SARL : Société Hybride, Avantages et Inconvénients
Le statut de la Société à Responsabilité Limitée (SARL) est une forme juridique prisée par de nombreuses Petites et Moyennes Entreprises (PME). Ce statut, adapté aux projets de petite ou moyenne envergure, protège le patrimoine personnel des associés tout en leur permettant d’accéder à des options fiscales intéressantes. Cet article décortique cette forme sociale, en explorant ses caractéristiques, avantages, inconvénients, étapes de création, et son régime fiscal.
Qu'est-ce qu'une SARL ?
La Société à Responsabilité Limitée (SARL) peut être constituée par un à cent associés. Les associés de la SARL peuvent être des personnes physiques ou des personnes morales (une autre société, une association). Il est également possible de créer une SARL unipersonnelle, appelée EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée).
Les statuts de la SARL offrent un cadre juridique structuré, garantissant une répartition claire des droits et obligations entre les associés. Le capital social est librement fixé par les associés, sans minimum requis. Il peut être constitué d’apports en numéraire, en nature ou en industrie.
La SARL est une forme juridique adaptée aux petites et moyennes entreprises. Sa gestion est relativement simple. Puisqu’elle dispose de la personnalité morale, la SARL permet également de limiter la responsabilité des associés au montant de leurs apports.
Le régime social du gérant varie selon sa participation à la société : un gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non-salariés, tandis qu’un gérant minoritaire ou égalitaire bénéficie du régime général. Côté fiscalité, la SARL est soumise à l’impôt sur les sociétés, avec une option temporaire pour l’impôt sur le revenu dans certains cas.
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Les alternatives à la SARL
Un entrepreneur peut choisir entre les formes juridiques suivantes :
- la SARL ou société à responsabilité limitée ;
- la SAS ou société par actions simplifiée ;
- la SA ou société anonyme ;
- la SNC ou société en nom collectif ;
- la Scop ou société coopérative de production ;
- la SCA (société en commandite par actions) ou SCS (société en commandite simple).
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Les Avantages de la SARL
La SARL comporte plusieurs avantages qui peuvent influencer le choix de cette forme juridique :
- Le capital social : Bien que l’immatriculation d’une SARL exige la constitution d’un capital social, le Code de commerce n’impose aucun montant minimum d’apports numéraires. Il est donc possible de créer une SARL avec seulement 1 €.
- La responsabilité limitée des associés : Contrairement aux entreprises individuelles, la responsabilité des associés d’une société est limitée. Ces derniers n’engagent leur responsabilité qu’à hauteur des apports qu’ils ont effectués. Dans l’hypothèse où la SARL rencontrerait des difficultés financières, les créanciers ne peuvent pas invoquer la vente du patrimoine personnel des associés pour garantir l’acquittement des dettes contractées (sauf en cas de faute de gestion).
- Le régime fiscal : En principe, les bénéfices de la SARL sont assujettis à l’impôt sur les sociétés (IS). Elle peut toutefois opter pour l’impôt sur le revenu (IR) sous certaines conditions :
- exercer cette option durant les 5 premières années de vie de la société ;
- exercer une activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale ;
- employer moins de 50 salariés ;
- réaliser un chiffre d’affaires ou un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros.
- Les cotisations sociales du gérant majoritaire : Le gérant majoritaire d’une SARL est considéré comme un travailleur non salarié. Il dépend donc du régime de sécurité sociale des indépendants (SSI). Les cotisations sociales du TNS sont plus faibles (environ 45 %) que celles d’un assimilé salarié, mais sa protection sociale est également réduite.
- La protection sociale du gérant minoritaire : Parmi les avantages de la SARL, celui de la couverture sociale des gérants minoritaires justifie clairement pourquoi choisir de créer une SARL. Contrairement au gérant majoritaire, les gérants associés détenant moins de 50 % des parts sociales de l’entreprise peuvent bénéficier d’un contrat de travail et du versement d’un salaire. Considérés comme assimilés salariés, ils relèvent du régime général de la sécurité sociale des salariés. Ils jouissent de la même protection sociale, à l’exception de l’assurance-chômage à laquelle ils ne cotisent pas. De plus, leur position de gérant leur confère le statut de cadre, imposant à l’entreprise de souscrire une assurance décès cadre obligatoire. Ce statut leur permet aussi de bénéficier de la retraite des salariés cadres à la fin de leur carrière.
