Chiffre d'affaires et modèle économique Altares
Les statistiques des défaillances d’entreprises en France constituent un indicateur central de la santé économique du tissu entrepreneurial. Produites et consolidées par Altares, ces statistiques s’appuient sur des sources administratives et judiciaires officielles et couvrent l’ensemble des entités disposant d’un numéro SIREN, qu’il s’agisse de sociétés, d’entreprises individuelles, de professions libérales ou d’associations.
Ce que mesure Altares et sa méthodologie
Les statistiques de défaillances mesurent le nombre d’ouvertures de procédures collectives prononcées par décision de justice sur une période donnée. Altares collecte l’ensemble des jugements auprès des greffes des Tribunaux de Commerce de métropole et d’outre-mer. Altares est également licencié officiel du B.O.D.A.C.C. La date de défaillance retenue par Altares est celle de l’ouverture de la procédure, c’est-à-dire la date du jugement et non pas la date à laquelle ce jugement a été publié dans un journal d’annonces légales ou au B.O.D.A.C.C.
Les statistiques de défaillances d’entreprises publiées par Altares reposent sur une méthodologie rigoureuse, fondée sur l’exploitation et la consolidation de sources administratives et judiciaires officielles. Altares applique une méthodologie de consolidation et de contrôle visant à assurer l’exhaustivité, la cohérence et la comparabilité des données dans le temps.
Les statistiques Altares de défaillances d’entreprises comptabilisent l’ensemble des entités légales disposant d’un numéro siren (entreprises individuelles, professions libérales, sociétés, associations) et ayant fait l’objet d’un jugement d’ouverture de procédure prononcé par un Tribunal de Commerce ou de Grande Instance. L’existence de ce numéro référentiel est indispensable pour savoir précisément de quelle entreprise il s’agit et pouvoir valider son parcours judiciaire. Sans ce numéro, les identifications seraient approximatives et il serait difficile de s’assurer qu’il s’agit bien d’une ouverture de liquidation plutôt qu’une conversion en liquidation au risque donc de comptabiliser deux fois un même jugement.
Altares collecte ainsi près de 4 000 annonces non sirénées par an. Un traitement spécifique manuel d’identification du siren est réalisé, permettant d’affecter un numéro de siren sur plus de la moitié des annonces. Les statistiques de défaillances par activité s’appuient sur la nomenclature des activités françaises NAF révisée au 1er janvier 2008.
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Définition des procédures collectives et périmètre statistique
Les procédures collectives regroupent l’ensemble des dispositifs juridiques encadrés par le droit français permettant de traiter les difficultés des entreprises. La défaillance d’entreprise correspond à l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire directe auprès d’un Tribunal Judiciaire (Ex Tribunal de Grande Instance ou Tribunal d’Instance). Cela ne recouvre donc ni les procédures amiables (mandat ad hoc ou conciliation) ni les suites d’ouverture (arrêt de plan ou conversion en liquidation).
La procédure de sauvegarde est ouverte à l’initiative d’une entreprise qui rencontre des difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter seule, sans être en état de cessation des paiements. Le redressement judiciaire concerne les entreprises en état de cessation des paiements, lorsque la poursuite de l’activité est jugée possible. Le jugement prononcant le redressement judiciaire ouvre une période d’observation devant permettre à l’administrateur de dresser le bilan économique et d’élaborer un plan de redressement. La durée de la période d’observation est de 6 mois renouvelable 1 fois, avec une prolongation exceptionnelle de 6 mois à la demande du Ministère public (Procureur de la République), soit au total 18 mois.
Chaque année, en moyenne, les 2/3 des Redressements Judiciaires ouverts sont convertis en Liquidations Judiciaires. Le terme « faillite » est couramment utilisé dans le langage courant, mais il ne correspond pas à une notion statistique précise.
Altares : positionnement, offres et modèle économique
Altares est l’expert de la donnée d’entreprise, créateur de solutions de pilotage et d’indicateurs de la santé économique et extra-financière des entreprises et des organismes publics, au sein de leur écosystème. Grâce à ses outils et ses informations, Altares aide les responsables des structures privées et publiques, de toute taille et de tout secteur d’activité, à prendre sereinement des décisions éclairées.
Partenaire exclusif en France, au Benelux et au Maghreb de Dun & Bradstreet, 1er réseau international d’informations sur les entreprises, Altares s’appuie sur une base de données mondiale de plus de 600 millions d’entités légales (dont 11 millions en France) pour aider les acteurs économiques à se développer durablement, en intégrant, entre autres, les enjeux essentiels de conformité et de RSE.
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Altares propose depuis début 2005 deux types d’analyses liées aux échanges économiques : les défaillances d’entreprises en France, complétées par les sauvegardes depuis l’entrée en vigueur de la loi au 1er janvier 2006, et les retards de paiement en Europe. Ces publications sont conçues pour faciliter l’analyse des dynamiques économiques à partir d’un référentiel homogène. Altares publie des bilans annuels consacrés à l’évolution des défaillances d’entreprises en France.
