Différence entre connecteur BNC et S/PDIF numérique
Les technologies se succèdent et avec elles c’est la connectique qui doit s’adapter. Qui utilise encore des câbles péritel ? Les cordons HDMI et USB sont entrés dans les habitudes, mais d’autres connectiques postulent dans cette catégorie. Un câble coaxial sert le plus souvent à relier un téléviseur à une antenne. Il transmet le signal en haute qualité, qu’il soit numérique ou analogique. Si son utilisation la plus fréquente est la transmission du signal entre les antennes-râteaux ou autres paraboles et les téléviseurs, il est également utilisé pour connecter des appareils vidéo ou audio.
Les câbles S/PDIF permettent de transmettre des signaux audio multicanaux numériques de haute qualité vers un système audio. Par exemple, un câble S/PDIF envoie sans perte de qualité le son Dolby digital d’une émission de la TNT, ou d’un contenu Netflix, vers le système audio d’un home cinéma. Mais cela ne se limite pas au home studio. Les sorties audio optiques sont présentes dans de nombreux appareils, tels que lecteurs DVD, Blu-ray, Box TV internet.
Qu’est-ce que S/PDIF ?
S/PDIF est l’acronyme de Sony/Philips Digital Interface Format. Ce standard conçu par les sociétés Sony et Philips est utilisé pour la transmission audio numérique et est omniprésent sur les appareils domestiques tels que des lecteurs CD, des amplis audio, des téléviseurs ou encore des systèmes home cinéma. Cette connectique est également souvent proposée sur les appareils audio pro comme des préamplis, des interfaces audio et des systèmes de modélisation.
Un connecteur S/PDIF vous permet de transférer deux canaux audio (donc un son stéréo) au format audio numérique non-compressé (PCM). Il existe également des appareils capables de fournir un son surround numérique au format compressé (5.1/7.1 DTS). Contrairement à l’USB qui fait les deux, un connecteur S/PDIF sert soit d’entrée, soit de sortie. L’avantage du format numérique S/PDIF est qu’il vous permet de transmettre l’audio numérique sans avoir à convertir le signal numérique en analogique et vice versa.
Les déclinaisons physiques du S/PDIF
Le format S/PDIF a été proposé dès le début à travers deux connecteurs grand public : la prise coaxiale RCA et la prise optique Toslink. Il était également disponible sur les appareils professionnels via le connecteur BNC. Ce dernier est l’équivalent du RCA avec le verrouillage quart de tour en plus. Il n’y a aucune différence qualitative entre ces trois connecteurs si l’on considère uniquement le protocole transporté : ils véhiculent le même flux de 0 et de 1. Le monde de l’audio professionnel répond à des standards stricts développés, documentés et édités le plus souvent par l’AES (Audio Engineering Society).
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La variante AES/EBU, utilisée en milieu professionnel, est comparable au S/PDIF mais avec un câblage symétrique (sur prise XLR). Cette interface est disponible sur les DAT professionnels et certains convertisseurs très haut de gamme.
Le connecteur BNC : caractéristiques et usages
Le connecteur BNC est une interface d'affichage spéciale différente du connecteur standard D-SUB à 15 broches ordinaire. Il est composé de trois couleurs primaires RVB et de cinq connecteurs de signal indépendants pour la synchronisation de ligne et la synchronisation de champ. Il est principalement utilisé pour connecter des postes de travail et d'autres systèmes nécessitant une fréquence de numérisation élevée.
Il y a des BNC pour le 50 ohms et des BNC pour le 75 ohms. Il est soit utilisé dans le domaine "radio (50 ohms)" ou le domaine "vidéo (75 ohms)" avec bien évidemment les câbles adaptés. Par exemple le câble RG58 est un câble 50 ohms alors que le RG59 est un câble 75 ohms. Dans mon travail (domaine des systèmes d'information et de communication : radio - téléphonie et informatique) le câble utilisé est du RG58 ou KX 15 (en VHF et UHF) pour tout ce qui est équipement des véhicules (voitures et motos) et du RG213 ou KX 4 pour le raccordement de nos émetteurs / récepteurs aux antennes.