- Le statut de conjoint collaborateur en SARL : Le statut de conjoint collaborateur permet au conjoint du gérant majoritaire de SARL de participer à l’activité de l’entreprise, sans être salarié ni associé. Ce statut est accessible sous conditions :
- être marié, pacsé ou concubin du chef d’entreprise ;
- exercer une activité régulière au sein de cette entreprise ;
- ne pas être payé pour l’exercice de cette activité ;
- ne détenir aucune part sociale du capital social de la SARL.
- La possibilité de créer une SARL de famille : Le statut de la SARL permet aux membres d’une même famille de créer une SARL familiale. Tous les associés doivent être liés par un mariage ou un pacs, ou compter parmi les ascendants et les descendants. Ainsi, la SARL familiale peut se composer des :
- grands-parents ;
- parents ;
- enfants ;
- conjoints ou partenaires de pacs ;
- frères et sœurs.
Les Inconvénients de la SARL
Malgré ses nombreux avantages, la SARL présente également des inconvénients à considérer :
- Une protection sociale fragile pour le gérant majoritaire TNS : Le régime social des travailleurs non salariés occasionne de faibles cotisations sociales à verser. Cependant, cela signifie aussi que la couverture sociale du gérant majoritaire reste limitée. En outre, il ne cotise pas non plus à l’assurance-chômage et ne peut donc pas en bénéficier au terme de son mandat. Sa protection retraite est également moins avantageuse. Il est recommandé de souscrire une retraite complémentaire.
- Des règles de création et de fonctionnement strictes : La rédaction des statuts de SARL est strictement encadrée par le Code de commerce. Il n’est donc pas possible de personnaliser ses règles de fonctionnement, comme c’est le cas en SAS. La loi impose également un cadre strict pour ce qui concerne les actes de gestion de la société. Les décisions importantes, telles que l'approbation des comptes annuels, la modification des statuts ou l’affectation des bénéfices, doivent être validées lors des assemblées générales. Ces assemblées doivent être convoquées selon des règles précises et les décisions doivent être prises à la majorité définie dans les statuts de la société. De plus, les règles de gestion financière sont rigoureuses, avec des obligations de tenue de comptabilité régulière, de présentation des comptes et dans le respect des délais fiscaux. Tout manquement à ces règles peut entraîner des sanctions juridiques, notamment en matière de responsabilité des dirigeants ou de conflits entre associés.
- La transmission des parts sociales en SARL : Les règles relatives à la cession des parts sociales de la SARL se révèlent quelque peu contraignantes, ce qui ne favorise pas l’entrée de nouveaux associés au capital. En effet, dans le cadre d’une SARL, la cession des parts sociales est soumise à la clause d’agrément, visant à renforcer le droit de regard des associés quant à l’arrivée de nouveaux investisseurs. Prévue dans les statuts, la clause d’agrément ou la clause de préemption s’inscrit dans la démarche de consensus indispensable à la gérance d’une SARL.
Fonctionnement d'une SARL
Le fonctionnement de la SARL est encadré par le Code de Commerce. Voici ce qu’il faut savoir :
Les pouvoirs du gérant de SARL
Les pouvoirs du gérant d’une SARL dépendent directement du nombre de parts sociales dont il dispose dans l’entreprise, à condition qu’il en soit l’un des associés :
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- si ses parts, jointes à celles détenues par le conjoint et les enfants mineurs, lui permettent de détenir plus de 50 % du capital de la société, il en est alors le gérant majoritaire ;
- les gérants associés disposant de moins de 50 % du capital sont appelés gérants minoritaires ;
- un cogérant dont la part s’élève à 50 % du capital est considéré comme gérant égalitaire, bénéficiant des mêmes droits que le gérant minoritaire.
À l’égard des tiers, le gérant majoritaire de SARL est libre de diriger la société comme bon lui semble, dans la mesure où ses actes demeurent licites et conformes aux directives stipulées dans l’objet social.
La situation est quelque peu différente lorsqu’il s’agit des pouvoirs du gérant majoritaire vis-à-vis des associés. En effet, il est possible pour les associés de limiter ses pouvoirs. Ces clauses de restriction doivent être stipulées dans les statuts de la société et nécessitent l’accord de l’ensemble des associés. En tout état de cause, ce dernier ne peut pas être révoqué, prenant part lui-même au vote des associés en assemblée générale. Seul le Tribunal de commerce peut décider de sa révocation pour « cause légitime », généralement à l’issue d’une faute de gestion.
