Débouchés dans le secteur bancaire et financier au Cameroun

Le secteur de la banque-finance affiche une santé à toute épreuve. Les besoins de recrutement ne diminuent pas grâce au renouvellement des générations, mais aussi du fait de la complexification des opérations financières et de la nécessité de fidéliser les clients. Ils concernent surtout les commerciaux, mais pas seulement...

Carrière dans la banque et la finance

I. Les métiers de la banque et de la finance

Le monde de la finance se divise traditionnellement en deux grandes catégories : la finance d’entreprise, exercée au sein de banques traditionnelles, d’entreprises ou de cabinets indépendants, et la finance de marché.

A. La finance de marché

En 2024, la finance de marché, bien que toujours ancrée dans ces fondamentaux, évolue rapidement grâce à l’intégration des nouvelles technologies. Elle se divise en trois pôles principaux :

  • Le front office : Ce pôle regroupe les services en première ligne, qui passent les ordres sur les marchés et gèrent directement les relations avec les clients. Il inclut les métiers de trader, sales (chargés de clientèle) et structureur.
  • Le middle office : Ces services collaborent avec le front office pour contrôler, vérifier et accompagner les décisions prises en tenant compte de l’évolution des marchés, des tendances macroéconomiques et du calcul des risques. Avec les réglementations renforcées depuis 2008 (et les mises à jour récentes comme Bâle IV ou MiFID II), le middle office joue un rôle clé dans la conformité, la gestion des risques et le reporting financier.
  • Le back office : Ce pôle garantit le bon déroulement des opérations en s’assurant que les transactions respectent les règles et les normes en vigueur. Il inclut des tâches telles que la validation des transactions, la comptabilisation des positions, et le support technique et administratif.

B. Métiers spécifiques

La finance compte une variété de postes, en quête de jeunes recrues. La complexification des opérations financières exige des compétences de plus en plus pointues. Voici quelques exemples de métiers :

  • Analyste financier : L’analyste financier a pour objectif de maximiser la rentabilité des opérations d’une banque ou d’une entreprise, en fonction de son secteur d’intervention. En 2024, le rôle de l’analyste financier s’est élargi avec l’intégration des technologies avancées, comme les outils de data analytics et les modèles prédictifs basés sur l’intelligence artificielle. L’analyste financier travaille également en étroite collaboration avec des clients, des banquiers-conseils ou d’autres parties prenantes. Il prépare des rapports détaillés, propose des orientations stratégiques et accompagne les décisions clés.
  • Responsable back-office : Le responsable back-office encadre, gère et accompagne l’équipe chargée de la gestion des règlements, du traitement comptable et des opérations de change liées aux prises de position sur les marchés financiers. En tant que manager, il veille à la qualité des processus, au respect des délais et à la conformité des opérations avec les réglementations en vigueur, notamment celles renforcées ces dernières années (MiFID II, Bâle IV). Ce poste exige une maîtrise approfondie des rouages économiques et financiers ainsi qu’une excellente compréhension des interactions avec les front et middle offices. En 2024, les compétences managériales sont particulièrement valorisées, notamment la capacité à motiver une équipe dans un contexte hybride, où le travail à distance est souvent intégré.
  • Gestionnaire de patrimoine : Le gestionnaire de patrimoine est chargé de gérer les avoirs de ses clients, qu’ils soient particuliers, chefs d’entreprise ou investisseurs institutionnels. Il achète et vend des titres, des actions et des obligations sur les marchés financiers en lien avec les opérateurs de marché. En 2024, ce métier s’est enrichi de nouveaux enjeux, notamment la prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). De nombreux clients cherchent désormais à investir dans des produits financiers responsables et durables. Pour réussir dans ce rôle, une excellente maîtrise des marchés financiers, une grande capacité d’analyse et un suivi constant de l’actualité économique et financière sont indispensables.
  • Opérateur de marché (Trader) : Métier emblématique du front-office, l’opérateur de marché, ou trader, reste l’un des plus convoités et fantasmés. Ce professionnel prend des positions sur les différents marchés de capitaux dans le but de générer des bénéfices pour ses clients ou son institution. En 2024, le métier de trader a évolué avec l’intégration massive des technologies d’analyse prédictive et des algorithmes de trading automatisé. Bien que la prise de décisions humaines reste centrale, les outils d’intelligence artificielle jouent un rôle clé dans l’analyse des marchés et l’exécution rapide des transactions. Le poste reste extrêmement exigeant, nécessitant une grande résilience face au stress, une capacité de discernement rapide et une gestion rigoureuse des risques.
  • Consultant en fusion-acquisition : joue un rôle stratégique en accompagnant les entreprises dans leurs opérations de fusion, d’acquisition ou de cession.
  • Analyste ESG : L’analyste ESG est chargé d’évaluer les entreprises ou projets financiers en fonction de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. L’analyste ESG travaille pour des banques, des fonds d’investissement ou encore des agences de notation spécialisées.
  • Spécialiste du pricing (Structureur) : Le spécialiste du pricing, ou structureur, joue un rôle clé dans la conception de nouvelles offres commerciales pour les équipes de vente en réponse aux demandes des investisseurs. En collaboration avec le trading, le marketing et les équipes commerciales, il élabore des modèles financiers complexes pour créer des produits adaptés aux besoins spécifiques des clients. En 2024, ce métier s’inscrit dans un contexte où les produits financiers doivent non seulement être performants, mais également conformes aux réglementations strictes et souvent écoresponsables. Le structureur assiste également les équipes de vente dans la promotion des produits financiers, en expliquant les spécificités et les avantages aux clients.