Sources de revenus implicites dans le modèle Altares
- Vente de données et d’abonnements : consolidation et accès à une base riche d’informations sur les entreprises (SIREN, comptes, procédures) pour des clients publics et privés.
- Études et publications : bilans trimestriels et annuels payants ou monétisés via abonnements institutionnels et entreprises.
- Solutions logicielles et outils de pilotage : indicateurs de santé économique, scoring, et outils d’alerte pour la gestion du risque client et fournisseur.
- Partenariats internationaux : licence et intégration de données avec Dun & Bradstreet, élargissant l’offre commerciale à l’international.
- Prestations d’accompagnement et d’expertise : analyses sur-mesure, consulting et formation autour des données économiques et des risques.
Chiffres récents des défaillances : contexte macroéconomique et impacts
Avec 57 729 procédures ouvertes en 2023, le nombre de défaillances est en augmentation de près de 36 % par rapport à 2022. Un taux encore très élevé après la hausse historique (+49 %) de 2022. Avec 17 845 procédures collectives ouvertes depuis le 1er janvier, le T1 2025 se clôture sur une hausse de 4,4 % des défaillances. Un niveau très élevé mais une faible augmentation confirme le « pic durable » déjà identifié à l’issue du 4e trimestre 2024.
Sur l’ensemble de l’année, nous approchons un pic sans précédent de 70 000 défauts (69 957 : +3,1 %). Cette volumétrie, d’une envergure inédite, s’inscrit néanmoins dans un ralentissement progressif depuis plusieurs mois. Avec 19 024 procédures ouvertes au dernier trimestre, le seuil symbolique des 70 000 défaillances annuelles - incluant sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires - est quasiment atteint.
Sur les douze derniers mois, un nouveau record est atteint avec plus de 71 000 entreprises concernées par une procédure collective. Il s’agit majoritairement de cessations de paiement (redressements et liquidations judiciaires), alors que le recours préventif au tribunal demeure marginal, avec seulement 1 500 procédures de sauvegarde. Ce premier trimestre n’est donc guère propice au rétablissement de la confiance, ni à la relance de l’investissement et de la consommation.
Le T1 2026 confirme une pression très forte sur le tissu économique français. La situation est particulièrement tendue pour les PME de 20 à 99 salariés, les jeunes entreprises de moins de 3 ans et plusieurs secteurs exposés comme les services aux entreprises, le transport ou encore la santé et l’action sociale. Au cours de ce trimestre, plus de 300 chefs d’entreprise se sont présentés chaque jour ouvré devant le tribunal afin de demander l’ouverture d’une procédure de redressement ou de sauvegarde, ou, parfois à bout de ressources financières et morales, envisager une liquidation judiciaire.
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L’impact social reste très lourd : le volume d’emplois menacés atteint 75 350 pour un trimestre, et sur l’année 2025 le nombre d’emplois menacés dépasse 267 000, soit 11 000 de plus qu’un an auparavant.
Facteurs aggravants et risques de contagion
Sans le fameux « quoi qu’il en coûte » gouvernemental, la crise sanitaire aurait pu provoquer bien plus de procédures. Au 1er trimestre 2022, l’étau de la crise sanitaire se desserre et les aides s’arrêtent. Un retour à une forme de normalité qui implique aussi une reprise des défaillances. La hausse s’amorce donc et elle est déjà très nette dans les secteurs qui comptent sur la reprise des habitudes de consommation comme aller au restaurant ou chez le coiffeur.
Le contexte de flou politique et budgétaire, conjugué à une conjoncture économique morose, trouble la visibilité des affaires et invite à l’attentisme tant du côté des entreprises que des Français. Une stagnation générale mortifère pour les structures les plus faibles financièrement ou trop endettées, notamment celles qui n’ont pas encore pu tourner la page Covid.
A ce titre, les PGE demeurent un point d’attention. Selon Bpifrance, 38,4 milliards € restaient à rembourser en décembre sur les 145 milliards accordés. L’essentiel, soit 37 milliards €, est porté par les TPE-PME. Fait rassurant, « seules » 4 % d’entre elles craindraient de ne pas pouvoir rembourser leur prêt. Autre facteur de remontée des défaillances, la reprise du recouvrement forcé des URSSAF.
Parmi les redressements et liquidations judiciaires prononcées cette année, la part des entreprises qui avaient fait l’objet d’une assignation URSSAF dans les 6 mois précédents augmente (25 % des RJ, 17% des LJ au 3è trimestre). Ces taux restent cependant bien inférieurs à la situation pré Covid. Au-delà des procédures ouvertes cette année, c’est le transfert du risque vers les partenaires commerciaux qui doit être surveillé. Les défauts de 2024 consolidaient plus de 30 milliards de chiffre d’affaires, une perte de revenu que les fournisseurs devront aller chercher ailleurs.
