Techniques artisanales de tissage de tapis sur table
Les techniques de tissage de tapis sont nombreuses, et même si la réalisation d’un tapis complet peut parfois prendre beaucoup de temps, elles peuvent toutes faire l’objet d’un apprentissage relativement rapide. Si l’aventure du tapis vous tente, n’hésitez pas à nous contacter via le formulaire contact de notre site web.
Principes de base : chaîne et trame
La chaîne et la trame : Les fils verticaux sur toute la longueur du métier à tisser forment la chaîne. Ces fils sont toujours très tendus. On appelle la trame les fils horizontaux colorés qui passent dessus et dessous de chaîne. Afin de créer le dessin, le tisserand tisse des fils dits « de trame » dans des fils dits « de chaîne ». Le fil de trame, placé dans le sens de la largeur, est positionné perpendiculairement au fil de chaîne, placé dans le sens de la longueur.
Tissage à plat (kilim, lirette, hanbel)
Le tissage à plat des tapis s’apparente à la technique de la tapisserie. Tout comme elle, il peut s’exécuter sur un métier de basse lisse ou de haute lisse et il présente la particularité de voir les fils de trame (ceux que l’on passe avec la navette) recouvrir intégralement les fils de chaîne (ceux que l’on commence par tendre sur le métier à tisser). Ces derniers ne seront visibles qu’au niveau des franges, à moins que l’on choisisse de les rentrer pour une finition épurée.
Dans la famille des tapis tissés à plat, le Kilim est un grand classique dont les variantes sont nombreuses à l’échelle de la planète. Kilim est un mot qui désigne le tapis à plat sans velours. La technique de tissage du kilim très répandue dans le monde est complètement différente de celle du tapis à point noué. Le kilim est un tapis tissé à la main où l’on passe un fil de trame entre les fils de chaîne avec le bout du doigt. Les kilims, à l’origine, étaient tissés par les femmes nomades. Elles représentaient sur leurs ouvrages les motifs traditionnels de leurs tribus ou de leurs régions. C’est ainsi qu’il y a tant de variétés de motifs et de couleurs.
En revanche, le tissage plat - connu localement sous le nom de hanbel - produit des surfaces réversibles grâce à un fil continu sans nœuds, ce qui donne des tapis Kilim plus légers qui présentent des motifs géométriques d'une précision et d'une signification culturelle remarquables. Les motifs géométriques et colorés des Kilim sont empreints d’une symbolique forte qui raconte l’histoire des peuples de la planète et leurs liens aux territoires qu’ils occupent. Les motifs complexes sont souvent porteurs de significations profondes liées à l'histoire de l'humanité.
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Très prisée dans les pays scandinaves, la technique de la lirette est une variante du tissage à plat. Souvent réalisée intégralement en coton, elle présente la particularité d’utiliser des bandelettes de tissus recylés pour le passage en trame. Ainsi, elle se positionne clairement dans le domaine de l'up cycling et de l'économie circulaire, en permettant de réemployer vieux vêtements et anciens linges de maison.
Avantages et usages des kilims
- Facile à vivre
- Utilisé au sol ou au mur comme un tableau
- Solidité
Tapis noués : techniques et symbolique
Quel que soit le type de noeud utilisé pour sa réalisation ; turc, persan ou encore tibétain, le tapis noué reste le tapis d’apparat par excellence. Son velours, son moelleux et sa douceur sont inimitables. Le savoir-faire nécessaire à sa réalisation est incomparable et garantit à ce tapis une grande longévité. Le noué main est certainement la méthode artisanale la plus inchangée depuis des siècles, mais aussi la plus complexe et bien plus coûteuse que le tissé main.
NOUÉ MAINLe tapis est réalisé selon une technique traditionnelle de nœuds qui permet de fixer les mèches de laine ou de soie entre elles sur des métiers verticaux ou horizontaux. Il existe principalement 3 types de nœuds : le nœud turc, le nœud persan et le nœud tibétain. Les brins sont ensuite noués sur les fils de chaîne (les fils verticaux sur toute la longueur du métier à tisser) par un nœud coulant puis ensuite coupé. Il faut plusieurs semaines voire plusieurs mois à un tisserand pour réaliser un tapis noué main ce qui en fait une pièce de décoration haut de gamme.
Le nœud de Ghiordes règne en maître sur les tapis marocains, sa prise symétrique autour de deux fils de chaîne créant la texture luxueuse que les familles chérissent depuis des décennies. Cette technique de nouage turque produit des tapis d'une qualité exceptionnelle. Chaque forme de diamant devient un bouclier contre les mauvais esprits, tandis que les motifs en zigzag reflètent l'expédition imprévisible de la vie et créent des objets narratifs qui maintiennent la continuité culturelle à travers les générations. Les fils rouges symbolisent toujours la fertilité et l'amour, tandis que le noir et le blanc conservent leur équilibre protecteur.
Des fils entrelacés se tissent horizontalement à travers la chaîne, stabilisant la structure entre les rangées de nœuds, tandis que des peignes sculptés portant des symboles protecteurs compriment chaque rangée, garantissant l'intégrité du tapis tout en invoquant des bénédictions spirituelles qui transforment de simples matériaux en chefs-d'œuvre patrimoniaux. Ces cadres en bois fabriqués à la main, selon des méthodes traditionnelles transmises par les femmes, constituent la base structurelle sur laquelle reposent les tapis les plus précieux du Maroc. Ces vénérables sources de teinture produisent des couleurs que les alternatives synthétiques ne peuvent tout simplement pas reproduire, offrant des variations subtiles qui mûrissent gracieusement avec le temps tout en restant profondément liées à l'héritage culturel du Maroc par le biais des collectifs de femmes tisseuses qui préservent ces techniques sacrées.
