Grève CFDT Finances publiques : explications et revendications
Depuis plusieurs années, les agents des finances publiques se mobilisent régulièrement pour défendre leurs conditions de travail, leurs missions et le service public. Les syndicats, dont la CFDT, multiplient les préavis de grève, les journées d’action et les manifestations pour peser dans les négociations avec l’État.
Pourquoi les agents des finances publiques font-ils grève ?
Pour les agents publics des finances, « la situation est grave ». Une administration qui a déjà payé « un lourd tribut » aux réformes diverses et variées rappelle les syndicats. Ainsi des dizaines de milliers d’emplois ont été supprimés en quinze ans mais cela ne semble pas suffire à l’exécutif. Alors que celui-ci programme la suppression de 120 000 postes dans l’ensemble de la Fonction publique dont 50 000 à l’État, le secteur des finances publiques serait une fois de fois impacté par ce massacre dans le cadre du plan pluri-annuel.
La CFDT et les autres organisations syndicales dénoncent également le périmètre de leurs missions attaqué et la manière de les exercer bouleversée : elles sont vidées de leur sens au détriment de l’intérêt général. La « géographie revisitée » va aboutir à un déménagement violent et massif du territoire et divisera par quatre le nombre de nos implantations. Tous les services de l’administration des finances publiques sont en effet concernés par des restructurations.
Revendiations principales portées par la CFDT Finances publiques
- Le renforcement du service public et des moyens de la DGFiP afin de mieux accueillir et renseigner le public, combattre la fraude fiscale, conseiller les collectivités locales et assurer les missions foncières.
- L’ouverture de véritables négociations et le retrait du projet de restructuration visant à transférer certains services et à réduire le réseau territorial.
- La défense des emplois : arrêt des suppressions massives de postes et maintien des effectifs nécessaires pour assurer les missions.
- La protection des garanties collectives et individuelles, refus d’un recours massif aux contractuels et préservation du rôle des CAP.
- Des mesures pour améliorer le pouvoir d’achat et des négociations salariales toujours bloquées dans les conventions collectives.
- La prise en charge par l’État-employeur d’une partie de la protection sociale complémentaire (PSC), revendication historique de la CFDT Finances (50%).
- Une opposition aux projets qui affaiblissent les principes républicains, comme la suppression de la séparation ordonnateurs/comptables dans les grandes collectivités.
- La garantie que toute transformation ne se fera pas au détriment de la qualité du service public et de la probité dans la gestion des deniers publics.
Points de tension concrets
Les syndicats pointent des attaques sur plusieurs volets concrets : les suppressions d’emplois, la dégradation des conditions de travail et l’utilisation accrue d’outils numériques et d’intelligence artificielle. La colère des agents publics de la DGFIP porte aussi sur une possible réforme du recouvrement : les pouvoirs publics portent l’idée d’une agence unique de recouvrement des recettes fiscales et sociales hors du périmètre de la DGFIP, ce qui mettra à mal les services dédiés à la fiscalité des entreprises (SIE).
Les agents s’inquiètent en outre des projets visant à transférer la rémunération d’agents comptables aux collectivités, ou à modifier la séparation ordonnateur/comptable, principe républicain garantissant un meilleur contrôle de l’utilisation des fonds publics. Les syndicats rappellent que la séparation des rôles permet d’assurer la probité et la responsabilité pécuniaire du comptable public.
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Actions et calendrier des mobilisations
La CFDT Fonction publique a multiplié les préavis de grève couvrant les trois versants de la fonction publique : journées de mobilisation (6 juin, 19 mars, 5 décembre et autres dates), préavis reconductibles et manifestations nationales. L’intersyndicale des finances publiques (FO, CGT, CFDT, CFTC et Solidaires) a appelé à une nouvelle journée de grève le 28 mars, assortie d’une manifestation nationale à Paris, avec un cortège allant de la place de la Bastille à Bercy, siège du ministère de l’Économie et des Finances.
Les syndicats ont aussi déposé des préavis réguliers (par exemple pour le 1er mai, le 6 juin, le 13 avril, le 7 mars, le 8 février et d’autres dates) afin d’exprimer leur mécontentement et de maintenir la pression sur le gouvernement. Cette nouvelle journée de grève a été suivie par environ 1 agent sur 4 en grève. Le mécontentement et la mobilisation persistent donc. Près de 2 000 agent.es participaient à la manifestation organisée à Paris entre Nation et Bercy.