Les adaptateurs NEUTRIK utilisent une prise BNC sur la liaison S/PDIF. Les BNC de qualité sont excellentes, du point de vue robustesse, qualité des contacts, longévité, montage... etc. C'est regrettable que les constructeurs ne l'utilisent pas systématiquement, même sur les signaux analogiques.
RCA vs BNC : même signal, physique différent
Pour le transfert d’un signal RCA, on utilise généralement un câble vidéo 75 ohms équipé d’un connecteur RCA. Ce dernier offre une meilleure qualité sonore qu’un câble RCA standard (que l’on utilise pour les connexions audio rouge/blanc). La RCA est la prise la plus répandue sur les appareils européens. Elle réalise la transmission séparée de l'audio et de la vidéo, évitant la dégradation de la qualité de l'image causée par les interférences mixtes de l'audio et de la vidéo.
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S/PDIF en "RCA" ou "BNC", c'est le même protocole... seul le connecteur change. Le connecteur BNC peut réduire les interférences entre les signaux vidéo et obtenir le meilleur effet de réponse du signal. De plus, en raison de la conception spéciale de l'interface BNC, la connexion est très serrée, il n'y a donc pas besoin de s'inquiéter d'une interface lâche et d'un mauvais contact.
La prise RCA est toujours utilisée par les concepteurs et fabricants d'appareils. Elle aurait été abandonnée depuis longtemps si néfaste dans son usage. Cependant, pour respecter l'impédance d'un câble numérique il vaut mieux soigner la construction du câble et la qualité des connecteurs (par ex. prises CANARE), ce qui maintient le blindage bien concentrique à l'âme du câble.
Impédance : point crucial pour la liaison S/PDIF coaxiale
En transmission audio numérique le fil et les connecteurs se doivent d'être de type 75 ohms, c'est la norme avec le BNC et aussi le RCA... sertissé et pas soudé. Mon câble S/PDIF 75 Ohms, avec prises CANARE, est bleu. Ce câble, pour liaison S/PDIF, doit avoir une impédance de 75 Ohms à ±5%.
La norme IEC958 pour l'impédance S/PDIF (75 ohms) précise :
- Line driver: Zout : 75 ohm +/-20%
- Cable: 75 ohm +/-5% (l > 10 m) or 75 ohm +/-35% (l < 10 m)
- Line receiver: Zin: 75 ohm +/-5%
En gros ça confirme une fois de plus que c'est vraiment pas la peine de se prendre la tête ou de casser la tirelire pour acheter des câbles S/PDIF ésotériques. Ça confirme aussi que le choix des RCA "75 ohms" c'est pas indispensable, et que des RCA de qualité suffisent très largement, point barre. La norme c'est 75 ohms à ±35% (selon textes cités), ce qui est très large. Pour les longueurs inférieures à 2 m (usage courant Hi‑Fi), l'impact est moindre, mais l'impédance caractéristique reste le critère pertinent.
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L'idée que l'on peut ne pas respecter l'impédance, parce que le câble est court, est totalement fausse. Je tire à boulets rouges sur les fabricants de matériels qui ne savent pas mettre la prise adaptée à l'impédance de la liaison. Une prise RCA, de part ses dimensions, peut ne pas respecter strictement les 75 ohms ; une prise CANARE ou une BNC 75 ohms respectera mieux la géométrie et donc l'impédance sur toute la liaison.
Est-ce que le câble S/PDIF impacte le rendu sonore ?
Théoriquement, aucune liaison n’est meilleure qu’une autre en partant d’un format audio identique, leur rôle étant toujours de transporter des 0 et des 1. Toutefois, il peut y avoir une différence dans la façon dont est transporté le signal entre la prise numérique de sortie du lecteur audio et la prise d’entrée du DAC : c’est le câble. Par exemple, le S/PDIF optique est inerte aux parasites électromagnétiques, contrairement au S/PDIF coaxial. Et l’AES/EBU l’est bien plus que le S/PDIF coaxial du fait de sa conception symétrique. Quant à l’USB et à l’I2S, ils savent transporter des signaux en très haute définition, mais ils sont contraints à de petites longueurs de câbles.