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Tissé main et outils
TISSÉ MAINCette technique se fait sur un métier à navettes, la version simple des métiers jacquards. Ici il n’est pas question de nœud, mais d’une boucle maintenue par le serrage de la trame. Un encollage permet ensuite le maintien de l’ensemble. Sur un tapis fait main à motifs, ceux-ci sont dessinés sur papier et placés sous la chaîne de brins du tisserand (voir image ci-dessus). Ainsi, le tisserand peut facilement les voir et les suivre. La méthode de tissage à la main est une technique de fabrication qui consiste à tisser un tapis manuellement, ce qui confère au produit une grande qualité.
Les outils utilisés : Les tisserands manient le couteau à chaque stade de la fabrication d’un tapis. Les artisans manient les ciseaux comme des maîtres afin de corriger la moindre imperfection du tapis ou lui donner un relief unique.
Tufté main et effets de relief
Un tapis tufté main, c’est un tapis fait main fabriqué sur la base d’un support textile, sur lequel le motif désiré a été dessiné au préalable. Le tapis est réalisé sur un canevas en coton tendu sur un cadre ou châssis positionné à la vertical. Le dessin du tapis est préalablement dessiné sur le canevas. Le tisserand vient alors piquer avec une aiguille ou un pistolet (outil pour fixer la laine sur le canevas) les brins de laine ou de soie sur la trame du canevas en suivant le tracé du dessin, les couleurs et les motifs.
Les fibres en excédent du velours sont ensuite coupées pour que la surface soit d’une régularité parfaite. Cela donne au tapis un aspect velouté. Enfin, on applique sur l’envers du tapis un revêtement adhésif pour fixer le dossier en toile de coton.
Mais alors, qu’en est-t-il des tapis à reliefs ? En effet, tous les tapis faits main ne sont pas des classiques et peuvent demander un travail supplémentaire. Dès lors qu’un tapis fait main est sculpté comme celui-ci, la laine ou la viscose est tuftée à la hauteur maximale désirée. C’est seulement ensuite que les sillons sont taillés au ciseau ou à la mini tondeuse électrique et entièrement à la main. Cela confère un effet carving au tapis. Le velours des tapis peut être sculpté à différentes hauteurs afin de créer des motifs ou marquer un changement de couleur. On parle de ciselage.
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Fibres, couleurs et finitions
Si le choix des fibres qui peuvent être utilisées pour la chaine est vaste ; lin, laine ou coton, la laine est quasiment incontournable pour la trame, tant pour ses qualités isolante et de douceur que pour son affinité avec la couleur. Particulièrement utilisée pour des tapis constitués de matières très nobles comme le cuir ou la soie, cette méthode consiste à créer des nœuds coulants entre brins « de trame », généralement en laine ou viscose, et brins « de chaîne » (le plus souvent une toile qui sert de support).
Tous les tapis faits main ont besoin d’être lavés pour les assouplir et leur donner plus de douceur au toucher. Après le lavage à grande eaux, les tapis sont essorés grâce à des pelles de lavage. Puis on lave le tapis à grande eau. N'oubliez pas que pour garder votre tapis en bon état vous devez prendre en compte le soin que je vous ai appris pour le nettoyer et éviter d'abîmer notre tissu.
Apprentissage et projet final
Les techniques de bases peuvent s’acquérir à l’occasion d’un stage ou d’un atelier de découverte. Les techniques de tissage sont véritablement les fils qui nous lient tous ensemble, vous reliant aux femmes incroyables qui mettent tout leur cœur à préserver ce magnifique artisanat pour les générations futures. Apprenez à reconnaître un vrai beau tapis. Nos tapis contemporains sont exclusivement faits main et répondent aux plus hautes exigences de qualité et de rendu, dans le respect des traditions et des tisserands.
Nous arrivons à la fin de ce cours. Vous avez atteint la fin du cours, vous êtes maintenant prêt à démarrer votre propre projet. Projet final Nous arrivons à la fin de ce cours. Merci de vouloir apprendre cette technique amusante et utile avec moi. Je voudrais aussi vous encourager à essayer et expérimenter avec tout ce que vous avez appris dans ce cours vous pouvez donc créer vos propres tapis avec de nombreuses couleurs, textures et formes. N'oubliez pas que la chose la plus importante pour fabriquer notre tapis c'est le squelette, c'est-à-dire notre chaîne. Si nous avons cela bien fait, le reste est beaucoup plus facile. Expérimentez avec vos palettes de couleurs.
CSF 2022 - Initiation au tissage sur métier avec Pétra Marciniak
En plus des images, je vous demande d'écrire un court texte dans lequel vous nous racontez comment s'est passée votre expérience. Encore une fois, merci beaucoup d'être là. Je serai impatient de voir ce que vous avez créé. N'arrêtez pas de partager votre projet final, je serai à l'affût pour vous faire part de vos retours, il vous suffit d'être patient car cela peut prendre un certain temps pour répondre.
Conseils pratiques
- Pour un tapis fait main à motifs, ceux-ci sont dessinés sur papier et placés sous la chaîne de brins du tisserand afin qu’il puisse facilement les voir et les suivre.
- Choisissez la laine pour la trame pour son affinité à la couleur et ses qualités isolantes.
- Soignez la tension de la chaîne : c'est le squelette du tapis.
- Prévoyez le lavage et l’essorage après fabrication pour assouplir le velours.
Un tapis fait main est un gage de qualité, il peut être tissé main, tufté main ou encore noué main. Quelles sont les différences entre ces techniques de tissage ? Le noué main est la méthode la plus traditionnelle et la plus longue, le tufté main permet un rendu velouté et des effets de carving, et le tissé main offre des pièces sans nœud, souvent légères et réversibles comme le kilim.
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