Qu'est-ce que le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) et comment il s’applique à l’assurance vie

Le prélèvement forfaitaire libératoire, ou PFL, est une option d’imposition qui permet de taxer immédiatement les gains réalisés lors d’un rachat d’assurance vie, c’est-à-dire lors d’un retrait partiel ou total des sommes investies sur le contrat.

Le PFL est « libératoire » en ce qu’il libère le contribuable de tout impôt sur le revenu de ses placements, et il est « forfaitaire » car son taux est le même pour une catégorie de produit considérée. Après 2018, la loi a institué le PFU (prélèvement forfaitaire unique) qui est appliqué par défaut et peut être révocable, tandis que le PFL demeure une option irrémovible dans certains cas historiques.

Qu'est-ce que le PFL et comment il fonctionne

En assurance vie, les gains et les primes accumulés ne sont soumis à l’impôt que lorsque l’épargnant effectue un rachat. Cette particularité permet de laisser fructifier le capital sans prélèvements fiscaux annuels tant que les fonds restent investis.

Le PFU octroie aux souscripteurs la possibilité de choisir une imposition immédiate des gains au moment du rachat, avec des taux forfaitaires établis selon la durée de détention du contrat. Avant la réforme de la flat tax en 2018, les taux étaient différents; désormais, pour les versements réalisés après le 27 septembre 2017, les gains des contrats d’assurance vie sont soumis à un prélèvement forfaitaire dont le taux dépend de la durée de l’investissement et du montant des versements.

Les taux du PFL pour les versements post-27 septembre 2017 varient ainsi selon l’ancienneté du contrat et le montant des versements: entre 0 et 8 ans, 12,8 %; après 8 ans et avec des versements de moins de 150 000 €, 7,5 %; après 8 ans et si l’encours dépasse 150 000 €, 12,8 %. Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) s’applique sur les gains, rendant ces montants non imposables dans la limite de cet abattement.

Lire aussi: Tout savoir sur l'Abattement Fiscal

Le PFU et le PFL aujourd’hui

Depuis 2018, le PFU - souvent appelé « flat tax » - est l’option par défaut pour taxer les revenus de placement, avec un taux global de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux). Le PFL, quant à lui, subsiste comme option spécifique pour certains revenus et contrats, notamment ceux antérieurs au 27 septembre 2017, sous des règles précises sur les taux et les conditions.

Les prélèvements sociaux et leur rôle

En complément de l’imposition forfaitaire, les gains des contrats d’assurance vie supportent des prélèvements sociaux fixés à 17,2 %. Ces prélèvements s’appliquent aux intérêts et gains réalisés au moment du rachat pour la partie en unités de compte, que l’épargnant ait choisi le PFU ou l’imposition au barème.

Pour les fonds en euros, les prélèvements sociaux sont prélevés annuellement, directement sur les intérêts générés chaque année.

Avantages et limites du PFL

  • Avantages:
    • Simplicité de gestion grâce à des taux fixes facilitant la prévision de l’imposition lors des rachats.
    • Intérêt particulier pour les contrats détenus depuis plus de huit ans, avec un taux de 7,5 % sur les produits jusqu’à 150 000 €, plus les prélèvements sociaux et l’abattement.
    • Maîtrise du montant d’impôt sur les rachats sans subir la progressivité de l’impôt sur le revenu.
  • Limites:
    • Pour les foyers très peu imposables, l’intégration au barème peut être plus favorable que le PFL.
    • Pour les gros versements post-2017 (au-delà de 150 000 €), le coût du PFL peut être élevé à 12,8 % dans certains cas.

Le choix du PFL peut être avantageux pour certains épargnants et coûteux pour d’autres. Il est fortement recommandé d’évaluer son niveau de revenu global, la tranche d’imposition et les objectifs d’investissement, éventuellement avec l’aide d’un conseiller, afin d’optimiser la fiscalité et le rendement de son assurance vie.

Quand opter pour le PFL et quelles précautions prendre

Le PFL est une option irrévocable: une fois choisie, elle ne peut pas être modifiée pour l’année fiscale en cours. Les produits des contrats d’assurance vie attachés à des primes versées avant le 26 septembre 2017 restent éligibles au PFL, mais uniquement pour la fraction correspondant à ces primes, et sous les taux correspondants (35 % avant 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, 7,5 % après 8 ans, avec abattement après 8 ans).

Lire aussi: Perspectives fiscales pour les hauts revenus

Pour les primes versées après le 26 septembre 2017, c’est le PFU qui s’applique, ou l’impôt sur le revenu selon le choix du contribuable, quand cela est possible. Des cas spécifiques restent possibles pour des revenus faibles ou certains placements particuliers, mais restent marginaux.

Cas particuliers et autres usages du PFL

Le PFL demeure envisageable pour d’autres revenus dans des cas très particuliers, par exemple certains produits à revenus fixes ou pour des micro-entrepreneurs, sous conditions et taux spécifiques. Toutefois, ces situations restent moins fréquentes et nécessitent une analyse personnalisée.

En résumé, le PFL et le PFU coexistent et s’appliquent différemment selon le type de contrat, la date des versements et la durée de détention. Pour choisir la meilleure option, un accompagnement par un conseiller est fortement recommandé afin d’optimiser la fiscalité et le rendement de son assurance vie.

Revenus de Placements - Comment choisir entre PFU (Flat Tax) et TMI (Barème progressif de l'impôt)

Lire aussi: Airbnb et les impôts en France

balises:

Articles populaires: