Cumul de deux activités en tant qu'auto‑entrepreneur : peut‑on avoir deux auto‑entreprises ?
Le régime de l’auto‑entrepreneur (micro‑entreprise) permet d’exercer plusieurs activités sous une même structure, mais il n'est pas possible de créer ou de détenir deux auto‑entreprises simultanément. Une personne physique ne peut créer qu'une seule micro‑entreprise, puisque l'entrepreneur et l'entreprise ne font qu'un sur le plan juridique et ne peuvent obtenir qu'un seul numéro Siren/SIRET.
Peut‑on exercer plusieurs activités ?
Il est tout à fait possible d'exercer plusieurs activités différentes au sein d'une même micro‑entreprise, même si celles‑ci n’ont aucun lien entre elles. Vous pouvez exercer plusieurs activités au sein de votre micro‑entreprise, qu’elles soient liées ou totalement distinctes. Une micro‑entreprise peut avoir plusieurs activités. Les activités cumulées peuvent être de même nature ou de natures différentes (comme par exemple le cumul d'une activité commerciale et d'une activité artisanale).
Déclaration et immatriculation des activités
Lors de la création de votre micro‑entreprise, il est possible de déclarer plusieurs activités ; il vous sera alors demandé de déterminer l’activité principale, à savoir l’activité générant le plus de chiffre d’affaires. Au moment de la création, il suffit d’indiquer l’activité qui constitue votre activité principale, donc celle qui vous rapporte le plus de recettes. C’est sur cette activité principale que votre code APE et votre numéro SIREN/SIRET seront déterminés. Une micro‑entreprise n’aura donc qu’un seul code APE et numéro SIREN, même si celle‑ci exerce différentes activités.
Si vous êtes déjà auto‑entrepreneur et que vous souhaitez démarrer une nouvelle activité, vous devez effectuer la modification auprès du Guichet Unique (via le site web de l'INPI ou l'URSSAF) en remplissant le formulaire de modification (formulaire P2) et en joignant les documents demandés. Pour ajouter une activité à une auto‑entreprise existante : se connecter au site du Guichet Unique via FranceConnect, choisir "Modifier l'entreprise", remplir le formulaire en ligne de modification d'entreprise, joindre les documents demandés, soumettre la demande et attendre le traitement (2 à 6 semaines).
Activités liées vs activités non liées
Cas n°1 : vous exercez plusieurs activités liées sous le statut du micro‑entrepreneur. Cette situation concerne les auto‑entrepreneurs qui fournissent à la fois un service et les matériaux essentiels à son accomplissement (par exemple un menuisier qui vend ses créations). Si l’activité de vente est supérieure ou égale à celle de prestation de services, l'activité sera considérée comme mixte et vous devrez respecter un plafond global et un sous‑plafond pour la partie services.
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Cas n°2 : vous exercez plusieurs activités non liées. Si ces activités appartiennent à la même catégorie, votre plafond de chiffre d’affaires ne change pas. Il est possible d’exercer des activités complètement différentes et de les déclarer lors de la création ou par modification ultérieure.
Choix de l’activité principale et code APE
Il suffit de définir en amont quelle sera l’activité principale, c’est‑à‑dire celle qui génère le plus de chiffre d’affaires. Au moment de la création, il faut estimer le chiffre d’affaires de chacune de vos activités. Le chiffre d’affaires le plus important représente votre activité principale ! Si l’ajout de cette nouvelle activité modifie le code APE de la micro‑entreprise, il faut mentionner la nouvelle activité avant l’ancienne activité dans la déclaration.
Plafonds de chiffre d’affaires à respecter
Le montant du plafond de chiffre d’affaires à respecter ne double pas avec plusieurs activités. En cas d’activité mixte (vente + prestations de services) : le chiffre d'affaires total hors taxes (ventes + services) ne doit pas dépasser 203 100 € par an, et le chiffre d'affaires hors taxes provenant des prestations de services ne doit pas dépasser 83 600 € par an. Ces deux conditions doivent être remplies simultanément pour rester dans le cadre du régime micro‑fiscal.
Pour d'autres configurations et selon les années N‑1/N‑2, des seuils globaux et propres à chaque activité sont fixés : par exemple, pour la période 2025/2026 des seuils spécifiques s’appliquent (ex. 188 700 € / 77 700 € ou 203 100 € / 83 600 € selon les années et la nature de l’activité). Ces seuils sont susceptibles d’évoluer et il est préférable de vérifier régulièrement les informations officielles.
Prorata temporis et début d’activité
Ces seuils sont proratisés en cas de début d’activité en cours d’année. Par exemple : pour un début d’activité le 1er mars en prestations de services, l’activité ne représentera que 306 jours en année de démarrage et le seuil est ajusté au prorata du temps d’exploitation.
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Conséquences fiscales et abattements
Le chiffre d'affaires du micro‑entrepreneur fait l’objet d’un abattement fiscal et n'est pas imposé en totalité. Les taux d’abattement diffèrent selon le type d’activité :
- Vente de marchandises et hébergement (hors location de meublés de tourisme) : 71 %
- Prestations de services en BIC, location de meublés classés et chambres d’hôtes : 50 %
- Location de meublés de tourisme non classés : 30 %
- Activités libérales (BNC) : 34 %
Lorsque le micro‑entrepreneur cumule plusieurs activités (activité mixte), il faut appliquer à chaque catégorie de chiffre d'affaires l'abattement qui lui correspond et ventiler les recettes pour calculer l'impôt. Par exemple, appliquer 71 % sur la vente et 50 % sur la prestation de services, puis additionner les parts imposables résultantes.