En ce qui concerne le gérant minoritaire, il dispose également des pleins pouvoirs à l’égard des tiers puisqu’il représente la SARL. De même, en l’absence de restrictions statutaires, il exerce tous les pouvoirs pour gérer la société en veillant à respecter la feuille de route de l’objet social. En revanche, il peut être révoqué par les cogérants sur la base du rapport de gestion qu’il doit présenter pour justifier ses prises de position, si celles-ci ne produisent pas l’effet escompté.
Les assemblées générales
Le niveau de pouvoir de chaque associé dépend de la quote-part de capital social détenu. L’exercice de ce pouvoir s’effectue au sein d’une assemblée générale de société. Il en existe 2 sortes : l’assemblée générale ordinaire (AGO) et l’assemblée générale extraordinaire (AGE).
L’assemblée générale ordinaire (AGO) désigne l’assemblée que les associés ont l’obligation de tenir en fin d’année pour l’approbation des comptes annuels et l’affectation des résultats. Celle-ci doit avoir lieu au minimum une fois par an. Son champ d’application s’étend également à l’ensemble des décisions relevant de la compétence des associés. Il peut s’agir de délibérer sur :
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- la rémunération du gérant ;
- la nomination d’un commissaire aux comptes ;
- toute décision ne nécessitant pas la modification des statuts.
En revanche, le gérant doit convoquer les associés en assemblée générale extraordinaire (AGE) pour toute modification d’un élément substantiel des statuts juridiques de la société :
- l’ajout de clauses ;
- l’augmentation ou la réduction du capital social ;
- la dissolution ou la liquidation de la SARL.
Quels que soient la nature et l’objet de l’assemblée générale, celle-ci doit faire l’objet d’une consignation des décisions votées. Pour cela, il convient de dresser le procès-verbal (PV) à l’issue de chacune d’entre elles.
La rémunération des dirigeants en SARL
Le gérant majoritaire peut percevoir une rémunération au titre de son mandat social. La nature de cette rémunération, son mode de calcul ou son montant sont fixés et soumis au vote entre les associés au cours d’une assemblée générale. Ainsi, sa rémunération peut se composer d’une partie fixe définie en AG, mais également d’une partie variable. Cette dernière peut prendre la forme d’un pourcentage du chiffre d’affaires ou de dividendes sur les bénéfices réalisés. Le versement d’une rémunération au gérant majoritaire n’impose pas l’établissement d’un bulletin de paie.
De son côté, le gérant minoritaire ou égalitaire est en droit de cumuler une rémunération sur les bénéfices avec le versement d’un salaire. En effet, il peut disposer d’un contrat de travail prévoyant des tâches à accomplir, bien distinctes de celles inhérentes à la gérance de la société, et pour lesquelles il est rétribué. Dans ce cas, le salaire émanant de ses fonctions d’assimilé salarié doit être détaillé dans une fiche de paie.
Les obligations comptables et administratives de la SARL
Les obligations comptables et administratives de la SARL incluent :
- la tenue d'une comptabilité régulière : gestion d’un livre-journal et d’un grand livre pour enregistrer chronologiquement les opérations financières de la société ;
- l’établissement des comptes annuels : production d’un bilan, d’un compte de résultat et d’une annexe ;
- l’approbation et le dépôt des comptes : ils doivent être déposés au greffe du tribunal de commerce ;
- la tenue d’un registre des décisions : les procès-verbaux des assemblées générales doivent être conservés ;
- le respect des obligations fiscales : la SARL doit déclarer ses résultats annuels et régler les impôts dus.
Autre obligation légale : si la SARL a des salariés, elle doit les déclarer auprès des organismes sociaux, tels que l’Urssaf, les caisses de retraite ou les mutuelles. Il faut également procéder au paiement des cotisations sociales et effectuer les déclarations sociales obligatoires.
Tableau Récapitulatif des Avantages et Inconvénients de la SARL
Pour une vue d'ensemble, voici un tableau récapitulatif des avantages et inconvénients de la SARL :
| Aspect | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Responsabilité | Responsabilité limitée au montant des apports - Protection des biens personnels | Protection optimale des biens personnels des associés |
| Capital social | Capital social minimum de 1 € | - |
| Gestion | Gestion démocratique avec des règles de fonctionnement claires définies par les statuts | Règles de fonctionnement strictes, moins de flexibilité que la SAS |
| Régime fiscal | Option possible pour l'IR sous conditions | Soumission par défaut à l'IS |
| Cotisations sociales | Cotisations sociales potentiellement plus faibles pour le gérant majoritaire (TNS) | Protection sociale limitée pour le gérant majoritaire (TNS) |
| Transmission des parts | - | Procédure de cession de parts sociales contraignante |
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