Sur la seule population des sociétés commerciales défaillantes ayant publié leurs comptes 2023 (10 milliards € de CA agrégé), la dette vis-à-vis des fournisseurs pesait 2 milliards € auxquels s’ajoutaient 1 milliard € de dettes fiscales et sociales et 3 milliards € auprès des établissements de crédit. Dans ce contexte, le risque d’effet domino est élevé et la faible croissance attendue par l’exécutif pour 2025 (0.9 %) augure mal d’un reflux des défauts en particulier chez les TPE-PME.
Répartition sectorielle et territoriale des défaillances
Les chiffres montrent de fortes disparités sectorielles : on observe encore des taux records chez les PME-ETI dans la manufacture (+75 %), le commerce de gros (+76 %) ou le transport (+59 %). Trois grands secteurs d’activité sont surreprésentés parmi les grandes défaillances : l’industrie manufacturière (21 %), le secteur social (12 %) et les services administratifs aux entreprises (19 %).
Parmi les activités destinées aux consommateurs, la restauration reste en difficulté : 2 119 établissements de restauration sont tombés sur le T4, et le rythme ne ralentit pas (+8 %). La coiffure tente de résister (+3 %) tandis que les instituts de beauté signent une légère amélioration (-1 %). Les activités santé humaine et action sociale (+11 %) restent fragilisées chez les grands acteurs comme chez les plus petits, avec une sinistralité forte chez les infirmiers (+30 %) et une hausse marquée pour les ambulanciers (+110 %).
Les disparités territoriales sont nettes : l’Île-de-France affiche 4 371 défaillances (+5,8 %) tandis que la Corse enregistre 112 défaillances (-24,8 %). La Normandie signe un très bon dernier trimestre et une année 2025 encourageante (-12,1 % sur le T4). La Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Grand Est présentent des performances de fin d’année positives, alors que la Corse et plusieurs territoires ultramarins accusent des dégradations importantes.
Évolutions récentes et signaux à surveiller
Après une phase de rattrapage d’une partie des entreprises tenues à flot grâce aux mesures d’accompagnement mises en place depuis la crise Covid, nous amorçons désormais une nouvelle phase, plus structurelle, davantage liée aux insuffisances financières des entreprises qui doivent naviguer dans un environnement économique extraordinairement tendu. Activité en berne, niveau d’inflation encore élevé, taux d’intérêt toujours hauts, consommation qui flanche, forment un dangereux cocktail pour des entreprises aux trésoreries épuisées après une succession de crises.
Le mauvais chiffre du dernier trimestre de l’année, un des pires sur trente ans, ne saurait s’expliquer par le seul retour d’une action de recouvrement plus habituelle des URSSAF après une longue période accommodante. Certes les assignations ont repris fortement sur cette fin d’année mais toutes les procédures ne sont pas ouvertes à l’initiative des URSSAF.
La trajectoire de ralentissement observée depuis plusieurs mois se confirme avec une hausse deux fois moins rapide sur 12 mois : +17 % sur 2024 contre +36 % sur 2023. Le premier trimestre 2025 a montré une stabilisation autour de 68 000 défauts sur 12 mois glissants, tandis que les premiers mois de 2026 confirment une pression forte sur le tissu économique.
Utilité des publications Altares pour les acteurs économiques
Les statistiques de défaillances d’entreprises constituent un outil d’analyse et d’information utilisé par de nombreux acteurs économiques et institutionnels. Grâce à ses publications et outils, Altares facilite l’évaluation du risque client, la surveillance des chaînes d’approvisionnement et la prise de décisions stratégiques pour limiter le risque de contagion financière. Altares publie des bilans annuels consacrés à l’évolution des défaillances d’entreprises en France.
Dans ce contexte, les entreprises devront redoubler d’audace et conjuguer prudence financière et anticipation stratégique pour rester compétitives. La trajectoire a commencé à s’inverser sur les comportements de paiement qui s’améliorent modestement sur le dernier trimestre. Cependant, malgré le regain de croissance attendu, fragilités économiques et contraintes règlementaires demeurent.
Altares fournit des éléments factuels indispensables pour mesurer le risque : nombre d’ouvertures par trimestre, répartition par type de procédure, secteurs, tailles d’entreprises et territoires. Ces indicateurs servent de base pour les décisions commerciales, la politique de crédit, le pilotage financier et l’action publique d’aide aux entreprises.
Trame méthodologique pour analyser les données issues de vos entretiens (enquête qualitative)
Tableau synthétique : principales données récentes
| Indicateur | Valeur récente |
|---|---|
| Défaillances annuelles (2025) | ≈ 69 957 (≈ 70 000) |
| Procédures au T4 2025 | 19 024 |
| Emplois menacés (2025) | ≈ 267 000 |
| Part des LJ (annuel) | ≈ 66 % |
| Nombre de sauvegardes (annuel) | ≈ 1 540 |
| CA agrégé sociétés défaillantes (ex. comptes 2023) | 10 milliards € (CA agrégé publié) |
Ces chiffres illustrent l’ampleur des défaillances d’entreprises sur le territoire et renforcent l’utilité d’un suivi continu et d’outils d’alerte pour limiter les effets de contagion et soutenir la résilience des chaînes de valeur.
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