Conséquences sociales : cotisations selon chaque activité
En tant que micro‑entrepreneur, vous êtes soumis au régime du micro‑social et devez déclarer mensuellement ou trimestriellement le montant de votre chiffre d’affaires à l’URSSAF. Le montant des cotisations sociales est calculé selon le taux applicable à chaque activité :
- Activités commerciales : environ 12,3 % du chiffre d’affaires.
- Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) : environ 21,2 % du chiffre d’affaires.
- Activités libérales relevant de la CIPAV : taux spécifiques (ex. 23,2 % ou 25,6 % selon les cas indiqués dans certaines fiches).
- Locations meublées de tourisme classées : taux spécifiques (ex. 6 % mentionné pour certains cas).
Le régime simplifié permet une seule déclaration de chiffre d’affaires, mais vous devrez répartir le chiffre d’affaires par activité car les taux de cotisations et abattements diffèrent.
TVA et franchise en base
Si votre chiffre d’affaires est inférieur à certains plafonds, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA et n’avez pas à facturer la TVA. Les seuils de franchise en base varient selon la nature de l’activité :
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- Activité commerciale et d'hébergement : seuils d’exonération et seuils majorés (ex. 85 000 €/93 500 € pour certaines années).
- Activité de prestation de services : seuils adaptés (ex. 37 500 €/41 250 € selon les périodes).
Lorsqu’il est en franchise en base de TVA, le micro‑entrepreneur doit veiller à ne pas dépasser ces seuils et, si redevable, ventiler correctement la TVA sur ses factures. Pour l’année 2026, les seuils de franchise en base de TVA applicables restent inchangés selon l’information fournie.
Cas particuliers : cumul micro‑entreprise et société ou salariat
Le cumul d'une micro‑entreprise avec une société est possible, mais dépend du rôle exercé dans la société :
- Président de SAS/SASU (assimilé salarié) : il peut cumuler son mandat avec une activité en micro‑entreprise.
- Associé d’une SARL : un micro‑entrepreneur peut cumuler son activité indépendante avec la qualité d'associé.
- Gérant minoritaire/égalitaire de SARL (assimilé salarié) : possible de cumuler.
- Gérant majoritaire de SARL : il ne peut pas être micro‑entrepreneur parallèlement à son mandat, car il serait rattaché à la même caisse sociale que la micro‑entreprise.
- Dans une EURL, la possibilité de cumul dépend du statut détenu (associé unique gérant ou sans fonction).
Le cumul d'une activité salariée et d'une micro‑entreprise est en principe autorisé, sous réserve du respect de l'obligation de loyauté, de l'absence de clauses contractuelles restrictives (exclusivité, non‑concurrence) et des règles propres à certains statuts (notamment les fonctionnaires).
Obligations comptables et déclaratives
La micro‑entreprise impose une tenue simplifiée mais des règles importantes : tenir une comptabilité distincte pour chaque activité (suivi financier clair), faire une déclaration unique en répartissant les recettes selon la nature de chaque activité, et respecter les plafonds de chiffre d’affaires applicables. Lors de la déclaration d’impôts (formulaire 2042 C PRO), il faudra répartir les différents revenus selon leur catégorie (BIC ou BNC) et renseigner les cases appropriées (par exemple 5TA/5TB, 5KO/5KP, 5TE, 5H selon le cas).
Avantages et inconvénients d'ajouter une activité
Avantages :
- Diversification des revenus.
- Possibilité de tester une nouvelle activité sans créer une nouvelle structure.
- Flexibilité accrue.
Inconvénients :
- Suivi comptable plus complexe (ventilation des CA par activité).
- Limitation des revenus sous les seuils imposés par le régime micro.
- Délais administratifs pour la modification d’activité.
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Quand créer une société distincte ?
Si vous souhaitez absolument disposer d’une autre entité juridique distincte, la seule alternative est de créer une autre forme juridique d'entreprise (par exemple une EURL ou une SASU) parallèlement à votre micro‑entreprise. En cas de besoin d'une structure juridique distincte, envisager la création d'une société comme une SASU ou une EURL peut être une alternative plus adaptée.
Points pratiques et conseils
- Vous n’aurez qu’un seul numéro SIREN et un seul code APE, lié à l’activité principale.
- Déclarez dès la création toutes les activités envisagées ou effectuez une modification via le Guichet Unique si vous ajoutez une activité ensuite.
- Surveillez les plafonds de chiffre d’affaires et la franchise de TVA ; calculez au prorata en cas de démarrage en cours d’année.
- Tenez une comptabilité distincte par activité et ventilez correctement vos facturations.
- Consultez régulièrement les sources officielles car les seuils peuvent évoluer.
| Type d’activité | Plafond global (exemples) | Plafond services (exemples) | Abattement fiscal |
|---|---|---|---|
| Vente / hébergement | 203 100 € (ex.) | - | 71 % |
| Prestations de services (BIC) | 203 100 € (global) | 83 600 € (ex.) | 50 % |
| Activités libérales (BNC) | 203 100 € (global) | 83 600 € (ex.) | 34 % |
Le cumul d'activités est une préoccupation fréquente chez les micro‑entrepreneurs et nécessite une bonne organisation administrative, fiscale et sociale. Vous pouvez cumuler plusieurs activités au sein d’une même micro‑entreprise, mais il n’est pas possible de cumuler plusieurs micro‑entreprises distinctes.
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