 2020. L’exercice précédent, daté de 2010, reposait sur le recensement de 2007 et la géographie administrative du territoire au 1er janvier 2010.

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Une première délimitation des villes et agglomérations avait été réalisée à l’occasion du recensement de 1954.

Critiques et Évolutions Récentes

Ce nouveau zonage ne semble pas tenir compte des critiques qui avaient été formulées à l’encontre du ZAU (Pistre et Richard, 2018). Avec une moyenne de 45 % d’actifs dans la population française, les couronnes périurbaines étaient définies par les mobilités domicile-travail de moins de 20 % de la population d’une commune (40 % de 45 %).

Dans ce nouveau zonage, ce sont les déplacements quotidiens (ou pluri-hebdomadaires, avec la généralisation du télétravail) de seulement 6 % de la population d’une commune (15 % des 45 % d’actifs) qui la définissent comme polarisée. Ce zonage présente ainsi l’inconvénient d’envisager les espaces ruraux comme de vastes aires d’attraction des espaces urbains, comme si les relations entre ces deux types d’espaces étaient unidirectionnelles et descendantes, et non réciproques et multiformes.

D’après l’INSEE, 51 % de la population habite dans les pôles urbains et 43 % dans leurs aires d’attraction. Deux lectures sont possibles : on peut comprendre que 94 % de la population vit dans les villes ou dans leur aire d’influence. On peut aussi lire que la moitié de la population vit en ville, et l’autre moitié dans les espaces ruraux et périurbains.

Ces chiffres à l’échelle nationale n’ont qu’une signification réduite, une grande partie des pôles de moins de 50 000 habitants n’étant en fait que de gros bourgs ruraux, et leur couronne correspondant à ce qu’il est habituellement convenu d’appeler la campagne. Il faut regarder les chiffres dans le détail.

Répartition de la population par type d'unité urbaine

Répartition de la population par type d'unité urbaine.

L’INSEE classe les pôles urbains dans cinq catégories, allant de la mégapole au bourg rural : Paris ; plus de 700 000 habitants sauf Paris ; 200 à 700 000 habitants, 50 à 200 000 habitants, et moins de 50 000 habitants, y compris de très petits pôles d’emploi.

Ce zonage n’est pas sans rappeler la ZPIU. En 1962 l’INSEE mettait au point la « zone de peuplement industriel et urbain ». Sa définition incluait les communes rurales industrielles ou résidentielles (les « communes dortoirs ») reliées aux villes. Elle intégrait les mobilités quotidiennes domiciles travail, la part de population non agricole, ainsi que le nombre et la taille des établissements industriels, commerciaux et administratifs.

Le sort de la ZPIU, ainsi que le remplacement du ZAU de 2010 par les AAV de 2020, sont intéressants en ce qu’ils éclairent la manière dont sont construites les catégories statistiques urbain/rural : empiriquement. Ils nous rappellent que les catégories statistiques ne sont pas des réalités intangibles mais des productions au service d’un discours.

Remarque : Le zonage en aires d’attraction des villes (AAV) 2020 se substitue au zonage en aires urbaines (ZAU) de 2010.

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