Artmadis : redressement judiciaire puis liquidation, l’impact social d’une défaillance
Le couperet est tombé, hier en fin d’après-midi, au tribunal de commerce de Lille Métropole. Spécialiste des arts de la table, la société Artmadis a été mise en liquidation judiciaire, laissant sur le carreau quelque 198 salariés.
Artmadis fait l’objet d’une procédure de redressement judiciaire prononcée par le tribunal de Lille Métropole le 22 mai dernier. La société avait été placée en redressement judiciaire le 22 mai. Les repreneurs potentiels disposent de deux mois pour se positionner. « La période d’observation de deux mois peut être renouvelée », tandis que la prochaine audience aura lieu le 22 juin.
Origines et péripéties de l’entreprise
Détenu par la holding industrielle allemande Mutares (division bien de consommation et logistique), Artmadis a été vendu par Arc International en août 2012. L’entreprise s’appelait alors Roche-Fortuné et cinquante salariés avaient débrayé, à Pompaire, face au futur rachat de la société.
Artmadis comporte 3 sites : le siège social à Wasquehal (environ 70 personnes), et 2 dépôts (Pompaire dans les Deux-Sèvres, Arques dans le Pas-de-Calais). L’entreprise emploie 198 personnes réparties sur ces 3 sites.
Situation économique et causes avancées
Dans un communiqué, la direction de l’entreprise, rachetée au groupe Arc par le groupe allemand Mutares en 2012, met en avant, dans un communiqué, une situation économique qui s’est dégradée l’an dernier, avec 2,7 millions d’euros de pertes, malgré « des mesures drastiques » dont la réduction des effectifs. « Cette cessation d’activité résulte d’une situation économique difficile, les résultats d’Artmadis ayant été lourdement déficitaires en 2017 », a détaillé l’entreprise.
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La direction évoque également « le non-renouvellement du contrat de distribution des produits d’Arc » qui « a depuis aggravé cette situation ». En 2016, Artmadis avait réalisé un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros.
Réactions des salariés et mobilisation
Parmi eux, 38 personnes qui travaillaient jusqu’à présent sur le site logistique de Pompaire (ex-Roche-Fortuné). La mobilisation des employés gâtinais, qui avaient débrayé à deux reprises le 23 mai et le 1er juin pour obtenir « davantage que les indemnités légales de licenciement », n’y ont rien changé. A Pompaire, environ 25 salaries (sur les 38 du site) ont débrayé en début de semaine pour manifester leur mécontentement. Ce mardi matin, c’était au tour d’une soixantaine de salariés de Wasquehal.
Ils étaient environ vingt-cinq, hier, à manifester leur « mécontentement » et leur « inquiétude » quant à leur avenir. « On sait qu’il va y avoir de la casse et on est assez sceptiques sur notre avenir », ajoute Pascal Pin, alors que le spectre « de la liquidation judiciaire » est présent dans les têtes. « Si c’est le cas, on souhaite obtenir davantage que des indemnités légales de licenciement. »
Doutes sur l’engagement des actionnaires
« Je suis écœuré, tout a été fait par les actionnaires pour ne pas assumer leur responsabilité. » Pour Marie-Pierre Pasquier, Catherine Vincendeau et Pascal Pin, « nous avons l’impression que le groupe Mutares nous lâche ».
Selon un document distribué sur le site et réalisé « par le cabinet qui accompagne le comité d’entreprise », « Mutares a pourtant les moyens de soutenir Artmadis tant la situation financière du groupe est saine et encore en amélioration ». Sont notamment évoqués « des capitaux propres élevés (53 M€) » à la fin « du premier semestre 2017 (derniers comptes disponibles) ».
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Conséquences judiciaires et sociales
À l’issue du délai d’observation fixé par le tribunal, aucune offre de reprise jugée suffisamment crédible par le tribunal de commerce de Lille n’a pu être identifiée, a indiqué Artmadis dans un communiqué. Un stock important mais pas de trésorerie.
L'ensemble des 198 salariés de l'entreprise, essentiellement basés à Wasquehal et Arques, seront licenciés sans garantie de mesures sociales après la liquidation judiciaire d'Artmadis. Le Tribunal de commerce de Lille a prononcé la liquidation judiciaire d'Artmadis, grossiste des arts de la table, entraînant le licenciement de 198 personnes.
TEMOIGNAGE : son entreprise a été placée en liquidation judiciaire. Aujourd'hui, il rebondit.
Aspects procéduraux
Artmadis avait été placé en redressement judiciaire le 22 mai dernier. La société avait été placée en redressement judiciaire le 22 mai. La période d’observation de deux mois ordonnée par le tribunal est susceptible d’être renouvelée. Une prochaine audience aura lieu le 22 juin prochain.
Historique des mobilisations
Le site n’avait plus connu de manifestation depuis 2012. L’entreprise s’appelait alors Roche-Fortuné et cinquante salariés avaient débrayé, à Pompaire, face au futur rachat de la société. Six ans plus tard, alors que le nom de leur employeur est désormais Artmadis, ils étaient environ vingt-cinq, hier, à manifester leur « mécontentement » et leur « inquiétude » quant à leur avenir.
| Élément | Données |
|---|---|
| Nombre d’employés | 198 |
| Sites | Wasquehal (siège), Arques, Pompaire |
| Perte 2017 | 2,7 M€ |
| Chiffre d’affaires 2016 | 72 M€ |
| Capitaux propres (Mutares, 1er sem. 2017) | 53 M€ |
« Ces sept postes ne sont pas concernés par la procédure de redressement judiciaire », précise-t-on du côté de la direction. « Nous avons des doutes sur ce point », répondent les délégués du personnel (FO), qui évoquent des « non-remplacements de départs à la retraite ».
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Mercredi, le tribunal de commerce de Lille a prononcé la liquidation judiciaire d’Artmadis, grossiste des arts de la table basé à Wasquehal, près de Lille, dans le Nord. L’ancienne filiale d’Arc International employait 198 personnes au siège, à Wasquehal, et dans les dépôts à Arques (Pas-de-Calais) et Parthenay (Deux-Sèvres).
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