D'autres profils sont également recherchés, tels que consolidateur comptable et fiscal, auditeur interne ou chef comptable.

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II. Les compétences et les formations

A. Compétences recherchées

Cadres supérieurs de conception et d’application aux activités de la finance internationale et des paiements internationaux.

On demande aujourd'hui aux professionnels de la finance d'être à la fois très qualifiés et polyvalents, de savoir allier expertise technique et ouverture internationale.

B. Formations

L'ensemble de ces métiers requiert un diplôme du supérieur, allant de bac+2 à bac+5. De nombreuses universités proposent des cursus en finance ou en économie pour former les futurs professionnels de la banque-finance. Ces programmes fournissent généralement une base solide en finance, en économie et en mathématiques appliquées. Les écoles de commerce offrent également des programmes de haute qualité.

Par ailleurs, un stage en entreprise permet d'acquérir de l'expérience pratique, de développer des compétences concrètes et de mettre en pratique les connaissances acquises lors des études. De quoi ouvrir les portes du monde de l'entreprise.

III. Les salaires dans le secteur bancaire et financier

Les salaires dans le secteur de la banque et de la finance varient considérablement en fonction de plusieurs facteurs tels que le niveau de responsabilité, l'expérience, la localisation géographique et le type d'institution financière.

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Dans l'ensemble, le secteur de la banque et de la finance offre généralement des salaires attractifs qui reflètent la nature hautement compétitive et lucrative de ce domaine.

Par exemple :

  • Le salaire d’un analyste financier varie en fonction de l’expérience et des responsabilités.
  • Le salaire d’un responsable back-office se situe autour de 75 000 euros bruts par an, avec des perspectives d’évolution en fonction de l’expérience et de la complexité des opérations supervisées.
  • Le salaire du gestionnaire de patrimoine a évolué avec la complexité croissante de la gestion d’actifs.
  • En 2024, un trader basé à Paris perçoit un salaire brut annuel moyen compris entre 80 000 et 220 000 euros, hors primes et bonus. À New York ou Londres, ces rémunérations peuvent être nettement plus élevées.
  • Le salaire d’un structureur reste attractif et varie en fonction de son expérience et de ses résultats.

IV. Les défis du financement des PME au Cameroun

(Investir au Cameroun) - Dans certains milieux où sont menées des discussions sur les questions économiques et financières au Cameroun, les banques commerciales locales sont accusées du peu de financements qu’elles accordent aux petites et moyennes entreprises.