On peut se poser la question : un câble S/PDIF impacte-t-il le rendu sonore ? Certains utilisateurs ont entendu une différence, sur du S/PDIF, entre un câble CANARE et un câble numérique de base. Les échos de la désadaptation d'impédance peuvent expliquer ces différences, notamment si le blindage n'est pas correctement maintenu concentrique autour de l'âme.
Dans la pratique, pour tirer le meilleur d’un système hi‑fi, choisissez vos câbles en cohérence avec les performances de vos appareils. À l'instar des pneumatiques en automobile, choisissez vos câbles en cohérence avec les performances de vos appareils. Une mini‑chaîne fait de la musique, mais ne saurait prétendre apporter le plaisir qu'offre une chaîne audiophile bien utilisée.
Quand privilégier BNC ? Quand garder RCA ou Toslink ?
- Privilégier BNC : appareils professionnels, besoin de verrouillage mécanique, respect strict de la géométrie 75 ohms, robustesse et qualité de contact.
- Garder RCA : grand public, compatibilité la plus répandue, performances suffisantes sur courtes distances si câbles et fiches soignés (ex. CANARE).
- Choisir Toslink (optique) : isolement total des perturbations électromagnétiques, pratique pour de longues liaisons audio où l'on veut éviter tout blindage électrique.
Si vous souhaitez profiter de votre abonnement Qobuz en Hi‑Res (PCM 192/24 au maximum), n’importe quelle liaison numérique existante est adaptée. Théoriquement, aucune n’est meilleure qu’une autre en partant d’un format audio identique. En pratique, la qualité du câble et la conformité aux impédances comptent. Pour de la Hi‑Res très élevée ou du DSD, tournez-vous vers USB ou I2S si vos appareils les acceptent.
Bonnes pratiques de mise en œuvre S/PDIF
- Utiliser un câble coaxial 75 ohms pour S/PDIF coaxial et des fiches adaptées (BNC 75 ohms ou RCA de qualité sertie comme CANARE).
- Éviter les connexions mal ajustées : préférez des prises avec blindage concentrique et montage soigné.
- Sur de longues distances, privilégier l’optique Toslink pour éviter les interférences électromagnétiques.
- Respecter la longueur de câble recommandée selon le format (S/PDIF coaxial : courtes longueurs, optique : longues possibles).
- Tester sur plusieurs jours et écouter en aveugle si nécessaire pour confirmer des différences perceptibles entre câbles.
Une comparaison doit pouvoir se faire sur plusieurs jours, 3 jours sur un câble, 3 jours sur un autre. On peut se poser la question : cette différence est-elle raisonnable ? Pour mieux comprendre, utilisons l'analogie avec l'automobile : il existe des voitures de ville fiables, et des véhicules de prestige. À vous de décider suivant vos attentes, vos exigences. Dans le doute, consultez‑nous, nous vous guiderons pas à pas pour harmoniser votre système hi‑fi ou home‑cinéma...
Tableau récapitulatif (choix rapide)
| Critère | BNC (75Ω) | RCA (coax 75Ω) | Toslink (optique) |
|---|---|---|---|
| Conformité impédance | Excellente (si 75Ω) | Bonne si câble + fiches adaptées | Non applicable (optique) |
| Robustesse mécanique | Très bonne | Bonne | Moyenne (connecteur plastique) |
| Immunité EMI | Faible (mais blindé) | Faible | Excellente |
| Usage pro | Oui | Parfois | Grand public / home-cinéma |
| Longueur recommandée | Courte à moyenne | Courte (surtout coax) | Longue possible |
Quel câble numérique offre le meilleur son ? Coaxial ou Toslink…
En résumé technique : respectez l'impédance (75 ohms) pour la liaison coaxiale, soignez les connecteurs (CANARE, BNC 75Ω), et adaptez le type de liaison (coaxial, optique, AES/EBU, USB, I2S) à votre besoin en bande passante et en immunité aux perturbations. Une attention simple et rigoureuse à la mise en œuvre évite bien des problèmes et peut préserver la qualité maximale de votre signal numérique.
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