Organisation syndicale et position de la CFDT
La CFDT est la première organisation syndicale de France tous secteurs confondus. Avec 634 000 adhérent·es et plus de 1 100 syndicats, la CFDT est implantée sur tout le territoire et représente tous les secteurs d’activité. Indépendante des partis politiques, la CFDT s’engage dans des actions publiques et dans la campagne citoyenne sans donner de consigne politique partisane, tout en prenant position face aux risques démocratiques et aux attaques sur le modèle social.
La CFDT fait le choix stratégique de mobiliser pour défendre le service public, les salaires et les conditions de travail, tout en veillant à ne pas confondre action syndicale et actions politiques susceptibles de récupération. Elle appelle au renforcement du dialogue social et à des négociations véritables pour répondre aux revendications des agent·es publics.
Revendiations transversales liées au pouvoir d’achat et à la reconnaissance
Outre les revendications structurelles, les syndicats demandent des mesures concrètes pour améliorer le pouvoir d’achat des agents publics. En l’absence de perspectives sur des mesures salariales, des journées de mobilisation ont été décidées pour exiger la mise en place de mesures générales sur les salaires qui bénéficient à l’ensemble des agents publics, quel que soit leur statut.
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La CFDT et l’intersyndicale appellent aussi à une meilleure reconnaissance du travail des agents, à l’amélioration des conditions de travail (télétravail, organisation, effectifs) et à la défense d’un modèle social fondé sur la justice sociale. Les syndicats dénoncent parallèlement l’austérité budgétaire qui conduit à des coupes massives et à la mise en danger des services essentiels.
Rejet du plan de restructuration et appel à l’ouverture de négociations
Le plan des pouvoirs publics est rejeté par les agent.es des finances publiques et de plus en plus d’élu.es et de citoyen.nes. L’abandon de ce plan visant à restructurer le réseau territorial et à transférer certains services est plus que jamais nécessaire comme l'ouverture de véritables négociations. La priorité doit aller au renforcement du service public et des moyens de la DGFiP afin, notamment, de mieux accueillir et renseigner le public, combattre la fraude fiscale, conseiller les collectivités locales ou encore assurer les missions foncières.
Exemples d’impacts concrets évoqués par les syndicats
- Réduction du nombre de trésoreries et services de proximité, diminuant l’accès des citoyens à l’administration.
- Perte de compétences locales entraînant une dégradation du conseil aux collectivités et de la gestion des finances locales.
- Affaiblissement de la lutte contre la fraude fiscale faute de moyens humains suffisants.
- Risque d’affaiblissement du principe de contrôle républicain si la séparation ordonnateur/comptable est remise en cause.
- Pression accrue sur les agents restants, augmentation de la charge de travail et dégradation des conditions de travail.
Plateforme revendicative intersyndicale
Pour structurer les demandes, les syndicats (Solidaires, CGT, FO, CFDT-CFTC) ont élaboré une « plateforme revendicative » articulée autour de quatre thèmes : les droits et garanties des personnels, le pouvoir d’achat et la rémunération, les conditions de travail et le télétravail, les missions et structures. Cette plateforme sert de base aux revendications lors des préavis de grève et des négociations avec l’État.
Perspectives et démarches complémentaires
En complément des grèves et manifestations, les syndicats organisent des actions de sensibilisation comme des « votations nationales » pour favoriser l’expression des agent.es face aux projets des pouvoirs publics, et cherchent à mobiliser élus et citoyen·nes autour de la défense du service public. De nouvelles actions et démarches sont d’ores et déjà programmées, y compris des présences lors de salons et congrès pour expliquer les enjeux.
Les organisations syndicales insistent sur la nécessité d’un dialogue réel et d’engagements concrets de l’État pour répondre aux revendications, faute de quoi la mobilisation est appelée à se poursuivre.
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Tableau récapitulatif : revendications clés et moyens d’action
| Revendications | Moyens d’action |
|---|---|
| Maintien des emplois et arrêt des suppressions | Grèves reconductibles, manifestations, préavis |
| Renforcement des moyens de la DGFiP | Campagnes de sensibilisation, rencontres avec élus |
| Amélioration du pouvoir d’achat | Journées de mobilisation nationales, revendications salariales |
| Protection des garanties collectives | Négociations, appels intersyndicaux |
| Refus d’une agence externe de recouvrement | Actions ciblées, arguments techniques et juridiques |
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