Bien plus que les annonces des marges en progression, le système bancaire camerounais possède des réserves confortables, pour pleinement fluidifier la machine économique nationale avec les crédits dont ses acteurs ont besoin pour générer de la croissance. A la fin du mois de mars 2025, les réserves libres des banques de la CEMAC dominées par des entités camerounaises, atteignaient la somme de 2 472 milliards de FCFA, soit 2,25 fois la somme que le régulateur bancaire sous-régional leur exige.

Dans les faits cependant, les données de la BEAC (Banque centrale) suggèrent cependant, qu’au Cameroun l’exposition nette des banques sur l’Etat n’était à la fin du mois de mars 2025, que de 1 992,4 milliards de FCFA. Un chiffre en baisse de 10,3% par rapport à son niveau de la même période en 2024. Par ailleurs, on observe que les crédits nets à l’Etat ne représentaient que 32,5% de ceux accordés à l’économie réelle (6 116,3 milliards de FCFA).

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Mais ces chiffres ne dissimulent pas la problématique du financement des PME, qui dans la zone CEMAC font face à un difficile accès aux financements et lorsque cela est possible, elles doivent payer des primes et frais de dossier de crédit, pouvant porter le taux effectif d’emprunt autour des 15% à 17%.

A. Les raisons du difficile accès aux prêts bancaires pour les PME

Dans le secteur bancaire, certains s’en défendent. L’un d’entre eux évoquant le sujet sous couvert d’anonymat, a expliqué qu’il y a de nombreuses raisons pour lesquelles les PME de la CEMAC plus globalement, éprouvent tellement de difficultés à être éligibles à des prêts bancaires. La première c’est la fragilité aux chocs économiques. Or actuellement, même dans ses prévisions les plus optimistes la BEAC n’exclut pas une continuation des effets des chocs économiques actuels notamment une baisse de valeur du dollar US qui réduit la valeur en FCFA des revenus générés à l’extérieur.

Aussi évoqué, le coût à envisager pour la génération d’un financement au profit des PME. Les écarts entre les niveaux d’informations, sont tels qu’il faut à chaque fois des ressources importantes pour décider de la viabilité du crédit.

Selon des sources internes à la BEAC, des travaux sont en cours pour finaliser la mise en place des bureaux de crédit, qui viendront réduire le poids de l’asymétrie d’information.

Enfin, les banques évoquent le mécanisme de réalisation des sûretés qui est inadapté.

B. Solutions possibles

Toutefois l’initiative de la solution peut être discutée. Il peut être complexe d’attendre des banques, constituées pour générer des profits, qu’elles prennent plus de risques avec peu de garanties de soutien en cas de survenance des défis. Au 31 mars, l’encours des créances douteuses atteignait les 840 milliards de FCFA.

Une issue à explorer au-delà de l’installation d’un bureau de crédit régional, serait de développer un marché secondaire du crédit bancaire, ou simplement de la titrisation. La dynamique observée sur le marché monétaire secondaire entre 2024 et 2025, témoigne de l’intérêt manifesté par les banques commerciales. Les activités de pension-livrée et de transferts à un acheteur sans aucun frais (franco) ont quasiment triplé sur la période.

V. L'ESBanque et la formation bancaire au Cameroun

L'ESBanque a acquis un savoir-faire reconnu en matière de formation professionnelle et de création d’outils pédagogiques. Il est aujourd’hui déployé au service des banques et des institutions de microfinance camerounaises.

L’École supérieure de la banque s’associe à vos équipes pour créer des formations personnalisées adaptées à votre culture d’entreprise, vos process et documents internes, ainsi qu'à vos objectifs de développement des compétences de vos collaborateurs. Nous analysons vos besoins, concevons et réalisons les formations en intégrant vos spécificités.

A. Atouts de L'ESBanque

  • Des contenus adaptés au contexte réglementaire, juridique et fiscal. Des concepteurs locaux assurent l’adaptation des outils pédagogiques utilisés par L'ESBanque.
  • Une équipe d’animateurs formés à nos méthodes pédagogiques. Nos intervenants sont dotés d’outils adaptés, tant du point de vue pédagogique que technique.
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